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| L'éditorial du JdP n° 98 |
Date : 03/02/2010 LE SYNDROME DE COPENHAGUE Après le syndrome de Stockholm (sympathie envers les kidnappeurs/tortionnaires - 1973), après le syndrome du mur de Berlin (écroulement rapide d’une dictature/dominance - 1989) arrive le syndrome de Copenhague (mur de verre de la réalité mondiale - 2009). Dans l’euphorie de la nouvelle idéologie environnementale devenue la mode branchée dans certains pays occidentaux, voilà que le rêve d’une écologie universelle se cogne le nez pour la nième fois face au mur de verre de la réalité politique mondiale. Après Rio de Janeiro en 1992, Kyoto en 1997 et Montréal en 2005, sans parler des rapports alarmistes du GIEC, la 15e conférence des Nations unies sur le réchauffement climatique se termine sur un nouvel échec relatif. Dans le concert des nations (192 Etats participants), il semble que la volonté écologique française (et européenne) ait été remise à sa juste place sur la scène internationale lors de ce sommet. Sous l’angle officiel, l’échec de la conférence est imputée à la faillite des méthodes de concertation onusiennes, à l’indignation des Pays du Sud face à l’insuffisance des moyens financiers mis sur la table (2 milliards de dollars par an contre 100 milliards demandés) et surtout, à cause de la résistance active des 2 locomotives mondiales que sont la Chine et les Etats-Unis protégeant farouchement le développement de leurs économies. Les affirmations politiques et idéologiques (surtout françaises) sur la nécessité d’un grand mouvement écolo-volontariste se sont rapidement dégonflées en une dizaine de jours pour ne retenir, au final, que la France n’est qu’un petit pays parmi 192 autres, que son président Sarkozy ne prend que la 56e place au titre des personnalités les plus puissantes de la planète (Forbes) et que le discours de nos gourous de pacotille ne sont pas du tout audibles dans les pays pauvres et émergents. Ainsi derrière l’image du mur de verre, le syndrome de Copenhague traduit un terrible rappel à l’ordre international dans lequel les nouveaux leaders émergents, et les pays pauvres, s’opposent frontalement à la pensée unique occidentale. C’est également, pour eux, le refus de subir une nouvelle religion écologique basée sur la dramatisation, la culpabilisation et la coercition économique et fiscale, le tout associé à des raisonnements plus ou moins fumeux et à des enjeux jugés comme virtuels et hypothétiques. C’est enfin le rejet de pratiques bassement politiciennes et celui d’une agitation orchestrée par un petit monde écolo-politique, dont les uns (Verts) essaient de se refaire une santé politique alors que les autres (Elysée et consorts) en profitent pour faire un «hold-up sur l’écologie» afin de récupérer à bon compte de nouveaux électeurs. En résumé, le syndrome de Copenhague peut être considéré comme un point d’arrêt ponctuel à la stratégie occidentale qui tente d’imposer par le biais environnemental un nouvel ordre mondial. Un ordre fondé sur une modélisation unilatérale de la problématique environnementale qui, en l’état, ne profite une fois de plus qu’aux intérêts économiques des pays riches et nantis ! J’ASSUME… RIEN DU TOUT ! La grande mode politique au gouvernement est de conjuguer le verbe assumer au présent dès lors qu’il s’agit d’évoquer les conséquences des réformes et des décisions que l’on veut faire passer en force. Cependant, à y regarder d’un peu plus près, on s’aperçoit que les charges présidentielles et ministérielles exonèrent leurs auteurs de toute véritable responsabilité juridique et financière, les deux vraies sanctions. A part un mauvais sondage, une critique dans les médias ou le fait de perdre son mandat, les élus peuvent clamer sans risque de grands j’assume l’entière responsabilité de…, j’assume la décision, j’assume l’orientation prise, j’assume l’action engagée… en sachant pertinemment qu’ils jouent là sur un mode de bluff, un quitte ou double (50% de chance que ça passe) ou, au pire, une erreur de jugement qui sera bien vite oubliée sous le feu incessant de l’actualité. Il faut donc se méfier de tous ces gouvernants qui utilisent avec fermeté et assurance ce verbe en voulant apparaître personnellement responsable alors qu’au premier revers, ou changement de vent, la faute en sera immédiatement imputée aux autres, à la crise ou aux circonstances. Comme c’est le cas pour beaucoup trop de valeurs et de formules largement galvaudées par le monde des élites, il semble que le véritable esprit de responsabilité ait également disparu en se cachant derrière les écrans de fumée des formules toutes faites, du comportement propret devant les médias et du raisonnement rhétorique qui dit tout et son contraire. Pour vraiment assumer quelque chose il faut qu’il y ait une réciprocité, une contrainte, une obligation concrète et «physique». Sans ces conditions qui devraient obliger le politique à démissionner, à faire son mea culpa public ou à revenir en arrière, dorénavant toute forme d’expression utilisant la locution j’assume sans contrepartie explicite devient suspecte, voire malhonnête, nécessitant au prochain vote l’éviction de celui ou de celle qui n’a pas eu le courage d’en tirer les évidentes conséquences. |





