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Les revues de presse du JdP n° 99
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La revue de presse internationale

Date : 06/05/2010

CATASTROPHES NATURELLES 

HAÏTI, LE 3E PLUS GRAND TREMBLEMENT DE TERRE
De nombreux pays subissent régulièrement des tremblements de terre à l’instar de ceux du début de l’année 2010 (Haïti, Chili, Chine, Turquie…).
Jusqu’à présent, le plus meurtrier de tous est celui de 1976 à Tangshan en Chine avec une estimation de 655 000 morts (dont 255 000 officiels).
Actuellement encore les chiffres les plus fantaisistes (entre 100 000 et 300 000 morts) circulent sur le tremblement de terre qui a frappé le 12 janvier 2010 Haïti et ses 10 millions d’âmes.

Les 10 tremblements de terre les plus meurtriers depuis 1900 en nombre de morts :
Pays                        Magnitude
655 000* Chine (1976) 7,5
227 898 Indonésie (2004) 9,1
200 000* Haïti (2010) 7
200 000 Chine (1920) 7,8
142 800 Japon (1923) 7,9
110 000 Turkménistan (1948) 7,3
87 587 Chine (2008) 7,9
86 000 Pakistan (2005) 7,6
72 000 Italie (1908) 7,2
70 000 Pérou (1970) 7,9 * estimations
Source : US Geological Survey 

DÉPENSES PUBLIQUES 

QUEL EST LE PAYS LE PLUS DÉPENSIER DU MONDE ?
Selon Hervé Boulhol, en charge de l’économie française à l’OCDE, «La France est devenue la championne du monde en matière de dépenses publiques en passant devant les pays nordiques. C’est le seul pays qui n’a pas engagé de réduction sensible de ses dépenses. Cette trajectoire est inquiétante car elle menace la soutenabilité des finances publiques».
Même si des allégements d’effectifs ont déjà commencé selon le principe du non-remplacement d’1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite, c’est la méthode utilisée qui est critiquée notamment par la Cour des comptes qui reproche au gouvernement de favoriser un relatif statu quo dans «Les administrations pléthoriques et sous-productives auxquelles on pourrait appliquer un régime plus sévère.»

Dépenses publiques en % du PIB (base 2008), hors effet de la crise 2009-2010, avec effectifs des administrations (en % de l’emploi total base 2005) :
France 52,7% 21,9%
Suède 51,8% 28,3%
Royaume-Uni 47,5% 14,6%
Allemagne 43,8% 10,4%
Etats-Unis 38,8% 14,1%
Source : OCDE 

FINANCE INTERNATIONALE 

UN NOUVEAU RISQUE D’ÉCLATEMENT
Alors que la Coface prévoit un scénario de reprise molle pour 2010, son président François David, s’inquiète du fait que «Les bulles se reforment à une vitesse stupéfiante». Selon lui, il existe un risque potentiel d’éclatement de 3 nouvelles bulles spéculatives pouvant entraîner à terme «Une rechute qui frapperait de nombreuses entreprises amoindries par deux années de sous-activité». Le retour de la croissance mondiale qui provient pour l’essentiel des pays émergents (Chine, Inde, Brésil) n’est nullement exempt des effets pervers de la spéculation dans de nouveaux domaines comme l’énergie et le développement durable «à qui on raconte de jolies histoires aux investisseurs jusqu’à des valorisations excessives». De fait, les places boursières (notamment dans les bourses émergentes) et les prix des matières premières sont repartis à la hausse avec des acteurs financiers qui n’ont pas vraiment tiré les leçons de la dernière crise. Même avis de la part de Jérôme Cazes, directeur général de Coface, qui constate que «Les liquidités s’affolent et se ruent sur les actifs».

UN TROP PLEIN DE LIQUIDITÉS
Du fait que les Etats ont déversé près de 2 000 milliards de dollars sur l’économie mondiale (en alimentant la bulle géante des emprunts d’Etat) et que les banques centrales ont également largué des flots de cash sur le système financier via l’injection de liquidités et la baisse conjointe de leurs taux d’intérêt, aujourd’hui «La liquidité croît encore plus vite qu’avant la crise» comme le constate Patrick Artus de Natixis. Toutefois ainsi que le suggère Sebastian Paris-Horwitz, directeur de la stratégie chez Axa IM, «Tous les marchés haussiers ne sont pas des bulles. Pour cela, il faut deux éléments qui ne me semblent pas encore entièrement réunis : une grave déconnexion entre le prix du bien sur le marché et sa valeur réelle, et l’installation d’un sentiment d’euphorie autour du marché concerné». Il est vrai qu’actuellement le mécanisme de contagion à grande échelle comme celui de la titrisation des subprimes n’existe pas. Pourtant, il n’est pas moins observable sur les marchés financiers que de petites musiques hypnotiques recommencent à se faire entendre indiquant ici que «l’impossible peut devenir crédible» ou encore là que «Cette fois-ci, c’est différent». Une tendance à «l’exubérance irrationnelle» qui, comme l’ont justement noté les économistes Kenneth Rogoff et Carmen Reinhardt, sont des signes précurseurs en matière d’éclatement de bulles. Ce qui est sûr, «C’est que les bulles actuellement en formation finiront un jour ou l’autre par exploser» prévient Nouriel Roubini, l’économiste américain qui avait prédit dans le détail la crise des subprimes.

