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Les revues de presse du JdP n° 95
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La revue de presse internationale

Date : 24/06/2009

ARMEMENT

LE COMMERCE JUTEUX DES ARMES
Selon le Sipri (Stockholm International Peace Research Institute), le montant des exportations mondiales d’armes est estimé à 45,6 milliards de dollars en base 2006. Il a progressé de +33% en termes réels entre 2001 et 2007 après un déclin général durant les 2 décennies précédentes. Le commerce mondial de l’armement résulte pour 80% du club des 5 : Russie et Etats-Unis (30% des échanges à eux deux), Allemagne, France, Royaume-Uni. Il semble, pourtant, que ce volume d’exportation ne pèse pas très lourd dans le total des dépenses d’armement des Etats lequel culmine à 1 339 milliards de dollars (base 2007), soit 2,5% du PIB mondial ou encore 202 dollars par habitant. En 10 ans, ce volume a augmenté de +45% à l’échelle mondiale sachant que les Etats-Unis représentent le gros morceau avec 547 milliards de dollars de dépenses militaires. Rappelons que le «processus d’Oslo» a permis, en décembre 2008, la signature du traité d’interdiction des bombes à sous-munitions (munitions qui explosent avant de toucher le sol et dispersent des centaines de nouvelles petites bombes) de la part de 107 Etats. Seuls, le Zimbabwe et les Etats-Unis ont voté contre cette décision qui consiste à réguler le commerce mondial des armes afin que «Celui-ci cesse de fournir des moyens de perpétrer des crimes contre l’humanité et soutenir les dictatures». En effet, selon la campagne «Contrôlez les armes» menée par des ONG : «Chaque jour, plus de 1 000 personnes sont tuées par des armes à feu et plusieurs milliers d’autres des conséquences d’un conflit armé.»

Top 10 des pays exportateurs d’armes (représentant ensemble 91% des exportations mondiales), avec la moyenne annuelle des ventes en millions de dollars de 1990 :

Etats-Unis     7 230   
Russie          5 757
Allemagne    2 296
France          2 058
Royaume-Uni    1 036
Pays-Bas    940   
Italie    571
Suède    418
Espagne    386
Chine    369
Sources : Banque mondiale - Sipri

ECONOMIE
DES PROFITS BAS EN FRANCE ET AUX ÉTATS-UNIS
Il semble que le vœu du président de la République d’atteindre les trois tiers dans le partage des bénéfices des entreprises (un tiers aux actionnaires, un tiers à l’investissement et un tiers aux salariés) ne soit, une fois de plus, qu’un effet d’annonce. Selon les derniers chiffres connus, la répartition des profits distribuables après impôts (bénéfices) dans les grandes entreprises françaises non financières se répartit de la manière suivante : 64% autofinancement de l’investissement ; 30% dividendes aux actionnaires et 6% intéressement et participation. Le problème particulier en France, c’est que la part des profits dans la valeur ajoutée des entreprises est l’une des plus faibles d’Europe et ce, d’autant plus, que cette part n’a pas augmenté depuis 2000.

Part des profits dans la valeur ajoutée des sociétés non financières (base 2007) :
54,1%    Irlande
42,6%    Italie
41,4%    Allemagne
40,9%    Pays-bas
35,2%    Royaume-Uni
31,2%    France
29,3%    Etats-Unis
Source : Eurostat   

