Date : 11/06/2008 7,1% DE HAUSSE ANNUELLE POUR LES PRODUITS ALIMENTAIRES DANS L’UE
Selon Eurostat, les prix des produits alimentaires dans l’UE ont augmenté, entre avril 2007 et avril 2008, deux fois plus vite que le taux d’inflation : 7,1% d’augmentation contre 3,6% d’inflation. Cependant, en prenant plus de recul, Eurostat note qu’entre 1996 et avril 2008, les prix des produits alimentaires ont augmenté à un rythme similaire à celui de l’inflation, soit respectivement +31% et +27%. En avril 2008, les plus fortes hausses annuelles des produits alimentaires ont été relevées en Bulgarie (25,4%), en Lettonie(21,7%), en Estonie et en Lituanie (18,1%). A l’opposée, les hausses les plus faibles ont été enregistrées au Portugal (3,2%), aux Pays-Bas (5,4%) et en France (5,5%).
HAUSSE DE 50% DES INVESTISSEMENTS DE L’UE27 DANS LE RESTE DU MONDE
En 2007, les IDE (Investissements directs étrangers) de l’UE27 dans les pays tiers (flux sortants) ont augmenté de 53%, passant de 275 milliards d’e en 2006 à 420 mrds en 2007. En sens inverse, les IDE vers l’UE27 en provenance du reste du monde (flux entrants) ont progressé de 89% passant de 169 mrds à 319 mrds d’e.
C’est avec les Etats-Unis que les flux ont été les plus importants : 145 mrds d’e d’IDE entrants contre 113 mrds d’IDE sortants. A l’opposée, les flux avec la Chine (excluant Hong-Kong) sont restés très modestes (1 et 2mrds d’e).
Les principaux pays européens qui investissent en dehors de l’UE27 sont le Royaume-Uni (29% du total des IDE de l’UE27), le Luxembourg (19%), l’Allemagne (12%) et la France (7%).
En revanche, la France se présente comme le principal acteur des flux d’IDE intra-UE27: 1er investisseur et 1er bénéficiaire.
LE PROJET DU « GRAND PARIS »
La région Ile de France est aujourd’hui encore l’une des plus riches du monde. Elle constitue, selon son Agence Régionale de Développement, le premier bassin d’emploi européen : plus de 50% des cadres français y résident, grâce notamment à une forte densité de sièges sociaux.
L’incohérence actuelle vient du fait que ce grand bassin d’emploi parisien n’a pas de vraie gouvernance adaptée, tant en termes de fonctionnement que de périmètre : c’est un espace sans véritable cohésion urbaine et sociale.
La région est aujourd’hui le seul échelon qui pourrait incarner une vision globale mais ses pouvoirs sont étroits et son territoire, pour une grande partie rural, dépasse de loin les limites de l’agglomération parisienne. Des enjeux majeurs échappent ainsi à toute coordination comme la circulation, l’habitat ou les disparités de développement économique.
Création d’une région-capitale
La création d’une collectivité territoriale du Grand Paris englobant les trois départements de la petite couronne, soit plus de 6 millions d’habitants permettrait sans doute de donner à la métropole les moyens de développer des projets structurants indispensables dans les domaines du logement, des transports, de la sécurité, du développement économique et social.
Un Comité Interministériel d’Aménagement et de Compétitivité des Territoires (Ciact) est prévu à la fin de l’année. Il rendra ses conclusions sur l’avenir de la région-capitale, puis une loi devrait redéfinir les contours de cette future entité. Le projet de Grand Paris pourrait ainsi se concrétiser avant la fin de 2009. Le maire de Paris, qui défend lui aussi un projet similaire, baptisé « Paris Métropole », entend être largement associé aux délibérations et décisions finales.
LONDRES ET PARIS : DEUX VILLES EN COMPETITION…
Assurément, les deux capitales sont aujourd’hui plus reliées que jamais : deux heures quinze seulement depuis la mise en service, en novembre 2007, de la première ligne à grande vitesse. Certes, aussi, les deux métropoles sont administrées par des maires de gauche : le socialiste Bertrand Delanoë et le travailliste Ken Livingstone. Paradoxalement, ces rapprochements ont eu pour effet de mettre en évidence les différences entre ces deux capitales, exacerbant ainsi la compétition. Londres a gagné la première manche avec l’accueil des jeux olympiques de 2012. Mais plus globalement, laquelle de ces deux villes a le plus d’influence dans l’économie mondiale? Et sur le plan de l’urbanisme, de l’immigration, de l’influence culturelle, de la qualité de vie, de l’imagination, du style: « tous ces attributs indispensables d’une ville monde digne des élites globalisées »? Un poil prétentieux, John Ross, conseiller économique de Ken Livingstone, déclare : « Nous ne considérons pas en concurrence avec Paris. Cette bataille-là, nous l’avons gagnée. C’est à New York que nous nous mesurons désormais».
Des zones de compétence différentes
Le maire de Paris, dont les pouvoirs ne s’étendent pas aux banlieues (pas moins de 1.281 maires et communes en Ile de France), administre 2,3 millions d’habitants alors que le maire du Grand Londres (poste créé en 2000) gère une cité de 7,4 millions de personnes. Un chiffre qui peut se comparer aux 6,4 millions que comptent Paris et les trois départements de sa petite couronne. En revanche, les compétences de la mairie de Paris sont plus étendues : si les deux maires sont responsables, entre autres, de l’urbanisme et des transports, Paris gère en plus le logement social et les écoles primaires. C’est pourquoi la capitale française dispose d’un budget proportionnellement plus élevé : 7,6 milliards d’euros contre 14 milliards pour Londres.
