• Le contrôle météorologique
• La problématique de l’eau
• Investir dans l’habitat écologique
• L’effet rebond
• Le casse-tête des déchets électroniques
L’INFLUENCE DE LA MÉTÉO
LES RISQUES MÉTÉOROLOGIQUES
Selon une étude menée par le Groupe Mazars, 80% des entreprises sont «météo-sensibles» en indiquant que les variations météorologiques ont des impacts directs sur leur production, la gestion des stocks, les approvisionnements, les ventes ou encore leurs campagnes promotionnelles. C’est ainsi de 20 et 30% du PIB des pays les plus industrialisés qui seraient directement soumis aux aléas météorologiques avec un taux qui s’élève même entre 70 et 80% en matière d’impacts indirects sur les partenaires économiques (chaîne amont des fournisseurs). Dorénavant, au même titre que les taux d’intérêt, les cours de change, du pétrole ou celui du prix des matières premières, les variations météorologiques constituent un facteur de risque trop souvent occulté. Il est clair pourtant que les variables météorologiques ont forcément des impacts positifs ou négatifs selon le secteur d’activité des entreprises faisant que des prévisions «business» adaptées peuvent permettre :
• L’amélioration de la gestion des ventes ou de la production
• L’adaptation des besoins en ressources humaines
• L’anticipation des mouvements de prix et de volume
• L’optimisation du lancement des campagnes publicitaires
• La mise en œuvre d’une gestion prévisionnelle des liquidités (marché des produits dérivés climatiques)
LES FACTEURS DE RISQUE SELON LES SECTEURS D’ACTIVITÉ
Agriculture : Précipitations (pluie, grêle), température (gel sécheresse)
Agroalimentaire : Ensoleillement, température
BTP, Transports : Vent, pluie, verglas, neige, gel
Distribution : Température, pluie (boisson, habits…)
Energie : Température
Tourisme : Ensoleillement, enneigement, température
L’IMPACT SUR L’ACTIVITÉ DES ENTREPRISES
Une autre étude baptisée «Altradius Climate Change Effects» souligne clairement le fait que 46% des entreprises s’attendent à souffrir de conditions climatiques extrêmes au cours des 10 prochaines années. En France, on estime que les principaux risques viendront des vagues de chaleur (44%) et des fortes chutes de pluies (25%), alors qu’en Allemagne et en Grande-Bretagne (à plus de 70% des avis) ce sont les orages violents qui sont le plus redoutés.
Les entreprises françaises sont même 86% à montrer de l’inquiétude sur l’impact des changements climatiques en direction des générations futures.
Pour cela elles envisagent 4 principales mesures :
• La réduction de la consommation d’énergie (49%)
• Le tri sélectif des déchets (9%)
• Des efforts en matière de réduction d’émissions de CO2 (8%)
• L’usage de modes de production plus respectueux de l’environnement (1%)
En ce sens, l’entreprise française Climpact, issue du CNRS, a mis en place depuis 2003 un logiciel capable de croiser les données de Météo France et celles de ses entreprises clientes en leur offrant des prévisions et des tendances des ventes à 10 jours, 1 mois ou 6 mois. Cet avantage concurrentiel en matière d’aide à la décision permet aux entreprises d’ajuster leurs objectifs commerciaux en fonction de plusieurs paramètres tels que : la production, le niveau des stocks, le marketing et la communication, évitant ainsi les ruptures et les invendus.
LA PRÉCISION DE LA MÉTÉO
Depuis 2008, un 4e modèle numérique baptisé Arome (Application de la recherche à l’opérationnel à mésoéchelle), 100 fois plus précis que son prédécesseur (Arpège), permet à Météo France de prévoir des phénomènes météorologiques très localisés. Ce nouveau logiciel est alimenté par des données extrêmement détaillées fournies notamment par les satellites géostationnaires Météosat de seconde génération ainsi que par les futurs satellites MetOp. Il utilise la puissance d’un nouveau supercalculateur Nec, le second plus puissant de France, capable de traiter 24 milliards d’opérations informatiques par seconde. Arome permet d’obtenir une résolution de 2,5 km alors que les modèles météorologiques utilisés jusqu’ici, Arpège et Aladin, découpent l’atmosphère en mailles de 25 km ou 10 km de côté.
