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Les revues de presse du JdP n° 95
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La revue de presse de l'entreprise

Date : 23/06/2009

ABSENTÉISME

L’ENTRETIEN DE RÉACCUEIL
L’étude réalisée par Entreprise & Personnel concernant les causes et les conséquences de l’absentéisme souligne que la France est championne d’Europe en la matière avec un taux avoisinant les 7%. La principale raison en serait «Le double effet des 35 heures qui habituent à travailler moins mais aussi en accroissant l’intensité du travail et, des conditions plus avantageuses qui font que le salarié est moins perdant que son homologue britannique, par exemple». En tout cas, l’absentéisme coûte cher indique Denis Monneuse, auteur de l’étude, car «En prenant en compte le coût direct (remplacement, paiement des trois jours de carence avant que l’assurance-maladie ne prenne le relais…) et le coût indirect (baisse de la productivité, de la qualité du service…), on estime qu’un taux d’absence de 1% représente une charge égale à 1% de la masse salariale». Parmi les solutions préconisées, l’«entretien de réaccueil» réalisé par le manager direct, dès le retour en entreprise, dans le but de préparer la reprise et de remotiver le salarié. Une solution qui, malgré la formation nécessaire des managers, semble coûter beaucoup moins cher que les contrôles réalisés par les cabinets de médecins extérieurs.

AUTO-ENTREPENEUR

LE BÉNÉFICE DE L’ACCRE POUR LES CHÔMEURS-CRÉATEURS
Depuis début mai, l’Accre (Aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise) est également accessible aux auto-entrepreneurs éligibles. Elle leur permet notamment de bénéficier d’un taux de prélèvement social de 25% du taux normal la première année, 50% la seconde année, 75% la troisième avec retour au droit commun la 4e année.
Ces taux s’appliquent à partir du taux normal de 18,3% des recettes pour les professions libérales relevant de la Cipav (Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance vieillesse) ou de 12% du CA pour les activités d’achat-revente, vente à consommer sur place et prestation d’hébergement ou encore, de celui de 21,3% du CA pour les prestations de services.
Par exemple pour un demandeur d’emploi qui crée une société de services, le taux de prélèvement social la première année sera de 5,32% (25% de 21,3%).
Ce prélèvement social forfaitaire s’applique dans les limites de chiffre d’affaires du régime de l’auto-entrepreneur (32 000€ HT pour les services ou 80 000€ HT pour les autres activités) avec régularisation en cas de dépassement.

CHÔMAGE

DE NOUVELLES RÈGLES D’INDEMNISATION
Depuis le 1er avril 2009, les règles d’indemnisation du chômage ont changé. Principales modifications :
• Un jour cotisé donne droit à un jour indemnisé dans la limite de 24 mois pour les moins de 50 ans et de 36 mois pour les plus âgés. 
• 4 mois de cotisation sont suffisants (contre 6 auparavant) pour être indemnisé.
• La période de référence* est allongée de 20 à 28 mois.
• Ceux qui n’ont cotisé que 2 ou 3 mois auront droit jusqu’en 2010 à une prime de l’Etat de 500 euros.
• Les salariés qui travaillent moins de 18 heures par semaine peuvent bénéficier du chômage partiel.

* période constituée des 12 derniers mois civils de travail précédant le dernier jour de travail payé

EMPLOI

LES JEUNES ET LE MARCHÉ DU TRAVAIL
D’après le dernier observatoire de Startpeople, il apparaît que 61% des 20-30 ans ont connu une période de chômage depuis la fin de leur scolarité.
Un chiffre qui monte à 79% pour les non-diplômés. Lorsque l’embauche devient effective, celle-ci se réalise principalement via un CCD dans 43% des cas et par de l’intérim (23%).
La bonne nouvelle, c’est que les contrats se transforment en CDI dans 63% des cas même si plus d’un jeune sur deux estime que le premier emploi ne correspond pas à ses attentes car mal rémunéré et/ou non adapté à sa formation de base. Il est vrai que le salaire moyen à l’embauche n’est que de 1 180 euros/mois et que seulement 13% des jeunes obtiennent plus de 2 000€.
Un décalage important avec la rémunération que les jeunes actifs estiment «idéale» et qui se situe à… 2 114 euros.

HANDICAP

ENCORE UN GROS RETARD
Actuellement, 55% d’entreprises n’emploient pas de personnes handicapées et ce, avec de fortes variations selon la taille de l’entreprise. Par exemple dans les PME de + 50 sal., 69% d’entre elles comptent des personnes handicapées dans leur effectif contre seulement 34% pour celles de 20 à 49 salariés. Malgré la loi handicap entrée en vigueur en janvier 2006 fixant un quota obligatoire à 6% des effectifs, le chiffre atteint n’est en réalité que de 3,4%. Et encore, dans une entreprise sur deux employant des personnes handicapées, le pourcentage est égal ou inférieur à 3%. Seulement 12% d’entre elles atteignent ou dépassent le seuil légal. En 2008, près de 50% des entreprises ont fait travailler une société du secteur adapté (firme employant au moins 80% de travailleurs handicapés), notamment dans le commerce (68%). Pour 2009, 31% des entreprises envisagent de recruter des personnes handicapées et ce chiffre monte à 61% pour les PME de plus de 250 salariés. Dans cette perspective, 38% d’entre elles envisagent de faire travailler principalement le secteur protégé, 27% de maintenir dans l’emploi des personnes handicapées et 25% envisagent d’inciter les salariés ayant un handicap à se déclarer.

