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Les revues de presse du JdP n° 91
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La revue de presse internationale

Date : 22/09/2008

LIBRE ÉCHANGE

L’UNION POUR LA MÉDITERRANÉE (UPM)
Proposée par Nicolas Sarkozy, la mise en place d’une zone de libre échange entre les pays riverains de la méditerranée a de grandes chances de rester un vœu pieux politique tant les résistances sont nombreuses.
En effet, la coopération entre les 44 pays signataires (27 pays de l’UE, 13 pays arabes plus Bosnie, Croatie, Monaco, Monténégro) réunis lors du premier sommet de l’UPM (Union pour la méditerranée) qui s’est tenu à Paris le 13 juillet dernier, pose plus de problèmes qu’elle n’apporte de perspectives consensuelles.
D’abord, parce que le show français sur ce sujet indispose, depuis le début, la plupart des autres capitales européennes qui restent foncièrement sceptiques sur la finalité concrète de cette mosaïque communautaire. L’Allemagne, par exemple, craint que les entreprises françaises raflent les grands contrats financés en partie par l’argent européen.
Ensuite parce que l’implication européenne dans ce projet suppose la mise en place de budgets (7,5 milliards d’euros pour la période 2007-2013), vécus comme insuffisants par les pays arabes, sachant que ceux-ci ne risquent pas d’être augmentés de si tôt du fait du veto Allemand. Ce pays ne veut pas de transferts budgétaires qui puissent de faire au détriment des politiques déjà menées en faveur de l’intégration des Pays d’Europe Centrale et Orientale (Peco).
C’est également le «retour d’expérience» mitigé du «Processus de Barcelone» mené depuis 1995 et destiné initialement à favoriser une coopération euroméditerranéenne. A l’époque, il s’agissait d’accompagner le développement de la rive sud de la méditerranée avec l’espoir de voir baisser la pression démographique et migratoire, se démocratiser les régimes politiques arabes ainsi que se réduire le spectre de l’extrémisme islamique. Depuis près de 14 ans, pas grand-chose ou presque ne s’est réalisé dans ce sens alors que les pays du Maghreb ont pu constater la très grande pingrerie européenne qui n’a jamais accepté de consacrer plus de 1,6 milliard d’euros par an pour les projets entrant dans le cadre de sa «politique de voisinage», soit 0,01% de son PIB. Aussi les dernières promesses sarkoziennes sur l’arrivée de nouveaux capitaux privés destinés à financer les projets à naître de cette nouvelle union sont vécues comme fortement hypothétiques.

LA BOÎTE DE PANDORE VERSUS MÉDITERRANÉEN

Bien d’autres circonstances et intérêts divergents plombent, à la racine, le projet initial qui consistait à «Unifier une rive Nord vieillissante mais riche avec une rive Sud, jeune mais pauvre». Aujourd’hui, tout concourt à ce que ce projet ne soit uniquement qu’un simple relookage du «Processus de Barcelone».
C’est le cas notamment avec la Turquie, poids lourd extra-européen de cette union, qui entretient des relations très distantes avec les autres pays du sud méditerranéen. Pour les Turques, le projet dirigé par Nicolas Sarkozy est ressenti comme la traduction du refus de son adhésion dans l’UE, par conséquent comme une entrave à l’approfondissement de ses relations avec l’Union européenne. Il en est de même pour la Syrie, la Jordanie et l’Egypte, qui ont leur économie et leurs préoccupations politiques davantage tournées vers le Moyen-orient et le Golfe persique que vers l’Europe. Si le Liban et Israël sont traditionnellement tournés vers l’Europe, la présence israélienne au sein de l’UPM pose de redoutables problèmes de sensibilité politique du fait de l’acuité internationale du conflit israélo-palestinien.
Il existe également de nombreux conflits et bisbilles intra maghrébines entre la Tunisie, la Lybie, l’Algérie et le Maroc. Ces pays entretiennent, en fait, très peu de relations entre eux faisant que leur adhésion à l’Union méditerranéenne n’offre que très peu d’intérêt sous l’angle de la coopération régionale. A cela, s’ajoute la crainte qu’ils ne subissent chacun une mise en coupe réglée de leur économie par l’arrivée massive de multinationales européennes. Il est vrai que leur expérience en matière de délocalisation (textile notamment) valide la très grande fragilité des partenariats européens issus de la sous-traitance, avec des donneurs d’ordre européens prêts à partir du jour au lendemain vers d’autres pays du monde jugés plus intéressants en terme de coûts de production. Pour ne rien arranger, et compte tenu de la politique française en matière migratoire, les pays du Maghreb redoutent également que cette union ne soit un moyen supplémentaire de leur imposer la responsabilité d’arrêter directement sur leur territoire les flux d’émigrants en direction de l’Europe.

Les projets actuellement prioritaires de l’Union Européen sur la zone méditerranéenne :
• Dépollution de la Méditerranée
• Autoroutes de la mer
• Plan solaire
• Protection civile
• Université méditerranéenne
• Agence destinée à aider les PME exportatrices

DÉMOGRAPHIE

LA PROBLÉMATIQUE DU VIEILLISSEMENT DES POPULATIONS
Paradoxalement «Le vieillissement du monde est le résultat d’une grande réussite de l’humanité : la maîtrise de sa croissance démographique» affirme Hania Zlotnik, directrice de la Division de la population aux Nations-Unies. Pourtant, selon elle, «Il reste à savoir si l’humanité sera capable de s’adapter à cette nouvelle situation» en regard notamment des contraintes multiples que cela suppose. Selon les projections de l’ONU, le monde devrait compter 9,2 milliards d’humains en 2050 contre 6,7 en 2008. C’est l’un des plus grands défis jamais atteint par l’humanité qui va consister à nourrir, soigner, loger, animer, éduquer, assister, faire travailler… Près de 2,5 milliards d’individus supplémentaires. Sachant déjà que près d’1 milliard d’humains souffrent de la faim, de nombreux problèmes chroniques sont à venir pour les pays du Sud comme pour les pays développés, bien au-delà des seuls problèmes environnementaux :

