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Les revues de presse du JdP n° 96
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La revue de presse des professionnels

Date : 29/09/2009

FIN DE CRISE

LES «VRAIS» SIGNAUX DU RETOURNEMENT D’ACTIVITÉ
Alors que l’activité économique en France a enregistré son plus gros trou d’air depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les espoirs d’embellies se multiplient amenant les économistes, experts et autres statisticiens, à scruter les indicateurs formels du redémarrage alors qu’aucun d’entre eux n’a vu venir la crise. Du côté des professionnels de terrain, c’est plutôt l’observation de signaux atypiques qui doit permettre d’annoncer ou non le retournement de l’activité.

Liste des principaux signaux d’une reprise confirmée en France via une hausse sensible de certaines activités et d’orientations ciblées dans la consommation des ménages :

- Hausse des achats de jouets électroniques
- Demande accrue de véhicules à moteur diesel
- Redémarrage des ventes de poids lourds aux Etats-Unis
- Augmentation importante des prix d’affrètement des navires
- Fréquentation aux péages autoroutiers sur l’A7-A9
- Fréquence des courses de taxis dans les quartiers d’affaires
- Rebond du prix du granulat dans la construction
- Réduction des annulations de ventes de logements neufs
- Reprise des ventes de studios et de T1
- Fin de la hausse du taux de négociation dans l’immobilier
- Reprise du marché des chariots élévateurs
- Hausse du cours des bobines d’acier laminé à chaud
- Augmentation de la production de plastiques d’emballages
- Amplification des réservations de vols long-courriers vers les Etats-Unis et le Canada
- Reprise de la multiplication des réunions de brainstorming dans les agences de pub
- Hausse de la collecte de déchets ménagersConsommation d’extras dans le secteur de la restauration et chez le coiffeur
- Achats de médicaments en vente libre dans les pharmacies
- Retour des achats de plaisir (confiseries, chocolat…)

HUMOUR

PRIVILÉGIER D’ABORD L’AUTODÉRISION
Selon Marco Sampietro, professeur à la prestigieuse école de management milanaise SDA Bocconi, « Dans les équipes multiculturelles, l’humour est jugé bénéfique à la performance, à la condition de ménager les susceptibilités nationales» sinon le risque est grand de faire un impair.
Il est vrai que si les Français et les Italiens adorent se payer la tête de leurs collègues et raconter des blagues grivoises, ce n’est pas du tout le cas pour les Américains, Canadiens et Japonais.
En fait, tout le monde n’a pas la même conception de la rigolade ce qui doit obliger chacun «A mettre dans sa poche les plaisanteries trop nationales» comme le confirme ce chercheur qui vient de mener une enquête très sérieuse sur le sujet dans les pays du G8.
Selon lui, la meilleure façon de plaisanter consiste à jouer avec les mots et à rire de soi-même en utilisant tout particulièrement l’autodérision pour se rendre populaire, car «C’est une façon de dire : «Je suis comme vous» et de réduire la distance avec ses interlocuteurs surtout dans une relation de pouvoir».

Différents types d’humour pratiqués selon une échelle de 1 (quasi absent) à 7 (très fréquent) avec I (Italie), F (France), A (Allemagne), EU (Etats-Unis), RU (Royaume-Uni), J (Japon) :

I F A EU RU J
Jouer avec les mots
4,7 4,1 4,8 4,9 4,8 4,9

Rire de soi-même
4,6 4,1 4,3 5,1 5,3 4,6

Se moquer des autres
4,4 4,4 3,2 2,7 3,8 2,4

Recourir au comique gestuel
4,1 2,8 3,5 3,2 3,6 2

Plaisanter des différences culturelles
3,8 2,8 3,5 3 3,2 2,6

Dire des grossièretés
3,5 2,6 2,2 2,3 2,9 2,4

Raconter des blagues sexuelles
3,5 3,4 2,2 1,7 2,7 2,6

Jouer avec les codes sociaux
2,4 2,9 2,2 2,1 2,7 2,4

Blaguer sur la religion
2,1 1,8 1,8 1,8 1,8 1,7

Source : Enquête Marco Sampietro

ECONOMIE

ENTREPRISE : JE T’AIME MOI NON PLUS !
« Alors qu’en France, le héros c’est le patron de PME qui bataille avec son banquier, aux Etats-Unis, c’est Bill Gates» confirme Michèle Lamont, sociologue et professeure à Harvard. Pourtant, la plupart des Français ont une image négative de l’entreprise ou pour le moins méfiante, sachant que pour beaucoup d’entre eux : «Economie renvoie à ultralibéralisme, libre-échange, délocalisation, chômage, précarité, inégalités, dérives financières, autant de convictions que la crise ne fera que renforcer» constate Gaël Sliman, directeur des études de BVA. En fait, comme le confirme Jean-Damien Pô, délégué général de l’institut de l’entreprise, «Les Français versent très facilement dans l’autodépréciation. Ils disent ne rien comprendre au monde actuel mais les grands débats économiques les intéressent beaucoup. Il existe une dichotomie entre connaissances et culture économique. Ce qui est problématique, ce n’est pas tant le niveau de connaissances des Français mais les représentations négatives qu’ils ont de l’économie, de l’entreprise et du profit». Il semble que le désamour national pour l’économie soit avant tout une affaire culturelle, sociologique et historique, en opposant volontiers salariés et patrons, diplômés et autodidactes, PME et multinationales du CAC 40, commerce de proximité et grande distribution, petits actionnaires et grands fonds d’investissement…
Selon Nicolas Bordas, patron de TBWA France et président du Codice (Conseil pour la diffusion de la culture économique) «Toutes nos enquêtes montrent que les Français ont en matière de connaissances économiques des besoins non satisfaits». A qui la faute ? Lorsque le patronat montre du doigt l’éducation nationale, Jean-Damien Pô considère de son côté que «Les responsabilités sont multiples. Prenez les politiques, par exemple. Ils ne remplissent pas leur mission de pédagogie et de «parler vrai», car ils sont persuadés que les Français ne peuvent pas comprendre. Ce qui est totalement faux». Ce dernier poursuit en soulignant que «Les chefs d’entreprise sont également fautifs. Ils doivent expliquer et motiver leurs choix, sans doute aussi associer plus de salariés à l’avenir de l’entreprise.»