Avantage Londres pour l’influence financière
Si l’on se réfère à la plupart des critères économiques, Londres l’emporte sur Paris : sa bourse pèse 2,5 fois plus en termes de capitalisation et elle est régulièrement classée au premier rang européen des pays destinataires des investissements directs étrangers (IDE). Enfin, le londonien est en moyenne, à parité de pouvoir d’achat, plus riche de 8% que le résident de Paris et de sa couronne.
Avantage Londres pour l’évolution de la population
La population des « districts centraux » de Londres, stimulée par l’immigration, progresse et continuera de croître : au moins 17% attendus d’içi à 2026 alors que l’INSEE prévoit une baisse de 3% d’içi à 2030 pour Paris intra muros. Depuis 1997, près de 700.000 étrangers ont adopté Londres comme lieu de résidence et 30% de la population y est aujourd’hui d’origine étrangère contre environ 14% pour Paris. Mais surtout, ce sont les plus instruits qui choisissent Londres (et la Grande-Bretagne en général), qu’ils viennent d’Inde ou de Pologne. Selon une étude récente de l’OCDE, 35% des immigrés habitant en Grande-Bretagne ont fréquenté l’université contre 18% en France.
Avantage Paris pour le coût de la vie.
Pour The Economist , « Londres est devenue une ville de l’excès dans tous les sens du terme ». En effet, l’approche plus ouverte, plus libérale, plus mondialisée de Londres a ses inconvénients. Outre son côté chaotique (plus d’éclosions de start-up mais aussi une forte mortalité d’entreprises, beaucoup de restaurants qui ouvrent mais autant qui ferment...), l’économie londonienne est très exposée aux aléas de l’univers financier. Si l’économie mondiale connaît un coup de froid (comme aujourd’hui), c’est toute la City qui s’enrhume : les banques sont sous oxygène, des centaines de traders pointent au chômage et les dégâts collatéraux dans l’économie traditionnelle se propagent en cascade. Au contraire, si l’économie mondiale est florissante, le marché immobilier londonien devient extravagant. Aujourd’hui, les loyers de bureaux dans le West End sont encore, selon Cushman & Wakefield, les plus chers du monde : plus du double des prix parisiens au mètre carré.
En tenant compte des loyers d’habitation et de l’alimentation, Londres est là aussi la ville la plus chère du monde, au-dessus de New-York et très au-dessus de Paris qui ne vient qu’au onzième rang. En tout état de cause, les prix de l’immobilier londonien exclut de facto du marché tous les primo-accédants.
Transports et déplacements : avantage à Paris
Si l’instauration du péage urbain pour les voitures et les investissements massifs dans le réseau d’autobus ont quelque temps décongestionné les rues du centre ville londonien, l’amélioration a été de courte durée. Une première ligne rapide traversant toute l’agglomération d’Ouest en Est ouvrira en 2017 alors que Paris dispose depuis des années d’un réseau rapide régional de cinq lignes. Enfin, pour The Economist , « le projet de modernisation du métro est un désastre et son financement un échec lamentable ». La vitesse moyenne de circulation dans le centre de Londres est de 12,9 km/h contre 15,9 à Paris. Le prix du ticket de métro à l’unité affiche 5,16 euros à Londres et 1,50 euros à Paris.
Pauvreté, sécurité : match nul entre les deux capitales
« La ville est dans son ensemble peut-être florissante, mais elle a encore sa part de pauvreté révélée par une vague de violences à l’arme blanche et à l’arme à feu chez les jeunes des quartiers pauvres ».
Cette phrase a été prononcée pour évoquer la situation de la capitale anglaise mais elle aurait très bien pu convenir pour qualifier Paris et sa grande agglomération. A bien des égards, le plus grand défi que Paris et Londres devront relever est certainement celui de la solidarité envers les laissés pour-compte du développement économique et de contenir les inégalités.
Ken Livingstone affirme que la principale raison de son désir d’accueillir les Jeux olympiques n’avait rien à voir avec le sport : « c’était d’obtenir de l’argent de l’Etat pour réhabiliter les quartiers Est longtemps abandonnés à leur sort ». Tiendra t’il sa promesse ? Delanoé avait-il la même visée ?
Point de vue en guise de conclusion de The Economist
« Londres ne présente rien de spécifiquement britannique à part sa bonne tolérance au chaos. La ville a épousé la mondialisation pour devenir une cité internationale, tandis que Paris est resté française et fière de l’être».
LE FOOT BUSINESS EN CHIFFRES
Des modèles économiques différents
• Le championnat anglais s’appuie en majorité sur les droits média mais surtout sur la billetterie (51e par personne en moyenne par match contre 16 en France). La billetterie rapporte plus que celle des championnats espagnols et allemands cumulés. Rappelons que tous les clubs anglais sont propriétaires de leur stade.
• En Italie, deux tiers des recettes proviennent des droits télé. Causes ou conséquences : des stades souvent vétustes et à moitié vides.
• Les championnats espagnols, français et allemands se caractérisent par une répartition à peu près similaire entre les droits média, la billetterie, le sponsoring et les produits dérivés.
Chiffre d’affaires des championnats nationaux (en millions d’€)
Angleterre 2.555 Allemagne 1.290
Italie 1.500 France 950
Espagne 1.360
Salaires et charges (en millions d’€)
Angleterre 1.235 Allemagne 578
Italie 806 France 541
Espagne 739
Affluence moyenne par match (en milliers de spectateurs)
Allemagne 37,6 France 21,8
Angleterre 34,4 Italie 19,2
Espagne 28,7
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