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JDP N° 89 : Oenotourisme - Clé d'entrée en région et offre touristique fédératrice Extrait

Date : 04/04/2008

• UNE CLE D'ENTREE EN REGION
• UNE OFFRE TOURISTIQUE FEDERATRICE


UNE CLE D’ENTREE EN REGION

UTILISER L’IMAGE DES GRANDS VINS
Al’instar des parcs d’attraction, des sites historiques et des circuits touristiques, l’œnotourisme devrait devenir l’une des principales clés d’entrée en région pour les étrangers, les touristes et les vacanciers. Elevé au rang d’industrie en Australie, Argentine, Afrique du Sud et en Californie, le tourisme viticole attire chaque année près de 20 millions de visiteurs dans la Napa Valley en générant, à lui tout seul, un chiffre d’affaires évalué à 300 millions de dollars. Depuis 1999 les Italiens, les Espagnols et les Portugais ont également bien compris l’intérêt de ce marché fondé sur la mise en valeur conjointe des ressources culturelles et touristiques avec la découverte in situ de la filière vitivinicole des régions et terroirs. Il est vrai que l’image des grands vins est un fabuleux vecteur d’attraction, en plus du plaisir évident de consommation, en favorisant parallèlement la découverte locale du patrimoine, des métiers, des arts, de la gastronomie de l’hôtellerie et des loisirs.
Alors que la France voit passer 76 millions de touristes chaque année, l’opportunité est grande d’accrocher l’intérêt des visiteurs en leur proposant, d’entrée de jeu, une thématique vitivinicole centrale. Comme partout dans le monde, le vin est associé spontanément à un art de vivre créant un intérêt évident pour les touristes à découvrir en direct cet univers et ses coulisses. Déjà depuis 1953 en Alsace avec «la Route des Vins» et 1970 en Bourgogne, l’idée de découverte associant le meilleur des papilles gustatives, le plaisir des yeux, la sollicitation culturelle et l’intérêt économique, ont induit un succès d’estime mais aussi commercial qui ne se dément pas d’année en année pour les producteurs et les prestataires locaux.

DÉFINITIONS DE L’ŒNOTOURISME

Selon l’encyclopédie libre Wikipédia, «L’œnotourisme ou tourisme viti-vinicole a pour objectif la découverte des régions viticoles et de leurs productions». D’après le programme européen Vintur «Le produit œnotourisme consiste en l’intégration, sous un même concept thématique, des ressources et services touristiques d’intérêt, existants ou potentiels, dans une zone vitivinicole». Plus communément, il est possible de dire que l’œnotourisme consiste en une découverte d’une région viticole (culture de la vigne) et vinicole (vinification) de ses productions. Avant tout, il permet de partir à la découverte des vins grâce à la visite de caves et de propriétés offrant une dégustation des vins sur place. En cela, l’œnotourisme est considéré comme une activité très complète au sein de laquelle il est possible de privilégier l’un ou l’autre des aspects vitivicole, culturel, patrimonial, réceptif et/ou festif.


UN VRAI MARCHÉ EN FRANCE
Avec 5 000 caves accueillant du public pour un volume moyen de 1 500 personnes par an et par cave, il existe avec certitude un véritable intérêt des touristes français et étrangers pour le tourisme vitivinicole. Aussi l’objectif de l’œnotourisme est-il de passer d’un «tourisme de cueillette» consistant à ne récupérer que les touristes de passage à un «tourisme de production» nécessitant d’aller chercher en masse les clients là où ils habitent. Rappelons que les femmes restent des cibles de choix sachant que ce sont elles qui effectuent 85% des achats de vin en grande distribution. Selon l’AFIT (Association Française de l’ingénierie touristique) 1 Français sur 5 dit choisir sa destination de vacances parce qu’elle est vinicole. 40% des visiteurs étrangers viennent également en France pour le vin et la gastronomie et même 29% uniquement pour le vin et la gastronomie.
Par exemple, la «Route des Vins d’Alsace» enregistre environ 1,5 million de visiteurs par an pour un volume de ventes de vins à la propriété estimé à 20% du total contre 8% pour les autres vignobles. Le niveau est identique pour les vignobles de Bourgogne. Autant dire que les 850.000 hectares de vignobles français offrent un large potentiel touristique même si l’offre touristique vitivinicole est morcelée, fragmentée, inégale, surabondante dans certaines régions et insuffisante dans d’autres. Au global, le marché français de l’œnotourisme est estimé à 7 millions de personnes.

