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JDP N° 89 : Web business - Devenir un cyber-entrepreneur, questions pour entreprendre sur le Net Article complet

Date : 31/03/2008

• DEVENIR UN CYBER-ENTREPRENEUR
• 12 QUESTIONS POUR ENTREPRENDRE SUR LE NET


DEVENIR UN CYBER-ENTREPRENEUR

LES NOUVELLES FRONTIÈRES DU WEB
Aucune entreprise ne peut vraiment se passer de l’Internet pour doper ses ventes. Sur le Net, les opportunités sont nombreuses et les créneaux faciles à identifier. Tout est affaire de bon sens, d’observation et surtout de capacité à se mettre à la place des cyber-consommateurs. Aujourd’hui, les solutions Internet sont adoptées par un nombre croissant d’entrepreneurs (e-commerce, logiciels, Adsl haut débit, CRM, astuces high-tech…). Il est vrai que chaque année 1/3 d’e-commerçants supplémentaires ouvrent une boutique en ligne selon les chiffres de l’Acsel (Association pour le commerce et les services en ligne). En 2007, les ventes de produits en ligne ont atteint 16 Milliards d’euros. Avec un marché français de 17 millions d’internautes prêts à dépenser, en moyenne, 90€ par transaction, il est largement possible de trouver sa place sur le Net. Aujourd’hui, le web business captive de plus en plus d’entrepreneurs pour 4 raisons : la vitesse de réalisation, l’absence de coûts et d’investissements lourds, la possibilité de tester sans frais son modèle économique et, dans le meilleur des cas, la possibilité de croquer aussi sa part de gâteau. Cependant pour éviter de se casser les dents il convient, au-delà de la partie purement technique de création d’un site, de respecter d’entrée de jeu quelques règles essentielles.

1. PRATIQUER LE BUZZ
Proche du marketing viral, le buzz est une sorte de publicité qui utilise tous les canaux de communication, avec l’Internet en tête, afin de faire parler d’un produit. Sous l’angle du marketing il consiste à ébruiter l’arrivée d’un produit, avant son lancement sur le marché, sur le principe de la surprise en vue de toucher un maximum de monde. Sous l’angle du consommateur, cette technique ne peut fonctionner que si elle fait l’objet d’un relais soutenu en sachant répondre correctement à la question suivante «De quel produit s’agit-il ?».

2. UTILISER LES SITES COMMUNAUTAIRES
Incontournable aujourd’hui pour toucher les internautes, le principe de ces sites consiste à réunir des individus autour de centres d’intérêt. Ainsi MySpace (pour les fans de musique), Facebook (pour retrouver des anciens de promo) ou YouTube (pour les amateurs de vidéo) sont des sites dits communautaires, de réseaux sociaux en ligne ou encore contributifs. Ils incarnent l’Internet triomphant par leur capacité à favoriser des audiences énormes pouvant se chiffrer en dizaines voire en centaine de millions d’internautes. Rien que pour 2007, l’institut Merrill Lynch a pronostiqué en recettes publicitaires un volume d’affaires de plus de 270 millions de dollars uniquement généré par les visites d’internautes.

PETIT GLOSSAIRE DU NET

AFFILIATION : Principe par lequel un site marchand ou commercial propose à un réseau de sites partenaires affiliés de promouvoir, avec des bandeaux ou des liens textes, ses produits ou ses services. Les affiliés sont le plus souvent rémunérés par une commission sur les ventes, les visites ou les contacts commerciaux générés à partir de leurs liens.
FIL RSS (Really Simple Syndication) : Système de syndication utilisé pour diffuser des mises à jour de site dont le contenu change fréquemment. L’utilisateur s’abonne à ces flux afin de pouvoir consulter rapidement et efficacement les dernières informations sans avoir à parcourir tout le site web.
MASH-UP : Site web dont le contenu est issu de plusieurs sources d’informations dont l’agrégation donne naissance à des sites de type Amazon, Google, eBay.
WEB 2.0 : Tendance qui consiste à transformer le lecteur internaute en micro éditeur actif. C’est lui qui devient le producteur de contenu en textes, images, sons, vidéo. Les sites contributifs sont souvent d’essence du Web 2.0.


