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JDP N° 87 : Export - Primo-exportation, aides de l'Etat à l'exportation, E-exportation, VIE
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Date : 07/01/2008 MISER SUR LA PRIMO-EXPORTATION L’HEURE DES PME-PMI EST ARRIVÉE ! Depuis plus d’un siècle, les world companies et autres multinationales ont largement joué le jeu de la globalisation en s’implantant à l’étranger, en créant les conditions économiques et commerciales du négoce à grande échelle, en procédant à des rachats locaux comme en imposant leur puissance financière. Selon l’avis d’Evalde Mutabazi, professeur à l’EM Lyon et expert international en management interculturel, dorénavant le futur doit apparaître sous un jour nouveau ; C’est l’heure où les PME/PMI ont aussi des «cartes à jouer» considérant que «Les PME sont plus légères et adaptées à la mise en oeuvre des pratiques interculturelles du management, car leur taille est plus propice à la rencontre et à l’échange direct, à la connaissance mutuelle et à la complémentarité entre acteurs de cultures différentes.» Ce spécialiste en déduit que dorénavant l’internalisation des échanges doit passer par «La mise en place d’une offre très pointue permettant de cibler un marché de niche». Même avis pour Roger Couffin, expert APM (Association progrès du management), pour qui la mondialisation est une réalité qui doit être opportunisée à chaque instant considérant qu’il n’y a que les entreprises «en situation de précarité, à tout instant remplaçables et engagées sur des marchés où la logique est la baisse constante des prix» qui ne sont pas véritablement armées pour résister à la concurrence internationale. LES PRINCIPALES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES Seulement 17% des entreprises disent ne pas avoir rencontré de problèmes majeurs dans leur développement à l’export. • 48% des PME ont constaté une évolution des difficultés liée à l’évolution du coût de couverture des taux de change • 24% considèrent que la mondialisation est le second facteur de difficulté • 10% citent le coût des assurances comme un facteur nouveau de difficulté par rapport à leurs débuts • 10% évoquent l’existence de concurrents peu loyaux • 41% surmontent leurs difficultés grâce à l’accompagnement des organismes publics (27%) ou via des consultants spécialisés (14%) • 39% déclarent être fatalistes face aux difficultés qu’elles rencontrent Source : OpinionWay - Altare PROVOQUER UNE SITUATION D’AUTORITÉ Le fondateur d’Adrien Stratégie, Roger Couffin, insiste sur le fait que les PME ont tout intérêt à se décomplexer «En construisant une offre adaptée, avec un véritable savoir-faire, en provoquant une situation d’autorité et non plus de précarité sur un marché. C’est la théorie de la réduction du champ des possibles : l’entreprise réduit son champ d’activité, se focalise sur une offre et innove. Une fois trouvé ce «code génétique», cette spécialisation, l’entreprise pourra alors proposer une offre personnelle et innovante, non remplaçable et donc exportable.» Toute la problématique se résume, selon lui, dans le comportement du dirigeant sachant que «Le point commun des PME qui réussissent à tirer parti de la mondialisation, c’est qu’elles ont à leur tête non pas un dirigeant (qui gère) mais un entrepreneur (qui voit sur le long terme).» Il existe, en tout état de cause, pour qui en a la volonté plusieurs options stratégiques de rentrer dans l’aventure internationale : • Exporter seul, avec ou sans VIE, avec ou sans financement externe ; • Se faire porter par un plus grand (rachat, alliance, joint-venture) : • Trouver un partenaire avec qui développer un produit grâce à l’alliance de 2 savoir-faire et la réalisation d’économies d’échelle ; • Se laisser «conduire» à l’international par ses clients grâce à des partenariats internes COMMENT S’Y PRENDRE LA PREMIÈRE FOIS ? L’étude réalisée par OpinionWay pour le compte d’Altares éclaire sur les points-clés indispensables pour bien exporter la première fois. Pour Thierry Asmar, Directeur Général d’Altares, «On peut se féliciter de la grande satisfaction qu’ont les PME à exporter, qui contribue à leurs revenus et leur croissance. On remarque cependant qu’elles ont toujours besoin d’accompagnement, d’autant qu’elles abordent aujourd’hui