CADRES
RAJEUNISSEMENT DES CADRES SUP’
La dernière enquête MobiCadres réalisée par le cabinet Oasys Consultants indique que l’âge moyen des cadres dirigeants est de 43 ans en 2008. Il était de 47 ans l’année précédente. Un rajeunissement logique lié au départ à la retraite des «papy boomers» permettant ainsi aux quadras d’être de plus en plus nombreux à accéder aux postes de direction.
LES MOTIVATIONS DU DÉPART DE L’ENTREPRISE
1 cadre sur 10 serait en phase active de recherche d’un nouveau poste à l’extérieur de son entreprise. C’est le constat d’une récente enquête menée par le cabinet de recrutement Robert Half qui indique également que 29% y songent régulièrement, sans toutefois envisager d’actions concrètes.
Les 3 principales motivations amenant à changer d’entreprise sont dans l’ordre :
• La recherche d’un meilleur salaire (32%)
• Des responsabilités accrues (15%)
• Un meilleur équilibre vie professionnelle/ vie privée (10%)
DES CADRES SENIORS SOUS PRESSION
Dans son dernier rapport, le CEE (Centre d’études de l’emploi) indique que 54% des cadres âgés de plus de 50 ans «déclarent travailler sous pression». Un taux qui redescend à 39% pour l’ensemble des autres salariés de la même tranche d’âge. Une situation qui agirait directement sur l’état de santé sachant que 66% d’entre eux déclarent éprouver des douleurs et 61% de la fatigue «Les obligeant à aller plus souvent chez le médecin et à prendre plus de médicaments qu’auparavant.»
LES RAISONS DU LICENCIEMENT POUR MOTIF PERSONNEL
Les principales raisons mises en avant par les responsables RH à l’occasion d’un licenciement pour motif personnel sont :
• Les problèmes relationnels au sens large (66%)
• Les insuffisances de performance (54%)
• Le défaut de compétence (45%)
Selon une étude de l’Apec l’avis des cadres licenciés serait tout autre. En effet, 75% d’entre eux estiment que les 3 raisons invoquées ne sont que «Des prétextes masquant des considérations économiques et notamment la volonté de réduire les effectifs.»
LES AFFAIRES PRIVÉES AU BOULOT
57% des dirigeants gèrent eux-mêmes leurs affaires personnelles au bureau selon un récent sondage Ipsos. 64%, soit 2 patrons sur 3, avouent même consacrer plus de 1H45 par semaine à leurs problèmes privés.
VERS LA FIN DU TRAVAIL AU BUREAU !
Une étude Ipsos indique que 45% des cadres considèrent que «La journée traditionnelle de travail au bureau entre 9H et 18H» va devenir obsolète dans les 10 ans à venir. Selon eux, le bureau mobile directement chez eux ou «nomade» avec les outils modernes de la mobilité, fera que le bureau fixe dans l’entreprise ne sera plus qu’une base, un point de passage. 80% des personnes interrogées pensent toutefois que le costume-cravatte n’est pas près de disparaître et restera encore longtemps en vigueur !
CUMUL EMPLOI-RETRAITE
LES 3 DERNIERS MOIS D’ACTIVITÉ
Depuis le 6 mai dernier, la CNAV a précisé les sommes devant être prises en compte pour le cumul emploi-retraite, afin de déterminer le dernier revenu d’activité de référence. Celui-ci se calcule dorénavant à partir des 3 derniers mois précédant la cessation d’activité. Les indemnités de départ à la retraite et/ou les congés payés soumis à CSG versés au cours de cette période de 3 mois sont également pris en compte.
OFFSHORING
SERVICES INFORMATIQUES
D’après l’Insee, 29% des entreprises françaises de +10 sal. externalisent auprès de prestataires français (92% des cas) et étrangers (8%) certaines fonctions propres aux TIC. Dans 5% des situations d’offshoring, il s’agit de prestataires européens et dans 3% de prestataires en dehors de l’Union européenne. Ce sont principalement les grandes entreprises qui sous-traitent le plus, notamment dans le secteur de l’énergie et de la finance. A l’inverse, l’informatique est l’un des secteurs qui externalise le moins mais qui a le plus recours aux prestataires étrangers.
GRANDE DISTRIBUTION
TOUJOURS LE RAPPORT DE FORCE
La LME (loi de modernisation de l’économie) votée en mai dernier est jugée trop favorable pour la grande distribution selon l’Ania (Association nationale des industries agroalimentaires), la FNSEA (Fédé¬ration nationale des syndicats d’exploitants agricoles), la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), la CGI (Confédération française du commerce interentreprises) et l’Ileic (Institut de liaison et d’études des industries de la consommation agissant comme le lobby des grandes marques). Le rapport de force apparaît, en effet, déséquilibré avec d’un côté 10 000 fournisseurs qui souhaitent voir mettre en place une politique tarifaire avec des crans de sécurité afin d’éviter d’être constamment étranglés dans les négociations tarifaires et, de l’autre, 5 grands distributeurs formant un oligopole dominant via leurs centrales d’achat.