MANAGEMENT

VIVRE LA CRISE COMME UNE OPPORTUNITÉ
Dans son dernier ouvrage Les patrons sont morts…vive les patrons ! paru aux éditions Alban, Didier Pitelet affirme que «La crise peut être une opportunité de voir émerger un nouveau modèle de gouvernance où la tête de l’entreprise ne serait plus coupée de ses jambes». Selon lui, il est nécessaire que s’opère un changement d’état d’esprit des patrons car «Depuis plus de vingt ans, le capitalisme à marche forcée a créé des modèles de patrons qui se maintiennent trois à cinq ans, avec deux feuilles de route : le retour sur investissement des actionnaires et leur propre carrière. Or, avec les nouvelles technologies, les entreprises ont perdu la maîtrise de leur image. En réponse, les patrons doivent réinvestir leur rôle et incarner des valeurs fortes, un modèle fédérateur pour les salariés comme pour les consommateurs». Les meilleurs dirigeants de demain seront donc ceux qui vont savoir rebondir sur la crise en créant une relation durable avec leurs salariés et leurs clients. Une évolution évidente pour ce Conseil en réputation d’entreprise pour qui : «L’entreprise n’a jamais autant besoin d’un capitaine qu’en période de tempête ! La crise oblige à remotiver les troupes donc à plus de proximité !»

RETRAITE

LE DÉFICIT DES RÉGIMES COMPLÉMENTAIRES
Selon l’Agirc-Arcco, les comptes des régimes complémentaires de retraite seront déficitaires en 2009 avec un trou annoncé de 600 M€. Il est même souligné que les réserves actuelles qui sont de 55 milliards d’euros (et permettent de payer normalement les retraites) seront épuisées en 2015 puis suivies d’un déficit qui devrait encore quadrupler jusqu’en 2030. De quoi tirer la sonnette d’alarme sachant que ces caisses versent, en moyenne, 33% des pensions des non-cadres et 65% des cadres. Pour les syndicats, les entreprises doivent mettre la main à la poche sachant qu’«Une augmentation de 1% des cotisations des entreprises permettrait d’assurer l’équilibre du régime jusqu’en 2030.»

SALAIRES

297 FOIS LE SMIC POUR LES TOP DIRIGEANTS
Quelle différence existe-t-il entre le revenu annuel d’un smicard et le patron le mieux payé de France ? 1 320, c’est l’écart maximal mesuré en années de Smic en faveur de Giuliano Berretta, président d’Eutelsat Communications, avec 21 M€ de revenus annuels. Selon le magazine l’Expansion, le revenu annuel moyen des grands patrons français du CAC 40 s’élève à 4,7 M€  (soit 297 fois le Smic) englobant le salaire de base, le bonus, les actions gratuites, les stock-options allouées et encaissées, les dividendes perçus ainsi que les jetons de présence dans différents conseils d’administration. N’en jetez plus la cour est pleine !
Par rapport au salaire d’un patron de PME le rapport est de 89 et de seulement 19 en regard des émoluments du président de la République, ouf ! Pour moraliser ces excès de rémunération en pleine période de crise, et même si préexiste un mérite personnel et un bon niveau de profit pour l’entreprise, certains évoquent la piste fiscale assortie de fortes taxes sur le bonus et les stocks-options. D’autres préconisent une interdiction pure et simple des stocks-options au sein des entreprises aidées, d’autres encore une réduction du bonus à la moitié du salaire fixe (ce qui promet pour les augmentations de salaire !) ou encore un traitement limité à 19 fois celui des salariés (comme chez Whole Foods aux Etats-Unis). Quoi qu’il en soit, la plupart des grands patrons ont des contrats blindés pour aller éventuellement en justice et bénéficier, en cas d’accord amiable, de confortables rentes !
Salaire net mensuel moyen des patrons (hors autres éléments de rémunération, voiture, bonus…) base 2008 :
- 2 080€   
Patron d’une entreprise  individuelle

- 3 000€   
Patron d’une TPE (-10 sal.)

- 4 400€    
Patron d’une petite PME  (+20 sal.)

- 15 700€   
Patron d’une grande PME (+250 sal.)   

- 391 660€   
Président exécutif ent. CAC 40

Sources : Insee - Proxinvest

En ce qui concerne les revenus des salariés, l’écart maximum observé va de 1 à 10 (hors exceptions et professions libérales). 75% des salaires mensuels nets perçus en 2006 sont inférieurs à 2 109€ et 33% se situent en dessous de 1 330€ par mois.

Echelle des salaires mensuels bruts moyens dans le secteur privé dans différentes professions (hors primes et participation) base 2006 :
11 425€      Cadre des marchés financiers
7 972€        Directeur technique d’une grande entreprise
7 590€        Médecin hospitalier
6 324€        Chef d’établissement bancaire   
5 875€        Ingénieur, Cadre de production (eau, énergie)
5 666€        Resp. audiovisuel et spectacles
4 635€        Ingénieur électricité, électronique
3 543€        Technicien com., représentant
3 087€        Agent de maîtrise en fabrication
2 018€        Plombier, chauffagiste qualifié   
1 900€        Chef d’équipe BTP
1 885€        Assistant de direction
1 782€        Coiffeur
1 566€        Comptable
1 429€        Aide à domicile
1 418€        Hôtesse d’accueil
1 357€        Manutentionnaire
1 346€        Employé libre service
1 339€        Ouvrier non qualifié
1 285€        Apprenti
Sources : Insee - Randstat

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