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Les revues de presse du JdP n° 86
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La revue de presse des professionnels

Date : 06/11/2007
Par JDP

MANAGEMENT

ANTICIPER LE SALARIÉ QUI VA CRAQUER
Il existe plusieurs signes avant-coureurs dans le comportement d’un collaborateur stressé, annonçant que celui-ci va bientôt craquer (dépression, suicide, maladie…). Les techniques habituellement mises en place (passage chez le médecin, sophrologie, relaxation, massage…) pour soulager la tension psychologique générée au travail sont généralement sans grande efficacité. C’est du moins l’avis de Dominique Chouanière de l’INRS qui constate que «Des études scientifiques ont montré que ces méthodes ont peu d’effet sur le niveau de stress des individus». En fait, le soulagement existe bien, mais il est fugitif comme le confirme Benjamin Sahler, psychiatre et coresponsable du projet stress à l’Anact, en soulignant que «Dès que le salarié retrouve son poste de travail, la tension revient exactement comme avant».

Les spécialistes s’accordent à considérer que c’est aux managers de «soigner» en amont et par anticipation les effets du stress. Aussi pour dépasser le simple stade du constat, il leur faut bien comprendre les causes du comportement anxiogène considérant que c’est avant tout «le manque de reconnaissance (du travail des collaborateurs) qui est l’un des tout premiers facteurs de stress» confirme Benjamin Sahler. Pour lui, en tout état de cause, le vrai chef est celui qui sait faire preuve d’humanité en sachant écouter, parler, soutenir, orienter, féliciter, rassurer… C’est celui qui favorise une plus grande autonomie dans le travail, sait être disponible à l’échange et surtout apporte des réponses rapides et favorables aux problèmes rencontrés par ses collaborateurs.

10 signes avant-coureurs pour détecter si un salarié va prochainement craquer :

  • L’arrivée en retard au travail ou l’absentéisme :
    C’est certainement l’un des premiers signes à détecter qui indique une baisse de motivation à travailler induisant, de ce fait, une difficulté à se lever le matin, à démarrer la journée ou encore à «squizzer» ses responsabilités professionnelles par des absences répétées sur le lieu de travail.
  • Un état de fatigue chronique :
    C’est le coup de pompe dans la journée associé au symptôme courant d’augmentation du rythme cardiaque pendant les pics de stress.
  • Un isolement de plus en plus fréquent : 
    Le sujet utilise toute sorte de prétextes pour ne pas venir à une réunion ou participer à une initiative, traduisant là une réaction de fuite devant tout ce qui est nouveau ou contrariant.
  • L’impression de ne pas pouvoir faire face :
    Le sentiment d’être débordé par les tâches du quotidien est récurrent. Il donne l’impression au sujet qu’il ne peut pas faire face et voit celui-ci perdre rapidement ses moyens et sa confiance en lui.
  • Une augmentation de la consommation de tabac, d’alcool et/ou de nourriture :
    La compensation liée au stress se déplace très souvent sur le terrain de la surconsommation. Le sujet fume davantage qu’auparavant et/ou double sa consommation d’alcool en maigrissant ou alors, au contraire se réfugie dans la nourriture en grossissant.
  • La difficulté à se concentrer :
    La tension psychologique, la fatigue, le manque de sommeil, ont également pour effet de créer des trous de mémoire fréquents et faire commettre des séries d’erreurs bénignes.
  • Des douleurs musculaires :
    Les contractions musculaires involontaires dues au stress génèrent un ressenti régulier de douleurs dans le dos, dans la nuque ou la poitrine.
  • Un retard dans l’accomplissement des tâches : 
    L’organisation du travail est beaucoup moins serrée qu’auparavant, le timing est moins bien respecté avec une confusion certaine entre priorité et importance des tâches.
  • Omniprésence de tics nerveux :
    L’excitation liée au stress s’accompagne souvent de petites manies : se ronger les ongles, se gratter, manipuler un objet, tapoter du pied, faire le va et vient dans le bureau…
  • Montée rapide en agressivité :
    Le dernier symptôme parmi les plus explicites est dans le fait que le sujet tend à couper facilement la parole, à s’énerver rapidement ou encore à réagir exagérément à la critique.