Dorénavant les micro-événements qui font localement la pluie et le beau temps du quotidien (passage d’un orage sur un lieu donné et à une heure précise ; chute de neige avec sa hauteur sur un tronçon routier ; rafale de vent et sa durée ; crue soudaine ou précipitations intenses…) seront prévisibles à très courte échéance dans un faisceau de 48H. Cette nouvelle échelle réduite d’espace et de temps va également permettre d’anticiper les phénomènes locaux dangereux pouvant intéresser directement la sécurité civile, les services de l’équipement, le transport aérien, ainsi que des secteurs économiques sensibles comme le bâtiment et les travaux publics. Pour la première fois sont utilisées et croisées toutes les informations provenant des stations météorologiques, navires, bouées, avions, radar, satellites... ainsi que les mesures d’humidité de l’air fournies par les satellites GPS.
PETITE HISTOIRE DE LA MÉTÉO
Prévoir le temps est une obsession aussi vieille que les hommes. Dès 3000 avant J-C., Nei Tsing Sou Wen rédige un ouvrage de prévision du temps. En 330 avant J-C., les Météorologiques d’Aristote analysent pour la première fois l’atmosphère.
Au XVIIe siècle, Descartes émet une théorie de la pluie, Pierre Petit expérimente le baromètre et Pascal étudie les variations de pression. En 1711 est publié en Grande-Bretagne le premier Bulletin météorologique mensuel et en 1854 l’Office météorologique anglais est fondé suivi de près, en 1855, par le réseau météorologique français.
LES 3 MODÈLES NUMÉRIQUES DE MÉTÉO FRANCE
En dehors d’Arome, Météo France utilise pour émettre ses bulletins pas moins de 3 modèles numériques, tels des boîtes imbriquées les unes dans les autres.
Le premier baptisé IFS (Integrated Forecasting System) est européen et permet de prévoir le temps qu’il fera partout dans le monde pendant une durée de 4 à 10 jours. Il est élaboré par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme situé à Reading, près de Londres, et permet de capter tous les phénomènes dans le monde entier dont la taille dépasse 25 km. Le second modèle s’appelle Arpège (Action de recherche petite échelle /grande échelle) élaboré par Météo France.
Il offre une résolution de 25 km spécifiquement sur la France pour une échéance de prévision comprise entre 1 et 3 jours. Son modèle peut également prévoir le temps partout ailleurs dans le monde mais avec une moins bonne résolution. Le 3e modèle a pour nom Aladin (Aire limitée et adaptation dynamique) et couvre l’Europe de l’Ouest afin de suivre uniquement des phénomènes dont la dimension ne dépasse pas 10 km.
En complément de ses 3 prédécesseurs, Arome peut dorénavant décrire les différents processus à l’oeuvre dans les nuages en utilisant des modèles numériques développés au sein de laboratoires de recherche.
Il a la capacité de visualiser l’envolée d’un panache de fumée, la propagation d’un polluant, le front de pénétration de deux fluides..., soit du pur sur-mesure pour des cas précis et confinés.
PRÉVISION À COURT TERME
Elle est assurée actuellement par 3 modèles de prévisions globaux (IFS, Arpège, Aladin) dont la résolution va de 10 à 25 km.
PRÉVISION SAISONNIÈRE
Il s’agit d’un modèle dont la résolution est celle d’un carré de 200 km de côté et concerne le temps qu’il fera à l’horizon d’1 à 6 mois en intégrant, dans un modèle global, les grandes structures qui affectent l’océan et l’atmosphère comme, par exemple, l’anomalie de température du Pacifique appelée Enso.
CLIMATOLOGIE
Elle concerne l’étude des phénomènes atmosphériques à l’échelle d’un continent et à travers les siècles. Cette science, largement mise en avant ces dernières années, permet d’améliorer la compréhension des liens entre les continents, les océans et l’atmosphère, afin de mieux appréhender les échanges thermiques à l’échelle de la planète et leurs évolutions.
LE CONTRÔLE MÉTÉOROLOGIQUE
UN VÉRITABLE ENJEU MILITAIRE
Depuis le milieu des années 1950, les militaires américains se sont intéressés de très près au concept de «guerre météorologique» et de modification du climat. De nombreuses recherches et essais ont été menés par les Etats-Unis jusqu’en 1979 comme ce fut le cas, par exemple en 1967 durant la guerre du Vietnam, avec le projet baptisé «Popeye Project» dont l’objectif était de prolonger la saison de la mousson afin d’enliser les mouvements des troupes sur la piste Hô-Chi-Minh et la logistique de l’ennemi dans la jungle boueuse et/ou en provoquant des inondations capables d’emporter les ponts et détruire les routes. Pour ainsi dire, la première «guerre météorologique» a fait ses débuts au Vietnam pendant 6 ans à partir d’une méthode relativement simple basée sur l’ensemencement des nuages au moment de la Mousson à partir de nitrate d’argent.
