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Les revues de presse du JdP n° 90
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La revue de presse internationale

Date : 11/06/2008

ORDRE MONDIAL

QUIZ DE LA POSTURE OCCIDENTALE
Selon Pascal Boniface, directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques, «Ce qui est avant tout reproché à l’Occident dans le reste du monde, ce ne sont pas ses valeurs mais plutôt leur non respect par les Occidentaux eux-mêmes ou leur application sélective. Ce qui est de plus en plus rejeté, ce ne sont pas les libertés auxquelles la majorité aspire mais les incantations morales mises au service d’une politique de puissance». Il poursuit en indiquant que «Lorsque les Occidentaux sont cohérents et pratiquent les valeurs qu’ils prônent, celles-ci ne sont pas contestées ou seulement par des minorités. Mais si les valeurs sont interprétées avec une géométrie variable, cette minorité élargit le cercle de ses adeptes». Par exemple, «On ne peut pas réclamer l’ingérence dans certains cas et la refuser dans d’autres, selon qu’elle concerne les régimes amis ou non» comme cela a été notamment le cas pour la France en Irak, Afghanistan, Liban ou Palestine.
Actuellement, «Le mélange de la peur des autres, du sentiment de supériorité morale et de certitude de supériorité militaire constitue un cocktail dangereux» confirme cet expert en stratégie pour qui, au contraire, c’est du fait de «La cohérence avec ses propres principes que le monde occidental préservera le mieux ses positions». Selon lui, il est clair qu’«Aujourd’hui, la position dominante des Occidentaux (définition intégrant L’Europe, les Etats-Unis, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, le Canada) est remise en cause dans la plupart des autres pays du monde». La montée en puissance des «Bric» (Brésil, Russie, Inde, Chine) et de certains autres pays émergents «Ne doit pas être perçue comme une menace mais comme un défi». Ce serait même pour le monde occidental une chance en matière de rééquilibrage car ce dernier reste objectivement «le premier consommateur de matière première avec une monnaie qui est celle du commerce international tout en disposant d’une maîtrise des circuits économiques et une supériorité militaire». P. Boniface dit en résumé que «Le monde occidental ne doit pas maintenir à tout prix ses avantages et être tenté de le faire par des solutions de force car il s’exposerait à des désillusions et à des risques certains.»

VIN

UN MARCHÉ MONDIAL PROMETTEUR

Le chiffre d’affaires mondial du vin est de l’ordre de 109 milliards de dollars, équivalent à celui de l’industrie cosmétique. D’ici 2011, il devrait même progresser de plus de 10% sachant que la consommation augmente de près de 320 millions de bouteilles par an, avec un marché tiré par la Chine, la Russie, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. 38% du vin consommé dans le monde, en valeur, a été exporté. Un phénomène qui profite surtout aux producteurs chiliens, sud-africains, australiens, néo-zélandais et américains. Si la production tend à se stabiliser avec une moyenne de 266 millions d’hectolitres prévus en 2011 (un niveau identique à celui de 2006), la consommation mondiale devrait continuer à croître de +6,2% jusqu’à 2011. Il est vrai que la consommation a explosé ces dernières années en Asie en étant 8 fois plus rapide qu’ailleurs. Plus d’1 milliard de bouteilles ont été bues en 2007 avec un taux de croissance qui doit doubler d’ici à 2011.
Si la France reste le premier fournisseur en Asie, le Japon reste le principal importateur et la Chine le premier buveur de vin asiatique (67% du total). Le potentiel des marchés chinois, russe, indien et brésilien apparaît immense avec des progressions importantes dans la consommation annuelle de vin. Par exemple, si un Français absorbe entre 44 et 63 litres de vin par an, selon les sources, un chinois se contente encore de 3 litres et un indien 0,1 litre. Actuellement, 68,6% de la production mondiale de vin se réalise en Europe, 17,7% aux Etats-Unis, 5,5% en Océanie, 4,8% en Asie et 3,8% en Afrique. Une suprématie occidentale qui fait toujours de la France le premier pays producteur et le premier consommateur mondial juste devant l’Italie.

Principaux pays producteurs en millions d’hectolitres avec, entre parenthèses, le niveau de consommation annuel en millions d’hectolitres (base 2006) :
53    France    (27,1)
52    Italie    (26,9)
41,3 Espagne    (9,4)
29,1 Etats-Unis    (23,8)
14,3 Australie   
15,4 Argentine    (10,7)
9,0   Allemagne    (22,1)
8,4   Chili   
7,9   Afrique du Sud   
6,9   Russie    (5,3)   
4,9   Chine    (4,8)
Sources : Vinexpo - The TWSR 2008 - OIV

JAPON

UN NOMBRE ÉLEVÉ DE SUICIDES
Dans la société japonaise, le suicide est encore perçu comme «La preuve que l’on sait faire face à son destin» comme au temps des samouraïs qui le tenaient pour un acte noble et courageux. Cet héritage socioculturel est d’autant plus présent que les difficultés économiques en rajoutent sur le mental nippon. Ainsi, les soucis financiers apparaissent dans 1 message sur 5 précédant le suicide alors que l’existence d’une situation de chômage concerne presque la moitié de ceux qui passent à l’acte. Les suicides frappent notamment les adolescents et les jeunes adultes qui n’acceptent pas de se trouver dans une situation momentanée d’échec ou qui vivent une situation de «déboire honteux». Rappelons que les principales religions pratiquées au Japon, telles le shintoïsme et le Bouddhisme, se refusent à condamner le suicide. Actuellement, le pays du Soleil Levant détient le record du taux de suicide des pays riches avec un taux de 18 pour 100 000 habitants. La France arrive en second avec 15 pour 100 000 !