 

PRESSE

L’INFORMATION EST UNE CHANCE
«Sans une presse libre, aucun combat ne peut être entendu», c’est en substance le message délivré aux opinions publiques par l’association Reporters sans Frontières dont l’action, depuis plus de 20 ans, consiste à faire reculer les menaces pesant sur les journalistes dans de nombreux pays (Chine, Cuba, Irak, Syrie, Birmanie…). Cette année encore, plus de 200 journalistes et collaborateurs des médias sont emprisonnés dans le monde et 63 ont été tués depuis le 1er janvier 2007. «Plus d’un tiers de la population mondiale vit dans un pays où il n’existe aucune liberté de la presse» alors même que l’accès à l’information est à la base même de la lutte contre l’injustice, l’oubli, l’arbitraire, la censure, le recul des libertés essentielles. Dans cet esprit, Reporters sans Frontières (www.rsf.org) propose pour défendre concrètement la liberté de la presse dans le monde et mener des actions de soutien, d’acheter le nouvel album de 100 photographies réalisées par Yann Arthus-Bertrand, disponible partout au prix de 9,90€.

 

PSYCHOLOGIE

ETRE ADULTE C’EST QUOI ?
Selon la sociologue Cécile Van de Velde, «De tous les Européens, les Français sont à la fois les plus réticents et les plus anxieux à l’idée de devenir adulte». Par cette affirmation, elle exprime le fait qu’en France «cet âge est vécu comme un état définitif, une contrainte et un enfermement, déterminés plus qu’ailleurs par le niveau d’études atteint». Mais que signifie vraiment le mot adulte ? Du latin adultus, l’adulte est celui qui a cessé de croître, signifiant là que l’insouciance de la jeunesse est terminée et qu’il faut faire face aux servitudes de la réalité. Dès lors, une première définition consiste à associer le mot adulte à celui de maturité et d’esprit de responsabilité. La fin du XIXe siècle caractérise d’ailleurs assez bien cette tendance lorsque la mission de l’école était de former les jeunes à devenir «des pères de famille, des citoyens et des soldats». Il est vrai qu’à l’époque, la bascule se faisait d’un seul coup entre 14 et 18 ans via le service militaire, le mariage et le travail.

Aujourd’hui, le passage de ce seuil s’est largement étiré faisant dire à Jean-Pierre Boutinet, professeur de psychosociologie, «Si le qualificatif adulte est ancien, le substantif apparaît seulement entre 1930 et 1950. On parlait autrefois d’âge viril». En effet, c’est à partir de 1946 et jusqu’en 1990 que l’arrivée des femmes a fait disparaître la notion d’«âge viril» pour celui d’adulte en impliquant, à part entière, le rôle féminin. Une situation qui, auparavant, était totalement bloquée par la culture dominante ainsi que par le code Napoléon.

Les principales manifestations de l’âge adulte : 

  Homme Femme
Puberté 15 ans 13 ans
Premier rapport sexuel 17 ans 17,5 ans
Premier enfant 30 ans 28 ans
Mariage 31,1 ans 29,1 ans
Premier emploi 22,8 ans (commun)

UNE SOCIÉTÉ «ADOLESCENTRIQUE»
L’émancipation des femmes, l’augmentation de la durée des études, la précarisation de l’emploi, la dépendance financière ont modifié fortement l’ordonnancement dans les âges de la vie. Autant dire, que le décalage entre les normes instituées par la loi et les aspirations des individus s’est depuis transformé en gouffre dans nos sociétés modernes. Il produit même des secousses sérieuses à l’âge des quadras. C’est du moins l’avis de 2 économistes anglais, David Blanchflower et Andrew Oswald, qui indiquent que le pic de dépression, c’est à dire le moment où l’on craque chez l’adulte, est à 44 ans pour les Européens (49,5 ans pour les hommes aux Etats-Unis) et à 42 ans pour les Européennes (45 ans pour les femmes aux USA).

