CONSEILS, FORMATIONS ET CONFERENCES, FORCE DE VENTE  SUPPLETIVE

Les revues de presse du JdP n° 93
Les professionnelsL'entrepriseL'EuropeL'internationalArchives
La revue de presse internationale

Date : 26/01/2009

PSYCHOLOGIE

LES RAISONS DU BONHEUR UNIVERSEL
Dans un ouvrage intitulé «Happiness and Time Allocation», deux chercheurs en science du management, l’un espagnol et l’autre américain, ont mis en équation le bonheur dans la société moderne. Une approche qui se distingue totalement de la vision qu’en avaient les Grecs anciens en le croyant directement dépendant de la chance, du destin et des dieux, sans aucune possibilité d’intervention humaine. Pourtant selon ces chercheurs, le bonheur est un «actif» dont la quantité dépend de 2 facteurs : les loisirs (incluant la famille) et la consommation. En matière de loisirs, ils estiment que ceux-ci et la famille sont des constantes dans l’état de bien-être physiologique et de contentement psychologique pour l’individu moderne. Pour preuve, le constat que parmi «Les babouins du Serengeti, ceux qui ont le plus d’amis sont ceux qui ont le moins de stress», prouvant ainsi que le taux d’hormones est toujours plus élevé chez ceux qui bénéficient de rencontres amicales.
Sous l’angle de la consommation, il apparaît que ce facteur est plus aléatoire dans l’atteinte du bonheur et dépend surtout du niveau de revenus (mais pas trop), ainsi que d’une absence de jalousie vis-à-vis d’autrui... Une expérience menée avec des étudiants d’Harvard a ainsi montré que le rapport à l’argent «Confirme la croyance empirique que les riches sont plus heureux que les pauvres, mais qu’au-delà d’un certain niveau de revenus, les scores de bonheur n’augmentent plus». Ainsi pour le prouver, les étudiants ont tous été conviés à choisir entre deux mondes imaginaires : l’un où ils gagneraient 50 000 euros par an tandis que les autres individus en gagneraient 25 000 et un autre monde, dans lequel ils gagneraient 100 000 euros (donc plus) tandis que les autres en gagneraient 250 000. Et bien la majorité d’entre eux ont choisi… le premier monde !

DES SENIORS DAVANTAGE MAÎTRES DE LEURS ÉMOTIONS
Une étude scientifique menée par une équipe franco-américaine de neurobiologistes confirme que les seniors préfèrent optimiser les émotions positives tout en ignorant les négatives ou s’en distancier.
Ils seraient également plus calmes et moins dépendants de leurs impulsions que les plus jeunes.
Il a ainsi été démontré que le cerveau des seniors est beaucoup moins sensible aux récompenses et à l’argent, notamment en regard d’une plus faible production de dopamine.
Deux techniques d’imagerie ont été utilisées : la résonance magnétique nucléaire et la caméra à positrons pour mesurer le niveau de ce neurotransmet-teur qui intervient directement dans «le circuit de la récompense».
La dopamine participe d’un mécanisme biologique destiné à maintenir les activités vitales (boire, manger, copuler..) en les associant à des sensations agréables.
Ainsi, deux groupes de volontaires (un groupe de jeunes d’une vingtaine d’années et un groupe de sexagénaires) ont été étudiés pendant qu’ils jouaient aux machines à sous sur un écran vidéo, avec possibilité de gagner de petites sommes d’argent.
Alors que le cerveau des jeunes gens produit naturellement un fort taux de dopamine lorsque ceux-ci gagnent ou perdent, les volontaires plus âgés semblent beaucoup moins affectés par la récompense, ou par la perte, en produisant moins de dopamine.
Toutefois, s’il apparaît que l’effet de l’âge réduit la production de dopamine (jusqu’à créer en cas de dysfonctionnement les tremblements de la mala-die de Parkinson), il active parallèlement davantage le cortex préfrontal, c’est-à-dire la partie du cerveau située juste derrière le front, siège des fonctions cognitives dites supérieures comme le langage et le raisonnement.