UNE RÉPONSE FORTE À LA CRISE
Selon l’avis de Yohann Castaing, consultant en marketing du vin chez Alcyon Consulting, «L’ œnotourisme peut représenter entre 15 et 50% des ventes d’une exploitation viticole. Le contact direct avec la clientèle permet de juger du ressenti des consommateurs face à ses vins. On peut aussi, par ce moyen, lisser ses ventes par correspondance sur l’année en fidélisant ses visiteurs ». Un avis partagé par Pierre Cambar, directeur du Conseil régional des vins d’Aquitaine, pour qui «Plus que vendre son vin, c’est un moyen de le faire. L’œnotourisme offre des conditions de vente favorables au vigneron avec des prix rémunérateurs et permet un apport d’argent immédiat. Bien reçu et fidélisé ensuite le touriste devient acquis à la propriété, à l’appellation, à la région».
C’est  également le sentiment des professionnels qui confirment que cette activité devient une préoccupation collective, alors qu’elle relevait jusqu’ici d’initiatives individuelles. Les décideurs locaux commencent d’ailleurs à s’y intéresser de près en proposant, via les offices de tourisme, des circuits associant le vin et d’autres univers (gastronomie, patrimoine, art) ou en proposant encore par l’intermédiaire des CCI des prix et labels.
Pourtant ouvrir son domaine ne s’improvise pas, car pour Yohann Castaing «L’œnotourisme ne doit pas avoir pour seul but de pallier la crise ; Il s’agit d’investir, d’aménager son caveau pour  optimiser les ventes, de parler anglais, d’avoir un discours accessible sur le vin, d’être ouvert aux heures des touristes, de prévoir des coloriages ou quelque chose de pédagogique pour les enfants».  

LES PRINCIPALES ROUTES ET TERROIRS DE VINS

•  Route touristique du Champagne
•  Route des Vins de Bordeaux avec 5 régions : Rive gauche de la Garonne comprenant les Graves et le Médoc ; L’entre-Deux-Mers ; La rive droite de la Dordogne puis de la Garonne avec Le Libournais, Saint Emilion, les Côtes de Bourg et de Blaye
•  Les vignobles d’Auvergne avec le Saint-Pourcain et les côtes Roannaises
•  Les vins de la Vallée de la Loire : Nantes, Ancenis, Angers, Anjou-Saumur, Bourges, Cosne-sur-Loire
•  Route des Vins d’Alsace
•  Route des Vins de Bourgogne
•  Route des vins de la Vallée du Rhône
•  Les «Etapes du cognac» avec 4 itinéraires thématiques : le cognac et la vigne ; le cognac et le fleuve, le cognac et la pierre ; le cognac et les traditions


LA VALORISATION DES PRODUITS ET DU PATRIMOINE VITIVINICOLE
Selon le rapport Dubrule rendu public le 2 avril 2007 : «La demande grandissante des touristes et la crise viticole ont conduit peu à peu les professionnels du tourisme et les viticulteurs à travailler ensemble et à imaginer une offre œnotouristique et des chartes de qualité d’accueil». Cette étude remise à l’époque aux ministres en charge de l’Agriculture et du Tourisme confirme que «L’ œnotourisme ne se résume pas à ouvrir son domaine au visiteur de passage mais nécessite un réel engagement axé sur la construction d’une culture commune de valorisation du patrimoine vitivinicole français avec deux éléments essentiels : les paysages et l’architecture.»
Pour les auteurs du rapport «Il s’agit en effet, avant tout, d’avoir envie d’accueillir un touriste qui n’est pas forcément un client, du moins dans l’immédiat. Il faut aussi investir, aménager son caveau, parler anglais, avoir un discours accessible sur son vin, prévoir des animations pédagogiques pour les enfants». Ils poursuivent en indiquant qu’«Au-delà de la commercialisation, l’ambition est de faire découvrir son exploitation à des touristes, de promouvoir l’image du vin et sa convivialité, de faire de ses hôtes des ambassadeurs de ses vins». Il est toutefois clair que le principal objectif de l’œnotourisme est économique en favorisant notamment l’augmentation du chiffre d’affaires des viticulteurs comme celui des acteurs locaux du tourisme.

