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Les revues de presse du JdP n° 96
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La revue de presse internationale

Date : 29/09/2009

EMPLOI

LE RETOUR DU PROTECTIONNISME
Un sondage publié par le Financial Times révèle la montée du nationalisme et du repli sur soi en matière d’emploi. Avec la crise et la hausse du chômage, il semble que les tensions augmentent entre les travailleurs nationaux et les immigrés qui redeviennent dans certains pays de l’Union de parfaits boucs émissaires suspectés de concurrence illégitime et déloyale. Un reproche considéré par l’OCDE comme totalement infondé sachant que, au contraire, les immigrés sont les premières victimes de la remontée du chômage notamment dans la construction et l’hôtellerie-restauration mais aussi à cause de leurs contrats précaires. En fait, la règle du «dernier arrivé, premier licencié» s’applique tout particulièrement aux immigrés récents. Pourtant le dernier sondage paru dans le Financial Times indique que 79% des Italiens, 78% des Britanniques, 67% des Allemands et 51% des Français estiment qu’il faudrait demander aux immigrés au chômage de quitter le pays !
Encore plus significatif au sein même de l’Union Européenne, les manifestations d’ultranationalisme dans lesquelles 54% des Britanniques, 49% des Allemands et 37% des Français, avouent être opposés à la possibilité offerte aux citoyens de l’Union de venir travailler chez eux.

% de personnes approuvant le fait que les immigrés au chômage doivent quitter le pays :
79% Italie
78% Grande-Bretagne
71% Espagne
67% Allemagne
64% Etats-Unis
51% France
Source : Financial Times/Harris Interactive

% de personnes désapprouvant le fait que des citoyens d’autres pays de l’Union Européenne puissent travailler dans leur propre pays :

54% Grande-Bretagne
49% Allemagne
41% Espagne
37% France
33% Italie
Source : Financial Times/Harris Interactive

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

LA FRANCE BIEN PLACÉE

Le 3e classement réalisé par l’Ecole des Mines place 4 établissements français dans le top 15 des grandes universités et grandes écoles au plan mondial. Le critère principal utilisé dans ce type de classement est celui du nombre d’anciens élèves actuellement à la tête des 500 plus grosses entreprises mondiales. Un positionnement qui permet de mesurer l’attractivité des systèmes de formation pour les élites économiques faisant ainsi la part belle à 3 pays : les Etats-Unis, le Japon et la France qui détient, à elle seule, 4 établissements d’enseignement supérieur : HEC, Ena, Ecole polytechnique et Sciences po - Paris.

Top 15 des établissements d’enseignement supérieur dans le monde (base 2009) :
1er Université de Tokyo Japon
2e Université Harvard Etats-Unis
3e Université Stanford Etats-Unis
4e Université Waseda Japon
5e Université nationale
de Séoul Corée
6e HEC France
7e Université Duke Etats-Unis 7e Université d’Oxford Royaume-Uni
7e Université de
Pennsylvanie Etats-Unis
10e Ena France
11e Université Keio Japon
11e Université de Kyoto Japon
13e MIT (Massachusetts) Etats-Unis
14e Ecole polytechnique France
15e Sciencs po - Paris France
Source : Ecole des Mines - ParisTech

ENTREPRISE

LE MORAL DES TROUPES EN BAISSE

Une étude mondiale réalisée par le cabinet Hewitt confirme que 31% des responsables interrogés ont noté une baisse de l’engagement de leurs salariés alors qu’ils n’étaient que 15% l’année dernière. La crise associée à une dégradation des conditions de travail met actuellement la motivation des collaborateurs à rude épreuve. Soumis à un gel des salaires, à des inquiétudes sur la santé de leur entreprise, à des menaces sur leur emploi, à une pression de la hiérarchie et des clients ou encore, à des difficultés pour atteindre les objectifs, sans compter les inévitables tensions entre collègue font, au final, que «Rester impliqué dans ces circonstances constitue un vrai défi» comme le souligne Emmanuel de Prémont, directeur du groupe Finaxim, un réseau de consultants en ressources humaines.
Pour éviter que les collaborateurs ne lâchent prise et ne s’impliquent qu’a minima dans l’effort collectif, les spécialistes préconisent 5 axes prioritaires pour remobiliser les troupes :
Miser sur une communication interne directe et efficace avec des managers qui sortent des bureaux et payent de leur personne (atelier, terrain…).

• Eviter l’inactivité en donnant des perspectives individuelles et collectives (conquête de nouveaux clients, ouverture vers de nouveaux marchés, amélioration des process…).
• Doser les exigences et les efforts à fournir en augmentant le niveau de reconnaissance du travail de chacun
• Favoriser les projets de formation afin de permettre à chacun de se projeter dans de futures évolutions professionnelles.
• Alléger la pression négative en mettant en place des événements internes peu coûteux (pot hebdomadaire, tournoi de poker/tarot/pétanque, activités sportives, visites culturelles…).

