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| L'éditorial du JdP n° 100 |
Date : 17/06/2010 LE PRINCIPE DE PRECAUTION EN QUESTION Le cas Xynthia dans notre région a mis une nouvelle fois en exergue l’usage fallacieux du principe de précaution qui est devenu dorénavant un «principe de protection» des politiques, et des technocrates. Il y a en effet de quoi se poser de sérieuses questions sur le rôle de l’Etat en démocratie, après les mesures autoritaires et trop rapides prises à Paris courant mars 2010. Tout le monde sait que le principe de précaution, frère jumeau du principe de «mise en danger de la vie d’autrui» (sécurité routière), est une invention technocratique mise au point par et pour les politiques afin de les protéger des conséquences de leurs décisions (ou de leurs non décisions) en matière de droit de l’environnement. Initialement destiné à combler un vide juridique et à faire face à l’intolérance grandissante face aux risques environnementaux, ce principe est vite devenu depuis sa légalisation en 1995 une réponse facile et simpliste pour faire passer en force certaines orientations politiques européennes, nationales et territoriales de nature environnementale mais aussi sanitaire et bientôt, pourquoi pas, économique voire culturelle... Il suffit de voir, en seulement quelques mois, les ravages d’un tel principe sur la vie des gens lorsque celui-ci est utilisé sans discernement, en force et de manière directive, face la complexité des situations rencontrées. C’est le cas, par exemple, avec la fameuse grippe H1N1 et son grand battage médiatique qui a coûté en France des milliards d’euros pour rien. C’est aussi le cas avec le fameux nuage de cendres provenant du volcan islandais Eyjafjöll, dont les mesures immédiates et disproportionnées ont paralysé la totalité des transports aériens français et européens pendant plusieurs jours, laissant ainsi à l’abandon plus de 100 000 français à l’étranger et coûté des centaines de millions d’euros aux compagnies aériennes. C’est enfin le cas de la tempête Xynthia qu’ont subi, dans notre région, des milliers de propriétaires et de locataires sur la côte vendéenne et charentaise. Dans chacun de ces événements (et dans bien d’autres), le recours autoritaire au principe de précaution même avec son corollaire économique (dédommagement) ou social (action sanitaire) coupe toute possibilité de concertation et d’adaptation aux situations personnelles et collectives en imposant, au contraire, la loi face au discernement. On impose ici, une fois de plus dans «l’urgence», la même règle à tous alors que chaque cas est différent. L’inacceptable est donc dans cet aspect négatif, massif, indifférencié et surtout contestable sur le plan de l’utilité, en ne tenant nullement compte de l’avis des acteurs et des populations concernés. Pour que le principe de précaution devienne un outil sociétal intelligent, et non pas une arme de gestion politique de conduite des masses ou d’«autodéfense décisionnaire», il faut impérativement que les citoyens concernés donnent leur avis sur son éventuel recours. Exit donc le diktat d’Etat censé protéger le citoyen contre lui-même. Si l’on veut fonctionner en société comme dans une cour de maternelle ou de petite école, continuons donc d’utiliser le principe de précaution de manière directive et normative contre l’avis du citoyen et des gens concernés. Si l’on veut, au contraire, passer à une étape de société plus démocratique, responsable et mature, privilégions alors le discernement et la légitimité en encourageant le citoyen à se prononcer d’abord (c’est désormais possible rapidement via l’Internet). C’est ensuite, dans un second temps, que l’élu dûment mandaté peut intervenir au nom de ses concitoyens. Arrêtons d’accepter que le simple vote démocratique tous les 4 ou 5 ans puisse donner un mandat absolu aux élus et, par conséquent, aux instances administratives. Bien avant la loi, il y a la légitimité démocratique et, il semble bien que «le modèle» de principe de précaution imposé en France n’en dispose d’aucune ! LE PROBLEME XYNTHIA Ce qui est sûr, c’est qu’avec l’affaire Xynthia de nombreux effets rebonds sont à prévoir tant la gestion du dossier apparaît contraire à l’intérêt général et à celui des communes concernées. En fait, c’est encore et toujours la même chose avec la méthode Sarkozy. Une approche fondée sur l’obstination à prendre des décisions rapides et médiatiques, tout en s’entêtant à bâtir un «grand château de sable» bien photogénique à l’échelle du pays, au lieu d’aller en profondeur, vision et sagesse sur les sujets de société. Si personne ne conteste l’existence de zones à risque sur le littoral Atlantique en matière d’inondation, le peu de discernement mobilisé dans cette affaire nous fait subir le versus négatif du principe de précaution en n’intégrant pas les paramètres suivants : • Non distinction entre les types de «coup de mer» épisodiques sur l’Atlantique, la Manche et la Méditerranée avec deux poids deux mesures en matière de prévention d’inondation avec d’un côté, le littoral Atlantique (arrivée rapide mais prévisible des eaux) et celui de secteurs