| Les revues de presse du JdP n° 98 |
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Date : 03/02/2010 CONSOMMATION UNE DÉFLATION RAMPANTE Selon l’Insee, les prix ont fléchi de -0,4% en France entre septembre 2008 et septembre 2009. Une étude de TNS Worldpanel indique également que la consommation stagne après avoir observé que les Français ont écarté de leurs achats 23 produits de grande consommation malgré les rabais consentis par les grandes enseignes de l’agroalimentaire. Selon les économistes, l’état actuel de déflation qui consiste à cumuler une baisse concomitante des prix sur les étiquettes et une inflexion sensible de la consommation serait directement lié à une perte de pouvoir d’achat à cause des faibles augmentations salariales. Ce cercle vicieux fait que les consommateurs ne peuvent et ne veulent pas tirer profit des rabais faisant ainsi que les stocks s’accumulent, que les tarifs continuent de chuter, que les entreprises voient leurs marges se réduire et que les salaires en pâtissent en bout de chaîne. C’est la raison pour laquelle certains économistes préconisent d’engager rapidement un nouveau plan de relance de la consommation même si ce type d’intervention de l’Etat est de nature à creuser un peu plus les déficits publics qui sont devenus abyssaux. Des analystes de la banque HSBC ont calculé, par ailleurs, qu’une hausse du déficit public correspondant à 1% du PIB se traduit mathématiquement par une baisse de consommation de -0,7%. Cette tendance qui a déjà été formulée par l’économiste David Ricardo en 1817 considère que l’interventionnisme d’Etat contribue à creuser le déficit public, même en période de crise, car les agents économiques renoncent à consommer et préfèrent épargner redoutant de payer plus tard davantage d’impôts afin de rembourser la dette de l’Etat et/ou d’être obligés de s’endetter face à un avenir incertain. GRAND EMPRUNT UN LARGE SAUPOUDRAGE Fin janvier 2010, le Parlement devrait voter une loi pour lancer officiellement le grand emprunt en direction des acteurs institutionnels du marché financier. 35 milliards d’euros au lieu des 100 prévus initialement, cet emprunt public est devenu après moult arbitrages un «moyen emprunt» révélateur des insuffisances chroniques de l’Etat. Après les 250 Md€ déjà empruntés sur les marchés en 2009 celui-ci ne portera, en définitive, que sur 22 Md€ car 13 Md€ seront normalement apportés par les sommes remboursées par les banques. Officiellement concentré sur 5 priorités présidentielles (enseignement supérieur, recherche, industrie, numérique et écologie), il s’agit en fait d’un large saupoudrage articulé selon les 2 grands axes proposés par Alain Juppé et Michel Rocard : 16 Md€ pour les universités et 19 Md€ pour les projets innovants et de soutien aux secteurs prioritaires. Répartition envisagée du grand emprunt en milliards d’euros : Universités 10 Modernisation des campus 3,5 Campus d’innovation 2 Bourses pour chercheurs, équipements de recherche 0,5 Autres Projets innovants 4,5 Villes de demain 4 Société numérique 3,5 Energies 3 Mobilité du futur 2 Sciences du vivant 2 PME innovantes Source : Science Et Avenir INDUSTRIE REDÉMARRAGE PRÉVU EN 2012 Depuis le début de la crise, l’industrie française a perdu 100 000 emplois, accusé un recul de -12% de sa production et subi 6,8% de défaillances. Alors que 26% des entreprises industrielles affrontent toujours de graves difficultés de trésorerie, l’investissement dans l’industrie manufacturière durant l’année 2009 a chuté de -23% à 33 milliards d’euros contre 42,4 Md€ l’année précédente. Face à une sous-utilisation des capacités de production existantes et à un pessimisme certain quant à l’évolution du carnet de commande, l’institut COE-Rexecode ne prévoit pas de redémarrage avant le courant de l’année 2012. EMBAUCHE DE STAGIAIRES Le gouvernement prolonge de 6 mois le dispositif mis en place en avril dernier qui permet aux entreprises de prétendre à la prime de 3 000 euros lorsque celles-ci s’engagent à recruter en CDI, avant le 30 juin 2010, tout stagiaire de moins de 26 ans entré dans l’entreprise avant le 30 septembre 2009. INFORMATIQUE LE CLOUD COMPUTING Les plus grands noms de l’Internet (Google, Amazon, Microsoft, Apple, IBM…) se sont lancés dans le cloud computing (l’informatique dans le nuage). Un nouveau concept majeur qui fait référence à l’utilisation de la mémoire et de la capacité de calcul d’ordinateurs et serveurs répartis dans le monde entier, connectés entre eux au moyen d’une excellente bande passante, accessibles par le réseau Internet et une application standard de navigation. Fini demain les serveurs, infrastructures et informaticiens maison sachant que les logiciels, les applications ou encore la maintenance… vont peu à peu devenir une commodity exactement comme la distribution de