PME

RÉVOLUTIONNAIRE ET PERTURBATRICE
Selon une étude réalisée par IBM dans 40 pays il en ressort que «Les entreprises de demain devront être révolutionnaires et constamment à l’affût des opportunités de croissance s’offrant à elles. Il s’agit pour les PME d’avoir la capacité de s’adapter, d’innover, de décider de mener le changement et ensuite, seulement, de trouver les technologies et les compétences pour le faire. Pourtant comme le précise l’étude «Si 86% des dirigeants de PME interrogés anticipent ces changements importants, ils sont seulement 57% à estimer les gérer efficacement».
D’après Sylvie Spalmacin-Roma, vice-présidente General Business France chez IBM, il est clair que la flexibilité et l’agilité sont des postures déterminantes au sein des PME faisant que dans le business mondial «Les entreprises de taille moyenne sont bien placées pour jouer ce rôle de «perturbateur» dans leurs industries. En effet, elles sont plus enclines à adapter leur business model et sont plus souples que d’autres organisations».
Bien plus qu’auparavant le message est clair : «Les entreprises de demain vont devoir être innovantes dans l’approche client, s’intégrer encore davantage à l’échelle mondiale et adopter une attitude responsable et authentique» ainsi que le souligne l’étude qui confirme, par ailleurs que «Pour 99% des dirigeants il va falloir à l’avenir changer de business model et que 74% d’entre eux en ont même une vision d’urgence !»

NUCLÉAIRE

DÉCLIN VERS 2025, ZÉNITH VERS 2050
La filière nucléaire s’avoue particulièrement optimiste face à la demande actuelle de centrales provenant de toutes les parties du monde (Chine, Inde, Corée du Sud, Japon, Russie, Argentine…) et celles prévisibles à terme de la part de pays comme les Etats-Unis, Royaume-Uni, Vénézuela, Maroc, Pologne ou encore Turquie. Selon Philippe Pradel du CEA «Il y a presque une annonce par jour» en matière de commandes de réacteurs, ce qui fait dire à l’AIE (Agence internationale de l’énergie) que la production d’origine nucléaire pourrait tripler en 2050. Celle-ci se base en effet sur un «scénario radieux» prenant en compte les mesures et contraintes environnementales prises au niveau mondial afin de limiter les émissions de CO². Ainsi l’image «verdie» du nucléaire, qui peut mettre en avant ses 13 000 «ans-réacteurs» d’expérience sans accidents majeurs (hors Three Mile Island en 1979 aux Etats-Unis et Tchernobyl en 1986 en Ukraine), encourage les Etats à opter pour une demande accentuée d’énergie propre afin de lutter conjointement contre le réchauffement climatique, la hausse des prix probables des énergies fossiles, pétrole, charbon et gaz mais aussi favoriser la diversification des approvisionnements pour des raisons politiques.
Selon l’AIE, il faudrait construire en hypothèse basse 2 centrales supplémentaires chaque année dans le monde afin de satisfaire aux besoins énergétiques de demain et en hypothèse haute, qui tient compte du remplacement des vieilles centrales, le rythme devrait atteindre plus de 2 centrales par mois… dans les années 2050. Toutefois, selon Mycle Schneider, consultant indépendant sur les énergies, «Le bilan restera longtemps négatif avec un pic probable de déficit vers 2025» car les centrales arrêtées (123 sur un parc de 439) sont aujourd’hui plus nombreuses que celles mises en chantier (44 actuellement). Il poursuit en indiquant que, quelle que soit la réalité de la renaissance nucléaire dans le monde, celle-ci restera de toute façon marginale sachant que «Ces trois dernières années, la part du nucléaire dans la production mondiale a même baissé d’un point par an. Plutôt que de relance, c’est donc d’un déclin dont il faut parler !»