côtiers très exposés à un raz de marée dévastateur sur des villes comme Nice ou Cannes (ou rien n’est fait en attendant le sinistre) comme cela est envisagé depuis longtemps par les sismologues ; • Non distinction entre le traitement des maisons secondaires et des maisons principales ; • Faible mesure exhaustive de l’impact économique et social local (malgré les indemnités versées) lié aux effets d’une désertification forcée alors même que tous les élus essaient de la combattre depuis des dizaines d’années ; • Quid des «zones noires» dans 10 ans en n’ayant pas assez réfléchi à ce que deviendront ces surfaces inhabitées ; • Précipitation administrative alors que les effets de tels événements sont considérés comme erratiques (imaginons qu’il n’existe plus rien de ce genre pendant 20 ans !) ; • Politique de passe-droit dans certaines zones sinistrées ; • Impéritie chronique de l’Etat à ne pas savoir proposer de solutions alternatives comme il en existe un peu partout dans le monde dans les zones inondables : veille météo, système d’alerte téléphonique, surveillance satellite ciblée, construction d’infrastructures en solide (digues, canaux d’écoulement réservoirs…) ; • Négation flagrante de la prise en compte de la force de proposition et d’action des citoyens locaux à se débrouiller seuls face à de nouveaux risques prévisibles ou imprévus d’inondation. Sur le littoral comme en mer, les gens sont habitués aux caprices de l’océan et peuvent parfaitement mettre en place des mini plans de prévention reposant sur : la sauvegarde de leurs équipements, un plan ciblé de secours ou d’urgence de la maison, l’intégration d’un petit radeau gonflable de secours instantanément gonflable (comme sur les bateaux)… • Zéro solution contractuelle ou assurantielle pour tous ceux qui veulent rester et assumer par eux-mêmes d’éventuels prochains risques (assurance réduite ou décharge administrative) : une réalité pourtant quotidienne pour des centaines de millions de gens partout dans le monde. L’affaire Xynthia, nous permet ainsi de mesurer combien nous prenons du retard dans nos démocraties en acceptant que l’Etat décide pour tout le monde, surtout lorsque la décision est aux mains d’une seule personne (ou de technocrates) dont le discernement n’est pas toujours au rendez-vous… LE 100e NUMERO DU JDP, C’EST QUELQUE CHOSE ! Il existe peu de média presse franchement indépendant et de journalisme totalement libre en France. Depuis près de 20 années calendaires, le JdP fait partie de ces exceptions dont on ne reconnaît guère qu’elles sont assez courageuses de ce point de vue là (aucune reconnaissance régionale, aucune citation dans les autres médias…). Sobre et sans effet d’annonce, le JdP a toujours préféré les contenus utiles traités en synthèse (sa spécialité), ainsi que la densité de l’information (info objectivée et porteuse de sens), en misant sur l’intelligence et le discernement de ses lecteurs. Depuis toujours, il considère que c’est en ayant un rapport direct et adulte avec le lecteur, axé sur l’essentiel de l’information, que l’on développe le mieux l’esprit critique et la vision globale, en rendant ainsi le jugement plus libre et affirmé. Le JdP se situe donc aux antipodes de la plupart des médias classiques. Pour rappel, 48% des téléspectateurs sur les 24,2 millions qui regardent tous les soirs la télé disent accorder du crédit à l’information distillée notamment par TF1, France 2 et M6 ! (sondage TNS/Sofres/Logic) En optant pour l’information raisonnée et non sur l’actu spectacle, émotionnelle, orientée et/ou vendue à grands coups de com’, le JdP s’adresse délibérément à un lectorat de qualité, responsable et adulte. Pendant une centaine d’aventures éditoriales, à chaque fois renouvelée et reprise à zéro, le JdP a tenté de contribuer modestement à mettre en perspectives les ressources industrielles, économiques et professionnelles du Poitou-Charentes-Limousin (et Vendée, depuis 2008). Après 100 numéros bimestriels (tous les 2 mois), il a essayé de mettre au premier plan l’entrepreneuriat régional via les actions menées par un grand nombre d’acteurs anonymes. Depuis sa création en 1991 (en étant LE pionnier en France), il a su mettre régulièrement en valeur les initiatives et les innovations territoriales à l’échelle ciblée de toute une région. Le JdP est également fier d’apporter sa contribution à la culture professionnelle de ses plus fidèles lecteurs qu’ils soient dirigeants de TPE-PME, artisans, cadres, employés ou ouvriers, avec des milliers d’articles courts souvent surprenants et des centaines de dossiers utiles bien documentés. C’est l’occasion avec ce 100e numéro de remercier avec ferveur, sympathie et amicalité tous nos lecteurs, annonceurs et partenaires fidèles. Plusieurs surprises leur sont réservées : • Un collector rare et unique des 100 premiers numéros «print» du JdP • 100% de remise (gratuité) sur des séries MemoPro (digests exclusifs de culture professionnelle) • 100 téléchargements gratuits de calculettes commerciales hyper utiles et efficaces en entreprise • 100 abonnements à la formule Web du JdP. 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