3. OPPORTUNISER LES NOUVEAUX SERVICES
Pratiquer l’Internet, c’est aussi utiliser les services mis souvent gratuitement à la disposition de l’entrepreneur :

•  Faire de la vente collaborative
Le but est de rendre disponible sur le web un espace de travail semblable à celui qui se trouve sur l’ordinateur en le partageant à plusieurs. Chaque utilisateur dispose du même mot de passe et peut accéder à tous les fichiers, dossiers et applications pour lesquels la société est abonnée. Ce système est utilisable de n’importe quel ordinateur sous Windows, Linux ou Mac et même à partir de smartphones
Exemple de site : www.mybooo.com

LE CROWDSOURCING

Littéralement «approvisionnement par la foule», le crowdsourcing est une sorte de R&D participative inventée par Michael Cash, fondateur du site de bourse d’idées innocentive.com. La R&D participative est un type de business qui intéresse surtout les grandes entreprises et les multinationales à court d’idées. Les entreprises lancent un appel à idées en proposant une rémunération et l’inventeur soumet une réponse experte ou un idée originale à laquelle un industriel peut s’intéresser. Dans ce cas, une prime est versée pouvant aller de 3 000€ à 10 millions de dollars. Ce phénomène de mise en relation dans la création intellectuelle tend à se développer faisant dire à Denis Ettighoffer, consultant en NTIC, que «Nous sommes entrés dans l’ère du quaternaire, celle de l’économie des connaissances».
Exemples : www.innocentive.com - www.openinnovation.ch


•  Expédier ses produits au meilleur prix
Pour faire face à la pléthore d’offres des transporteurs (La Poste, FedEx, UPS…), la meilleure alternative consiste à utiliser un comparateur de prix afin de déterminer quel transporteur est le moins cher. Ce type de site offre la possibilité de connaître le meilleur prix à partir de multiples critères puis d’effectuer une commande en ligne. Tous les tarifs proposés sont déjà négociés avec les intermédiaires de manière à assurer une ristourne moyenne de 30% par rapport au prix public.
Exemple de site : www.envoimoinscher.com


CRÉER SON ENTREPRISE SUR LE NET

Avec le site www.greffes-formalités.fr, il suffit dorénavant de quelques clics pour immatriculer son entreprise.  Pour cela, il faut disposer d’un accès Internet, d’un ordinateur, d’un scanner et d’une carte bancaire. L’entrepreneur n’a plus qu’à suivre le processus d’inscription étape par étape. Lorsque le dossier est complet, un mail de confirmation est envoyé dans les 48H pour confirmer la prise en compte de la demande d’immatriculation, l’enregistrement du paiement et l’envoi postal des extraits d’immatriculation au RCS.

•  Dématérialiser sa facturation
Dans une logique «zéro papier», il existe un intérêt évident pour les TPE et PME d’automatiser, de numériser et de bénéficier d’un stockage sécurisé de leur facturation. Les factures sont alors émises au format PDF par le fournisseur puis envoyées par mail à la plate-forme web BillManager laquelle appose sa signature électronique sur le fichier reçu en vue de lui conférer un statut de facture originale sur le plan fiscal.
Après envoi à son destinataire, la facture est ensuite archivée pendant 10 ans dans un coffre-fort numérique.
Exemple de site : www.b-process.com

•  Réduire la facture de ses mobiles
Pour cela, le mieux consiste à passer à la VoIP mobile. Il s’agit de faire transiter tous les appels téléphoniques par le réseau Internet de manière à en diminuer le coût.
Pour 12 euros par mois, en moyenne, les conversations passées à partir du mobile de l’abonné deviennent gratuites et illimitées vers 41 destinations et les appels vers les numéros fixes sont gratuits.
N’importe quel combiné est compatible puisque le système repose sur un principe simple : d’abord composer le numéro d’un serveur à patir duquel l’abonné compose ensuite son numéro pour profiter de la gratuité.
Exemple de site : www.wifimobile.com

•  Sauvegarder les données de ses mobiles
Une étude britannique publiée par Simplyswitch indique que 850 000 téléphones mobiles tombent chaque année dans la cuvette des WC et 116 000 passent dans la machine à laver ! Aussi, le meilleur moyen de préserver ses données personnelles et ses contacts consiste à s’inscrire sur un site dédié. Une simple manipulation suffit, via une connexion GPRS, pour sauvegarder tout son répertoire, ses textos et son agenda.
Exemple de site : www.zyb.com

•  Numériser en temps réel les documents reçus des clients
En déplacement ou à l’étranger, au lieu de conserver avec soi l’ensemble des documents et cartes de visite récupérés lors d’un salon ou d’un séminaire, ou encore à l’occasion d’une prise de note lors d’une réunion ou d’un rendez-vous, une bonne méthode consiste à les photographier avec son mobile et à envoyer les photos numériques prises par MMS (Multimédia Message Service) sur un site dédié. Une fois de retour chez soi ou au bureau, il est alors possible de les récupérer au format PDF pour un usage  immédiat.
Exemple de site : www.qipit.com

