Date : 10/11/2007 15EME EDITION DES TABLEAUX ECONOMIQUES DU LIMOUSIN
Chaque année, l’INSEE Limousin met à disposition du public la synthèse des données économiques, démographiques et sociales de la région. Organisé en 20 grands domaines et plus de 80 chapitres, cet ouvrage précisent les caractéristiques et spécificités du Limousin et de ses trois départements.
Exemples d’informations ponctuelles trouvées au gré des 80 chapitres :
Autonomie des industries
• Environ un quart des salariés de la région travaille dans des entreprises dont le capital est majoritairement contrôlé par des actionnaires étrangers : ce niveau de dépendance est moins élevé qu’en moyenne nationale. L’industrie limousine est même considérée comme plutôt autonome puisque 71% des effectifs régionaux sont employés par une entreprise dont le siège se situe en Limousin.
Transports
• Sur les 35,5 millions de tonnes des marchandises transportées par an en Limousin, 98% le sont par la route et 2% par voie ferroviaire. De façon générale, le transport routier ne cesse de progresser depuis 2001 (+31%) au détriment du transport ferroviaire qui diminue dans des proportions comparables (-29%), en dépit d’une politique européenne de soutien aux investissements ferroviaires.
Les matériaux de construction arrivent en première ligne des produits transportés avec près de 43% du trafic. Ils font surtout l’objet d’échanges intrarégionaux et représentent ainsi près des deux tiers des flux internes. Derrière les produits manufacturés, les produits agricoles occupent une part importante avec 14% du tonnage total et 21% des flux sortants.
• En 2006, le Limousin comptait 518 automobiles pour 1.000 habitants, contre 481 au niveau national. La ruralité de la région, génératrice de davantage de déplacements, constitue assurément un facteur explicatif à cet écart.
La composition du parc automobile limousin est similaire à celle observée en France : une majorité de berlines (78%) mais dont le nombre connaît une diminution constante depuis 2000, une croissance spectaculaire des monospaces (+162%), des 4x4 (+90%), des cabriolets (+90%) et, dans une moindre mesure, des breaks (+43%).
Les immatriculations concernent pour 73% des véhicules d’occasion, chiffre proche de la moyenne nationale.
Les voitures particulières de marque étrangère, en progression d’environ 10% par an, constituent désormais 45% des immatriculations de véhicules neufs de la région.
Sports et loisirs
Le Limousin compte 170.000 licenciés sportifs, toutes disciplines confondues, affiliés à des fédérations olympiques ou multisports dans près de 3.000 clubs régionaux. Les pratiques majeures sont le football, le tennis, la pétanque et le rugby. Ce dernier est même en deuxième place en Corrèze derrière le football.
19% sont des licences en sports de pleine nature: le cyclisme (1.660 licenciés), la randonnée pédestre (1.800) le cyclotourisme (1.140), le canoë-kayak (440) ou l’équitation.
Santé
Au 1er janvier 2005, la région comptait 2.429 médecins, soit 2,7% de plus qu’au 1er janvier 2003. Un peu plus d’un sur deux est généraliste, quatre sur dix sont des femmes et les trois quarts exercent à titre libéral. La région est relativement bien pourvue en médecins généralistes à l’exception de quelques cantons ruraux, en Creuse notamment.
Un généraliste libéral sur cinq a atteint ou dépassé 55 ans, ce qui risque de poser des problèmes de renouvellement d’effectif dans un proche avenir, notamment dans les zones rurales.
47% des médecins sont spécialistes, deux sur cinq exercent à titre libéral et un peu plus d’un tiers sont des femmes. Le Limousin est pénalisé par une densité de spécialistes (libéraux ou non) plus faible que dans la plupart des régions : 156 pour 100.000 habitants et même 88 en Creuse, alors qu’ils sont 173 en moyenne en métropole.
En revanche, en lien avec la proportion élevée de personnes âgées, la densité d’infirmiers est élevée avec un taux de 910 pour 100.000 habitants contre 679 pour l’ensemble de la France.
Justice
• En 2005, le Limousin détenait le 2ème taux de criminalité le plus bas de France juste après l’Auvergne. La Creuse est même le département français où ce taux est le plus faible de tous. Les infractions à la législation sur les stupéfiants (+13,2%) et les infractions économiques et financières (un peu plus de 10 % des délits constatés) ont connu les plus fortes progressions. Paradoxalement, le taux de détention est relativement élevé en Limousin : 124 détenus pour 100.000 habitants (contre 95 au niveau national).
• Avec 15,8 notaires et 5,5 huissiers de justice pour 100.000 habitants, le Limousin se situe dans la moyenne nationale. Il en est de même pour les magistrats et les greffiers (60% des magistrats officient en Haute-Vienne).
En revanche, la région n’enregistre que 36 avocats pour 100.000 habitants contre 74 en France métropolitaine.