GÉOÉCONOMIE

LA MIGRATION DE L’ARGENT
Selon l’Ifad (International Fund for Agricultural Development), le montant total des fonds transférés par les migrants vers leur pays d’origine, notam-ment les pays en voie de développement, a atteint les 300 milliards de dollars en 2007.
Le transfert de cet argent est devenu indispensable dans de nombreux pays pour lesquels il représente jusqu’à près du quart du PIB national.
En France, 41% des immigrés envoient régulièrement de l’argent hors de l’Hexagone et la proportion monte même à 60% pour ceux qui sont originaires d’Afrique subsaharienne.
L’argent envoyé représente généralement de 15 à 25% des revenus, voire même jusqu’à 40%, sachant que 75% des sommes transférées (plus de 4 milliards d’euros en France) sont consacrées à des dépenses de consommation courante dans les pays receveurs. 15% vont également au logement et 10% à de l’investissement local. 
Face à cette migration de l’argent, la France a opté pour une canalisation de ces ressources vers des investissements collectifs menés dans le cadre de programmes de codéveloppement. Pourtant selon Saïd Bourjij, directeur de l’association Epargne sans frontières, «En France, toutes les politiques publiques sont parties du présupposé que le développement des pays du Sud pouvait freiner l’immigration. Vrai dans les années 60, ce postulat est désormais caduc». Pour Virginie Lucas, chargée d’affaires à l’Agence française de développement «La France pêche aussi par la frilosité de ses banques à l’égard de ce type de clientèle qu’elle peine encore à considérer comme une vraie cible.»

Principaux pays de transmission, via les circuits officiels, en milliards de dollars transférés (base 2007) :
Etats-Unis    42,2   Italie               8,2
Arabie S.    15,6    Luxembourg    7,5
Suisse        13,8    Pays-Bas         6,7
Allemagne  12,3    Malaisie           5,6
Russie        11,4    Roy.-Uni          4,5
Espagne        11    France             4,3
Source : Ifad   


MANAGEMENT

DURE, DURE, LA CONDUITE DU CHANGEMENT
Une étude d’Economist Intelligence Unit (EIU) menée auprès de dirigeants européens et américains souligne le fait que «Les managers pensent trop souvent que s’ils obtiennent la technologie et les process, les gens suivront». Or d’après Robin Bew, directeur éditorial, «L’enquête montre que c’est rarement le cas. Les agents du changement réussi sont ceux qui maîtrisent l’art de la persuasion». Pour preuve de cette difficulté, 58% des dirigeants interrogés reconnaissent que les changements initiés ont été pour moitié seulement couronnés de succès. Les plus mauvais résultats proviennent des Etats-Unis où le taux de réussite reconnue ne s’élève qu’à 25%. La principale raison invoquée concerne l’état d’esprit des collaborateurs comme «élément le plus difficile à changer» dans 51% des cas. La résistance des collaborateurs est même le principal frein au changement pour 17% des dirigeants internationaux. L’adhésion du personnel au projet de changement est seulement estimée à 16% en moyenne internationale et à… 10% en France. 
D’après l’étude, une mauvaise gestion du facteur humain couplée à un manque de communication et c’est alors l’échec assuré.
A l’inverse, pour réussir une étape de changement, il est obligatoire d’avoir un leader charismatique et surtout pas un dirigeant qui dicte ses plans. Pour cela, le mieux est de pouvoir compter sur des managers qui apportent une vision globale et transparente du projet ainsi qu’une aide directe aux collaborateurs en leur permettant de mettre leur créativité au service du changement.

PAYS EMERGENTS

DES FAUVES PRÊTS À REBONDIR
L’après-crise risque de sonner un réveil difficile pour les pays occidentaux. C’est du moins l’avis de Christophe Jaffrelot, Directeur du Ceri (Centre d’études et de recherche internationale), pour qui les pays émergents tels que l’Inde «le bureau du monde» ou la Chine «l’usine du monde» vont «amortir le choc actuel en dopant leur marché». Si dans un premier temps «Ces pays vont subir un décrochage, soit à cause de la chute des cours soit à la suite du ralentissement de la consommation en Occident, ils vont rebondir car ils représentent les 3/4 de la croissance mondiale».

Plusieurs raisons confirment cette hypothèse :
• L’engagement de la Chine à bâtir un système de sécurité sociale et de retraite ainsi que son intention de distribuer du pouvoir d’achat dans les campagnes, faisant ainsi que les ménages vont puiser dans leur épargne de précaution et consommer davantage.
• La préparation d’une nouvelle
vague de délo-calisations de la part des entreprises occidentales vers tous les pays émergents.
• La persistance de grands marchés d’équipement et de consommation dans ces pays qui restent également des lieux de production à bas coût.