OPINION

LE SENTIMENT DES SALARIÉS VIS-A-VIS DE LEUR ENTREPRISE

L’enquête BVA réalisée pour le compte de l’observatoire du travail et de l’emploi indique que près de 8 salariés sur 10 se disent satisfaits du contenu de leur travail, voire de l’ambiance de travail. A l’opposé de ces avis positifs, le niveau de rémunération, la reconnaissance du travail accompli et la possibilité d’évolution au sein de l’entreprise mécontentent 1 collaborateur sur 2. Comme le confirme Christophe Bouruet, directeur clientèle chez BVA, «Même si cela peut paraître surprenant compte tenu de la forte montée du chômage, être mieux payé est la priorité numéro un de plus de la moitié des salariés, très loin devant avoir un emploi stable». Aussi, malgré la montée du chômage, près de 60% des salariés estiment ne pas être menacés directement par la perte d’emploi ou de statut dans les prochains mois. 65% sont même carrément optimistes sur leur avenir professionnel en pensant être toujours dans la même entreprise dans les 2 prochaines années.
De manière concomitante, 2 salariés sur 3 estiment qu’il leur sera «difficile» de retrouver un poste équivalent en terme de mobilité. Un avis que partage Pascale Lemaire-Toquec, directrice de la branche emploi de la BPI, en soulignant que «La perception de l’employabilité, c’est-à-dire le niveau de capacité professionnelle permettant de trouver et de conserver un emploi, s’est fortement dégradée». Selon elle, «La crise leur a fait prendre conscience de la nécessité de développer leur mobilité en termes de métier, de secteur et, à un degré moindre, géographique». Il en résulte que 81% des salariés se disent prêts à suivre une formation professionnelle débouchant sur une reconversion, 55% à passer des concours de la fonction publique et 52% à reprendre des études. Par ailleurs, 61% sont disposés à travailler davantage et même 37% sont motivés pour adhérer à un syndicat.

PSYCHOLOGIE

LA JOUISSANCE DU SECRET
D’après Serge Tisseron, psychanalyste, «La possession d’un secret suscite une certaine forme de jouissance» pour celui ou celle qui le détient, notamment chez le cadre qui «En tire également des avantages matériels sous forme de promotion ou d’augmentation». C’est ce qui explique, en partie, pourquoi certains managers sont a priori plus doués que d’autres pour garder des secrets et manipuler leur entourage. En fait, il n’y a pas vraiment de courage à mentir dans l’intérêt supérieur de l’entreprise sachant que dans de nombreux cas, la carrière ou la promotion du cadre peut être remise en jeu s’il parle. Selon ce praticien : «Un cadre qui a grandi dans une famille à secrets va réutiliser inconsciemment dans le contexte de l’entreprise les réflexes acquis pendant son enfance. Il a appris à se taire pour ne pas faire souffrir ses parents avec des questions indiscrètes. Pourtant contrairement à l’enfant qu’il a été, le cadre qui se retrouve à nouveau dans cette situation à l’âge adulte en tire un profit propre à adoucir sa souffrance». Aussi, ce psychanalyste préconise pour tous ceux qui sont à l’aise dans le management de la «secrétude» de bien réfléchir au fait (pervers) qu’ils n’ont pas pris goût à un comportement acquis depuis l’enfance. Il leur propose de se poser clairement la question de savoir si cela est vraiment indispensable à leur mission. Pour lui, hormis certains cas légitimes de haute confidentialité (négociation d’un contrat stratégique, rachat d’un concurrent, innovation forte...) ou d’un risque de forte déstabilisation de l’entourage, aucun dirigeant n’est jamais condamné à cacher inévitablement des choses ou à faire preuve d’un manque de loyauté envers ses collaborateurs, surtout lorsque le secret peut avoir ensuite des conséquences sociales lourdes pour eux (fusion, fermeture de site, restructuration, licenciement…).
Exemples de postures courantes et de petites déviances comportementales chez ceux qui conservent des secrets trop lourds pour eux et qui finissent souvent «Au cimetière des managers cassés, frustrés et désillusionnés» selon l’expression de Paul Delahaie, PDG du cabinet Variations :
Ne pas répondre directement ou pas du tout en éludant les questions posées
Faire semblant de s’intéresser aux propositions mais sans donner suite
•Noyer régulièrement le poisson avec des réponses toutes faites
Regard fuyant ou, au contraire, fixe associé à une contraction constante des pupilles
Geste fréquent consistant à se toucher le bout du nez dans la discussion
Parler peu et se confier encore moins
Ne pas tenir au courant son assistante (ou son entourage) de certains documents reçus ou envoyés
Apparition de maux psychosomatiques (insomnie) avec usage d’antidépresseurs, anxiolytiques…

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