l’énergie électrique. En fait, le cloud computing repose sur un modèle économique de consommation d’applications uniquement payées à la demande, par utilisateur et par minute d’utilisation, et non plus acquises par l’achat de licences. Des prestataires se chargeront d’apporter aux entreprises une puissance de calcul et de stockage à la demande sous 3 formes : les clouds privés internes, les clouds privés externes et les clouds publics. Selon une étude menée par Markess International, «D’ici 2011 et au-delà, les entreprises devraient porter un intérêt de plus en plus soutenu à ces services puisque elles devraient être entre une sur deux à une sur trois à y recourir. La tendance semble en faveur des clouds privés internes même si les entreprises ne se limitent pas obligatoirement à ces services et devraient sans aucun doute combiner les solutions entre elles.» REFORMES UN ÉTAT DE DÉSENCHANTEMENT D’après Brice Teinturier, directeur général adjoint de TNS Sofres, «Les Français on un grand sentiment de désenchantement…en voyant un président se battre sur tous les fronts sans obtenir de résultats». La déception est d’autant plus grande, selon lui, que dans l’imaginaire collectif le volontarisme politique peut et doit changer le réel. En fait, «La phase de désenchantement a commencé en octobre 2007 des deux côtés du spectre politique. A droite, le style présidentiel et sa vie privée gênent, à gauche : les catégories populaires ne voient rien venir pour leur pouvoir d’achat. Reste un socle solide d’environ 30% de partisans venus d’une droite bonapartiste à la recherche d’autorité et d’une droite affairiste, faite de patrons et d’artisans sensibles aux thèmes de l’initiative privée». Il semble que face à la réalité de la crise, les Français voient avant tout leur propre situation se dégrader en percevant mal le caractère «concret» des réformes engagées et encore moins les résultats obtenus. Des réformes menées de manière très imparfaites selon l’avis de l’économiste André Zylberberg pour qui : «L’homme (Sarkozy) suit invariablement le même schéma : il annonce haut et fort des réformes structurelles et il les édulcore peu à peu, en partenariat avec les groupes de pression». D’après lui, il existe «Un côté jardin dans lequel Sarko bombe le torse et un côté cour, dans lequel Nicolas marchande !». Selon l’institut Thomas-More qui publie chaque semestre le Baromètre des réformes de Nicolas Sarkozy, seulement 38% des engagements pris au cours de la campagne présidentielle ont été réalisés (hors mesure de l’impact réel de chacune d’entre elles). Sur les 1 222 faites dans tous les domaines, 541 concernent les dimensions économiques et environnementales : % de mesures réalisées à mi-mandat par rapport à celles annoncées dans le programme présidentiel ou en cours de mandat : 57% Entreprise 53% Fiscalité et pouvoir d’achat 50% Logement 47% Emploi 36% Recherche et innovation 35% Dialogue social 27% Retraites 24% Budget 24% Europe 21% Environnement Source : Institut Thomas-More TAXE PROFESSIONNELLE REMPLACÉE PAR UNE CONTRIBUTION ÉCONOMIQUE TERRITORIALE Selon Bercy, la suppression de la part de la taxe professionnelle devrait apporter aux entreprises 11,7 milliards d’euros d’allègement en 2010, puis 5,8 Md€ en rythme de croisière. D’après les calculs du gouvernement ce sont surtout les secteurs de la construction, de l’agriculture et de la pêche qui devraient en profiter au maximum avec plus ou moins 40% d’économie sur la taxation initiale. Ce gain doit concerner également toutes les sociétés qui disposent de beaucoup d’équipements et d’immobilisations (grandes sociétés industrielles) ainsi que celles qui réalisent un très petit chiffre d’affaires (services aux particuliers). A l’inverse, les structures qui dégagent traditionnellement une forte valeur ajoutée (société de conseil) et les PME réalisant un CA compris entre 0,5 M€ et 7,6 M€ devraient perdre au change et voir même leur taxation augmentée. A la place de la taxe professionnelle est prévue une CET (contribution économique territoriale) composée de 2 parties : la cotisation locale d’activité (proche de l’actuelle valeur locative foncière) et la cotisation complémentaire (actuelle cotisation minimale sur la valeur ajoutée). Dans le nouveau système, seuls les équipements et biens mobiliers seront exonérés d’impôt alors que les immobilisations industrielles pourront bénéficier d’un abattement de 15%. Gains de taxe professionnelle par secteur d’après les calculs du gouvernement, en % : 45% Construction 40% Agriculture, pêche, sylviculture 37% Services aux particuliers 36% Industrie 22% Commerce, Transports 18% Services aux entreprises 16% Activités immobilières 2% Energie Source : Minefi Principales sources utilisées : L’Entreprise - L’Express.fr - Le Point - L’Expansion - Sciences & Avenir |