•  Pratiquer le search marketing
Pour faire connaître son site du plus grand nombre d’internautes, il est conseillé d’utiliser des milliers de mots-clés et non pas uniquement quelques dizaines bien ciblés. Le constat est que si l’usage des mots-clés phares forment tout naturellement un pic pour accéder à un site, la «longue traîne» des mots moins populaires utilisés pour formuler une demande représente, en réalité, une masse de trafic plus qualifiée et plus abondante.
Exemple de site : Relevant Traffic

•  Utiliser l’intermédiation
L’objectif de site tel celui d’eBay est de faciliter la mise en relation entre un vendeur de biens matériels ou immatériels et des clients professionnels ou des particuliers dispersés sur la planète. De nombreux sites gratuits ou payants permettent aujourd’hui de vendre, proposer, héberger de manière gratuite ou payante, une multitude de produits, services, études, dossiers, occasions… permettant de  profiter de leur audience sur le Net.
Exemple : www.reportlinker.com

•  Profiter du low-cost
D’après Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur de PriceMinister «Le Net permet de vendre moins cher grâce à des coûts de mise en vente proches du zéro». De fait, le low-cost sur Internet favorise des opérations de déstockage appelées également «ventes privées en ligne». La rentabilité de tels sites «frôle les 30%, là où une boutique physique ne dépasse pas les 12%» confirme Thierry Petit, directeur du site Showroomprive.com.
Exemple : www.cdiscount.com

•  Se mettre en position de niche
Viser un marché de niche offre, outre l’absence de concurrence, l’opportunité de démarrer sans gros investissements. En effet pour commencer, il suffit le plus souvent d’ouvrir une petite boutique sur eBay ou sur un site spécialisé. Le caractère spécialisé de l’offre est incontournable confirme Arno Frant, cofondateur de Loadings, pour qui «Le web permet de toucher un public précis qui visite des sites en rapport avec ses centres d’intérêt.»

12 QUESTIONS POUR ENTREPRENDRE SUR LE NET

COMMENT FAIRE DU WEB BUSINESS ?


Si le montage d’un site ressemble à une création d’entreprise en miniature, cela suppose néanmoins d’être en conformité avec les règles communes du droit des affaires et des sociétés. Réponses à 12 questions de base concernant le plan technique et fiscal :

•  Comment bien choisir son fournisseur d’accès ?
Chaque fournisseur propose des services à valeur ajoutée mais aussi des restrictions d’utilisation. Aussi pour comparer le détail des offres, le mieux consiste d’abord à se renseigner sur le site du comparateur www.adslfacile.com

•  Comment réserver un nom de domaine ?
Il existe 3 organismes internationaux qui définissent les sociétés prestataires habilitées à attribuer des noms de domaine :
Afnic (.fr pour la France et .xx pour les autres pays) ; Icann (.com ; .net ; . biz ; .org ) ; Eurid (.eu). La plupart des prestataires permettent d’effectuer toutes les démarches en ligne en facturant des frais d’enregistrement et de location annuelle du nom de domaine allant de 1€ à  60.

•  Utiliser ou non une agence pour créer son site ?
La plupart des e-entrepreneurs développent eux-mêmes leurs sites en s’appuyant sur des outils gratuits (ToWeb, FreeWit) ou payants (Dreamweaver) qui ne nécessitent aucune connaissance des langages de programmation.
Les agences web (catalogue de sites standards) et les agences traditionnelles (sur mesure, haut de gamme) proposent de réaliser des sites en clé en main et leur référencement pour des budgets allant de 300€ à 25.000€ selon la sophistication.

Quelles sont les précautions à prendre pour être référencé ?
La première des précautions est de prévoir une version en anglais pour accéder à l’internationale. La seconde est de faire inscrire le site sur la page d’inscription prévue à cet effet dans chaque moteur de référencement.
Sachant toutefois qu’il existe 5 000 moteurs de recherche, le mieux pour gagner du temps est de se tourner vers une société spécialisée (150 à 600€ en moyenne).
La troisième précaution consiste à bien penser aux mots-clés inscrits dans les pages afin que les robots d’indexation des moteurs tournent en faveur du site.