Taux de suicide pour 100 000 hab. au sein des principaux pays riches (base 2007) :

18    Japon    10    Allemagne
15    France    7    Royaume-U.
6    Italie       11    Canada
Source : OCDE

DÉLOCALISATION

UNE MENACE SURESTIMÉE
Avec la mondialisation, la liberté d’installation dans un autre pays n’a jamais été aussi forte. Il est vrai, aujourd’hui, qu’il n’est guère plus onéreux de transporter des marchandises en France depuis l’Asie que depuis le Portugal. Pourtant la délocalisation des entreprises occidentales vers les pays du Sud est devenue l’une des grandes peurs économiques des occidentaux. Selon les économistes, la menace serait très surestimée constatant que le niveau local des salaires n’est en réalité qu’un élément parmi de nombreux autres. Par exemple en Asie, du fait de la mécanisation, le poste salarial ne concerne que 5% du coût dans la fabrication de fils de nylon et moins de 25% dans les pièces automobiles. Selon, les enquêtes menées par la Cnuced, l’une des principales motivations évoquées par les entreprises qui délocalisent est d’abord de se rapprocher du client final.
D’une manière générale, la délocalisation sous forme de sous-traitance dans les pays du Sud ne recouvre que 8,7% du total mondial, alors que 49% des contrats d’outsourcing concernent d’abord l’Europe puis les Etats-Unis (42,3%). La plupart des délocalisations dans les pays du Sud s’effectuent par créations d’activités lesquelles, de toute manière, auraient pu être créées sur place. Le vrai problème lié aux délocalisations n’est donc pas la Chine, l’Inde ou l’Asie en général, mais davantage la concurrence sauvage qui s’exerce entre pays développés. En effet, les 2/3 des IDE (investissements directs à l’étranger) concernent des délocalisations au sein même des pays développés faisant que la redistribution des cartes ne se pratique guère, pour l’instant, en faveur des pays du Sud.

Classement des 10 principaux facteurs menant à la décision de délocaliser au sein des filiales d’entreprises multinationales (base 2007) :

• Stabilité macroéconomique
• Stabilité politique
• Qualité des télécoms
• Coût du travail qualifié
• Disponibilité du travail qualifié
• Imposition des sociétés
• Qualité des services financiers
• Aides aux investissements
• Attitude à l’égard des investisseurs étrangers
• Droit du travail
Source : Cnuced

PÉTROLE

UN ENCHAÎNEMENT DE CONDITIONS DURABLES
Les politiques ont beau dire ce qu’ils veulent, la flambée des prix du pétrole reste une sacrée rentrée fiscale pour l’Etat qui continue à se nourrir grassement «en valeur» lors de chaque augmentation des prix à la pompe, au détriment direct des revenus des ménages et des socioprofessionnels. C’est l’effet amplificateur et conjugué des taxes TIPP et TVA (3 fois le prix en sortie de raffinerie) qui fait que l’augmentation du prix du baril, malgré une baisse relative de la consommation, se répercute par «3» en devenant ainsi le Top placement «fiscal» du moment. Une véritable arnaque alors que le pétrole est réglé en dollars, c’est-à-dire quasiment 50% en dessous de la valeur de l’euro, ce qui normalement devrait réduire toute hausse à la pompe ou pour le moins la réduire de moitié.
La faute en revient naturellement au déficit de l’Etat Français qu’il convient de combler par tout moyen mais aussi aux directives européennes et aux écologistes qui poussent à la réduction de consommation de produits pétroliers afin de respecter les accords de Kyoto.
Cette envolée de dépenses que les routiers, transporteurs, taxis, pécheurs, salariés et ménages prennent de pleine fouet est liée également à plusieurs autres conditions «sources» du marché dont :

• Une demande mondiale tirée par la Chine et l’Inde qui progresse de 2 à 3% l’an avec près de 1,7 million de barils/jour supplémentaires en 2008.

• Le fait que s’il existe encore d’importantes réserves pour plusieurs décennies, l’extraction est aujourd’hui au taquet et ne peut pas mieux faire. Tous les pays qui disposent d’une capacité de production excédentaire préfèrent laisser déraper les prix plutôt qu’augmenter leurs volumes en étant peu enclins, dans les conditions actuelles, à investir lourdement.

• L’existence sur les marchés financiers d’une spéculation ciblant le pétrole et les matières premières et agissant de manière à amplifier les mouvements à la hausse. Cette spéculation se nourrit activement des actuels déséquilibres géopolitiques alimentés par la crise du nucléaire iranien, les subprimes américains, les tensions au Kurdistan, Nigeria, Irak… et qui font que la «prime de risque» sur les marchés à terme oscille entre 15 et 24 dollars, voire plus, au lieu des 4 à 8 dollars auparavant.

Estimation de perte sèche de revenu annuel liée à l’augmentation du prix du carburant par rapport à mai 2007 (60$ le baril) en fonction d’un nombre moyens de km parcourus pour chaque catégorie :

  Perte en mai 2008 (baril à 130$) Perte demain   (baril à 200$)
Marin pêcheur 6000 € 12 000 €
Taxi 1 440 € 2 880 €
Ménage 360 € 720 €

Source : L’Express

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