MIGRATION FINANCIÈRE

L’IMPORTANCE DES TRANSFERTS SUR LE PIB
Une récente étude du Centre d’analyse stratégique (CAS) indique que les transferts financiers des migrants ont un effet multiplicateur sur la croissance économique, l’investissement et l’atténuation de la pauvreté dans les pays du Sud. Par exemple, en 2006, 210 millions de travailleurs provenant de pays en développement ont envoyé à leur famille près de 300 milliards de dollars. Un chiffre qui a triplé depuis 1995, faisant aujourd’hui que le montant total des transferts provenant de migrants est devenu 3 fois supérieur à celui de l’aide publique internationale au développement (104 milliards de dollars). D’autre part, sachant qu’une partie importante des transferts se fait surtout par des voies informelles, le montant global réel est donc très certainement bien supérieur aux chiffres annoncés, de l’ordre de 45 % à 65 % au-dessus des données officielles.
La répartition des transferts financiers, bien que très inégale sur le plan géographique, représente une source financière importante de devises contribuant de façon significative au PIB de nombreux pays du Sud. Selon les estimations de la FIDA (Fonds international de développement agricole), c’est l’Asie et l’Océanie qui sont en tête du classement pour un volume de transfert estimé à 114 milliards de dollars (3 % du PIB de la région) en base 2006, devant l’Amérique Latine et les Caraïbes (68 Md$, 3 % du PIB), l’Europe (51 Md$, 4 % du PIB) et l’Afrique, avec 38,6 Md$ d’envois de fonds (5 % du PIB) dont près de la moitié à destination de l’Afrique du Nord. L’Inde arrive en tête des pays avec 24,5 Md$ transférés (2,7 % du PIB) devant le Mexique (24,2 Md$, 2,9 % du PIB) et la Chine (21 Md$ soit 0,8 % du PIB).

DES EFFETS TRÈS POSITIFS
Selon Didier Doucet, responsable au CAS, «Sur le plan macroéconomique, les transferts financiers tirent également la croissance dans les pays du Sud en augmentant les ressources des ménages qui en bénéficient et stimulent leur consommation. Ils permettent aussi de financer une partie des importations. En temps de crise ou de catastrophe naturelle, ils font également fonction d’amortisseur et contribuent au développement à long terme des pays de départ car ils renforcent le capital humain, en améliorant l’éducation, la culture et la santé des populations».
Il poursuit en indiquant que «Face humaine de la mondialisation, les transferts financiers des migrants servent de filet de protection sociale aux familles qui les reçoivent».
Par exemple, dans les économies africaines, «On estime qu’une hausse de 10 % du ratio transfert/PIB entraîne une baisse de 1 % des personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour».
Ce spécialiste souligne également le fait que «Les transferts sont d’autant plus indispensables aux économies africaines que l’évasion des capitaux, autre source de transferts mais en sens inverse, est particulièrement élevée sur ce continent. En trente ans, les pays africains ont ainsi vu 400 milliards de dollars s’enfuir.»


LES MESURES

PRISES PAR LE G20
Afin d’atténuer les conséquences de la fuite des cerveaux en Afrique et dans les pays pauvres, avec les transferts inversés que cela génère, plusieurs mesures d’urgence ont été prises lors du dernier G20 :

• 19 milliards de dollars de prêts supplémentaires apportés sans condition à l’Afrique par le FMI ;
• 40 milliards de dollars accordés par la Banque mondiale sous forme de plan d’aide (prêts bonifiés ou à faibles taux d’intérêt accordés aux États ou aux entreprises) afin d’aider les pays pauvres dont l’Afrique à combattre la récession ;
• 4,3 milliards d’euros versés par la Commission européenne sous forme d’un train de mesures destiné à aider ces pays à surmonter les effets de la crise. Une partie des fonds prévus pour 2009 (3 milliards d’euros) sera rapidement avancée aux pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) afin de garantir le maintien de leurs dépenses sociales. De plus, la Commission doit mettre en place avant la fin de l’année un instrument financier de 500 millions d’euros destiné à compenser les pertes de ces pays liées aux exportations. Elle s’est également engagée à respecter son objectif de porter à 69 milliards d’euros en 2010 le montant global de son aide au développement ;
Par ailleurs la France, par l’intermédiaire de l’Agence française de développement (AFD) en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds international de développement agricole (FIDA) et la Fondation Alliance pour une révolution verte en Afrique, vient de mettre en place un «Fonds d’investissement pour l’agriculture en Afrique» doté de 80 millions d’euros et porté par la suite à 500 millions d’euros.



 

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