Date : 12/11/2007 CHINE
UNE CROISSANCE CONTINUE JUSQU’EN 2020
3 chercheurs chinois en économie ont projeté l’évolution de la Chine d’ici à 2020 en tenant compte de 3 scénarios. Le premier suggère que le pays poursuive simplement ses tendances actuelles de croissance en développant une demande intérieure qui rende sa croissance moins dépendante des excédents obtenus sur les marchés étrangers. Le second envisage une avance technologique encore plus rapide en prenant comme hypothèse que la balance courante sera à l’équilibre d’ici à 2010 et le restera ensuite. Le troisième scénario inclut un environnement extérieur protectionniste et une insuffisance d’infrastructures et d’énergie. Dans ce dernier cas, les projections confirment que la Chine continuera néanmoins à adopter un taux de croissance de l’ordre de plus de 8,4% par an jusqu’en 2010, puis de 7% entre 2011 et 2015 et d’environ 6% entre 2016 et 2020. Dans tous les cas, l’empire du milieu interagira fortement dans la mondialisation des échanges en maintenant une pression continue sur les approvisionnements de matière première.
• La place de la Chine dans le monde :
2 226 Md$ de PIB
1 066 Md$ de réserve de change
765 Md$ d’exportations de biens
633 Md$ d’importations de biens
1,3 milliard d’habitants
9,6 millions de km2
123 millions d’internautes
5,7 millions d’unités automobiles produites par an
72,5 ans d’espérance de vie
1,73 enfant par femme
UNE VRAI SUCCESS STORY ECONOMIQUE
En l’espace d’une seule génération, la Chine est devenue la plus grande puissance commerciale de la planète. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si ce pays, qui accueille 1 terrien sur 5, est également une locomotive mondiale dans de nombreux domaines :
• 1er producteur agricole mondial (48% des légumes)
• 1er constructeur d’autoroutes, voies ferrées, logements, centrales électriques
• 1er fabricant d’ordinateurs portables et téléviseurs
• 1er producteur et consommateur de charbon et d’acier
La Chine produit également 8 tracteurs sur 10, 7 montres sur 10, 1 appareil photo sur 2… faisant que d’ici 2013, sa production industrielle devrait dépasser celle des usines américaines. Revers de la médaille, elle est également responsable de 86% des contrefaçons saisies en 2006 dans les pays de l’Union européenne et le 1er pollueur au monde en émission de CO2 devant les Etats-Unis. A moins d’un an de l’ouverture des jeux olympiques (8/08/2008), la Chine fait tout ce qu’elle peut pour présenter son meilleur profil au reste de la planète. Il convient de remarquer, toutefois, que la France est le 7e importateur (24,5 Md€) et le 8e client de la Chine avec 10,8 Md€ supportant ainsi la 1re position au sein de l’OCDE dans le creusement du déficit de la balance commerciale (13,7 Md€ soit 55% de nos importations) ce qui correspond au fait que, lorsque nous vendons 4 produits au chinois nous en achetons 10 «made in China».
CRISE FINANCIÈRE
LA FAUTE AUX «SUBPRIMES»
D’après Michel Six, Chef économiste pour l’Europe chez Standard and Poor’s, «La crise qui ébranle les marchés financiers devrait s’apaiser». Il évoque notamment celle consécutive à la crise des marchés boursiers du mois d’août 2007 liée aux «subprimes», c’est-à-dire ce sous-marché immobilier américain dans lequel les crédits immobiliers sont fondés sur des prêts hypothécaires à risque alloués aux ménages pauvres et endettés. Selon lui, «La bonne santé de l’économie mondiale et le travail de régulation qui est en train de s’opérer devraient ramener la sérénité sur les marchés». Même sentiment de sa part en ce qui concerne un éventuel risque d’effet domino sur l’économie européenne car ajoute-t-il, l’«On est à des années-lumières de la déflagration américaine. Même s’il faut garder un œil sur la Grande-Bretagne : c’est le seul pays européen dont le marché immobilier affiche quelques similitudes avec son cousin américain».