de plus en plus des marchés comme l’Asie». Aussi, les conseils que peuvent donner les PME exportatrices aux primo-exportateurs consistent d’abord à réaliser une solide étude de marché (44%) puis ensuite de bien connaître sa cible de 4 manières : en se rendant sur place (26%) ; en maîtrisant les langues (19%) ; en identifiant les partenaires locaux (16%) ; en vérifiant la solvabilité des clients (14%). Petit parcours d’obstacles pour mener à bien une première opération d’exportation (hors e-exportation) : 1. Se faire assister Il est recommandé, la toute première fois et ce pour chaque pays prospecté, de bénéficier sur place d’un accompagnement institutionnel ayant préalablement organisé des rencontres et ciblé les partenaires locaux. A cet effet, les Chambres de Commercce et d’Industrie sont les premiers interlocuteurs naturels, sachant que les opérations directes de contact par e-mailing ne donnent absolument rien. 2. Définir ses priorités Comme dans toute action organisée il faut s’imposer des priorités dans le choix des pays cibles. L’une d’elles peut reposer sur les opportunités offertes en local en matière de business et non sur les pays les plus courants en matière d’exportation. Une autre priorité concerne la valorisation de l’avantage concurrentiel dont l’entreprise dispose par rapport au marché visé. 3. Prévoir un ou plusieurs déplacements à l’étranger L’idéal consiste à privilégier des rendez-vous individualisés répartis sur 2 ou 3 journées. Trouver sur place un partenaire de confiance, pour se faire représenter, peut prendre du temps et nécessiter plusieurs visites régulières avant de conclure la moindre vente. 4. Se prémunir contre les différences culturelles Hors pays de la Francophonie, il faut maîtriser au minimum l’anglais. Sachant que les mentalités varient beaucoup d’un pays à l’autre, la règle de base est de rester en toute occasion humble en évitant de froisser son interlocuteur. Parler de sa vie privée est une bonne chose surtout en évoquant sa famille ce qui a pour effet, en général, d’instaurer la confiance et une relation humaine de qualité. 5. Protéger son actif immatériel Le problème N°1 dans certains pays comme la Chine et certains pays d’Asie est la contrefaçon et l’espionnage industriel. Cela suppose, en amont, de bien protéger ses secrets de fabrication ainsi que ses marques. 6. Connaître les lois locales En Inde, par exemple, la bureaucratie constitue le frein majeur à l’implantation d’activités. Ce qui complique le business relève toujours des procédures et des obligations administratives à respecter. Se faire conseiller sur place permet de gagner beaucoup de temps. LES AIDES DE L’ETAT À L’EXPORTATION 5% D’ENTREPRISES CONCERNÉES L’exportation massive et non sélective des produits, services et savoir-faire, est devenue une clé essentielle pour assurer de manière durable le développement économique de la nation. Selon l’Observatoire des PME, le nombre de PME qui exportent reste encore très largement insuffisant avec moins de 100 000 établissements (5% du total). Les raisons officielles qui expliquent ce déficit chronique sont : • La méconnaissance des démarches à effectuer ; • La peur de l’insécurité des paiements à l’étranger ; • Le besoin de fonds d’investissement quand on veut se lancer ; • La frilosité des banques à accorder des crédits sans garanties sérieuses. Il est clair, pourtant, que si les entreprises françaises sont très compétitives sur de nombreux marchés étrangers c’est surtout dû au fait que les 15 premiers groupes industriels français assurent à eux seuls plus du quart des exportations sur le plan national et qu’une centaine d’autres groupes en réalisent la moitié grâce à près de 30 000 filiales d’entreprises françaises à l’étranger. Il existe, en réalité, une situation fort inégale en matière d’exportation avec d’un côté les «Erem», entreprises régionales d’envergure mondiale, comprises entre 1 500 et 3 000 et disposant d’une forte capacité exportatrice et les autres, les «primo-exportateurs», le plus grand nombre, qui souhaitent exporter pour la première fois et/ou qui ont une expérience limitée de l’international. FORCE 5, UN PACTE PROPOSÉ PAR BERCY Pour des raisons historiques, géographiques et linguistiques, les PME hexagonales restent principalement concentrées dans les pays