BÂTIR UNE STRATÉGIE NATIONALE
D’après Paul Dubrule, la première priorité est de «Créer des synergies entre les différentes parties prenantes, faire travailler ensemble les professionnels du vin, du tourisme, de la culture et du commerce en y associant les pouvoirs publics au niveau des territoires bien sûr  mais aussi au niveau national». La seconde priorité consiste à professionnaliser les acteurs en considérant que «Les vignerons désireux de se lancer dans l’œnotourisme ont besoin d’aide. Si nous voulons que le phénomène se structure et prenne de l’ampleur, il faut leur apporter des outils pour optimiser l’accueil des visiteurs, améliorer la visibilité de l’offre…». En ce domaine, il est d’ailleurs prévu durant le premier semestre 2008 la sortie d’un vade-mecum à l’attention des viticulteurs qui délivrera des pistes d’action et une liste de moyens destinés à mieux atteindre les objectifs. Il est également envisagé que les expériences menées dans l’œnotourisme se déclinent, plus tard, à d’autres types de production en vue d’élargir et d’enrichir la palette de l’agrotourisme. L’auteur du rapport se dit convaincu qu’«Il existe encore une multitude de concepts touristiques à inventer pour valoriser la production agricole hexagonale dans son entier et profiter de l’intérêt qu’elle suscite.»

CONSEILS POUR BIEN PRATIQUER LE TOURISME VITIVINICOLE

•  Privilégier le printemps et l’automne car le climat est alors propice à la dégustation
•  Rencontrer les professionnels locaux (restaurateurs, bars à vins, maisons des vins, cavistes)
•  Prendre rendez-vous en préférant les petits et moyens producteurs vignerons
•  Eviter les endroits trop connus et trop fréquentés
•  Déguster autour de 11 heures, c’est le meilleur moment de la journée pour les papilles
•  Ne jamais avaler le vin mais le rejeter après l’avoir brassé dans la bouche
•  Considérer que «La dégustation tend à fatiguer en diffusant toujours un peu à travers les tissus de la bouche et permettre à de faibles quantités d’alcool d’atteindre le cerveau» - Jules Chauvet
•  Privilégier les lieux qui offre un environnement idéal pour la dégustation : lieu aéré, sans odeur, avec une température d’environ 20°, une bonne lumière, un napperon blanc pour apprécier la robe du vin, des verres INAO, des crachoirs, le respect des règles de dégustation en dégustant d’abord les vins les plus simples ou les blancs…


L’ESPRIT DU VIN, UN COMMUN DÉNOMINATEUR
La filière vitivinicole française, globalement en crise, dispose avec l’œnotourisme d’un atout fort pour relancer autrement son activité traditionnelle. En associant les acteurs du vin (vignerons, caves coopératives, syndicats vinicoles) et ceux du tourisme (restauration, hébergement, office de tourisme, manifestations culturelles et de loisirs), l’œnotourisme crée forcément une nouvelle offre touristique transversale. En cela, il représente un véritable marché émergent en France. Le potentiel des vignobles associé à une large mosaïque de terroirs en fait un incontestable outil d’aménagement du territoire et de développement économique. En replaçant ainsi le produit vin dans son environnement, l’objectif est d’en faire un produit vivant, enraciné dans un terroir au même titre que la gastronomie ou l’art. Il ne s’agit plus seulement de vendre un produit manufacturé directement à la propriété mais aussi de créer autour de lui une sorte de scénographie culturelle et naturelle puisant à la fois dans les racines de l’histoire et le relief attractif du présent. Tout cela est rendu possible avec l’élaboration de circuits originaux de découverte, la valorisation des saveurs et des spécialités du terroir, des propositions originales de ludisme et d’activités sportives, des pauses gastronomiques et hôtelières, le tout naturellement en phase avec les attentes modernes du touriste et du consommateur.

