| Les revues de presse du JdP n° 97 |
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Date : 23/11/2009 PSYCHOLOGIE INTERNET EST BON POUR LE CERVEAU Les neurobiologistes de l’université de Californie à Los Angeles affirment que le fait de surfer régulièrement sur Internet stimule les fonctions cérébrales. Cet exercice relativement modeste en soi apparaît néanmoins améliorer substantiellement l’activité de certaines zones du cerveau qui contrôlent le langage, la mémoire et la prise de décisions complexes. Un phénomène observé également chez ceux qui n’ont aucune expérience du web. LA BONNE DISTANCE POUR SE PARLER La distance moyenne à laquelle on se tient spontanément face à quelqu’un est en moyenne de 64 centimètres (moins d’un bras déplié). Cela n’a semble-t-il rien du hasard si l’on en croit des neurobiologistes du California Institute of Technology qui confirment que cette distance est déterminée par un circuit de neurones situé dans l’amygdale, le siège des émotions, mais qui agirait également dans les interactions sociales. LES BIENFAITS DU JURON D’après Richard Stephens, professeur de psychologie à l’université Keele en Grande Bretagne, «En temps normal, les jurons sont régis par une partie complexe du cortex cérébral qui contrôle et inhibe leur emploi». Pourtant, «Les jurons que nous proférons à la perception de la douleur nous permettent de mieux la supporter et d’en amoindrir la sensation». Cette réaction primaire et instinctive devient même bénéfique lorsqu’elle reste rare et épisodique sachant que «Quand nous sommes soumis à un choc ou à une violente douleur, les verrous cérébraux de la bienséance verbale sautent et c’est notre obscénité instinctive qui prend le dessus. Cette transgression verbale provoquerait alors une forte émotion qui prendrait le pas sur la douleur et en diminuerait la sensation». L’ART DE LA PROCRASTINATION Le report perpétuel des tâches à accomplir ou l’art de remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour même (procrastination) concerne 20% de la population et 1 étudiant sur 2. Alors que l’écrivain Marcel Proust était lui-même un procrastinateur né, cela ne signifie pas qu’il était également indolent, irresponsable ou inconscient. C’est ce qu’assure le docteur Bruno Koeltz, auteur de Comment ne pas tout remettre au lendemain (Odile Jacob) qui considère que ce réflexe «de report» n’est pas seulement un art mais traduit aussi la peur de l’échec, de l’isolement, de la perte de contrôle et peut même virer à la pathologie chronique. Les symptômes sont bien connus : rendre systématiquement ses devoirs en retard, reporter à plus tard l’exécution d’une obligation, s’occuper à diverses tâches secondaires au lieu de se concentrer sur le principal, surfer sur Internet au lieu de s’atteler à un travail urgent… Le problème, souligne ce thérapeute, c’est que dans une société basée sur l’immédiateté et l’urgence, les atermoiements font souvent figure de lâcheté ou d’incompétence. Et alors poursuit-il : «Le cercle vicieux est alors enclenché faisant que sous la pression des examens, des parents, des collègues ou de l’environnement social, les blocages se renforcent. La peur attise alors la procrastination !» VALEURS DANS QUEL SENS VA LE MONDE ? Si le monde a changé depuis le début de la crise financière et économique, les ressorts du capitalisme n’ont semble-t-il pas évolué sur le fond. Il est vrai que si tout change, tout continue aussi dans le domaine de l’individualisme et de l’égoïsme sachant que les individus sont d’abord mus par l’intérêt plus que par la générosité (Marx, Friedman). Si d’aucuns considèrent que le capitalisme est immoral, il est indéniable de constater que l’économie est le sang «vital» qui irrigue les sociétés modernes et que selon André Comte-Sponville, philosophe et écrivain, mieux vaut «Etre égoïstes ensemble et intelligemment, plutôt que bêtement et les uns contre les autres». Quoiqu’il en soit, il existe un certain nombre de marqueurs en société qui indiquent, selon le magazine Challenges, 2 grands axes capitalistiques actuels : l’un de progression et l’autre de régression préfigurant le prochain profil postcrise de la planète : Valeurs capitalistiques en progression : • Sobriété et simplicité reviennent en force • Regain de sécurité avec des Etats qui jouent les vigies de l’économie • Précarité avec un accroissement des populations fragiles • Cupidité qui fait que l’argent dicte de plus en plus sa loi Valeurs capitalistiques en régression : • Baisse de la solidarité et de l’entraide • Recul de l’universalité et de la globalisation des moyens • L’irresponsabilité collective diminue suffisamment pour accepter le principe d’endettement afin de sauver l’économie. SANTE BIEN MANGER POUR ÉVITER LES CANCERS Déjà Hippocrate au IVe siècle avant J-C plaidait le fait «Que ton aliment soit ton premier remède». L’OMS, en 2008, a indiqué qu’en mangeant plus sain et plus équilibré on pouvait réduire de 30% la mortalité par cancer (84 millions de décès attendus jusqu’en 2015) évitant ainsi 100 000 cancers en France et plus de 25 millions dans le monde. Le rapport 2007 du World Cancer Research Fund réunissant une vingtaine d’experts, repris en France dans une campagne de sensibilisation en début d’année, préconise notamment 8 propositions alimentaires pour améliorer la prévention de tous contre la plupart des formes de cancer sachant qu’il faut également tenir compte des spécificités de chacun (charpente musclée ou non, intensité de l’activité/sport, génétique…) :