Néanmoins, il existe d’autres points de vue de la part d’économistes qui constatent que la planète boursière a dévissé simultanément à Paris, Tokyo, Londres, Istanbul ou encore Sao Paulo et que, davantage que les pertes subies qu’il importe de relativiser, cette secousse financière en prépare peut être bien d’autres. C’est le sentiment des salles de marché qui, à l’instar de la France, savent pertinemment que les actions (notamment françaises) sont en hausse continue depuis 5 ans et que la purge boursière d’août 2007 est un signe annonciateur de conséquences sur la croissance économique.
UN MODÈLE GAGNANT MAIS FRAGILE
Vouloir rassurer est une bonne chose mais se masquer les yeux en est une autre. Il est vrai que le modèle économique actuel est propice à l’optimisme. Selon Marc de Scitivaux, éditorialiste à Enjeux, celui-ci repose sur «Une croissance de l’endettement qui bénéficie d’un faible taux pour l’argent long (1 à 2%) favorisant l’investissement dans l’activité, par conséquent l’amélioration de la rentabilité et du prix des actifs». Aussi, «Tant que la croissance est là, il y a peu de sinistres financiers et comme il n’y a que des gagnants, tout le monde est incité à proposer des opérations de plus en plus risquées». Ce faisant, «Tous les agents économiques du monde ont eu tendance à s’endetter : Les particuliers pour investir dans l’immobilier, les entreprises pour réaliser des opérations financières». Le problème c’est qu’«A un moment donné, sans que l’on sache exactement pourquoi, un accident se produit quelque part». Le contexte 2007 et celui qui s’annonce en 2008 sont, selon lui, propices à un retournement de tendance car «Dans une économie de l’offre, ce sont les profits qui sont à l’origine du cycle (évolution du taux de croissance) et que lorsque les profits sont moins bons, les firmes investissent moins, l’emploi se dégrade et la consommation souffre». Or, dans le monde financier «personne n’est à l’abri d’un mouvement de panique» lorsque les indicateurs se mettent à l’orange et que la confiance disparaît dans un contexte où «l’économie mondiale est devenue une poudrière».
UN RISQUE DE DÉCROCHAGE DE CERTAINS PAYS DU SUD
Selon l’OMC : «Les risques (omniprésents) qui pèsent sur les marchés financiers et immobiliers rendent les perspectives pour 2007 plus incertaines et font craindre un ralentissement de l’économie l’an prochain». Un avis partagé par la Fed qui reconnaît que «Les risques pour la croissance se sont nettement accrus». A cela doit s’ajouter la perspective d’autres risques financiers liés, notamment, à la volatilité des flux d’investissement en direction des pays émergents. Ainsi, en 2006, les transferts de capitaux à destination des pays en développement via les banques privées et les investisseurs particuliers, dont font partie les multinationales, ont représenté l’équivalent de 5,1% de leur PIB. Ainsi à la fin 2006, les grandes entreprises détenaient 2 400 milliards de dollars d’investissements directs étrangers au Sud dont elles ont retiré un revenu de 210 Md$. En réinvestissant sur place 40% des profits, les multinationales ont rapatrié 60% dans leur pays d’origine. Une situation qui fait que les pays du Sud ont envoyé aux pays les plus riches près de 76 milliards de dollars de plus qu’ils n’en ont reçu. Un contexte qui, associé à des prêts bancaires et à des investissements de portefeuille animés d’une logique spéculative, fait que toute sortie rapide de capitaux peut provoquer l’effondrement des places boursières dans de nombreux pays du Sud. L’effondrement de la bourse de Shanghai en juin 2007 en est la parfaite illustration.
