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Les revues de presse du JdP n° 85
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La revue de presse internationale

Date : 14/01/2008

CROISSANCE MONDIALE

ÇA «ROULE» POUR 2007
D’après les dernières prévisions du FMI, jamais l’économie mondiale ne s’est aussi bien portée depuis que cet organisme publie ses études de conjonctures (1970). Après un taux de croissance de l’ordre de 5,4% en 2006, les prévisions pour 2007 sont de l’ordre de 4,9%, soit 6 années consécutives de croissance supérieure à 4%. 6 années durant lesquelles la France n’a pas su s’amarrer au boom planétaire (hormis les entreprises du CAC 40) en produisant, encore cette année, un petit 2% de croissance. Alors que les 2 principales locomotives restent la Chine (10%) et l’Inde (8,4%) et, malgré un ralentissement de l’économie américaine estimé à 2,2%, les économistes du FMI ne prévoient pas en 2007 de grands dangers liés à cette nouvelle expansion que ce soit au niveau de l’inflation, au niveau des prix du pétrole qui se restabilisent, ou encore sous l’angle d’une éventuelle récession liée à une crise immobilière.

FISC
LA FUITE DES RECETTES FISCALES
2 économistes, Harry Huizinga et Luc Laeven, ont démontré qu’un grand nombre d’entreprises européennes cherchent activement à réduire leurs impôts société en déplaçant leurs profits vers les pays aux taux d’imposition plus faibles. C’est le Royaume-Uni qui, en Europe, bénéficie le plus de cette «fuite fiscale» malgré la réponse de la majorité des autres Etats consistant à diminuer leur taux d’imposition. Ainsi depuis 1995, dans le cadre de l’Union européenne à 25, ce taux a perdu 9 points en passant de 35% en moyenne à 25,9%. Néanmoins afin de rendre impossible ces fuites fiscales en Europe, la Commission européenne étudie actuellement une base fiscale consolidée.

FRANCOPHONIE

OIF, UN PHARE QUI NE BRILLE GUÈRE
L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) est une institution, dont l’objectif principal consiste à servir de bras armé pour la promotion de la francophonie et de la langue française dans le monde. Installée à Paris depuis 1970, elle comprend 53 membres, 10 observateurs et 330 collaborateurs, avec un budget annuel de 77 M€ (2007). Même si durant ces 20 dernières années, l’institution s’est peu à peu transformée en un véritable forum politique, nombreuses de ses missions originelles restent toujours relativement pompeuses en recouvrant pêle-mêle : la paix, la démocratie, les droits de l’homme ou encore la coopération au service du développement durable et de la solidarité entre les peuples. Pour justifier le caractère peu procédurier de ses méthodes, ainsi qu’une gestion souvent dispendieuse des sommes et avances allouées à ses membres, un diplomate habitué des lieux a coutume de dire qu’avec l’OIF «La francophonie, c’est par tradition une famille qui prend d’abord plaisir à se voir, à se retrouver et à se parler». Une position qui résume bien l’état d’esprit pro-africain animant depuis toujours cette institution.

LA CHASSE AU GASPI

Longtemps montrée du doigt pour la gestion très approximative de ses ressources financières et pour son déficit permanent, l’OIF refait peu à peu peau neuve depuis 2006 grâce notamment à son nouvel administrateur canadien. De nombreuses économies ont été réalisées (voyages, frais de mission, immobilier, logement, dotations internes…) avec pour mot d’ordre «une gestion axée sur les résultats». Pêchant également par des habitudes relativement laxistes, l’objectif imposé aux membres de l’OIF est dorénavant que «chaque projet engagé sur le terrain soit mené à bien et que son efficacité puisse être vérifiée». C’est d’ailleurs tout le sens de l’engagement pris le 2 mars 2005 par les 133 Etats et organisations internationales membres impliqués dans l’Aide Nord/Sud, qui s’étaient engagés de manière solennelle «à plus de transparence et de rigueur dans la distribution et l’utilisation des fonds de la coopération». Pourtant alors que le budget de l’OIF reste relativement modeste (77M€), la France a beau jeu de dire qu’elle en est le principal contributeur avec 33 M€ de dotation, une goutte d’eau, alors même que les principaux membres sont quasiment tous des pays parmi les plus pauvres de la planète (hormis le Canada, Québec, Monaco, Suisse).

