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Les revues de presse du JdP n° 94
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La revue de presse européenne

Date : 25/03/2009

 « REGIONS 2020 » : EVALUATION DES DEFIS QUI SE POSERONT AUX REGIONS DE L’UNION EUROPÉENNE.

Les turbulences financières et économiques actuelles contribuent à renforcer le caractère imprévisible de l’économie mondiale. Dans ce contexte, il est particulièrement important de s’interroger sur les défis auxquels les régions européennes seront confrontées au cours des prochaines années. Un document de travail réalisé par les Services de la Commission européenne (Novembre 2008) nous apporte quelques éléments de réponse et montre quelles sont les régions les plus vulnérables à ces défis.

QUATRE DEFIS MAJEURS POUR LES REGIONS DE L’UE

1 • LE DEFI DE LA MONDIALISATION

La mondialisation devrait continuer à ouvrir des opportunités pour les entreprises (nouveaux marchés) et pour les consommateurs (baisse des prix). En revanche, elle entraînera une concurrence accrue sur certaines entreprises locales et, indirectement, sur les salaires, en particulier ceux de la main-d’œuvre faiblement qualifiée. De nombreuses régions devront donc restructurer leur économie et promouvoir une innovation continue, tant au niveau des produits, de la gestion, qu’au niveau des capitaux humain et sociaux.

L’EUROPE MERIDIONALE ET DU SUD-EST PARTICULIEREMENT EXPOSÉES

• La plupart des régions des parties méridionales et orientales de l’Union : la Lettonie, la Slovaquie orientale, la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie, mais aussi la Grèce, l’Italie, l’Espagne et le Portugal semblent les plus exposées aux défis de la mondialisation. Cette vulnérabilité est due à la part relativement importante d’activités à faible valeur ajoutée dans ces régions et aux faiblesses de qualification de la main-d’oeuvre, susceptibles d’entraîner des difficultés en termes d’attraction de l’investissement et donc en termes de création ou de maintien d’emplois.
• En revanche, la Finlande, la Suède, le Danemark, le Royaume-Uni et l’Irlande semblent être dans une position assez favorable car bénéficiant d’une main-d’oeuvre bien formée, d’un niveau élevé de l’emploi, d’une proportion importante d’emplois dans des secteurs de pointe et d’un haut niveau de productivité.
• Aucun modèle clair n’émerge en Europe occidentale et centrale, où l’on observe souvent des variations sous-nationales marquées. Certaines zones devraient afficher des performances inférieures à la moyenne de l’UE (nord de l’Allemagne) et d’autres devraient atteindre des niveaux de productivité, d’emploi et de formation supérieurs à la moyenne : certaines régions d’Autriche, d’Allemagne et de France.
En conclusion, les régions n’ayant pas la capacité de développer une économie basée sur la connaissance risquent de se retrouver les plus exposées aux effets de la mondialisation.
A l’inverse, celles qui ont investi dans des secteurs de pointe avec une productivité élevée, développé de nouvelles compétences par le biais de parcs d’entreprises, de réseaux, de pôle de compétences, déployé l’utilisation stratégique des technologies de l’information, seront en mesure de placer leur économie sur la voie d’un développement durable et à forte croissance.

2  • LE DEFI DE L’EVOLUTION DEMOGRAPHIQUE

Selon les projections, la population de l’UE27 va décroître et vieillir, en raison du déclin des taux de fécondité et de l’allongement de l’espérance de vie.
L’Europe sera ainsi confrontée à l’une des plus importantes augmentations de la proportion de « dépendants » au monde, après le Japon. Dans le même temps, dans le voisinage immédiat, la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord abritera la population croissant le plus rapidement au monde, après l’Afrique subsaharienne.

Le vieillissement et la décroissance démographiques ont des répercussions fondamentales sur les systèmes de santé et de sécurité sociale, sur l’économie, sur le marché de l’emploi et sur les finances publiques.

UN TIERS DES REGIONS SERONT TOUCHÉES PAR LA REGRESSION DEMOGRAPHIQUE.
Environ un tiers des régions de l’UE connaîtront une régression de leur population au cours de la période 2005-2020. Elles se situent principalement en Europe centrale, en Allemagne orientale, en Italie méridionale et en Espagne septentrionale.
Dans les PECO, l’impact du vieillissement sera retardé en raison d’une population plus jeune et d’une moindre espérance de vie. Pourtant, certaines régions de Bulgarie, d’Allemagne orientale et de Pologne connaîtront une décroissance supérieure à 25%, sous les effets combinés d’une faible fécondité et d’une émigration importante. Seuls l’Irlande, Malte et Chypre, semblent être dans une position relativement favorable par rapport aux défis démographiques.

Les conséquences régionales
Les régions en régression démographique se caractérisent par des niveaux de revenus bas, un chômage important, une grande proportion de main-d’oeuvre dans des secteurs économiques en déclin, une forte migration des jeunes vers d’autres zones plus attractives, un taux de fécondité bas, une faible densité démographique résultant de la nature rurale de bon nombre d’entre elles.
Aussi, ces régions risquent d’éprouver des difficultés de financement des biens et services publics essentiels :  les soins de santé, les traitements de longue durée, les infrastructures de logement, de transport et de technologies de l’information.

