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Les actualités régionales du JdP n° 90
Les entreprises qui bougentPoitou-CharentesLimousinArchives
Les actualités régionales en Limousin

Date : 11/06/2008

LES CREATEURS D’ENTREPRISE EN LIMOUSIN : DES PROFILS VARIÉS

En 2007, 2.600 entreprises ont été créées en Limousin, hors secteur agricole, représentant une hausse de 8,8% sur un an (moyenne nationale : 12,5%).

Les faits marquants
• La construction est, depuis 2006, le secteur qui crée le plus d’entreprises, devant le commerce puis les services aux entreprises à égalité avec les services aux particuliers.
• Les nouveaux entrepreneurs sont, comme toujours, majoritairement des hommes (3/4).
• Les créateurs limousins, dont l’âge moyen est de 39,5 ans, ont un niveau d’études légèrement plus faible qu’au niveau national : 16% n’ont aucun diplôme, contre 13% en France. Une partie de l’écart tient notamment au poids important de la construction dans la région, secteur moins qualifié.

Une majorité de chômeurs ….
En 2006, 38% des créateurs étaient demandeurs d’emploi au moment de créer leur entreprise et la moitié d’entre eux étaient chômeurs depuis plus d’un an. 71 % d’entre eux ont bénéficié du dispositif d’aide à la création (ACCRE) qui les exonère notamment du paiement des cotisations sociales pendant un an.

… et de plus en plus de salariés-cadres
Les salariés sont presque aussi nombreux que les chômeurs à se lancer dans la création d’entreprise (37%). Plus de la moitié d’entre eux ont créé leur entreprise dans une activité en rapport avec le métier qu’ils exerçaient auparavant.
En 2007 comme depuis 2002, six sur dix sont employés ou ouvriers.  En revanche, la proportion d’anciens cadres a fortement augmenté : 22% en 2006 contre 14% en 2002.
Seulement 2% des créations se font par des jeunes sortant du système scolaire, directement en fin de formation initiale.

Faibles investissements
Les moyens investis pour démarrer sont généralement très faibles puisque près de la moitié des créateurs ont dépensé moins de 8.000 euros. La mise de départ est liée au secteur d’activité : elle est peu importante dans les services aux entreprises où un créateur sur deux investit moins de 4.000 euros. À l’opposé, 30% des entrepreneurs dans les services aux particuliers, les transports ou les industries agroalimentaires ont investi plus de 40.000 euros.
Les emprunts bancaires représentent en moyenne un quart du financement global des projets.

Des difficultés qui nécessitent souvent un soutien extérieur

Le financement n’est pas forcément le principal obstacle rencontré lors de la création : les formalités administratives, l’établissement des prix et la recherche de contacts avec la clientèle potentielle sont davantage cités comme étant problématique.
Ces difficultés expliquent que les créateurs fassent souvent appel à un accompagnement pour monter leur projet. 51% ont ainsi reçu l’appui d’une structure dédiée à la création d’entreprise ou d’un spécialiste (avocat, conseil juridique, fiscal, expert-comptable…) et 43% ont suivi une formation.

Les repreneurs d’entreprise ont davantage de moyens financiers
Les secteurs d’activités privilégiés par les repreneurs sont différents de ceux des créateurs : peu fréquentes dans la construction, les reprises sont très présentes dans les services aux particuliers et le commerce. Le profil des repreneurs se distingue légèrement de celui des créateurs : ils sont en moyenne un peu plus âgés (40,5 ans contre 39,5 pour les créateurs), la part des femmes est plus importante (44% contre 25%) et ils sont moins nombreux à avoir un niveau d’étude supérieure. Les repreneurs bénéficient de moins d’aides publiques que les créateurs et mobilisent des moyens financiers plus importants : près d’une reprise sur deux nécessite un financement supérieur à 40.000 euros. Enfin, plus de la moitié des entreprises reprises démarrent avec des salariés.

Une clientèle de proximité
Seulement 13% des nouvelles entreprises ont une zone de chalandise nationale. Dans 58% des cas, leur clientèle est une clientèle de proximité.
Un quart des nouvelles entreprises exécute des travaux de sous-traitance, notamment dans la construction, l’industrie hors IAA, les transports et les services aux entreprises. Pour plus de 40% d’entre elles, cette activité représente leur principale source de chiffre d’affaires.