Une situation qui divise férocement les parlementaires de tout bord, d’autant plus que le rapport Attali préconise l’ouverture d’un plus grand nombre de hard discounts dans le but de faire baisser les prix à la consommation. Cette dernière éventualité ne semble d’ailleurs intéresser ni les élus, ni les fournisseurs anticipant de nouveaux bras de fer, ni les grandes surfaces qui voient là l’arrivée d’une concurrence supplémentaire sur leur territoire. Malgré les tentatives gouvernementales lancées ces dernières années afin de «pacifier» les rapports fournisseurs/grande distribution, on assiste impuissants, côté consommateurs à une envolée régulière des prix dont personne ne veut assumer la responsabilité.
Initiatives gouvernementales destinées, depuis 1996, à régir le secteur concurrentiel dans la grande distribution :
• Juillet Loi Galland (Juillet 1996) : Lutte contre les prix bas abusifs
• Loi NRE (Fabius en Mai 2001) : Encadrement des marges arrières
• Accords Sarkozy (Juin 2004) : Relance de la consommation
• Loi Dutreil (Août 2005) : Seuil de revente à perte
• Loi Chatel (Décembre 2007) : Développement de la concurrence
• Loi LME Lagarde (Mai 2008) : Lutte pour le pouvoir d’achat
LA NÉCESSITÉ DU «PRIX ÉQUITABLE»
Cette année encore, contre toute logique, les prix à la consommation ont connu une hausse jugée spectaculaire. C’est, par exemple, le constat fait par les producteurs de fruits et légumes qui estiment que la hausse moyenne des prix sur les étals a atteint +25% depuis 2006. Un avis confirmé par l’observatoire des familles rurales qui chiffre à +15% l’écart moyen entre 2007 et 2008 (+34% pour les abricots, +26% pour les pêches, +23% pour les poires...). Selon les experts du secteur, les fruits et légumes sont devenus de véritables «vache à lait» sachant qu’«Aujourd’hui, les grandes enseignes récupèrent 60% du prix de vente final avec des marges nettes jusqu’à 25%». Un état de fait que la grande distribution nie avec force sans toutefois vraiment convaincre personne. Pourtant, il s’agit là d’un vrai scandale selon Thierry Damien, président des familles rurales, pour qui «Rien ne justifie le niveau des prix actuels qui empêchent les Français d’accéder à une alimentation saine».
Pour Raymond Girardi, président du Modef de Tarn-et-Garonne, on doit même se pincer en constatant, par exemple, que «Le prix de revient d’un kilo de fraises gariguettes est de l’ordre de 3€» auquel il faut ajouter «de 1€ à 1,50€ pour la rémunération de l’exploitant, le coût des opérations de tri et le transport». Aussi, lorsque le prix de vente dans les grandes enseignes atteint «19,50€ le kilo, il s’agit alors d’une véritable escroquerie !». Comment justifier, en effet, cette différence de marge brute pour le distributeur représentant 15€ soit 77% du PV ?
En pleine crise du pouvoir d’achat, il est grand temps de remettre à plat tous les mécanismes de constitution du prix de revient en ce qui concerne notamment les produits de première nécessité. Pour cela, il est nécessaire de proposer un label «prix équitable» limitant de manière raisonnée, en valeur ou en %, la part de valeur ajoutée propre à chaque intermédiaire du producteur au vendeur final. Une vraie réforme utile quoi !
RÉMUNÉRATION
UNE APPROCHE DE PLUS EN PLUS MARKETING
D’après Pierre le Gunehec du cabinet Hewitt Associates «Les rémunérations sont composées, aujourd’hui, en moyenne de 70% de fixe et de 30% de variable». Même si ce dernier poste a sensiblement baissé ces dernières années, la véritable nouveauté est que «La rémunération sera pensée demain selon une approche plus marketing. Les entreprises proposeront toute une panoplie de rétributions à leurs collaborateurs et notamment à leurs commerciaux». Les experts prévoient ainsi une plus grande flexibilité dans les systèmes de rémunération avec des packages sur mesure conçus en fonction des attentes de chacun. Si aujourd’hui, les entreprises motivent d’abord leurs collaborateurs via le levier financier, elles vont devoir élargir leur offre de motivation avec des formations et une série d’avantages «personnels».
Répartition de la partie variable (V) et de la partie fixe (F) selon le type de commerciaux (base 2006) :
V F
Commerciaux sédentaires 76% 24%
Commerciaux itinérants 78% 22%
Commerciaux grands comptes 89% 11%
Principaux leviers de motivation des collaborateurs (base 2006) :
82,4% Avantages financiers
49,6% Politique de formation
44% Avantages personnels
1,8% Management par la peur
URSSAF
DES CONTRÔLES EN AUGMENTATION
En 2007, les redressements ont concerné 250 000 entreprises soit près de 10% du total des établissements français. Le bilan publié par l’Acoss indique que le montant ainsi collecté s’est élevé à plus de 1 milliard d’euros. 1/3 de cette somme serait toutefois «recrédité» aux entreprises qui ont trop versé de cotisations du fait de la complexité de la réglementation. 20% des redressements concernent le travail clandestin pour un montant total atteignant les 118 M?, lequel a doublé en l’espace de 2 ans.
Les opérations menées dans le cadre du travail dissimulé se traduisent, en général, par un redressement pour plus de la moitié des entreprises contrôlées (+ de 22 000 l’année dernière).