Pour le psychanalyste Tony Anatrella, «notre société est devenue adolescentrique faisant que les jeunes ne veulent pas devenir adulte et que leurs aînés n’assument pas à le devenir». Ce «brouillage des âges» semble avoir déplacé le centre de gravité des rôles traditionnellement impartis à chacun (adolescent, adulte, senior…). Il préfigure une autre représentation de l’adulte moderne qui se demande aujourd’hui pourquoi grandir, pourquoi vieillir, pourquoi assumer des responsabilités plus génératrices de soumission, de stress et de frustration que de plaisir, d’indépendance et de liberté ?

DE LA RESPONSABILITÉ DU SYSTÈME
Sous l’angle institutionnel le dilemme de l’adulte n’est pas plus simple et ce d’autant plus, que la prédominance de la morale judéo-chrétienne biaise l’analyse des fondamentaux en considérant que : plus on protège un individu au détriment de ses libertés, plus on l’infantilise, alors que plus on accorde de libertés sans suffisamment de protection, plus on le fragilise. Ce schéma binaire de représentation tend à faire oublier, un peu vite, d’autres voies d’affirmation de soi et de culture du risque propices à faire émerger en chacun le véritable esprit adulte à la fois responsable, autodiscipliné et indépendant, dès lors que la qualité de l’enseignement et la diversité de l’expérience dans la prise de risque maîtrisée le permettent.

Devenir adulte au sens de la loi en France :

10 ans Responsabilité pénale
14 ans Apprentissage
15 ans Avortement
15 ans Contraception
15 ans Majorité sexuelle
15 ans Permis de chasser
16 ans Permis de conduire accompagné
16 ans Sortie obligatoire de la scolarité
18 ans Majorité civique
18 ans Majorité matrimoniale
18 ans Eligibilité à un mandat local
23 ans Eligibilité à la députation et à la présidence
25 ans RMI
30 ans Eligibilité au sénat

 

RÉUSSITE

LE COCOONING AVANT TOUT
Un sondage réalisé par l’institut CSA pour le compte du magazine Capital révèle que seulement 25% des Français font d’«une belle carrière professionnelle» un objectif majeur. Un «petit» 21% de la population juge également que posséder de l’argent est un signe de réussite ce qui, somme toute, reste assez éloigné du slogan «travailler plus pour gagner plus» ou encore de l’ambition affirmée dans la plupart des écoles de commerce que réussir c’est obligatoirement dominer le monde des affaires. Il apparaît dans ce sondage que même l’espoir de devenir riche et célèbre ne recueille que 1% des avis !

En réalité, 3 Français sur 4 estiment que la réussite est moins de nature vénale que familiale. Dans le tiercé gagnant du bien vivre sa vie, la qualité des relations en couple et une vie de famille unie arrive en premier (78%), suivie d’assez loin par le fait d’avoir des amis (38%) et de vivre en conformité avec des principes moraux (32%). En définitif, un système de valeur relativement simple qui s’oppose à la surenchère de la vanité de «faire carrière» et d’accéder au «pouvoir».

Cette approche plutôt «cocooning», selon l’expression employée par Robert Rochefort, directeur du Credoc, n’est cependant pas sans inquiéter face aux nouveaux défis du XXIe siècle et notamment ceux de la compétition internationale. Si la prudence et le repliement dominent en France, c’est que peut être la gouvernance en société n’a pas vraiment bien compris (ou accepté) les enjeux à bien motiver et fortifier ses troupes. En optant encore pour la directivité, la normativité, l’égalitarisme dogmatique et l’élitisme dirigeant, fondant actuellement l’ordre républicain, les mondes se séparent irrémédiablement entre ceux qui dirigent et les autres faisant qu’au final, on ne partage plus les mêmes valeurs !