LES 4 THÈMES MAJEURS DU RAPPORT DUBRULE

Selon les préconisation du rapport, le développement en France de l’œnotourisme doit permettre de :
1. Construire une culture commune de valorisation du patrimoine vitivinicole français avec deux éléments essentiels : les paysages et l’architecture ;
2. Accroître la lisibilité de l’offre touristique et viticole ;
3. Mettre l’œnotourisme en réseau avec les autres formes de tourisme ;
4. Former ensemble les acteurs de l’œnotourisme


UN LARGE POTENTIEL D’ACTIVITÉS

L’œnotourisme recouvre de nombreuses activités de découverte dans le cadre d’une réalité complexe mettant en scène des compétences diverses relevant de multiples domaines :
•  L’accueil, l’information, l’orientation en plusieurs langues
•  Les vins : dégustations, apprentissage de l’œnologie, de l’analyse sensorielle, de la sommellerie
•  Les métiers et techniques de la vigne et du vin : visite de caves et de chais, visite de vignobles, connaissance des cépages, vendanges, rencontre des métiers du vin (tonneliers, maîtres de chais)
•  Les patrimoines paysagers : promenades et randonnées dans les vignobles, survol en montgolfière, avion ou hélicoptère
•  Le patrimoine historique et culturel : visite de musées (musées du tire-bouchon, des étiquettes…), découverte des architectures (châteaux, domaines, chapelles, chais…)
•  La gastronomie
•  L’hôtellerie, les gîtes et chambre d’hôtes
•  Les activités sportives et ludiques
•  Soins à la personne, thermalisme, balnéothérapie, œnothérapie
•  Transport et déplacement en mode conventionnel ou original
•  Prestations intellectuelles (conférences, stages, formations…)
•  Spectacles, rendez-vous musicaux
•  Services (agences de voyage, événementiel…)


UNE OFFRE TOURISTIQUE FÉDÉRATRICE

En fait, l’œnotourisme est l’un des rares types de projet à vocation collective pouvant fédérer de manière intelligente et packagée la plupart des activités commerçantes, de loisirs et culturelles locales et régionales. Le vin n’est plus simplement un produit de consommation mais également un élément fédérateur pour la découverte et la satisfaction de nombreux autres besoins humains souvent très éloignés de la pure consommation d’alcool. La mise en place d’un tel tourisme suppose toutefois une vraie segmentation de la clientèle avec des offres différenciées et complémentaires selon les territoires. Selon Christian Mabille, conseiller régional délégué, maire et vigneron lui-même, «Le champ sur lequel tout le monde s’accorde est celui de l’accueil. Il est important que le public rencontre le vigneron. Visiter une propriété est un moment de partage d’un homme et de son métier, le vin permet de se fabriquer des souvenirs. La fidélisation d’une clientèle passera par là». Il est vrai qu’une part croissante de touristes cherchent à donner à leurs vacances une «plus-value» en terme de culture, de découverte, d’art de vivre, de gastronomie, d’authenticité. La découverte des vins fait partie des plus authentiques expressions du terroir.

LA VENTE À LA PROPRIÉTÉ

L’œnotourisme offre de multiples avantages pour les viticulteurs vendant directement à la propriété. Selon Christophe Derouet, conseiller en marketing œnotouristique, «Dans la plupart des pays anglo-saxons, la vente à la propriété est essentielle. En Californie, dans la Napa Valley, l’objectif des vignerons est de commercialiser 100% de leur production de cette manière. Tout simplement parce que c’est plus rentable !». Toutefois, amener les consommateurs à acheter directement leur vin à la propriété n’est pas si évident. Les visiteurs veulent bien se déplacer s’il existe des prestations touristiques offrant des infrastructures d’accueil, de dégustation, d’hébergement, de restauration et d’animation. C’est la raison pour laquelle «L’œnotourisme permet à la fois de stimuler nos ventes, de diversifier nos sources de revenus, d’assurer la promotion de notre terroir et d’étoffer nos fichiers clients» confirme un vigneron de Saint-Emilion même si «Un œnotouriste n’est pas forcément un client du moins dans l’immédiat». Le tourisme vitivinicole peut apporter aux vignerons une solution pertinente en favorisant pour lui une meilleure valeur ajoutée pour ses vins mais aussi des revenus complémentaires par l’addition de produits dérivés.

