EDITO
FAVORISER VRAIMENT LA «PRIMO-EXPORTATION»
Parmi les raisons qui expliquent que seulement 5% des PME françaises exportent, il en est une implicite (jamais citée) qui repose sur l’inadéquation des réponses apportées par les représentants locaux et autres chargés de mission à l’étranger. Il est clair que sous la poussée des leaders du CAC 40 et autres gazelles, fleurons de notre industrie et toutes rompues à l’exportation du savoir-faire français, presque rien n’est fait in-situ, ou pas grand chose, pour les petites entreprises qui composent la «long tail» de la productivité française.
Il est pourtant évident qu’une très petite entreprise peut devenir moyenne puis grande grâce à l’exportation. Dommage alors qu’une partie de l’infrastructure française censée aider les entreprises à exporter partout dans le monde (Postes d’Expansion Economique, sites Internet institutionnels, représentations francophones, Alliance Française…) fonctionne plus comme des administrations généralistes que comme des relais hyperactifs et agiles du développement commercial.
Pour s’en rendre compte, il suffit d’adresser une campagne de mails à l’objet précis à tous ces relais français à l’étranger pour constater des temps de réponse trop longs lorsqu’ils existent, avares d’informations précises (sauf lorsqu’elles sont payantes), sans parler du silence radio de près de 90% d’entre eux jugeant certainement la requête non intéressante du point de vue d’un business immédiat.
Pour autant, tout fonctionne à l’exportation, comme si pour bien pénétrer le marché local, il fallait avoir absolument l’absolution d’un «guide» sur place, orientant les premiers pas et conseillant paternellement le primo-exportateur. Rapporté au plan national, c’est un peu comme si chaque créateur d’entreprise devait obligatoirement faire valider sa stratégie commerciale et son plan d’action par un représentant du pays visé !
En quoi vendre à l’étranger est-il si différent de vendre en local, hormis les évidentes adaptations techniques et culturelles nécessaires ?
Autant les structures de proximité (CCI, CRCI, Clubs d’Exportateurs), les “guides” nationaux (UBI France, OSEO, COFACE) et les soutiens ponctuels (Conseils Généraux et Régionaux) constituent des appuis pertinents indispensables aux primo-exportateurs, autant les interfaces situés dans les pays tiers paraissent à cent lieues des préoccupations réelles des TPE, PME-PMI.
Il est sûr que bien formatés à l’esprit des grandes entreprises exportatrices et à l’élitisme local des réseaux français à l’étranger, tous ces «spécialistes in-situ» de l’export le sont beaucoup moins à la mentalité assez rustique des TPE et PME. Et c’est bien dommage, car le défi et l’aventure de l’export suppose une première bonne impression qu’ils sont souvent incapables de créer spontanément, sauf cooptation bien sûr.
En dehors des structures de proximité et des “guides” nationaux cités plus haut, les petits chefs d’entreprise se trouvent face à des murs institutionnels et à des vitrines Internet sans grand intérêt pratique, si ce n’est dans le cadre de propositions carrément business profitant de l’ignorance d’un grand nombre de primo-exportateurs.
Et pourtant, dans un premier temps, la problématique est assez simple : Il s’agit le plus souvent de faire un premier essai de prospection, réaliser un premier contrat et/ou simplement nouer quelques liens de proximité à l’étranger, afin de se faire une première idée du potentiel commercial.
Dans l’absolu, chaque entreprise devrait pouvoir exporter ce qu’elle sait, fabrique, produit ou commercialise, même dans un cadre marginal ou de petite série.
Alors que la première étape devrait consister tout simplement à favoriser une première série de contacts qualifiés grâce à l’offre gratuite d’un «pack» de 2, 3 ou 10 partenaires locaux potentiels (ce qui n’est pas très sorcier à faire), les intermédiaires institutionnels détachés en local proposent, au contraire, un business fondé sur de la documentation payante (pas toujours fraîche), des études sur-mesure toujours payantes, des rencontres, voyages et autres conseils sur forfait ou honoraires, pouvant se chiffrer rapidement en plusieurs dizaines de milliers d’€ et ce, sans aucune garantie de réussite au final.