DEMAIN UN MONDE DIFFÉRENT
D’un point de vue moral, confirme C. Jaffrenot, «Quand nous aurons recouvré nos esprits, une fois la crise passée, nous serons face à un mode bien différent. En effet, il ne sera plus possible de défendre une dérégulation à l’américaine dans un rapport de force qui aura aussi changé».
Le dernier G20 comprenant les 8 grands pays industrialisés et 12 pays émergents profile déjà «L’ouverture d’un nouveau programme politique mondial où le G8 est en passe de devenir plutôt un G13 ou G14.» Cet élargissement nécessaire devrait toutefois aboutir, selon lui, «Non à un monde multipolaire mais à un monde à géométrie variable régi par des coalitions d’intérêts fluctuantes». Il est vrai que les pays émergents constituent «Une catégorie hétérogène avec les Etats rentiers, les exportateurs, les rivaux notamment en Asie». Une situation qui oblige les européens à se serrer les coudes et qui voit déjà «Les Etats-Unis jouer l’Inde contre la Chine selon le principe qu’en divisant pour mieux régner, on garde la main».
D’après les projections réalisées par le cabinet PWC, il est clair que d’ici 2050, l’Inde, la Chine et les Etats-Unis joueront jeu égal alors que parallèlement le Vietnam, le Nigeria et la Turquie vivront sur un même pied que la France et l’Allemagne d’aujourd’hui.

VERS UNE BASCULE DU POUVOIR
Selon Nicolas Baverez, historien et économiste : «La bascule du pouvoir dans le rapport Nord-Sud tient en trois chiffres : le Sud représente à présent 50% de la richesse mondiale, 72% des réserves de change et 3 000 milliards de dollars de fonds souverains». D’après lui, si «Le capita-lisme est la rencontre d’idées, d’argent, de matières premières et de main-d’œuvre, les bras et l’argent sont désormais au Sud. Reste au Nord les idées… mais pour combien de temps ?». Face au nouvel ordre mondial qui se dessine et se voit même accélérer par la crise actuelle, il semble bien que «Les pays occidentaux sont vraiment perdants» comme le confirme Clyde Prestowitz, président de l’Economic Strategy Institute. Même avis de la part de 3 consultants du BCG qui expliquent que jusqu’ici «La globalisation était un phénomène impulsé et maîtrisé par les entreprises occidentales qui assignaient à celles des pays émergents des rôles bien spécifiques de fournisseurs, distributeurs, pourvoyeurs en main-d’œuvre bon marché. C’est dorénavant fini !»
Il existe également une autre inconnue dans le rééquilibrage des forces, celle qui caractérise un point commun propre à la plupart des régimes politi-ques : leur peu de goût pour les libertés individuelles. C’est d’ailleurs cette double problématique dans les rapports Nord-Sud qui pose problème à terme, en constatant d’une part un renversement progressif de la dominance économique, et derrière, une confrontation passive entre des modèles de démocratie et ceux fondés sur un dirigisme politique.

SANTÉ

LE TOURISME MÉDICAL
Plusieurs pays sont des pionniers en matière de tourisme médical. C’est le cas notamment de l’Inde en matière de chirurgie cardiaque, de la Hongrie pour les prothèses dentaires ou du Maghreb pour ses implants mammaires à prix cassés. C’est aussi le cas de la Tunisie, de la Suisse, Belgique ou encore de l’Allemagne avec, par exemple, 9 hôpitaux de Bonn qui se sont mis en lien avec un palace pour accueillir des familles du Moyen-Orient. En France, pays où le tourisme médical est encore balbutiant, les patients étrangers ont tout de même généré 450 M€ de chiffre d’affaires en 2007, soit 2 fois plus de revenus qu’il y a 15 ans. Et ce n’est qu’un début, au moment où des initiatives locales se multiplient sur l’ensemble du territoire et que la réglementation européenne sur les remboursements transfrontaliers facilite l’arrivée des patients étrangers hospitalisés. C’est le cas, par exemple, des patients britanniques qui, fatigués des listes d’attente de leurs pays, commencent à venir en France. Une véritable opportunité pour les CHU de Rennes et de Limoges qui ont su dérouler le tapis rouge avec menus en anglais, messages téléphoniques bilingues… Mieux encore, la cabinet People Logistics implanté à Northampton propose dorénavant des séjours clés en main dans des cliniques du Nord de la France.
Source : AP-HP

Challenges - Enjeux - L’Entreprise - L’Expansion - L’Express  

Reproduction interdite - Copyright JdP© / 2000 - 2007 • Directeur de la publication : Y.Guerin / Rédacteur en chef : D.Reuter
Illustrations : C.Burgaud • N°ISSN 1156-8801 - Dépôt légal N°367 - Réalisation : N1bus-Expériences Copyrights© 2007-2008