Déjà en 1958, le Conseiller pour les modifications climatiques à la Maison-Blanche déclarait que «Le Département de la Défense étudie les moyens de manipuler le ciel et la terre afin de modifier le climat». Le Bureau chargé des modifications climatiques existait même à la Maison Blanche depuis 1952. Après de multiples expérimentations secrètes de part et d’autre, Russes et Américains se sont mis d’accord en juin 1975 pour discuter des «dangers de modifications techniques de l’environnement à des fins militaires» ou, plus clairement, des effets d’une «guerre météorologique ou «guerre géophysique». Déjà quelques semaines auparavant, Brejnev avait fait allusion à une arme terrifiante auprès de laquelle «La bombe H faisait l’effet d’un vulgaire pétard de 14 juillet». Un an après, en juin 1976, M. Lowell Ponte, ancien maître de recherche à l’International Research and Technology Corporation, organisme qui travaillait en collaboration avec le Pentagone, révélait que la C.I.A. et le Pentagone avaient tenté de faire échouer la campagne sucrière 1969-1970 à Cuba. L’opération consistait à faire en sorte que les nuages déversent leur pluie avant d’atteindre l’île pour créer un état de sécheresse.
DES INONDATIONS PAS SI NATURELLES
Malgré une résolution des Nations-Unies en 1978 interdisant l’usage hostile de ces techniques, bien d’autres pays ont mené des recherches et des tests actifs en matière de modification des conditions météorologiques. En 1996, un groupe de sept officiers américains provenant des armées de l’air et de terre a tiré la sonnette d’alarme auprès du ministère de la Défense, afin que celui-ci poursuive ses efforts dans ce domaine afin d’éviter d’être distancé par les Russes. Dans un rapport intitulé «La météo comme démultiplicateur de force : maîtriser les conditions atmosphériques en 2025», ces officiers ont souligné qu’«En l’espace de trente ans, les technologies informatiques et météorologiques pourraient se développer à tel point que le contrôle des conditions atmosphériques assurerait une domination inimaginable dans la bataille de l’espace».
A la suite du cyclone Katrina qui a ravagé la Nouvelle-Orléans en août 2005, le météorologue américain Scott Stevens a affirmé que les spécialistes de l’armée russe étaient derrière ce phénomène. D’après lui, «La Russie a construit un appareil secret ayant un impact néfaste sur le climat”, une affirmation appuyée ensuite par le site d’information russe Pravda.ru qui indiquait qu’«A l’époque de ces inondations, les Américains se sont souvenus des menaces proférées en 2003 par le député ultranationaliste russe Vladimir Jirinovski qui avait menacé les Etats-Unis d’inondations gigantesques déclenchées par les scientifiques russes…»
LE PROJET HAARP
Il semble que les météorologues américains ne soient pas les seuls à croire que leurs voisins aient pu être à la source de leurs malheurs climatologiques. En 2002, certains hommes politiques européens ont accusé l’armée américaine de vouloir nuire à leur économie en provoquant des inondations. La même année, la Commission pour la défense de la Douma Russe s’en prenait aussi aux Américains à propos d’un centre de recherche très particulier, placé sous régime militaire et situé à 400 kilomètres au nord d’Anchorage, en Alaska : un site appelé High Frequency Active Auroral Research Program ou HAARP.
En fait, les Etats-Unis et la Russie auraient développé simultanément des armes météorologiques ultrasecrètes. Actuellement, il existe dans le monde 3 sites de ce genre : HAARP en Alaska, un autre en Norvège et le troisième en Russie (Soura situé en Russie centrale à 150 kilomètres de Nijni-Novgorod et géré par l’Institut de recherches radiophysiques (NIRFI).
Selon les revues scientifiques, HAARP serait capable de «provoquer des aurores boréales artificielles, d’enrayer des stations radar de détection de missiles balistiques, de communiquer avec des sous-marins dans les océans et même de détecter les complexes secrets souterrains de l’ennemi». Si «Les émissions de fréquence radio peuvent traverser le sol, griller les systèmes électroniques et mettre hors d’usage les satellites dans l’espace», l’installation permet également d’influer sur l’atmosphère et de modifier le climat.
Les capacités d’HAARP peuvent même «Provoquer des catastrophes naturelles semblables aux cyclones Katrina et Rita» ce que dément de son côté Iouri Tokarev, chercheur au NIRFI, pour qui «Agir sur le climat est possible mais pas à une aussi grande échelle que les ouragans Katrina et Rita. Nous n’en sommes pas capables et les Américains non plus. Mais il s’agit sans doute d’une question de temps et de moyens.»