Une vie réussie, c’est quoi ?

78% Avoir une famille heureuse
38% Avoir de vrais amis
32% Vivre en conformité avec des principes moraux
31% Avoir du temps libre pour profiter de la vie
25% Faire une belle carrière professionnelle
21% Etre amoureux
21% Avoir de l’argent
12% Se battre pour une grande cause humanitaire
6% Laisser derrière soi une œuvre
1% Devenir célèbre
- de 1% Avoir du pouvoir sur les gens
Source : Sondage CSA-Capital 2007

UNE MENTALITÉ FRANÇAISE RELATIVEMENT DÉCEVANTE 
L’excè » génies de l’artisanat ou du web qui bouillonnent d’énergie et d’initiatives.

La réussite professionnelle justifie-t-elle les méthodes suivantes, en % de non ?

Non à 90% Se détourner d’un ami
Non à 89% Contourner la loi
Non à 85% Sacrifier sa vie privée
Non à 77% Licencier des collaborateurs
Non à 75% Mettre l’accent sur les insuffisances d’un collègue
Source : Sondage CSA-Capital 2007

 

SANTÉ

DORMIR PEU REND IMPRODUCTIF
La parution des derniers travaux du Dr Charles Czeisler, professeur à la Harvard Medical School, confirme le grand danger du manque de sommeil surtout lorsque celui-ci se justifie par une trop grande implication dans le travail. Selon lui, «Ceux qui pensent gagner en temps et en productivité en prenant sur leur temps de sommeil ne font que réduire de manière drastique leur productivité». Ainsi poursuit-il, «Vingt-quatre heures sans dormir ou une semaine de nuits de moins de cinq heures produisent les mêmes effets sur l’organisme qu’un taux d’alcool de 1 gramme par litre de sang». Le problème est que le manque de sommeil déstabilise fortement le fonctionnement du cerveau en pénalisant des aptitudes essentielles telles que la mémoire, la concentration, le raisonnement, la capacité de réaction ou encore l’orientation. Pour ce professeur, «qualifier de travailleur exemplaire (workaholic en vérité), celui qui dort quatre heures par nuit» revient à féliciter de la même façon l’employé qui arrive au bureau après avoir bu plusieurs verres.

Pour éviter que le manque de sommeil ne nuise gravement à l’efficacité du travail, ce scientifique, également consultant en entreprise, préconise quelques règles de bon sens à ne pas franchir :

  • 12 heures de travail régulier par jour
  • 80 heures hebdomadaires de travail au maximum
  • 11 heures consécutives de repos au minimum après 24h de travail

 

SEXUALITÉ

PEU DE TOLÉRANCE DES FEMMES POUR L’INFIDÉLITÉ
Quel que soit le pays d’origine et malgré la libéralisation des mœurs, les hommes et les femmes ne sont qu’une minorité à pardonner l’infidélité. Hormis les Italiens, les hommes semblent toutefois plus tolérants que leur compagne. Par exemple en France, si 47% des hommes se disent prêts à pardonner l’infidélité de leur conjoint, les Françaises ne sont que 28% à accepter l’adultère de leur mari, concubin ou amant dans le cadre d’une relation suivie. Pour 3 femmes sur 4, la perte de confiance est d’ailleurs souvent irrémédiable et se termine pour un ultimatum obligeant à choisir entre elle et l’autre, si ce n’est à proposer la séparation ou le divorce. Parmi les Européennes, ce sont les Anglaises qui se montrent les plus intransigeantes (87%).

% de réponses des hommes et des femmes refusant de pardonner une infidélité (base 2007) :

  Homme Femme
Etats-Unis 53% 75%
France 53% 72%
Allemagne 66% 77%
Espagne 68% 77%
Royaume-Uni 69% 87%
Italie 77% 76%

Source : Novatris-Harris Interactive

Principales sources utilisées : Capital - Enjeux - L'Expansion - L'Express
Articles consultables sur http://www.men3.fr/catalogue/nouveauxcontenus.html

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