frontaliers, l’Afrique francophone, le Maghreb et le Vietnam. Pourtant, la mondialisation de l’économie offre de plus en plus d’opportunités et ce d’autant plus, que la demande en provenance de très nombreux pays ne se limite plus seulement à des besoins d’infrastructure ou à des produits de luxe mais concerne également une grande diversité de biens d’équipements, de composants spécialisés et de biens de consommation. Aussi pour restaurer la compétitivité globale de l’économie française, Berçy entend proposer prochainement un pacte aux entreprises françaises dont la vocation est d’accroître, à terme, les parts de marché de la France dans le monde. L’objectif déclaré est de faire aussi bien que l’Allemagne dont le nombre d’entreprises exportatrices est 2 fois supérieur à celui de la France. Le prochain pacte Force 5 doit intégrer 5 objectifs : • Aide à l’innovation • Baisse de la fiscalité • Simplification des procédures administratives • Modernisation des outils de financement • Accompagnement des entreprises exportatrices LES ZONES D’EXPORTATION PRIORITAIRES 95% Europe Communautaire 50%Asie 56% Europe hors UE 41% Afrique 40% Amérique du Nord Source : OpinionWay - Altare FINANCEMENT OSEO, LES CONDITIONS À REMPLIR Depuis mars 2007, l’établissement public français Oséo se place en première ligne pour faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises aux financements de leur projet d’exportation. Grâce au Fonds de garantie international opérationnel, les prêts consentis peuvent atteindre de 40 000? à 400 000? sur une durée de 6 ans avec un allègement du remboursement la première année. Ces crédits sont également accompagnés d’un concours bancaire garanti à 60% du montant. D’autres offres de financement et d’assistance sont également possibles : informations spécifiques, recherche de partenaires, subvention, avance à taux zéro… L’aide apportée par Oséo concerne : • L’implantation dans un pays tiers en finançant les frais tels que le recrutement, la formation, la prospection, la négociation des premières commandes, le marketing, la communication, la mise aux normes… ; • La création de filiales à l’étranger (hors UE, Norvège, Islande, Lichtenstein, Suisse) ; • Le développement de partenariats technologiques avec les entreprises étrangères ainsi que les coopérations scientifiques et techniques en Europe ou d’autres pays ; Pour bénéficier des financements Oséo, les 2 conditions suivantes doivent être remplies : • Etre une PME-PMI de moins de 250 sal. déclarant moins de 50 M? de chiffre d’affaires par an ou un total de bilan inférieur à 43M?. • Etre un établissement indépendant n’étant pas détenu à plus de 25% par une ou plusieurs entités qui ne sont pas des PME. Dans ces conditions, le Fonds de garantie international permet de garantir : • Les financements bancaires à moyen et long terme ; • Les crédits de parrainage pour le préfinancement de commandes à l’export ; • Les lignes d’engagements par signature telles que les cautions sur marchés export ; • Les crédits documentaires import ; • Les apports en fonds propres à une filiale étrangère. LE ROLE DES ORGANISMES PUBLICS Les 5 principaux organismes publics censés apporter une aide concrète à toutes les entreprises exportatrices sont : • DREE (Direction des relations économiques extérieures) Sa mission consiste à conseiller les PME en leur apportant une aide financière et en les accompagnant dans leur prospection des marchés extérieurs. 2 organismes d’appui sont placés sous sa tutelle : le CFCE et le CFME. • DRCE (Directions régionales du commerce extérieur Les 23 DRCE ont 3 missions principales : - Prospecter les entreprises de toute taille susceptibles de démarrer ou de développer une activité à l’exportation. - Appuyer leurs efforts en matière de développement international en instruisant les procédures d’aides publiques à l’export. - Animer et coordonner les initiatives de l’ensemble des partenaires locaux du commerce extérieur. • PEE (Postes d’expansion économiques) Le réseau de plus de 150 PEE présents dans près de 120 pays remplit une mission commerciale d’appui direct aux entreprises sous 3 aspects : - Informer et conseiller les entreprises en phase de prospection et d’implantation. - Répondre aux besoins divers et précis des exportateurs en fournissant des informations