Principaux points forts apportés par l’œnotourisme :

•  Un contact direct avec la clientèle
•  Une valorisation du travail vitivinicole
•  Une information vivante sur la vie des vignobles
•  Une augmentation des ventes de vin à la propriété
•  Un nouveau canal de vente à distance
•  Une diversification des sources de revenu
•  Une fidélisation plus grande de la clientèle sachant qu’en général seulement 1 visiteur sur 10 repart sans acheter


LISTE D’IDÉES POUR FAVORISER LE TOURISME VITICOLE

Le développement de l’œnotourisme requiert non seulement des investissements parfois lourds mais aussi une bonne dose de créativité. Panel de démarches et d’initiatives ayant déjà été mises en place en France dans le cadre du tourisme du vin :
•  Tour de garde pour l’ouverture des propriétés le week-end
•  Sentiers et chemins de randonnées viticoles
•  Visite personnalisée et/ou en groupe de propriétés
•  Prise en charge d’un circuit en Rolls-Royce ou en ancienne Traction Avant
•  Parcours à la carte de découverte des «Routes des Vins»
•  Fête du vin, journées portes ouvertes, festival
•  Foire au vin locale, vente aux enchères
•  Winery, boutique de vins et de produits locaux
•  Médiathèque sur le vin
•  Vidéo, projection, cinéma traitant des multiples aspects du vin
•  Découverte des vignes en vélo, scooter, âne, roulotte, montgolfière, gabare…
•  Musées et écomusées thématiques, exposition d’œuvres d’artistes contemporains
•  Restauration gastronomique ou «bistronomique»
•  Panier pique-nique
•  Auditorium avec spectacles gratuits en plein air
•  Découverte de son «signe œnologique»
•  Dîner-spectacle autour de numéros de music-hall
•  Visite interactive pour les enfants, grâce au prêt d’un Ipod, sous forme de jeu de piste.
•  Programme «spécial filles» : soins relaxants, sauna, jacuzzi, randonnée pédestre au cœur du vignoble, dégustation privée
•  Ateliers d’assemblage des vins
•  Stages d’œnologie


TEMOIGNAGES
Philippe Raoux, propriétaire du domaine Château d’Arsac dans le Bordelais, confirme que dans son cas l’œnotourisme est «Un formidable outil marketing et de fidélisation. Notre but premier n’est pas de vendre immédiatement, sur place mais d’alimenter notre fichier clients, de trouver les goûts de chacun pour qu’il se tourne ensuite naturellement vers l’un de nos canaux de vente, notamment la VPC». Cette initiative est également pour lui l’occasion de «Travailler main dans la main avec les offices, comités régionaux et départementaux du tourisme» lesquels ont tous, d’une manière générale, engagé des actions concrètes en partenariat avec les comités interprofessionnels de leur région. Il est vrai que son complexe basé sur l’œnotourisme lui a coûté la bagatelle de 20 millions d’euros et emploie 70 personnes.
Une autre expérience menée par l’Association des Médocaines consiste à faire participer les visiteurs à la vie de la propriété. Florence Lafragette de Château Loudenne dans le Médoc explique que «Le matin, nos visiteurs se voient remettre un sécateur et un panier. Ils participent aux vendanges avant de se rendre à la table de tri. Et, après un déjeuner vigneron, ils découvrent comment se déroule la vinification».

CONNAÎTRE SON SIGNE ŒNOLOGIQUE

La méthode utilisée par Philippe Raoux pour déterminer le signe œnologique des clients consiste en «Une séance de dégustation de six vins en aveugle accompagnée d’une dizaine de questions ludiques censées déterminer leur caractère. Grâce à un logiciel que nous avons mis au point, nous sommes en mesure de déterminer leur «signe» œnologique et de leur remettre un livre de cave correspondant à leurs goûts». Naturellement tous les vins recommandés sont disponibles dans la Winery du domaine laquelle rassemble plus de 2 000 références françaises et étrangères.