• Flux nets de capitaux à destination des pays en développement en milliards de dollars (base 2006) :
324,7 Investissements directs
112,2 Prêts bancaires à moyen terme
94,1 Investissements de portefeuille
72,0 Prêts à court terme (bancaires et obligataires)
49,3 Prêts obligataires à moyen terme
-81,3 Baisse de l’aide publique et autres
INÉGALITÉS
UN RAPPORT DE 1 SUR 3000 PARFAITEMENT INJUSTIFIÉ
Une récente étude réalisée par l’International Poverty Center indique que 10% des adultes les plus fortunés au monde contrôlent 85% de l’ensemble du patrimoine des ménages. La fortune des 10% se plaçant en haut de l’échelle sociale équivaut à 3 000 fois celle des 10% du bas de l’échelle. Pire encore, 50% des moins riches ne possèderaient que 1% de l’ensemble du patrimoine des ménages créant ainsi un véritable abîme entre les plus riches et les plus pauvres.
PARADIS FISCAUX
LE ROYAUME-UNI EN EST UN !
Contrairement aux 70 à 80 paradis fiscaux habituellement proposés par les professionnels aux investisseurs en mal de défiscalisation, il n’existerait en fait que 22 pays offrant une véritable attractivité financière et fiscale. En Europe, le Royaume-Uni en fait partie (y compris Suisse, Luxembourg, Monaco…), ce que confirme le FMI et notamment l’un de ses économistes Ahmed Zoromé (www.imf.org - IMF Working Paper n°WP/°7/87 avril 2007). En dépassant les simples définitions habituelles du paradis fiscal : minimisation de l’imposition et secret bancaire, il propose un autre critère jugé plus transparent et vraisemblable face à l’opacité comptable de nombreux pays qui consiste à mesurer le rapport des exportations de services financiers au PIB (Produit intérieur brut). Il semble qu’en ce domaine, le Royaume-Uni soit particulièrement bien placé !
POLITIQUE
UN ATTENTAT TOUS LES 2 ANS
Entre 1875 et 2004, 298 tentatives d’assassinat d’hommes d’Etat, de rois ou d’empereurs se sont réalisées dans le monde dont seulement 59 (20%) ont réussi. Une récente étude universitaire menée conjointement par Harvard et la Northwestern University indique que le taux de réussite d’un attentat à l’encontre des leaders politiques reste relativement faible et que la chance de survivre va en s’améliorant. C’est l’usage de l’arme à feu qui offre la plus forte probabilité de destruction de la cible avec un taux de succès de 30%. L’usage des bombes et autres engins explosifs se révèle beaucoup moins performant en tombant à seulement 7% de réussite. Alors que le nombre de tentatives d’assassinat dans le monde est en augmentation avec une moyenne d’une tous les 2 ans, la probabilité qu’un leader politique succombe à un attentat se réduit. Si dans les années 1910, un chef d’Etat avait 1% de risque d’être tué au cours d’une année, la probabilité est tombée aujourd’hui à 0,3%.
DU BÉNÉFICE DE LA DISPARITION D’UN AUTOCRATE
Selon les chercheurs, l’assassinat d’un leader politique déclenche uniquement des conséquences en fonction de certaines circonstances. Par exemple, les démocraties ont une capacité à absorber très bien la perte d’un président ou d’un Premier ministre, alors que dans un régime autoritaire un attentat réussi a 13% de chances supplémentaires d’apporter une ouverture vers la démocratie qu’un échec. D’ailleurs dans ce dernier cas, les autocrates ayant survécu à un attentat ont toujours tendance à durcir leur façon de gouverner. D’une manière générale, l’impact «bénéfique» de la disparition d’un autocrate reste perceptible 10 ans après. C’est surtout en temps de guerre que les résultats sont les plus contrastés en favorisant généralement la fin des conflits d’envergure (ceux occasionnant plus de 1000 morts). Il est même observé, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, que l’assassinat d’un leader politique majeur n’agit plus sur le déclenchement de nouveaux confits. Ce qui n’était pas du tout le cas avant, faisant qu’une tentative d’assassinat intensifiait les affrontements de moindre ampleur, voire même déclenchait des guerres tel l’exemple de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo qui a conduit à la première guerre mondiale. Principales sources utilisées : Alternatives Economiques - Challenges - L'Express - Enjeux
Articles consultables sur http://www.men3.fr/catalogue/nouveauxcontenus.html |