• Le Limousin est rattaché à la Direction régionale des services pénitentiaires de Bordeaux. Il compte quatre établissements : les maisons d’arrêt de Limoges (81 places), Guéret (38) et Tulle (52) et le centre de détention d’Uzerche (600). Au 1er janvier 2006, 878 personnes dont 15 femmes étaient incarcérées, soit une densité carcérale de 114%, contre 116 % au niveau national. Le centre de détention d’Uzerche accueille 595 détenus, ce qui laisse apparaître une surpopulation importante dans les trois autres maison d’arrêt de la région avec un taux d’occupation de plus de 165%.
Aides sociales
Depuis les récentes décentralisations de la gestion du RMI (revenu minimum d’insertion) et de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie), plus de 90% des dépenses d’aide sociale en Limousin relèvent de la compétence des Conseils généraux. Ainsi, près de 262 millions d’euros sont consacrés aux quatre principales catégories que constituent l’aide aux personnes âgées (près de 36%), à l’enfance, aux handicapés et le RMI.
Économie générale
Le produit intérieur brut (PIB) du Limousin, d’environ 16 milliards d’euros en 2005, représente à peine 1% de l’ensemble national. La richesse créée par habitant se situe nettement en deçà des valeurs de la France métropolitaine (-18,9%) et de même de la province (-7,7%). Elle devance toutefois légèrement la Picardie, le Languedoc-Roussillon, le Nord-Pas-de-Calais et la Corse. Le ratio du PIB par emploi s’avère encore plus pénalisant puisque la région occupe la dernière place derrière la Franche-Comté et la Corse.
Plus que de la structure par âge ou des taux d’activité, ce constat a priori peu flatteur découle de l’orientation sectorielle de l’économie industrielle limousine : le poids de l’agriculture est encore important, l’élevage bovin extensif est avant tout naisseur et crée peu de valeur ajoutée comparé aux grandes cultures céréalières ou industrielles. L’industrie, à l’exception de l’agroalimentaire, affiche des performances modestes. Elle se caractérise par la prévalence des biens intermédiaires au processus de transformation de faible ampleur. Les activités de pointe ou de haute technologie restent marginales. Dans le tertiaire, la part des services administrés est supérieure à la moyenne métropolitaine et de province. Les services marchands et notamment les services aux entreprises, sous-représentés, contribuent beaucoup plus faiblement qu’ailleurs à la valeur ajoutée globale.
Entreprises
Au 1er janvier 2005, avec 31.456 établissements appartenant au champ « industrie-commerce-services », le Limousin représente 1,1 % du total des établissements de l’Hexagone.
Les activités de services totalisent 46% de ces établissements, le commerce 27%, la construction 15%, l’ensemble de l’industrie 12%.
La Haute-Vienne concentre 47% de l’ensemble des établissements régionaux et la Corrèze 36%.
Agriculture
• La région possède un cheptel bovin de près de 1,1 million de têtes (chiffre stable depuis plusieurs années), soit 5,6% de l’effectif national.
Deuxième spécialité animale de la région, le cheptel ovin (en lente diminution) représente quant à lui près de 8% du troupeau national. A l’inverse des bovins, sa répartition spatiale s’avère déséquilibrée puisque la Haute-Vienne concentre 70% des effectifs ovins de la région.
En comparaison, l’élevage porcin apparaît marginal avec un troupeau qui ne dépasse guère 1% de l’ensemble national.
• La Corrèze détient le premier rang des départements français pour la production de framboises et le cinquième pour les noix.
Tourisme
Au 1er janvier 2006, le parc des hôtels homologués en Limousin se composait de 246 hôtels offrant une capacité de près de 5.200 chambres : 46% en Haute-Vienne, 41% en Corrèze et 13% en Creuse. Les hôtels classés 2 étoiles, les plus nombreux, détiennent 58% de la capacité d’accueil. L’hôtellerie « haut de gamme » reste peu représentée avec 17% de l’offre bénéficiant d’une classification 3 ou 4 étoiles contre 38% en France.
Les 183 campings de la région proposent 12.300 emplacements : 54% en Corrèze, 31% en Haute-Vienne et 15% en Creuse.
« LIMOUSIN BUSINESS ANGELS» : NOUVEL OUTIL DE FINANCEMENT DES ENTREPRISES
À l’initiative de Limousin Expansion et d’une dizaine de membres fondateurs régionaux (chef d’entreprise, avocat, expert-comptable…), une nouvelle association a été officiellement constituée le 23 mars dernier : « Limousin Business Angels », présidée par Jean-Pierre Verspieren, ancien membre du Directoire du groupe Legrand.
Rappelons qu’un « Business Angel » est une personne physique qui investit des fonds dans une entreprise innovante tout en mettant à disposition de l’entrepreneur ses compétences, son expérience et ses réseaux relationnels.