NATURE

LA CRISE SILENCIEUSE DES ÉCOSYSTÈMES

Selon le rapport d’étape commandé par l’Union Européenne, la dégradation des services écosystémiques terrestres à l’horizon 2050 est évalué à 14 000 milliards d’euros, soit l’équivalent d’une perte de 7% du PIB mondial. Alors que l’engagement solennel, pris en 2002 à Johannesburg, d’enrayer l’érosion de la biodiversité d’ici 2010 ne sera pas tenu et devrait même s’aggraver, il est maintenant acquis que 60% des services vitaux rendus gratuitement à l’humanité par les écosystèmes naturels ont déjà été dégradés dans la plupart des ressources vitales pour l’humanité : alimentation (pollinisation), eau douce, bois, régulation du climat, protection contre les catastrophes naturelles (corail et mangroves), contrôle de l’érosion, ingrédients pharmaceutiques et même loisirs (pêche, randonnée). C’est le cas tout particulièrement pour des centaines d’espèces de plantes menacées d’extinction qui constituent actuellement la base de 50% des médicaments délivrés sur ordonnance. Comme le prévient Jean-Christophe Vié, coordinateur de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), «La diversité des espèces est essentielle pour la survie des humains. Imaginez la pêche sans poissons, l’exploitation forestière sans arbres, les cultures sans pollinisateurs». Sous l’angle économique, il est admis que la biodiversité fournit des services écologiques dont la valeur économique commence à peine à être évaluée comme c’est le cas, par exemple, pour :

• La pollinisation par les insectes et autres animaux (90 Md$)
• Les récifs coralliens pour la pêche et le tourisme (30 Md$)
• La dégradation de la mangrove au Pakistan (22 Md$)
• L’effondrement des stocks de morue au large de Terre-neuve (2 Md$)
• Les espèces invasives introduites aux Etats-Unis (140 Md$ par an)

8 PRINCIPALES CAUSES DE DÉGRADATION


Alors que la marchandisation de la nature n’apparaît pas vraiment être une bonne piste (taxations diverses et droits d’émission au nom de la protection de l’environnement), la nature continue de se dégrader en silence faisant ainsi dire à Stavros Dimas, commissaire européen à l’Environnement, que «Nous sommes en train d’effacer le disque dur de la nature sans même connaître les données qu’il contient». Les principales causes identifiées en matière de dégradation généralisée de l’état de la biodiversité sont au nombre de 8. Alors même que la surmédiatisation liée au changement climatique (toutes causes de pollution confondues) n’intervient qu’à peine pour 1/4 du phénomène, les 2 principaux facteurs de dégradation de la biodiversité terrestre originelle recouvrent en premier : l’expansion constante des infrastructures (construction, route, surfaces industrialisées…) et en second, la conversion des zones naturelles en terres agricoles (extension des zones de culture). L’indice global «planète vivante» déterminé en 1970 montre une régression généralisée de -28% jusqu’à 2005. Alors qu’en 2000, il ne restait dans le monde qu’environ 73% de la biodiversité terrestre originelle, les scientifiques prévoient que d’ici à 2050, 11% supplémentaires devraient encore disparaître.

Estimation des déperditions entre 2000 et 2050 en % de l’abondance moyenne des espèces originelles du fait des 8 principales causes de dégradation de la biodiversité terrestre :
-4,69% Infrastructure
-2,77% Changement climatique
-2,04% Cultures
-0,75% Sylviculture
-0,32% Pâturages
-0,23% Fragmentation des habitats
-0,22% Biocombustibles forestiers
-0,20% Dépôts d’azote, méthane (vaches)
Sources : MNP/OCDE, Pnue, Oms

VITICULTURE

DE GROS CHANGEMENTS DE CONSOMMATION

D’une manière générale, les pays à forte tradition vinicole voient régulièrement leur consommation baisser, alors que c’est l’inverse pour des pays comme la Chine, la Russie ou les Etats-Unis. Actuellement les 3 plus gros consommateurs de vin au monde sont dans l’ordre : La France, les Etats-Unis et l’Italie. Selon la dernière étude Vinexpo/ISWR, 1 bouteille sur 4 consommée dans le monde en 2007 est un vin importé.
A l’horizon 2012, ce taux devrait passer à 27,4% de la consommation mondiale signifiant que les exportations de vins (surtout en provenance des pays émergents) ont de beaux jours devant eux. Par contre, la part de marché des producteurs historiques (Italie, France, Espagne) décroît régulièrement pour n’atteindre que 46,2% en 2008, contre 53,3% sur la période 1991-1995.
La contraction au niveau de la part des exportateurs traditionnels dans les échanges mondiaux (Italie, Espagne, France, Allemagne, Portugal) suit également le même rythme en passant de 78,8% sur la période 1986-1990 à 60,6% en 2008.
Ce sont principalement 6 nouveaux pays exportateurs (Argentine, Chili, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande, Etats-Unis) qui grappillent depuis 20 ans des parts de marché en passant de 3,1% en volumes d’exportation en 1990 à 29,7% en 2008.

Pays où la consommation de vin baisse, en millions d’hectolitres (base 2008) :

2008 1991-1995
France 31,7 (37,3)
Italie 26 (35,1)
Espagne 12,8 (15,4)
Argentine 10,7 (15,7)
Portugal 4,8 (5,6)
Source : OIV

• Pays où la consommation de vin augmente, en millions d’hectolitres (base 2008) :
2008 1991-1995
Etats-Unis 28,5 (18,8)
Allemagne 20,7 (18,5)
Chine 13,7 (5)
Royaume-Uni 13,5 (6,5)
Russie 11 (6,5)
Australie 4,9 (3,2)
Source : OIV

• Production de vin, en millions d’hectolitres, parmi les nouveaux pays producteurs (base 2008) :

Etats-Unis 19,2 (17,6)
Argentine 14,7 (15,6)
Australie 12,4 (4,8)
Chine 12 (5,1)
Afrique du Sud 10,3 (8,2)
Chili 8,7 (3,3)
Russie 7,1 (3,3)
Source : OIV

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