Problématiques pour les pays du Sud
• Vieillissement inéluctable de l’ensemble de la planète avec un taux des «plus de 60 ans» qui doit passer de 10,8% actuellement, soit 727 millions d’individus, à 21,8% soit 2 milliards en 2050. L’augmentation prévue en Afrique est de +297% (155 millions), de +264% en Inde (243 millions) de +176% en Chine (282 millions).
• Impacts forts en matière de mortalité, pauvreté, maladies, crises et catastrophes humaines liées aux changements climatiques, ainsi qu’en terme d’incertitudes dans la portée des crises politiques et géostratégiques à venir.
• Amplification de la baisse de la fécondité, principal déterminant socioéconomique du vieillissement démographique avec ses effets familiaux et sociologiques. Dans les pays pauvres, les femmes âgées ou veuves vont ainsi payer cher le privilège de vivre plus longtemps que les hommes.
• Délitement progressif des structures traditionnelles à cause de l’exode rural avec pour effet d’affecter encore plus les foyers pauvres comprenant des personnes âgées induisant toujours plus de misère économique, d’isolement et dégradation de leur état santé.

Problématiques pour les pays développés
• Augmentation en Europe de près de 63 millions des +60 ans d’ici à 2050 soit +48% et de 61 millions en Amérique du Nord.
• Diminution du nombre d’actifs par rapport à celui des personnes âgées posant de redoutables problèmes d’équité et de financement de la protection sociale.
• Décalage croissant entre la durée des cotisations et le niveau des pensions mettant à mal les systèmes de retraite par répartition.
• Renforcement des inégalités en matière de retraites et d’assurances vieillesse (retraite par capitalisation).
• Augmentation des coûts collectifs et individuels de santé.

RAPPORT EURO-DOLLAR

UN BILAN ÉCONOMIQUE EN SOUFFRANCE


Alors que «L’euro est un extraordinaire succès» qui a réussi «sur le marché des changes à éclipser la livre sterling, le franc suisse et le yen japonais… en devenant la 2ème monnaie internationale», son problème est que sur le plan économique «le bilan est plus discuté». C’est l’avis de Michel Pébereau, président du conseil d’administration de BNP Paribas, pour qui «Le vrai problème posé par l’euro, c’est le taux de change du dollar». En cela, «Du fait de sa solidité et de son indépendance, l’euro est la principale victime de la forte dépréciation qu’ont finit par provoquer les déséquilibres massifs et structurels des paiements courant des Etats-Unis et leur politique monétaire expansionniste».

A cela, s’ajoute le fait que l’état des finances publiques est devenu très dépendant des autorités institutionnelles et monétaires européennes imposant de grosses contraintes budgétaires et monétaires en vue de contenir l’inflation sur la zone euro. Il en résulte aujourd’hui, pour un pays comme la France, qu’une hausse de 10% de l’euro ampute sa croissance de 0,2 à 0,4 point du PIB. Même si le coût des importations est devenu objectivement avantageux, d’après Sylvain Broyer, de Natixis, «La France souffre plus que les autres pays, cela tient à la structure de nos exportations. Nous vendons plus de biens de consommation qui sont interchangeables». Il cite, pour l’exemple, le cas où «Quand le prix du vin français augmente en raison de la hausse de l’euro, les acheteurs américains se tournent vers le vin californien».

LA TENAILLE DU DIABLE

La seconde cause majeure d’instabilité économique est directement liée à la dépréciation du dollar qui a créé de manière durable une zone dépressionnaire sur l’économie mondiale. Il est évident pour Jean-Marc Lucas, spécialiste de l’économie américaine à la banque BNP Paribas, que «Nous assistons à la fin d’une expansion (américaine) qui aura duré 6 ans». L’impact du ralentissement américain est même jugé très important «En matière de ralentissement de la croissance de la zone euro, de la baisse des importations en provenance d’Europe, ainsi que sur l’impact négatif que cela peut avoir sur la confiance des chefs d’entreprises et des ménages». Pour sortir de ce cercle non vertueux, Michel Pébereau insiste sur le fait que «C’est un nouvel ordre monétaire international qu’il faudrait définir».

Il est vrai que la problématique est sérieuse avec d’un côté de la tenaille un euro «trop fort» et de l’autre, un dollar «trop faible». Cette situation interagit fortement sur la politique de régulation conjoncturelle menée par les Etats en bridant l’impact attendu des réformes de structures à court terme et certainement à moyen terme, du fait des nombreux effets induits ou en cascade. Pour les économistes, il est clair que les mesures prises à la seule échelle d’un pays comme la France ne sont plus suffisantes en terme de stabilité économique comme de pérennité du taux de croissance. Il est même à craindre de cette tension-dépression monétaire que le pouvoir d’achat des ménages ne continue à baisser ou à stagner sans récréer les conditions nécessaires de la confiance.

Évolution moyenne annuelle du pouvoir d’achat :
Période        1997-2001  2002-2006  2007

Allemagne          2,3%    1,6%    1,9%   
Belgique             2,8%    2,5%    2,4%
Espagne             2,5%    3,2%    2,8%
France                2,1%    3,1%    3%   
Grde-Bretagne    5,1%    4,4%    4,3%
Italie                   2,1%    3,1%   2,4%
Source : Commission européenne

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