3 FRONTS DE SPÉCULATION

Il existerait actuellement 3 nouveaux phénomènes spéculatifs succédant à celui des subprimes et du crédit. Des nouvelles bulles financières destinées à permettre aux investisseurs spéculateurs de gagner de l’argent sur des actifs qui ne sont pas toujours intrinsèquement rentables.

1. Bulle du prix des actifs
Pour Yves Szotowski, économiste en chef de la Coface, «Les marchés montent trop vite» notamment dans les marchés boursiers émergents et dans ceux des cours des matières premières. Même si de nombreux investisseurs demeurent encore très prudents à l’égard des actions, «L’optimisme actuel des marchés financiers est en effet très décalé par rapport à la reprise de l’économie réelle» lui faisant ainsi redouter «Une trop forte volatilité de tous ces marchés dans les pays industrialisés» 

2. Bulle chinoise
La Chine a mis en place en 2009 un plan de relance économique gigantesque. Elle a donné alors un signal fort à ses banques qui ont réagi en ouvrant les vannes. Depuis, on achète tout ce qu’on peut acheter à crédit. Pourtant la restriction conjointe par les autorités chinoises de l’offre de financement dans les secteurs en surcapacité est de nature à déstabiliser les entreprises les plus fragiles. Or, avec un retard évident d’expérience, beaucoup d’investisseurs en Chine pensent que dans une économie en plein boom on peut gagner de l’argent en spéculant en bourse et en surpayant les actions. 

3. Bulle de l’endettement public
Selon The Economist, la dette publique mondiale s’élève à 35 000 Milliards de dollars alors même que les derniers chiffres du FMI indiquent que la dette publique des 10 pays les plus riches doit passer de 78% du PIB en 2007 à 114% d’ici 2014, même s’il n’est pas vraiment envisagé de risque de défaut de paiement des Etats. Le problème, c’est que les solutions proposées par les Etats surendettés reposent intégralement sur le fait qu’il devrait y avoir dans 5 ans un horizon favorable fondé sur un retour à la normale de la consommation des ménages. Dans cette optique, le plus grand risque est que les grands Etats occidentaux ne pratiquent alors que des politiques de restrictions budgétaires (comme c’est le cas actuellement en Grèce) dont la conséquence se traduirait alors par moins d’activité et donc un coup d’arrêt de la croissance. 

INVESTISSEMENTS ETRANGERS 

LA FRANCE EN BONNE POSITION
Malgré le fait que la plupart des grands pays aient vu leur attrait diminué sous l’effet de la crise, la hiérarchie demeure inchangée en matière d’attraction pour les investisseurs. En 2009, les Etats-Unis restent le premier pôle mondial en terme d’IDE (Investissements directs étrangers) avec 135,9 milliards de dollars (Md$) malgré une baisse de -57% sur un an. La France conserve la 3e place mondiale et la 1ère en Europe avec 65 Md$ et une baisse de -36% de flux d’investissements étrangers.

Investissements étrangers en milliards de dollars (Md$) avec évolution sur un an (base 2009) :
Etats-Unis 135,9 -57%
Chine 90 -3%
France 65 -36%
Russie 41,4 -41%
Pays-Bas 37,8 non disponible
Hongkong 36 -43%
Belgique 35,1 -41%
Allemagne 35,1 +41%
Inde 33,6 -19%
Brésil 22,8 -50%
Japon 11,4 -53%
Royaume-Uni 7 -93%
Source : Cnuced

DETTE PUBLIQUE 

LA VULNÉRABILITÉ DES ETATS
La montée des déficits publics (104 Md€ en 2010 pour la France) va de pair avec son niveau d’endettement
(1 400 Md€) et lorsque la dette publique est détenue majoritairement par les non-résidents, alors le pays s’expose en plus, à un taux de vulnérabilité face aux décisions politiques et économiques provenant de l’étranger. En un mot, le pays est placé sous influence étrangère et/ou devient dépendant de la bonne volonté de tiers. C’est notamment le cas avec la France qui affiche un taux de 67.3% d’obligations d’Etat détenues par les non-résidents même si sa dette publique n’est que de 82,5% du PIB. A l’inverse, un pays comme le Japon dont la dette publique est particulièrement lourde avec 227% du PIB, reste entièrement libre de ses décisions sachant que seulement 6,6% des obligations de l’Etat japonais sont détenues par les non-résidents. 

Part des obligations d’Etat (dette de l’Etat) détenues par les non-résidents :
67,3% France
58,5% Italie
55,3% Allemagne
47,7% Etats-Unis
46% Espagne
28,3% Royaume-Uni
6% Japon
Source : HSBC

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