Ce que coûte, au global, la francophonie à la France en millions d’€ (base 2007) :
65  Chaîne TV5
33  Organisation internationale de la francophonie
30  Agence universitaire de la francophonie
1,9 Association internationale des maires francophones
1,7 Université Senghor d’Alexandrie
Source : L’Express

INTERNET

UNE ASEPTISATION PROGRESSIVE
Internet est en passe de s’aseptiser de l’intérieur sous prétexte de protéger les utilisateurs de mails contre les courriels indésirables. Chacun a pu s’apercevoir que les échanges sur l’Internet ont été largement freinés depuis l’irruption des antispams et autres protections censés protéger des excès de «pourriels». Ce réflexe prudentiel, largement vanté par tous les grands fabricants de logiciels de sécurité favorisant, en leur faveur, un accroissement du chiffre d’affaires, est en passe d’aseptiser l’intérêt originel de l’Internet. Par exemple, dans le B to B, le barrage quasi systématique des mails entrants favorise un appauvrissement inquiétant des liens commerciaux publicitaires et informatifs. C’est notamment le cas pour les TPE et PME-PMI qui ne disposent pas d’une force de vente sur le terrain, freinant ainsi pour elles l’opportunité de nouveaux contacts. Il est courant de constater que les taux de remontée d’une campagne d’e-mails ciblés n’ont jamais été aussi faibles et se comptent en millième, voire en dix millième de retour par contact !
En laissant la technologie décider et filtrer pour soi, les entreprises et les salariés contribuent, chacun à leur niveau, à aseptiser l’Internet. Pire que cela, cette posture tend à réduire l’intérêt du libre échange d’informations en profilant, peu à peu, un monde encadré et de plus auto-contrôlé, comme le souhaite d’ailleurs la plupart des Etats. En ce domaine, ce n’est plus l’Etat qui impose ses lois mais l’utilisateur qui s’auto-censure de lui-même sous prétexte d’économiser quelques minutes à trier l’utile et l’inutile de ses messages. Un temps jugé «non productif» qu’il reperdra aussitôt en allant papoter durant la pause café ou téléphoner à ses proches.

L’IRRUPTION DES PROGRAMMES ANTI-MAILS
Il semble que progressivement l’orientation dominante de la demande Internet en B to B se concentre de plus en plus sur les réseaux internes (Intranet, extranet), la Recherche d’infos (sites, liens) et l’Emission de mails entre adresses connues. A l’inverse, la partie la plus ouverte en matière de libre circulation d’infos et de mondialisation des contenus, c’est-à-dire la Réception, tend quant à elle à se tarir peu à peu. Un constat a priori contredit par l’Institut Market Research qui indique que 60 milliards de mails (A) sont «échangés» chaque jour dans le monde, dont 78% directement sur le lieu de travail. Un chiffre et un terme qu’il convient toutefois de nuancer fortement en regard du nombre de messages émis (A) de ceux réellement reçus après la barrière de l’antispam et des filtres internes (x% de A) et de ceux réellement lus au final (x% de x% de A).
Il s’agit toutefois d’un «excès» pour certains qui n’hésitent pas à parler de «danger pour la productivité de l’entreprise» notamment à cause du temps passé à se débarrasser des «flots de spams». Si en Inde, les entreprises avouent que les échanges de mails améliorent la productivité au travail dans 92% des cas, 50% des entrepreneurs interviewés en France considèrent que cela ne l’améliore pas du tout. Une aubaine pour certains prestataires qui proposent dorénavant des programmes de désintoxication contre la «dépendance aux e-mail». Après les mesures anti-tabac, anti-alcool, anti-vitesse, anti-obésité, anti… décrétées pour le bien de tous, c’est au tour des mesures anti-mails dans le but officiel de regagner de la productivité. Une fois de plus, les cas marginaux de certains sont utilisés pour instaurer de nouvelles règles imposées à tous et ce, dans le cadre d’une surprenante facilité d’acceptation et d’auto-conviction générale !