Peu d’emplois créés au démarrage
Bien qu’en baisse, les créations sous forme d’entreprise individuelle demeurent largement majoritaires (61 %) et plus nombreuses qu’au niveau national : 85% d’entrepreneurs commencent leur activité seuls. Les transports et l’industrie se distinguent, avec respectivement 2,6 et 2,3 personnes en moyenne au démarrage (y compris le chef d’entreprise). Les SARL représentent 35 % des créations.

Innovation et Internet
Sans forcément avoir créé leur entreprise dans un secteur dit « innovant », plus du tiers des créateurs limousins estiment avoir introduit des produits ou services nouveaux. Près de 30 % considèrent que la technologie est la base des produits et services qu’ils proposent ou qu’elle est un support important pour leur activité. Un cinquième des créateurs ont un site internet présentant leur entreprise et 4 % l’utilisent pour vendre en ligne.
Source : Insee Limousin

LES BESOINS EN MAIN-D’ŒUVRE : PLUS DE 11.000 PROJETS DE RECRUTEMENT

L’enquête annuelle nationale sur les besoins en main-d’œuvre (BMO) recense les projets de recrutement des entreprises pour 2008.

Cette enquête, menée à l’initiative de l’Unedic et réalisée avec l’ensemble des Assedic et le concours du Credoc, est organisée au niveau de chaque région puis consolidée au niveau national.
L’enquête BMO constitue un outil d’aide à la décision puisqu’elle permet à l’Assedic de mieux connaître les besoins en recrutement des entreprises et les difficultés qu’elles rencontrent, permettant de mieux piloter ses efforts de financement pour les formations des métiers.
Rappelons que l’Assedic Poitou-Cha¬rentes Limousin est le deuxième financeur de formation après les Conseils Régionaux.

11.100 projets de recrutement…
Parmi les 17.283 établissements limou¬sins interrogés*, 23% ont déclaré avoir des projets de recrutement (temporaires ou permanents) en 2008 pour un potentiel d’embauche de 11.100 personnes (contre 9.640 en 2007).
Avec près de 5.600 projets, le secteur des services représente la moitié des intentions. A l’exception des industries agro-alimentaires, les recrutements envisagés sont en hausse dans tous les autres secteurs : com¬mer¬ce, construction, industrie.
28% de ces projets de recrutement con¬¬cernent des em¬plois saisonniers, contre 32% en 2007 et 42% en 2008.

... dont 57,9% sont jugés difficiles à pourvoir
Les difficultés de recrutement semblent s’amplifier puisque 57,9% des projets sont jugés difficiles pour les employeurs, contre 51% en 2007 et 44% en 2006. Tous les secteurs sont concernés, notamment et comme d’habitude la construction (78%).
Enfin, quatre des huit bassins d’emploi enregistrent une proportion de projets de recrutement jugés difficiles supérieure à 70% : St-Junien, Bellac, Aubusson et Ussel.

Les 10 métiers les plus recherchés
Parmi les dix métiers connaissant les plus fortes difficultés de recrutement, quatre concernent des professionnels qualifiés de la construction puis les professionnels de l’hôtellerie, les postes de caissiers et employés de libre-service, les employés de maison, les assistantes maternelles, les infirmières sages-femmes et les représentants-VRP.

* 4.694 questionnaires ont été retournés et une projection a été réalisée à partir de ces réponses.
Source : Assedic
Limousin Poitou-Charentes

PLUS D’1 SALARIE SUR 10 EN LIMOUSIN TRAVAILLE DANS L’ECONOMIE SOCIALE

Regroupant quatre «familles» d’établissements : associations, coopératives, mutuelles et fondations, l’économie sociale a un poids économique de tout premier ordre en Limousin puisqu’elle regroupe plus de 2.600 établissements employeurs et 24.000 emplois salariés (si l’on se limite aux postes offrant une durée de travail significative sur l’année). L’économie sociale représente ainsi 10,6% de l’emploi salarié total, privé et public, de la région.