UN BESOIN DE LABELS
Actuellement le tourisme vitivinicole manque de repères génériques et de labels spécifiques malgré une surabondance d’étiquettes venues du monde du vin et de l’univers traditionnel du tourisme. Selon le rapport Dubrule, il est nécessaire que l’œnotourisme s’inspire des modalités d’adhésion à la marque nationale Qualité tourisme avec «notamment l’élaboration d’une série d’engagements nationaux de qualité, seuil minimum à atteindre par les professionnels pour satisfaire leur clientèle touristique».  Actuellement, la distinction la plus connue est le «Best of wine tourism» décernée par le réseau des grandes capitales du vin comprenant : Melbourne, Bordeaux, San Francisco - Napa Valley, Porto, Cape Town, Bilbao-Rioja, Florence, Mendoza, Mayence. En France, le champ d’action du «Best of WineTourism» est limité au Bordelais.
La mise en valeur du vin existe également en restauration avec le Grand Prix de la Presse du Vin décerné par l’APV (Association de la Presse du Vin). Une autre identité forte est celle de la «Route des Vins» à laquelle se rattachent des initiatives de type «Label point Accueil» ou encore des Chartes de qualité «labellisant» des caveaux et des domaines en fonction de leur qualité d’accueil. D’autres initiatives régionales existent également en regroupant un certain nombre d’adhérents sur la base de chartes d’engagement. Enfin, les labels transversaux associant les mondes du vin et de l’œnotourisme sont amenés à se développer comme par exemple : la charte qualité «Accueil Vigneron» associant les producteurs Plaimont et les Gîtes de France ou encore celle du «Tourisme de terroir en Méditerranée» qui fédère plus de 300 prestataires, vignerons, gîtes et restaurants.

CONTACTS
www.art-et-vin.net : Art et Vin
www.vins-rhone.com : Inter Rhône
www.vins-bourgogne.fr : Vins de Bourgogne
www.winetourisminfrance.com : Site d’information sur l’actualité du tourisme du vin
www.cognacetapes.com
www.tourisme-vienne.com : vins du Haut-Poitou


LES ROUTES DES VINS

UN CONCEPT DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DE TERROIR

Par Jean-Claude Belanger, Expert en Oenotourisme



A une époque où l’oenotourisme se développe de façon exponentielle sur l’ensemble de nos vignobles qu’ils soient français ou étrangers, tous les moyens propres à déployer son offre, son organisation et sa promotion doivent être envisagés.
En effet, il ne suffit plus de baliser quelques itinéraires et d’indiquer ici ou là l’ouverture de tel ou tel domaine viticole, auxquels peuvent s’ajouter tantôt un musée de la tonnellerie, un gîte bacchus ou une animation œnologique.

L’oenotourisme organisé procède aujourd’hui d’une nécessaire mise en réseau, d’une lisibilité des pôles d’intérêt, de conditions d’accès à une offre marchande, de contenus et d’animations se complétant les uns les autres.

Pour y arriver, de multiples initiatives sont prises souvent par les collectivités territoriales, parfois par des syndicats d’appellation ou institutions touristiques auxquels s’associent plus ou moins harmonieusement les acteurs des filières Vin  et Tourisme, d’ailleurs pas toujours habitués à travailler ensemble. Parmi ces initiatives, figurent les dispositifs de qualification passant par des formations et des chartes d’accueil, la conception de produits oenotouristiques et autres actions de développement et de marketing.
L’une des actions fortes demeure le concept de « Route des Vins », non pas dans la vision simplifiée d’un maillage de flèches directionnelles assorties éventuellement de cartes de circuits, mais dans une approche beaucoup plus élaborée qui en fait un véritable outil d’aménagement du territoire, d’animation, de communication et de commercialisation.

