Algorythme développe l’algoculture en Charente-Maritime

 

Laitue de mer, aonori, wakamé, fucus, nori… ces noms ne vous disent rien ? Ces espèces d’algues sont pourtant bien présentes sur notre territoire et comestibles. A la fois riches en vitamines, oligoéléments et protéines, elles ont encore du mal à séduire les gourmands. On les a tout d’abord découvertes dans la cuisine asiatique et on les retrouve de plus en plus souvent dans nos plats. Le chef du restaurant de Côté thalasso à Ars en Ré, par exemple, les utilise régulièrement. On peut savourer ce produit bio, sans gluten et vegan dans sa carte sous forme de beurre, de chips d’algues oumême en macaron côté sucré. Il travaille actuellement sur un pain spécial. L’établissement se fournit auprès d’un producteur local : Algorythme.

La SCEA, Société Civile d’Exploitation Agricole, est la première entreprise du département à bénéficier d’un agrément depuis 2016. Les zones de pêche sont cartographiées et l’Etat ne délivre que très rarement des autorisations de collecte sur le domaine public maritime. Après plusieurs mois d’études, Tanguy Gauvin et Hélène Jouannet ont installé leur exploitation (serres, point de vente et laboratoire) sur le terrain d’un récoltant de pommes de terre. L’estran rétais propose quatorze espèces d’algues comestibles. Le couple a également choisi la côte d’Ars pour son taux d’ensoleillement élevé et la qualité de ses eaux. Il se cale sur le calendrier des marées pour travailler.

La jeune entreprise affirme ses valeurs d’authenticité et de respect de la nature. Elle se veut écoresponsable. Pour se faire, elle récolte les algues sans arrachage et en dehors de la période de reproduction pour favoriser la repousse. Entre 100 et 200 kg sont ainsi prélevés chaque jour, soit vingt tonnes par an. Les goémons sont ensuite nettoyés pendant des heures à l’eau douce afin d’en ôter le sable et les animaux marins. Séchés dans un tunnel chauffé par le soleil et aéré par le vent, ils seront déshydratés jusqu’à 3% pour être stockés. Une température constante d’environ 35° est nécessaire afin de conserver les vertus nutritionnelles et sanitaires des algues. Elles seront ensuite mises en sachet et commercialisées dans l’un des treize points de vente de l’île.

Seulement 0.3% de la production mondiale d’algues pour l’alimentation et les cosmétiques provient de la France. 90% étant récoltés en Bretagne. Il s’agit donc d’un marché émergent et prometteur. Algorythme restaure déjà deux anciens marais salants afin de produire davantage.

Emilie H.

Réagir à cet article

comment-avatar

*