Comment rendre le contenu d’un site plus lisible et attractif ?
Avant tout les contenus doivent être concis, vifs et organisés en modules. Les formats rédactionnels ont donc tout intérêt à être variés (textes, encadrés, quiz, vrai-faux…) afin d’inciter à la lecture.
Les titres informatifs sont toujours courts, sans jeux de mots, en comprenant de 6 à 10 termes sachant que seuls les 4 ou 5 premiers mots sont lus à toute vitesse. L’architecture des contenus doit s’apparenter à celle de l’iceberg en étant très visible mais aussi en laissant voir que d’autres niveaux d’informations plus denses sont accessibles en profondeur du site.

Comment optimiser le contenu de son site pour être en tête de liste sur les moteurs de recherche ?
Il faut préférer les phrases courtes qui délivrent une information unique afin de faciliter le travail des moteurs de recherche.
Actuellement la logique d’indexation des moteurs de recherche suit le modèle américain, c’est-à-dire le principe du résumé sémantique afin de mieux véhiculer le message principal. Cela suppose d’employer des mots précis, accessibles, variés et utilisés par les internautes. Mieux vaut donc utiliser des titres informatifs que des titres incitatifs en n’hésitant pas à reprendre des mots-clés dans chaque intitulé.

Quels sont les principaux critères de classement de Google ?
Son algorithme privilégie d’abord les sites les plus riches, précis et cohérents du point de vue de la sémantique. Il favorise également les titres et les textes qui contiennent des mots-clés cohérents, car ce sont eux qui se prêtent le mieux aux recherches des internautes. Enfin, plus les contenus sont cités dans d’autres sites ou des blogs et mieux ils sont référencés.

Quel est l’intérêt d’ouvrir une boutique sur eBay ?
C’est la méthode utilisée par une grande majorité de vendeurs qui n’on aucune expérience du web. Il existe 3 formules d’abonnement en fonction du degré de visibilité que l’on souhaite donner à son site : classique (9,95€/mois), à la une (19,95€/mois) et premium ((59,95€/mois). Infos sur le site http://pages.ebay.fr/boutiques/index.html

Existe-t-il des aides fiscales ?
Oui, sous certaines conditions : L’instruction fiscale 4 A-8-06 n°38 du 01/03/2006 instaure un crédit d’impôt «nouvelles technologies» au bénéfice des PME qui exposent des dépenses d’équipement en nouvelles technologies.

• L’article 23 de la loi de finances pour 2005 codifié à l’article 244 quater H du code général des impôts instaure un crédit d’impôt en faveur de certaines entreprises qui exposent des dépenses de prospection commerciale afin d’exporter en dehors de l’espace économique européen.

• Le «statut de PME de croissance» a été instauré par la loi de finances 2007 en vue d’apporter aux sociétés à fort potentiel des aides significatives facilitant la poursuite de leur croissance.

Quelles sont les règles applicables en matière de TVA ?
Les règles habituelles en matière de TVA française sont applicables aux ventes de produits et de prestations par correspondance (19,6%) ainsi que TVA réduite pour le culturel (2,1%) et l’alimentaire (5,5%). En matière d’offre de prestations de services en ligne exécutée par voie électronique, la TVA française ne s’applique pas dès lors que le prestataire est établi en France mais que le bénéficiaire du service est situé dans un pays tiers à l’Union européenne ou qu’il est assujetti à la TVA dans un Etat membre de l’UE (article 259B du CGI).

Qu’en est-il des droits de douane ?
Des droits douanes spécifiques doivent être appliqués uniquement auprès des autorités douanières des Etats non membres de la Communauté Européenne lors de l’exportation des produits. En France, les droits de douane n’ont vocation à s’appliquer qu’aux importations provenant des pays non membres.

Les Franchisés ont-ils une liberté de vente sur l’Internet ?
La directive CEE du 22/12/1999 indique que les franchisés sont libres d’avoir une activité commerciale en ligne. Toutefois le Conseil de la concurrence a estimé par décision du 24/07/2006 que «La possibilité pour un franchisé de créer un site web de commercialisation de produits et services peut être conditionnée à l’existence d’un point de vente physique». Une autre décision du 05/10/2006 stipule que le promoteur du réseau peut imposer certaines modalités de présentation et d’exploitation du site web afin de respecter son image de marque, sous réserve que «ces contraintes soient contractualisées, proportionnelles à l’objectif visé et comparables avec celles qui s’appliquent dans le point de vente physique du distributeur.»

Reproduction interdite - Copyright JdP© / 2000 - 2007 • Directeur de la publication : Y.Guerin / Rédacteur en chef : D.Reuter
Illustrations : C.Burgaud • N°ISSN 1156-8801 - Dépôt légal N°367 - Réalisation : N1bus-Expériences Copyrights© 2007-2008