DÉCEPTION, LASSITUDE ET MÉFIANCE La crise a encore accentué l’incompréhension entre les salariés et leurs équipes dirigeantes en amplifiant des sentiments négatifs tels que la déception, la lassitude et la méfiance. Il semble que ce soit la culture nationale du secret qui contribue à cet état d’esprit sachant que seulement 35% des Français (1 sur 3) jugent que l’information circule bien sur leur lieu de travail contre 51%, en moyenne, dans les autres pays. C’est ce que révèle une étude réalisée par le cabinet Eurogroup Institute alors même que les Américains et les Britanniques ressentent, aussi fortement que les Français, les menaces sur leur emploi. Pourtant, dans l’Hexagone, les salariés vivent plus mal leur travail souvent comme une contrainte (21%), contre 11% en moyenne, avec une moindre notion de plaisir et surtout, le sentiment que la charge de travail s’est considérablement alourdie. Alors que la plupart des salariés attendent davantage de reconnaissance de leurs efforts individuels, moins de focalisation sur les performances à court terme, une meilleure vision de l’avenir et plus d’attention pour leurs souhaits d’évolution, la mauvaise gestion des ressources humaines en période de crise a distendu le lien affectif à l’employeur que ce soit dans l’entreprise privée ou dans l’administration publique. Alors que la confiance s’est, au contraire, renforcée dans les autres pays, le problème est avant tout affectif en France. C’est ce que prétend Bénédicte Haubold, auteure du livre Les Risques psychosociaux (Eyrolles) qui indique qu’«En France, l’attachement à l’entreprise, au métier, est affectif, perfectionniste. On attend du travail qu’il nous réalise, d’un manager qu’il nous comprenne» alors qu’à l’inverse, un certain nombre de managers et de dirigeants n’hésitent pas, sous la contrainte économique, à prendre leurs distances avec le personnel. Soit le parfait contraire du comportement des vrais chefs de guerre qui, sous la mitraille, restent, motivent et défendent leurs hommes… Sentiments éprouvés par les Français vis-à-vis de leur entreprise (base 2009) : Attachement 35% Déception 37% Méfiance 32% Source : Observatoire international des salariés UNE DÉTRESSE EN AUGMENTATION Selon des statisticiens britanniques de l’université d’Oxford, chaque augmentation de 1% du taux de chômage accroît de 0,8% le taux de suicide dans la population. Un pourcentage identique pour l’accroissement du nombre de meurtres. Selon Jean Claude Delgenes, directeur du cabinet Technologia, «Le nombre de tentatives de suicides dans les entreprises françaises se situe entre 500 et 600 chaque année», un phénomène croissant qui ressemble à une pandémie bien supérieure à la mortalité attendue de la Grippe A. Au tableau des suicides liés au travail, l’Education nationale et la police remportent la palme avec plus de 35 fonctionnaires sur 100 000 qui mettent fin à leurs jours, chaque année, bien loin devant la moyenne nationale qui est de 20 décès «officiels» pour 100 000 habitants. Soit l’équivalent tout de même de 13 000 suicides par an en France et plus de 100 000 tentatives ! D’après le ministère du travail, 1 salarié sur 2 travaille dans l’urgence et 1 sur 3 reçoit des consignes contradictoires et/ou se plaint d’un climat de tensions. Pour Eric Albert, psychiatre et cofondateur de l’Ifas (Institut français d’action sur le stress), le constat est sans équivoque avec «20% des hommes et 30% des femmes «sur-stressés» au travail». Un état des lieux peu reluisant dont l’une des conséquences majeures concerne l’explosion des arrêts maladie avec 3,5 millions de journées perdues chaque année par la seule faute du stress et/ou celle des dirigeants... Motifs expliquant le stress au travail (base 2009) : 36% Charge de travail trop importante 30% Pression et délais de réalisation 28% Situation économique et avenir de l’entreprise 23% Manque de soutien et d’écoute de la hiérarchie 12% Difficulté à concilier vie professionnelle et vie privée 9% Difficulté des tâches demandées 7% Relations avec les collègues 7% Difficultés à s’adapter aux changements en cours Source : Institut LH2 Alternatives Economiques - Challenges - L’Expansion - L’Express - Le Point |