                        Ets    Salariés
Associations    2.065    17.163
Coopératives    429       5.035
Mutuelles         117       1.479
Fondations          9          365
Ensemble      2.620    24.042
 
Les secteurs d’activités
• Le secteur le plus important est celui de l’action sociale avec plus de 10.000 salariés : 3.000 pour l’accueil des personnes handicapées, 2.900 pour l’aide à domicile, 1.300 pour l’aide par le travail. Dans ces trois activités, ce sont les associations qui fournissent plus de 80 % des emplois.
• Les activités financières constituent le deuxième secteur d’importance, avec 3.200 salariés. Les banques coopératives, mutualistes ou caisses d’épargne regroupent ainsi 6 salariés sur 10 du secteur financier, poids supérieur à la moyenne nationale (5 sur 10).
• Avec 2.600 salariés, l’éducation constitue le troisième secteur employeur de l’économie sociale. Son poids (13 % des emplois), très inférieur à la moyenne nationale (20%) s’explique par le fait que l’enseignement privé, qui fonctionne essentiellement sous forme associative, est peu présent dans la région.

De nombreux postes annexes
Les 24.000 emplois salariés principaux dénombrés n’offrent qu’une vision partielle des postes offerts sur toute la durée de l’année. En effet, l’économie sociale se caractérise par l’importance des postes dits annexes, occupés sur une très courte période ou pour peu d’heures. Ce sont les structures associatives qui ont recours à ce type d’emploi : en Limousin comme au niveau national, 37% de l’ensemble des postes dans les associations sont des postes annexes.

Des salaires très hétérogènes

En 2005, le salaire net moyen perçu dans l’économie sociale s’élevait à 10,30 euros de l’heure (rémunération des postes annexes incluse), chiffre proche de la moyenne des salaires pratiqués dans le reste de l’économie (10,40 euros).
Les rémunérations 2005 les plus faibles s’observent dans le secteur de l’action sociale (environ 7 euros/H) alors que les domaines de la santé, de la formation des adultes et du secteur financier affichent les meilleurs scores (13 à 14 euros/H).

L’exemple des SCOP
Une Société Coopérative Ouvrière de Production (SCOP) est constituée de salariés associés. Le pouvoir de décision et les bénéfices sont partagés de manière équitable entre tous les salariés sociétaires. En 2007, on compte en Limousin 42 entreprises affiliées à l’Union Régionale des Scop (URSCOP). Elles emploient 770 salariés et génèrent un chiffre d’affaires de 75 millions d’euros. Le BTP y occupe une place prépondérante puisqu’il emploie 70% des salariés des Scop. C’est deux fois plus qu’au niveau national où les SCOP de services sont plus présentes.
La répartition des bénéfices s’effectue de la façon suivante: 44 % vont en réserve pour l’investissement, 40,5% sont versés aux salariés sous forme de participation et 15,5 % viennent rémunérer le capital.

Source: URSCOP Limousin – Berry -  Insee Limousin

CHOMAGE : FAITS & TENDANCES

Le taux de chômage le plus faible de France
La progression de l’emploi régional, même modérée, a permis la poursuite de la décrue du nombre de chômeurs en 2007.
En fin d’année, le Limousin conservait le taux de chômage le plus faible des régions françaises : 6,0% contre 7,5% pour la France métropolitaine. Circonscrites au secteur industriel, les pertes d’emploi ont été plus que compensées par le dynamisme de la construction et du secteur tertiaire.

Les disparités infrarégionales présentent peu d’évolution, la Corrèze se situant beaucoup plus favorablement (5,1%) que la Creuse ou la Haute-Vienne (6,4% et 6,5%).

Le taux de chômage des hommes et des femmes tend à se rapprocher.
Entre 2000 et 2007, le taux de chômage masculin est passé de 5,4% à 6,7% alors que, le taux féminin enregistrait une nette diminution, passant de 8% à 6,4%. La même tendance à une convergence entre hommes et femmes s’observe sur l’ensemble du territoire puisque l’écart de taux selon le sexe est passé de 2,9 points à 1,1 point en sept ans.

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Illustrations : C.Burgaud • N°ISSN 1156-8801 - Dépôt légal N°367 - Réalisation : N1bus-Expériences Copyrights© 2007-2008