Une Route des Vins possède plusieurs vertus, notamment celles de faciliter une rencontre avec un terroir, ses acteurs et ses produits. Certes, itinéraire balisé, le fléchage devient un outil de guidage non seulement des domaines vitivinicoles mais aussi des contenus avec le vin, des sites d’accueil et de séjour. La Route des Vins a pour vocation de rassembler l’offre oenotouristique dans sa globalité et sa diversité dans une mise en réseau effective sur un terroir des viticulteurs et des acteurs touristiques, permettant d’organiser et d’accroître la fréquentation.
La Route des Vins est aussi un produit plaisir de recherche d’authenticité de produit, de convivialité et d’art de vivre à découvrir, parfois avec des moyens faisant appel aux nouvelles technologies.

Véritable dynamique territoriale, la Route des Vins, comme une Route touristique thématique représente un levier de développement économique dans le tissu agricole, commercial, artisanal et culturel.
Puissant instrument de promotion, la Route des Vins par son rôle fédérateur et communicant rend lisible une destination touristique riche d’une offre diversifiée autour des pôles d’intérêt œnologiques assortis de sites patrimoniaux, de l’environnement paysager et d’activités plus ou moins en lien avec le vin, comme les randonnées et croisières dans le vignoble.
Devant l’ampleur des actions à mettre en œuvre pour structurer une Route des Vins, nous sommes face à un projet à « phasage » dont les étapes résultent d’une convergence d’engagements entre les acteurs publics, les institutionnels et les acteurs privés autour d’un schéma « Route des Vins.

Qu’en est-il de nos routes des vins en France dans cette vision stratégique et pragmatique ?
Finalement peu de routes structurées. Parmi les plus remarquables comme outils de développement économique d’un terroir, on peut citer les routes des vins de la Vallée du Rhône avec une douzaine d’itinéraires et 3 niveaux qualitatifs d’accueil. Les Etapes du Cognac avec 4 Routes thématiques dont l’offre marchande est malheureusement peu aboutie et l’exemple couramment cité comme route de référence : l’Alsace qui a fêté son 50ème anniversaire l’an dernier.
Pour Bordeaux, on peut regrette l’absence totale de route des vins telle que décrite précédemment à l’exception de quelques fléchages désordonnés accompagnés de livrets d’information pratiques sur l’accueil des châteaux par appellation et un document de découverte générale du vignoble bordelais édité par le Comité Départemental du tourisme de Gironde.
Des projets plus élaborés sont en cours d’étude. Espérons qu’ils puissent s’inscrire dans une logique plus globale au profit d’un développement économique pouvant profiter à la promotion de nos terroirs et de notre industrie touristique.

Jean-Claude Belanger
Expert en oenotourisme
MDT Vignoble
s
www.mdtvignobles.com
jcbelanger@mdtvignobles.com

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La suite du dossier :

UNE CLE D’ENTREE EN REGION

- UTILISER L’IMAGE DES GRANDS VINS
- DÉFINITIONS DE L’ŒNOTOURISME
- UN VRAI MARCHÉ EN FRANCE
- UNE RÉPONSE FORTE À LA CRISE
- LES PRINCIPALES ROUTES ET TERROIRS DE VINS
- LA VALORISATION DES PRODUITS ET DU PATRIMOINE VITIVINICOLE
- BÂTIR UNE STRATÉGIE NATIONALE
- CONSEILS POUR BIEN PRATIQUER LE TOURISME VITIVINICOLE
- L’ESPRIT DU VIN, UN COMMUN DÉNOMINATEUR
- LES 4 THÈMES MAJEURS DU RAPPORT DUBRULE
- UN LARGE POTENTIEL D’ACTIVITÉS

UNE OFFRE TOURISTIQUE FÉDÉRATRICE

- LA VENTE À LA PROPRIÉTÉ
- LISTE D’IDÉES POUR FAVORISER LE TOURISME VITICOLE
- CONNAÎTRE SON SIGNE ŒNOLOGIQUE
- UN BESOIN DE LABELS

Reproduction interdite - Copyright JdP© / 2000 - 2007 • Directeur de la publication : Y.Guerin / Rédacteur en chef : D.Reuter
Illustrations : C.Burgaud • N°ISSN 1156-8801 - Dépôt légal N°367 - Réalisation : N1bus-Expériences Copyrights© 2007-2008