| Les revues de presse du JdP n° 85 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Date : 15/01/2008 ALLEMAGNE LES CLES DE LA COMPETITIVITE ALLEMANDE L’Allemagne est encore aujourd’hui le premier exportateur mondial malgré l’Inde, malgré la Chine, malgré le coût de la réunification, malgré l’euro fort. Quelles sont les recettes, les clés, les ressorts de cette compétitivité allemande ? Jusque-là, l’économie allemande s’appuyait sur deux piliers : un tissu de grosses et moyennes PME bien identifiées, spécialisées, fortement capitalisées et rôdées à l’international, à l’écoute des besoins des marchés en forte croissance (aujourd’hui : Brésil, Russie, Inde ou Chine), et une image de qualité de ses produits. Depuis quelques années, elle exploite un troisième moteur pour accentuer sa compétitivité : la réduction des coûts de production. Trois facteurs ont permis ces gains de production : • une délocalisation partielle dans les pays de l’Est. Un nouveau mix-productif s’est construit avec ces pays (proches géographiquement, linguistiquement et culturellement) définissant ce qui est réalisé chez ces voisins et ce qui reste fabriqué (et finalisé) en Allemagne. • une baisse des coûts de production due, depuis 2000, à l’allongement du temps de travail, à la quasi-stabilité des salaires et à la remise en cause d’un certains nombre de droits acquis obtenus dans le cadre de pactes sociaux de « régression » ratifiés par les industriels et les syndicats, avec l’appui des pouvoirs publics*. • le levier fiscal avec d’une part, l’allègement de la fiscalité des entreprises destinée à renforcer la compétitivité des entreprises exportatrices et d’autre part, l’augmentation sensible de la TVA au 1er janvier 2007 qui a pour effet de faire « riper » une part de la fiscalité du travail sur la consommation en frappant notamment les produits importés. * Après ces années de gel des salaires, le patronat de la métallurgie allemande et le syndicat IG Metall viennent de signer un accord salarial qui prévoit une hausse de 4,1% des salaires à partir de juin 2007 et de 1,7% un an plus tard. Cet accord, qui concerne dans un premier temps les 800.000 salariés du Bade-Wurtemberg, sera étendu à toute l’Allemagne (3,7 millions de salariés). L’ALLEMAGNE : PREMIER EXPORTATEUR MONDIAL Alors que la France a accusé en 2006 un déficit record de son commerce extérieur de 29,2 milliards d’euros, l’Allemagne affiche un excédent lui aussi record de 161,9 milliards d’euros. Les 893,6 milliards d’euros d’exportation (pour 737,7 milliards d’importation) donnent pour la quatrième année consécutive, et malgré un euro fort, le titre de championne du monde des exportations à l’Allemagne, devant les Etats-Unis et la Chine. Une position qu’elle détenait déjà dans les années 1980 et qu’elle avait perdue suite à le réunification et à la détérioration de sa compétitivité. Cette culture du « commerce extérieur » s’explique par le fait qu’une multitude de PME de taille moyenne investissent et ré-investissent sur les marchés extérieurs pour satisfaire à des marchés émergeants. Aujourd’hui, l’Allemagne fait partie avec le Japon des pays dont les investissements nets à l’étranger figurent parmi les plus importants, loin devant les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou la France. Une force de frappe commerciale Plusieurs outils sont privilégiés par les entreprises allemandes pour conquérir les marchés internationaux : • des « vitrines industrielles » dans des villes en émergence ou les quartiers d’affaires. Exemple : 120 entreprises regroupées au « German Center for Industry and Trade » dans le district de Santa Fé à Mexico, financé à 100% par une banque du Bade-Wurtemberg. Loyer : 22 ¤ le mètre carré. • des ambassades aux quatre coins du monde avec des diplomates/VRP dont la mission principale est de promouvoir l’économie allemande. • des structures de lobbying bien rôdées auprès des instances décisionnaires. • l’organisation de salons professionnels, propriétés des collectivités locales, qui sont parmi les plus importantes du monde (Francfort). • la participation systématique aux plus grandes foires et salons mondiaux pour « flairer » les marchés. Ces initiatives permettent, d’une part, de détecter très tôt les évolutions et les marchés en émergence, d’autre part d’accentuer la spécialisation des entreprises sur des critères de compétitivité hors-prix (donc moins sensible à un euro fort): qualité et image de marque des produits, service à la clientèle, respect des délais de livraison, flexibilité et capacité d’innovation. La dimension internationale de l’économie allemande en chiffres : • un emploi sur quatre dépend ou a un rapport avec le commerce extérieur • un euro sur trois est réalisé grâce aux exportations • 72% des exportations se font à destination de l’espace européen (et 71% des importations proviennent de la zone euro). • les principaux