L’association a donc pour but de mettre en relation des investisseurs et des entrepreneurs avec l’objectif de faire réaliser des investissements par ses membres tout en étant le point d’attraction des entrepreneurs régionaux en recherche de financement. Le réseau « Limousin Business Angels » est agréé par France Angels (www.franceangels.org), l’association française pour la promotion de l’investissement par les Business Angels, qui fédère une cinquantaine de réseaux locaux, réunissant plus de 1.600 personnes.
p-lacourie@limousin-expansion.fr
EMPLOI : BILAN 2006 PLUTÔT POSITIF
L’emploi salarié en Limousin a progressé de 0,9% en 2006, soit 1.359 postes de plus, contre 672 postes supplémentaires en 2005. Cette hausse résulte de créations d’emplois dans la construction : + 2,9%, soit 454 postes, et dans le secteur tertiaire : + 1,8%, soit 1.779 postes. En revanche, le secteur industriel a continué de perdre des emplois et a accusé une perte de 874 emplois (-2,2%).
Les trois départements ont participé à cette hausse globale de l’emploi. Pourtant, la Corrèze y contribue pour une création sur deux et enregistre la plus forte évolution (+ 1,4%) essentiellement grâce au secteur tertiaire. L’emploi en Creuse enregistre également une hausse (+0,8%), dynamisé pour moitié par la construction avec 70 postes supplémentaires. Enfin, en Haute-Vienne, le bilan de l’année est meilleur qu’en 2005 puisque l’emploi renoue avec la croissance (+0,6%). En effet, les pertes d’emploi dans l’industrie sont moins importantes mais surtout la construction a maintenu un niveau constant de création d’emplois et le tertiaire a été dynamique.
LES BESOINS EN MAIN D’ŒUVRE
Reconduite pour la sixième année consécutive, l’enquête nationale sur les besoins en main-d’œuvre (BMO) recense les projets de recrutement des entreprises pour 2007. Cette enquête, menée à l’initiative de l’Unedic et réalisée avec l’ensemble des Assedic et le concours du Credoc, est organisée au niveau de chaque région puis consolidé au niveau national. L’enquête BMO constitue un outil d’aide à la décision puisqu’elle permet à l’Assedic de mieux connaître les besoins en recrutement des entreprises et les difficultés qu’elles rencontrent, permettant de mieux piloter ses efforts de financement pour les formations des métiers « en tension » ou porteurs. Rappelons que l’Assedic Poitou-Charentes Limousin est le deuxième financeur de formation après les régions.
9.600 projets de recrutement
Parmi les 16.896 établissements limousins interrogés, 20,30% ont déclaré avoir des projets de recrutement en 2007 pour un potentiel d’embauche de 9.644 personnes. Une comparaison avec 2006 laisse apparaître que plus d’entreprises projettent d’embaucher mais que le potentiel d’embauche est moindre (1.230 projets de postes en moins). Par ailleurs, et c’est un point positif, les offres de postes permanents augmentent au détriment des postes saisonniers.
Globalement, les secteurs des industries agroalimentaires, de l’industrie, du commerce et des services comptabilisent cette année moins d’intentions d’embauche contrairement à la construction pour laquelle plus de 200 projets supplémentaires sont recensés.
Territorialement, Brive et Aubusson sont les bassins d’emploi les plus dynamiques avec une progression notable du nombre de projets. À l’opposé, les projets dans les bassins de Limoges, Tulle, Saint-Junien et Bellac sont en net repli et expliquent la tendance régionale.
….. Dont 51% sont jugés difficiles à pourvoir
51% des projets de recrutement sont jugés difficiles pour les employeurs (44% en 2006). Dans six bassins sur huit, la part des projets difficiles est même supérieure à ce taux, le plus fort étant celui d’Ussel (64%). Comparativement à 2006, le secteur de la construction éprouve encore plus de difficulté dans ses recrutements avec toujours la plus forte part : 79% contre 75% en 2006. Les ouvriers du bâtiment (plâtriers, charpentiers, maçons qualifiés, plombiers, chauffagistes, menuisiers, serruriers-poseurs,…) sont principalement concernés par la difficulté de recrutement (plus de 80%).
2007 voit désormais émerger des difficultés de recrutement dans les secteurs des industries agroalimentaires (40%) et de l’industrie (54%).
Enfin, parmi les dix métiers les plus recherchés dans la région, cinq sont des métiers jugés difficiles à pourvoir : les employés de maison et assistantes maternelles, les maçons qualifiés, les représentants/VRP, les cuisiniers et les bouchers/charcutiers, les boulangers.
…. Dont plus de 2 sur 3 concernent des postes permanents
Près de 6.600 projets concernent des projets de postes permanents. Les industries agroalimentaires, l’industrie et la construction sont les trois grands secteurs qui envisagent d’employer essentiellement du personnel permanent, notamment sur les bassins de Brive et de Limoges.
….Avec un net recul des projets d’emplois saisonniers
En 2007, 3.080 projets de recrutements concernent une activité saisonnière soit 32% des projets (contre 42% en 2006). Plus d’un recrutement saisonnier sur trois est envisagé dans un établissement de 1 à 4 salariés. Source : Assedic Limousin Poitou-Charentes |