MONDIALISATION FINANCIÈRE

LE POIDS ÉNORME DES BANQUES ETRANGÈRES DANS LES PAYS ÉMERGENTS
Depuis la dernière crise bancaire de 1997-1998 en Asie, la plupart des pays émergents ont décidé d’ouvrir leur secteur financier aux investisseurs étrangers. Depuis, la plupart des grandes banques étrangères y ont répondu favorablement dans le but initial de réaliser un transfert de bonnes pratiques de gestion, ainsi que pour faire fructifier leurs capitaux dans le cadre d’un développement local à long terme. Toutefois avec le temps, des pays comme la République Tchèque ou le Mexique ont vu la part des actifs bancaires détenus par les banques étrangères atteindre plus de 80%, voire plus de 90%. Une situation qui place un grand nombre de banques et d’organismes financiers de ces pays émergents sous la coupe directe d’institutions financières étrangères. Cette tutelle n’est pourtant pas sans poser un certain nombre de problèmes et de dangers, en court-circuitant directement ou indirectement les systèmes nationaux de régulation financière.

LES RISQUES DE LA DÉRÉGULATION FINANCIÈRE
Pour un pays émergent dont la quasi-totalité du système bancaire est devenue propriété des grandes banques étrangères, il existe 4 grands types de risques permanents :

•  Le fait que la stratégie locale de distribution de crédits par les banques en place ne tient plus compte de la situation économique réelle des ménages et des entreprises mais principalement de considérations de gestion mondiale des risques imposées par leur maison-mère.
•  Le risque que les problèmes rencontrés, par exemple, dans l’immobilier par une banque américaine ne se répercutent très vite sur les filiales du Mexique ou de l’Indonésie, lesquelles peuvent ainsi être contraintes de bloquer à tout moment des lignes de crédit destinées normalement au financement d’investissements locaux.
•  L’obligation pour les opérateurs économiques locaux de travailler avec des financeurs qui ne sont pas obligés de passer par la cotation des bourses locales, notamment lorsque ces derniers financent directement leurs filiales, ce qui a pour effet de les priver d’informations financières transparentes et actualisées.
•  La conséquence, en cas de crise financière grave, de priver les autorités du pays d’origine de capacité d’intervention, sauf alors à s’attendre à de sérieuses difficultés politiques en utilisant des ressources publiques au profit d’un système bancaire national dont la propriété est étrangère.

Part en % des actifs bancaires détenus dans les pays émergents par les banques étrangères début 2006 :
0 à 20%       Chine, Thaïlande, Brésil, Turquie               
20 à 40%     Corée du Sud, Argentine, Venezuela, Indonésie
40 à 60%     Chili
60 à 80%     Pologne, Hongrie,
+80%          Mexique, Rép. Tchèque
Source : BRI

PÉTROLE

PÉTRODOLLARS : MOITIÉ MARCHANDISES, MOITIÉ PLACEMENTS
Dans le cadre d’une étude intitulée «Recycling Petrodollars», la Réserve fédérale de New York indique que 50% des 907 milliards de dollars de recettes pétrolières reçus en 2006 par les pays exportateurs servent, en retour, à importer chez eux des marchandises d’autres pays du monde. Le reste étant directement placé sur les marchés financiers. Par exemple, pour chaque dollar de pétrole acheté l’Europe voit «revenir» 41 cents sous forme d’exportation de ses propres marchandises à destination des pays producteurs. Pour la Chine, c’est l’équivalent de 60 cents et 20 cents seulement, pour les Etats-Unis. C’est pourtant dans ce pays que les investissements financiers en pétrodollars sont les plus importants avec 55% des placements à court terme.

LA PRATIQUE DU «TORCHAGE» ACCÉLÈRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE
D’après la Banque mondiale, l’activité du torchage, c’est-à-dire la combustion du gaz naturel à la sortie des puits de pétrole, produit 13% des rejets mondiaux de gaz à effet de serre. Ainsi les producteurs de pétrole gaspilleraient, chaque année, 150 milliards de m3 de gaz rendant alors bien ridicules les petites économies de chauffage imposées aux ménages dans la plupart des pays européens. D’après les estimations de la Banque mondiale si l’on récupérait, par exemple, les 40 milliards de m3 brûlés en Afrique, on pourrait doubler la production d’électricité de ce continent. Aussi pour endiguer ce gaspillage, il est préconisé à moyen terme la technique de liquéfaction du gaz et la construction de gazoducs afin d’acheminer ces surplus gaziers vers les centres de consommation, voire vers certains ports.

Principales sources utilisées :  Alternatives Economiques - L’Entreprise - L’Express - Sciences Et Avenir
Articles consultables sur http://www.men3.fr/catalogue/nouveauxcontenus.html

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