acheteurs de produits et services allemands sont la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne alors que les Etats d’Europe centrale et les pays producteurs de pétrole représentent de nouveaux relais de croissance significatifs. • l’industrie automobile est prépondérante dans les exportations (70% des véhicules fabriqués en Allemagne sont destinés à l’exportation), mais aussi la construction de machines, l’industrie chimique et plus récemment les secteurs des énergies renouvelables, de l’informatique et de la biotechnologie. LE « LEGO INDUSTRIEL » ALLEMAND À y regarder de plus près, on peut s’apercevoir qu’une part grandissante du « made in germany » provient en réalité de l’étranger et notamment des PECO. En effet, la production réalisée sur le sol allemand comprend une part croissante de biens importés et se réduit de plus en plus souvent à un simple montage final. Ce nouveau « légo industriel » évoque pour certains une dislocation du système productif allemand et pour d’autres, au contraire, un essor de l’entreprise modulaire avec les opportunités qui vont avec. Ce qui est certain, c’est que l’accroissement global du volume des exportations exerce un effet positif sur le niveau général d’activité, la création de richesses et l’emploi. Pour Rémi Lallement, Chercheur et Chargé de mission au Centre d’analyse stratégique, « les entreprises allemandes sont parvenues à s’insérer avec succès dans la division internationale du travail». DEMOGRAPHIE : LE TALON D’ACHILLE DE L’ALLEMAGNE ? Aujourd’hui, l’Allemagne compte 82,2 millions d’habitants, moins qu’en 2004 (82,5). En 2010, ce chiffre tombera à 81,9 millions. Si, d’içi 2050, rien ne change à savoir que le taux de fécondité allemand reste un des plus bas du monde (1,4 contre 2,07 en France actuellement), la population allemande sera tombée à 71,4 millions et dépassée par la France (78,9). Certains spécialistes y voient des conséquences négatives sur l’économie allemande à moyen terme. D’autres, sans doute la majorité, sont moins alarmistes. Pour eux, la perspective d’une population allemande en baisse n’a rien de dramatique : le taux de croissance de la population n’est un indicateur important que dans le cadre d’une économie fermée et qu’il n’y a rien à craindre compte tenu de la mondialisation, de la croissance de la population mondiale et de la libre circulation des travailleurs en Europe. ENSEIGNEMENT LE TEMPS DE PRESENCE DES PROFS Selon le réseau d’information sur l’éducation « Eurydice », créé par la Commission européenne, les enseignants français ont les contraintes de présence les plus faibles d’Europe avec une présence hebdomadaire moyenne de 16,5 heures par semaine. Certes, il faut rajouter les conseils de classe, les diverses réunions pédagogiques et les rencontres avec les parents alors que dans certains pays, ces activités annexes sont intégrées dans le temps de travail contractuel des enseignants. Obligation de présence hebdomadaire des professeurs du secondaire dans leurs établissements (en heures) :
LE TOP 10 DES UNIVERSITES EUROPEENNES Classement des 10 plus prestigieuses universités européennes et leur rang dans le classement mondial, selon le Times Higher Education Supplement. A : rang Europe - B : rang mondial
DEMOGRAPHIE LA CROISSANCE DE LA POPULATION DE L’UE SE RALENTIT Selon les dernières estimations d’Eurostat, la population de l’UE 27 devrait avoir atteint 494,7 millions d’habitants au 1er janvier 2007, soit une augmentation d’environ 1,8 millions de personnes en 2006 (+0,37%). Cette évolution, inférieure à ceux des années précédentes (0,40% en 2005 et 0,46% en 2004), confirme un ralentissement de l’accroissement de la population de l’UE observée ces dernières années. Ce résultat s’explique par une diminution du solde migratoire positif qui n’est pas compensée par la hausse de l’accroissement naturel. La répartition géographique montre que la partie orientale de l’UE est même touchée par le recul démographique du fait que la baisse de la composante naturelle s’accompagne d’un solde migratoire négatif. La Bulgarie serait le pays le plus touché avec un recul de 7 personnes pour 1.000 habitants, dont cinq du fait de la combinaison d’une mortalité élevée et d’une faible fécondité. A l’opposée, l’Irlande affiche les meilleures performances en termes de croissance démographique et enregistre un gain de 27 personnes pour 1.000 habitants. La France, la Finlande et les Pays-Bas sont les trois seuls pays dont la hausse de la population relève encore principalement et exclusivement de l’accroissement naturel. La France occupe la deuxième place après l’Irlande en termes d’accroissement naturel, la 15ème position en termes de flux migratoire positif et la 6ème place en termes de taux d’accroissement total. Concernant les flux migratoires (affectés d’imprécisions statistiques), les écarts entre pays seraient importants puisque les migrations