ciblées. - Assurer la promotion des produits français à l’étranger. • CFCE (Centre français du commerce extérieur) Il traite et diffuse auprès des PME des informations à haute valeur ajoutée relatives au commerce extérieur. Cet organisme est l’interlocuteur habituel des organisations professionnelles nationales en fournissant des statistiques détaillées selon des filières sectorielles. • CFME Actim (Agence pour la coopération technique, industrielle et économique) Son rôle consiste à organiser près de 200 actions collectives partout dans le monde : participation aux salons internationaux, expositions sectorielles de produits, colloques, conférences… Elle regroupe plus 3 000 entreprises et organismes et gère une dizaine de bureaux de presse à l’étranger spécialisés dans la diffusion de l’information sur les technologies, les produits et le savoir-faire français. 2 SITES OFFICIELS POUR FAIRE LE POINT 1. WWW. UBIFRANCE.FR : Le portail de l’Agence française pour le développement international des entreprises (UbiFrance) est la vitrine institutionnelle de la France en liaison avec les missions économiques disséminées dans le monde entier. Elle apporte les services suivants : • Le programme complet en France et à l’étranger des animations, ateliers, rencontres du commerce mondial • Les séminaires et formation organisés en France dans les domaines sectoriels, marchés, réglementaires, fiscaux, propres à un grand nombre de pays • Accès à une base de données d’appels d’offre internationaux • Les ouvrages fondamentaux à l’export • Les différentes aides à l’export • L’accès aux lettres de veille internationale • Etudes de marchés, guides, répertoires par secteur • Répertoires d’importateurs • Services d’accompagnement des projets à l’export • Système d’alertes et de veilles réglementaires 2. WWW. EXPORTER.GOUV.FR Le site gouvernemental du commerce extérieur permet d’identifier les interlocuteurs publics dont les missions consistent à faciliter le développement des exportations des entreprises françaises. Sur ce site, il est possible d’accéder aux informations suivantes : • Réseau public à l’étranger et directions régionales du Commerce extérieur • Plan de soutien aux PME • Assurance crédit • Plans d’action commerciale • Plans d’action sectoriels • Labellisation de PME à l’exportation • Boîte à outils de l’export • Partenaires institutionnels du commerce extérieur BOÎTE À OUTILS DE L’EXPORT Pour aider l’entreprise exportatrice dans toutes ses démarches export, le site www.exporter.gouv.fr met à disposition des fiches sur les aspects suivants :
L’E-EXPORTATION UNE SOLUTION D’AVENIR Internet est devenu, en 10 ans, le premier vecteur de communication utilisé par les entreprises exportatrices devançant dorénavant les salons professionnels (52%). Ainsi 60% des PME impliquées dans l’export ont implanté un site Internet en langues étrangères qui contribue pour 22% à leurs actions de marketing direct très loin devant la publicité dans la presse spécialisée (12%) ou les annuaires(3%). Le Web est devenu le moyen le plus économique et le plus rapide pour s’assurer une visibilité à l’étranger en élargissant rapidement sa zone de commerce. L’ASCEL indique d’ailleurs dans son dernier baromètre que 43% des sites marchands en France commercialisent leurs produits hors du territoire pour un niveau de 6% de leur chiffre d’affaires. La Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie sont les pays frontaliers qui concentrent plus de 40 % des ventes dans le e-commerce. Un site multilingue, qu’il soit vitrine ou marchand, donne accès à de nouveaux clients à condition de s’adapter aux habitudes locales de consommation. Il combine 3 atouts : • Présence 7 jours 7, à toute heure du jour et de la nuit sans contrainte de décalage horaire • Nul besoin de commerciaux pour parcourir le monde, de déplacements à l’étranger, de frais téléphoniques, de frais postaux d’envois de catalogue… • Pas d’investissements immobiliers ni présence d’intermédiaires payés sur place DÉVELOPPER UN SITE À L’INTERNATIONAL Pour développer ses activités à l’international via le Net, il faut agir sur 5 leviers : 1. Règles de mise en oeuvre 2. Contenu du site 3. Traduction Par principe, les mots clés ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre, ce qui suppose de faire appel à un prestataire spécialisé en mesure d’offrir un pack portant sur : plusieurs versions linguistiques, des expressions clés par version linguistique, un positionnement du site dans 20 à 60 outils de recherche francophones et internationaux majeurs. L’extension du nom de domaine en fonction du pays est également importante (.de pour l’Allemagne ; .es pour l’Espagne, etc.) sachant que la réservation ne coûte que quelques ? par mois. Depuis cette année, le .eu (extension européenne) évite de déposer des noms de domaine dans chacun des pays européens. 