3 • LE DÉFI DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

À court et moyen terme, le changement climatique augmentera l’occurrence de phénomènes météorologiques extrêmes : tempêtes, précipitations importantes, sécheresses, canicules, qui entraîneront temporairement des conditions similaires à celles attendues de manière durable plus tard au cours de ce siècle. La plupart des régions européennes seront négativement affectées par les impacts du changement climatique qui poseront des défis à un certain nombre de secteurs économiques.

L’EUROPE MERIDIONALE PARTICULIÈREMENT MENACÉE
Les régions sujettes à la pression la plus élevée (accentuation des périodes de précipitations et de sécheresse) sont situées dans le Sud et l’Est de l’Europe : l’ensemble de l’Espagne, de l’Italie, de la Grèce, de la Bulgarie, de Chypre, de Malte et de la Hongrie, ainsi qu’une grande partie de la Roumanie et certaines zones méridionales de la France.
De même, le pourtour de la mer du Nord et de la mer Baltique est très exposé à l’érosion côtière, résultant de phénomènes climatiques extrêmes ainsi qu’à l’élévation du niveau de la mer.

Des secteurs économiques touchés
Les secteurs économiques dépendant de services provenant des écosystèmes et de ressources naturelles pourraient être entravé: le tourisme, la production d’énergie, l’agriculture, la pêche…. Les régions menacées de risques d’inondation, d’érosion côtière, de dégradation et de désertification des sols, ainsi que de sécheresse potentielle devront rapidement prévoir des investissements importants dans la lutte et la prévention de ces risques.
• Dans l’agriculture, les changements de températures et de précipitations entraîneront une modification des rendements et des méthodes de production, avec des modèles distincts dans l’ensemble de l’UE.
• Dans le secteur de la pêche, les écosystèmes, déjà sujets à la surpêche, seront soumis à des tensions encore plus importantes.
• Dans le secteur du tourisme, le nombre de zones alpines bénéficiant de chutes de neige régulières diminuera et le secteur devra se réorienter vers les vacances d’été, tandis que les régions méditerranéennes pourraient pâtir de températures supérieures au seuil de confort et d’une perte de biodiversité.

Enfin, sur le plan de la santé et du bien-être, les régions méditerranéennes seront les premières à être affectées de l’aggravation des conditions, tandis que les régions septentrionales, occidentales et orientales connaîtront une amélioration temporaire des conditions.

4 • L’ENJEU ENERGETIQUE

Tous les pays de l’UE sont confrontés à la dépendance croissante des importations et de l’augmentation des prix de l’énergie. Dans le cadre du scénario « business as usual» (statu quo), la dépendance aux importations d’énergie de l’UE passera de 53% de la consommation totale d’énergie en 2005 à 67% en 2030 : de 58% à 84% pour le gaz, et de 82% à 95% pour le pétrole.
L’UE sera donc de plus en plus exposée aux effets de la volatilité et des augmentations de prix sur les marchés de l’énergie. Actuellement, les prix de l’énergie varient sensiblement au sein de l’UE. Le défi pour l’Union sera de mettre en place un marché de l’énergie intégré (politique énergétique commune) afin de partager les risques et les avantages de la mise en commun. L’objectif final étant d’assurer à tous les membres de l’UE une énergie durable, stable et compétitive.

LES REGIONS D’EUROPE ORIENTALE ET MERIDIONALE LES PLUS VULNERABLES

Trois grands facteurs déterminent le niveau de vulnérabilité des régions face au défi de l’énergie :

• La sécurité de l’approvisionnement qui détermine dans quelle mesure les régions seront exposées à des fluctuations supplémentaires de prix et d’approvisionnement.
• L’usage de l’énergie et son efficacité qui influencent la consommation des ménages et de l’industrie.
• Les émissions de carbone qui sont un indicateur de durabilité.
En combinant ces trois facteurs,
• Les régions d’Europe orientale et méridionale (PECO, Grèce, Italie) et l’Irlande semblent plus vulnérables pour des raisons de sécurité interne et externe de fourniture, d’efficacité énergétique ou de durabilité environnementale.
• La France, les Pays scandinaves, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne paraissent les pays les mieux armés, grâce soit à leurs ressources propres en énergie, soit à des bouquets énergétiques permettant une moindre dépendance.
• La Belgique et l’Allemagne sont dans une situation intermédiaire en raison d’une efficacité énergétique élevée, mais d’une forte consommation des ménages et d’une durabilité environnementale relativement faible.

Les conséquences pour les régions

Les régions qui dépendent de secteurs énergivores (transport, industrie manufacturière lourde), et celles qui dépendent de marchés éloignés seront les plus exposées.
A l’inverse, d’autres zones bénéficieront de la production d’énergies renouvelables: les régions rurales et éloignées (géothermie et biomasse), les zones côtières (énergies éolienne, houlomotrice, marémotrice ou solaire).
Enfin, les prix de l’énergie continueront d’avoir des effets significatifs sur les ménages à faible revenu, pour lesquels les dépenses en énergie absorbent une large part des revenus. Ainsi, les régions où le revenu moyen est faible seront les plus touchées.
Commission Européénne

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