nettes sont par exemple de 0,5 pour mille habitants en Allemagne contre 14,4 en Espagne. EUROPE SOCIALE CREATION DU « FONDS EUROPEEN D’AJUSTEMENT A LA MONDIALISATION» La Commission européenne vient d’allouer 500 millions d’¤ par an jusqu’en 2013 à un Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) destiné à aider les travailleurs victimes de restructurations liées à l’évolution du commerce international. Vladimir Spidla, commissaire européen à l’emploi, aux affaires sociales et à l’égalité des chances précise « Puisque l’Union prend des décisions dans le domaine du commerce extérieur, il est logique qu’elle prenne aussi ses responsabilités, au travers de ce FEM, pour faire en sorte que les travailleurs qui perdent leur emploi en raison de cette évolution du commerce ne soient pas oubliés dans un environnement économique en mutation ». Ces 500 millions d’euros viendront compléter les 63 milliards sur sept ans d’aides déjà versées aux régions en crise par les fonds structurels européens. Selon la Commission, le FEM permettra de soutenir 35.000 à 50.000 personnes par an, chiffre à mettre en perspectives avec les 570.000 emplois supprimés en 2005 suite à des restructurations. Ces aides auront pour seule vocation d’aider les chômeurs à retrouver un emploi. Ainsi, elles ne pourront être utilisées que pour des dépenses « actives » : formation, aides à la recherche d’emploi, à la création d’entreprise, à la mobilité, etc. Les critères et les modalités d’attribution de ce fonds risquent d’être «sportifs ». En effet, comment prouver que telle ou telle restructuration résulte de la pression de la mondialisation ? Comment distinguer que les licenciements sont causés par l’évolution du commerce mondial ou provoqués par le progrès technique ? Comment indemniser de manière efficace et rapide lorsque l’on sait que ces aides devront transiter par les Etats qui devront adresser une demande auprès de la Commission, après vote du Conseil et du Parlement européen ? Source : Alternatives économiques ECONOMIE LONDRES ET PARIS : CHAMPIONS DE L’ATTRACTIVITE Parmi les 989 implantations d’entreprises étrangères enregistrées en 2006 dans les quinze principales métropoles européennes, près d’une sur deux se font dans le Grand-Londres ou en région Ile-de-France. Paris et la région francilienne ont enregistré le même nombre d’implantations qu’en 2005 (année où ils s’étaient classés en tête devant Londres), mais cette quasi stabilité se traduit par un recul sur un marché en progression de 22%. Cette 2ème place pour l’Ile de France se retrouve aussi bien pour les implantations tertiaires (sièges sociaux, centres de recherche, services aux clients,formation….) que pour les implantations industrielles. Les entreprises étrangères qui s’y installent sont majoritairement américaines (36%), loin devant les britanniques (14%), les japonaises (9%) et les allemandes (8%). Madrid se démarque avec la plus belle progression de l’année, passant de 47 à 75 implantations tandis que Zurich, Amsterdam, Bruxelles, Stockholm ou Barcelone montent sérieusement en puissance. Nombre d’implantations internationales en 2006
Source : Ernst & Young, CCIP LE POIDS DES COÛTS SALARIAUX DANS L’INDUSTRIE Pour certains, l’impact d’une politique salariale, à la hausse comme à la baisse, sur la compétitivité industrielle européenne est à relativiser au motif que l’essentiel du prix de revient d’un produit est constitué par des achats. Par exemple dans le secteur automobile, la part des salaires versés par un constructeur dans le prix total d’une automobile serait, en première lecture, de l’ordre de 13 à 20%. Cependant, ce raisonnement s’avère judicieux que pour une entreprise isolée ne dépendant d’aucun autre fournisseur. Pour toutes les autres et elles sont la majorité, il est faux. En effet, dans le prix des achats se retrouvent les coûts salariaux des différents fournisseurs (sous-traitants) qui ont participé à la réalisation du produit, et plus on remonte dans la chaîne, plus les coûts salariaux sont importants dans la valeur ajoutée produite. Pour reprendre l’exemple du secteur automobile, les contrôleurs de gestion estiment que les coûts salariaux représentent au final entre 35 et 50% du prix d’un véhicule. INNOVATION EUROPEENNE : ETAT DES LIEUX Chaque année, le tableau de bord européen de l'innovation passe en revue les performances des différents pays de l'UE selon une série de paramètres . Pour 2006, quatre groupes se dégagent : • les « leaders » de l'innovation : Suède, Finlande, Danemark, Allemagne • les « suiveurs » : Royaume-Uni, Irlande, France, Pays-Bas, Belgique et Autriche. • ceux qui sont « en progrès » : Slovénie, République Tchèque, Pologne, Lettonie, Grèce et Portugal. • ceux qui sont « à la traîne » : Espagne, Italie, Malte, Hongrie, Croatie et Estonie. Sources : Les Echos, Centre d'Analyse Stratégique, Commission européenne, Challenges |