5. Système de paiement Alors qu’en France comme dans tous les pays anglo-saxons, les internautes utilisent majoritairement leur carte de crédit ou les règlements type Paypal, ils sont, par exemple, 64% en Allemagne à utiliser des moyens de paiement alternatifs par le biais d’un prélèvement automatique en ligne appelé ELV et 18% à utiliser le virement bancaire imposant des délais de règlement plus longs (4 à 5 jours). Les coûts prélevés pour les paiements varient également d’un pays européen à l’autre de 1% à 3%. UTILISER UN V.I.E LE CHOIX DU VOLONTAIRE INTERNATIONAL EN ENTREPRISE Le Secrétaire d’Etat aux Entreprises et au Commerce extérieur souhaite doubler le nombre des VIE en 2 ans (à peu près 3 000 actuellement) car, selon lui, «En encourageant l’internalisation des entreprises, le volontariat international en entreprise constitue un moyen de créer un véritable vivier de futurs cadres internationaux». Pour atteindre cet objectif ambitieux, il est prévu une mobilisation d’envergure dans 3 directions : - Une prospection plus large et plus ciblée ; - Une communication dynamisée autour de partenariats innovants et de formules nouvelles ; - Un accompagnement renforcé des entreprises. Un bon point car 75% des VIE reçoivent une proposition d’embauche à l’issue de leur mission. Principales étapes de la procédure pour recruter un VIE : • Demande officielle d’agrément S’adresser à votre CCI ou directement à UbiFrance. Une fois l’agrément obtenu il reste valable 5 ans et est éventuellement reconductible. Il permet ensuite à l’entreprise de recruter des VIE au fur et à mesure de ses besoins sans être obligé de déposer à chaque fois un nouveau dossier. • Demande d’affectation A chaque fois que l’entreprise envisage de recruter un nouveau VIE, elle doit déposer une demande d’affectation précisant les caractéristiques essentielles de la mission proposée : contenu, durée, pays d’affectation, structure d’accueil… • Recrutement du VIE Ce dispositif est accessible aux jeunes de 18 à 28 ans pour des missions d’une durée comprise entre 6 mois et 24 mois. Normalement, c’est l’entreprise qui sélectionne et propose son candidat. Si ce n’est pas le cas, elle peut déposer une offre de mission dans l’espace Clients-VIE du site UbiFrance qui contient un fichier de quelques 50 000 candidats potentiels. • Signature d’une convention Une fois le projet validé, une convention est signée entre l’entreprise bénéficiaire et UbiFrance. La gestion administrative et juridique du VIE est déléguée à UbiFrance qui décharge ainsi l’entreprise de l’ensemble des tâches de gestion de personnel. Le statut public conféré au VIE exonère l’entreprise de tout lien contractuel comme de toute charge sociale en France. • Exercice de la mission Pendant la durée de la mission, l’entreprise n’a pour seule obligation financière que de régler l’indemnité du volontaire (entre 1 100? et 3 000? par mois selon les pays) à laquelle s’ajoute une indemnité forfaitaire de gestion dont le montant varie de 110? à 360? par mois en fonction du chiffre d’affaires de l’entreprise et du pays d’affectation du stagiaire. A noter que des subventions allouées par les Conseils régionaux peuvent représenter jusqu’à 50% du montant total des sommes engagées par l’entreprise. • Mesures spécifiques pour les PME-PMI Les CCI, UbiFrance et certains Conseils Généraux et Régionaux proposent aux petites et moyennes entreprises, qui ne disposent pas des ressources suffisantes pour conduire elles-mêmes une opération à l’exportation, un dispositif d’appui concernant : - le parrainage d’un conseiller du commerce extérieur de la France - le tutorat d’un grand groupe ou d’une mission économique sur place en faveur du jeune VIE - le principe de temps partagé permettant