Dans le cadre d’une vraie politique de l’exportation, digne de ce nom, toute initiative de primo-exportation devrait être appuyée sur place, être gratuite, diligente et assistée de manière personnalisée par les représentants délocalisés de l’Etat et/ou par les principaux acteurs locaux de la communauté française, comme gage concret de la solidarité nationale.
Aucun élément de statut économique ou de chiffre d’affaires potentiel ne devrait barrer la route à celui qui essaye de nouer des premières relations dans un pays étranger. Encore moins le filtrage passif exercé par une techno structure délocalisée, entretenue et subventionnée par l’Etat Français.
A quand un «Pack de primo-exportation» totalement gratuit assuré par de vrais professionnels détachés sur place et bien introduits dans les marchés locaux aidant d’autres professionnels, en se rémunérant uniquement sur le résultat obtenu et non sur la vente d’infos payantes et de conseils standardisés à 10 balles ?
Le gouvernement serait bien inspiré de reprendre en main cette diaspora française s’il veut rééquilibrer de manière durable les comptes du commerce extérieur.
LE TEMPS DES FUTUROLOGUES
Avec le Grenelle de l’environnement, il existe officiellement en France un dogme collectif fondant l’existence de l’idéologie écologiste. Une idéologie nouvelle à cheval entre le socialisme et le capitalisme nourrissant sa vision du monde à coups d’images chocs, de peurs collectives, d’incantations et de décisions politiques opportunistes.
Dans le prolongement de ce type d’événement, de nouveaux gourous médiatiques apparaissent validés et honorés par un système qui impose l’écologie comme une modernité à conjuguer au «flou» du futur et au politiquement correct du moment.
Alors que l’on n’en finit pas de se planter en essayant de prévoir un avenir qui nous échappe sans cesse, voilà que de nouveaux futurologues essaient de téléguider notre manière de penser l’environnement ainsi que nos choix dans le bien consommer.
Après le dogme sécuritaire consacré par les assises de la sécurité routière taxant, depuis l’année 2003, l’usager sur les routes de France, un nouveau dogme vient encore de frapper taxant le citoyen (ou prévoyant de le faire) directement à la source de son rapport à l’environnement. S’il est évident que l’intention est bonne dans les deux cas (protéger la planète et réduire l’accidentalité), la méthode utilisée se révèle foncièrement inadaptée et dogmatique par son incapacité à proposer la réciprocité, l’équité et le libre choix alternatif.
Il semble que l’on n’arrive pas à sortir du cycle infernal dans lequel chaque mesure politique prise dans la pseudo allégresse médiatique inclut, en elle-même, une «déforme» (au lieu de réforme) lissant la citoyenneté plus vers le bas que vers le haut. Tout fonctionne à l’envers comme si la réduction de certains droits individuels face la priorité collective des nouveaux modèles imposés devait toujours s’associer d’aspects liberticides et fiscaux supplémentaires doublant systématiquement la sanction.
Il semble qu’aucune bonne idée généreuse ne puisse échapper à la trilogie sordide de la règle normative, des lois économiques et de la pression fiscale, chargeant à chaque fois un peu plus la barque du pouvoir d’achat des ménages.
A se demander si le peuple Français est vraiment un grand peuple, à ne pas savoir mesurer à quel point tout cela ne conduit nullement vers une évolution réelle des conditions de vie mais plutôt vers le profit momentané des toujours mêmes sphères d’Etat, de nantis du système et autres lobbies associatifs et économiques.
Et dire, en plus, que c’est le même homme qui a réussi le tour de passe-passe de taxer 2 fois en 4 ans (Sécurité et Environnement) le peuple français dans la joie et la bonne humeur !