de répartir le coût d’un VIE entre plusieurs entreprises Le « Journal Des Professionnels » a demandé à Didier Chevaucherie, gérant de la Société Fil Control à Montbron, de parler de son expérience de VIE. JDP : En préalable, pouvez-vous nous présenter rapidement votre société ? Didier Chevaucherie : Fil Control est un équipementier en électromécanique et électronique. Nous produisons des capteurs pour la détection et le contrôle du fil sur les machines textile. La société a été créée en 1990 et emploie 25 personnes. Elle fait partie du groupe ELSIDEV, qui compte 160 personnes, dont 20 en Chine. JDP : Parlez-nous de votre stratégie à l'international ? D.C. : 90 % de notre chiffre d'affaires (qui équivaut à 1.500.000€) est réalisé en franchise de TVA et à l'exportation (10 pays au total). Les leaders de la machine textile étaient situés jusqu'à une période récente en Allemagne, en Suisse, en Italie et dans l'Est de la France. La concurrence asiatique s'est fait de plus en plus pressante et actuellement, plus de 50 % de l'investissement mondial pour la machine textile se fait en Asie, dont 80 % en Chine. Depuis les années 2000, les constructeurs européens de machines textiles ont délocalisé leur fabrication et assemblage principalement en Chine. Dans notre situation d'équipementier de machines textiles, nous avons été sollicité pour suivre le mouvement et nous installer en Chine. JDP : Fin 2006, vous avez décidé d'embaucher un V.I.E pour conforter votre implantation sur le marché chinois, pourquoi avez-vous choisi ce dispositif ? D.C. : Après 2 années de fonctionnement de notre filiale en Chine, pilotée à 100 % par des Chinois, il est apparu nécessaire de mettre en place un expatrié à temps complet, pour compléter mon action (déplacement de 15 jours en Chine toutes les 6 semaines) et améliorer l'efficacité de la filiale (meilleure communication avec la France). Le V.I.E s'est présenté comme la meilleure solution pour répondre à cette problématique dans les meilleures conditions de coûts et de disponibilité. J'ai été sensibilisé à ce dispositif à l'occasion d'un forum sur le V.I.E. JDP : Comment s'est déroulé la mise en place de votre Volontaire International ? D.C. : Avec l'appui de la CCI d'Angoulême, nous avons été mis en relation avec UBIFRANCE, ce qui a déclenché la démarche d'agrément de notre entreprise pour notre projet. Nous avons été mis en relation avec les candidats et candidates potentielles et notre offre a été mise en ligne sur le site internet d'UBIFRANCE. Une vingtaine de candidats d'un bon profil se sont présentés, ce qui nous a conduit à sélectionner un candidat final (ingénieur électronique qui avait fait 6 mois de stage à Shanghaï). Conformément à la procédure, le délai de 2 mois a été respecté et le V.I.E a pu démarrer son activité début février 2007. Pour nous, la principale difficulté a été le recrutement de notre candidat. La partie administrative (permis de travail et de séjour) est à suivre de près, la règlementation pour certains pays étant assez pointilleuse. JDP : Avez-vous bénéficié d'appui spécifique pour ce projet ? D.C. : En dehors de l'aide de la CCI d'Angoulême et d'UBIFRANCE, le Conseil Régional Poitou-Charentes nous a accordé la subvention CORDEEX V.I.E, qui permet de prendre en charge 50 % du coût éligible du V.I.E, ce qui un élément important pour une PME. JDP : Avez-vous délivré une formation spécifique à votre V.I.E avant son départ ? D.C. : Notre candidat a passé 3 semaines en France pour bien connaître notre stratégie, nos produits et nos interlocuteurs. JDP : Après quelques mois de présence de votre V.I.E. sur le marché chinois, quels enseignements tirez-vous de ce dispositif ? D.C. : Cela nous permis d'obtenir une amélioration très significative de la gouvernance de la filiale et nous avons grâce à la présence de ce V.I.E pu obtenir 2 nouveaux clients importants (des constructeurs chinois). Compte tenu du bon déroulement de la première année de V.I.E, nous avons pris la décision de le prolonger d'une année pour arriver au maximum des 24 mois. JDP: Conseilleriez-vous cette forme de présence à d'autres entreprises ? D.C. : Bien évidemment ! Naturellement cela ne peut donner des résultats que si l'entreprise a une stratégie et une vraie culture de développement à l'international. |