LA CONFIRMATION DES SCIENTIFIQUES
Certains scientifiques pensent même que des expériences conduites il y a quelques années par les Américains et les Soviétiques à l’aide de fréquences très basses (E.L.F.) ont provoqué des transformations irréversibles de notre environnement. C’est le Dr William W. Kellog, du Centre national de la Recherche atmosphérique (Colorado) qui a lancé, le premier, un cri d’alarme concernant la manipulation des conditions atmosphériques. Il y a deux décennies, il leur attribua même les graves inondations ayant eu lieu dans le Dakota du Sud. Depuis 1997 des phénomènes curieux se sont produits de manière récurrente notamment des tornades brutales s’abattant sur des villes et des villages, alors que quelques instants plus tôt, le ciel était d’une limpide pureté. De son côté, l’académicien russe P. Kapista affirme que l’on peut créer un éclair en boule à l’aide d’ondes radio ultracourtes (d’une longueur d’onde de 30 à 70 centimètres). L’éclair en boule prendrait naissance là où ces ondes radio atteignent leur plus grande intensité. Selon lui, différents faisceaux d’ondes précisément dirigés seraient capables de faire éclater la foudre à des centaines de milliers de kilomètres de distance.
EGALEMENT UN ENJEU CIVIL PACIFIQUE
Sachant que les opérations militaires sont par nature secrètes, il est bien difficile d’apporter des preuves tangibles autres que celles liées à l’observation. Sous l’angle des politiques civiles, il est toutefois devenu certain que des actions de «contrôle pacifique» de la météo ont été maintes fois réalisées, comme ce fut le cas dernièrement à l’occasion des derniers Jeux Olympiques de Pékin. La Chine a clairement indiqué qu’elle était en mesure de disperser des cristaux de glace carbonique et d’iodure d’argent, par avion, directement dans les nuages afin de favoriser des précipitations localisées. Le but étant d’éviter que la pluie n’empêche le bon déroulement des épreuves sur les principaux sites de compétition.
L’ensemencement des pluies n’est évidemment pas uniquement une entreprise militaire sachant que, plus globalement, le problème de l’eau disponible (tout comme le pétrole) est devenue une nécessité, voire une arme économique pour certains pays. Il est donc évident que des expériences se poursuivent dans l’espoir de contrôler le temps pour favoriser le tourisme, déclencher des précipitations utiles à l’industrie, l’énergie et l’agriculture afin d’éviter les sécheresses, mais aussi fournir pour des raisons évidentes des ressources suffisantes en eau aux populations et favoriser le bon déroulement de l’activité économique nationale. Naturellement, toutes les opérations de contrôle météorologique sont réalisées dans le plus grand secret eu égard aux conséquences désastreuses que cela pourrait avoir dans l’opinion publique et vis-à-vis des assurances.
Aussi lorsque les expérimentations dérapent, El Niño et le réchauffement climatique ont alors bon dos pour expliquer la radicalité des changements climatiques locaux et l’arrivée opportune de pluies intenses remettant à niveau les nappes phréatiques.
UNE SOIXANTAINE DE PAYS
Depuis, une soixantaine de pays ont tenté de modifier les conditions météorologiques à des fins pacifiques, malgré le risque de changer de manière irréversible les climats locaux. Bien rodées, ces techniques permettraient de créer de la pluviosité locale mais aussi, mal contrôlées, d’inonder Les nations voisines. C’est, par exemple l’hypothèse retenue en Roumanie à l’occasion des graves inondations subies en juillet et août 2005. Cela a conduit le Sénat Roumain à diligenter une enquête pour vérifier des «indices» convergents confirmant que des conditions météorologiques désastreuses avaient été provoquées par «des technologies humaines dirigées de l’étranger» (en fait de la Russie) via un «circuit dirigé de l’humidité de la mer Noire vers la Moldavie». Dans le même ordre d’idée, la Chine a créé l’an dernier au Tibet des précipitations artificielles de neige ayant permis de pallier (très relativement) les sécheresses extrêmes des plaines du Nord, faisant ainsi dire à un ingénieur à l’office météorologique du Tibet que «Cette expérience prouve qu’il est possible aux humains de modifier la température».
LA FAUTE AU DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE
Pour tout gouvernement disposant des moyens nécessaires, la tentation est grande de lutter contre les aléas climatiques frappant son pays en décidant, par exemple en cas de sécheresse prolongée, de favoriser des précipitations par ensemencement des nuages (iodure d’argent, gaz carbonique, particules d’eau, poussières de carbone, sel…). Ces tentatives restent toutefois marginales, voire exceptionnelles, sachant que de nombreux météorologues sont d’avis qu’il s’est vraiment produit ces 2 dernières décennies un changement radical dans le déroulement des saisons : alternance de périodes de longues sécheresses dans certaines parties du monde associées à des pluies diluviennes, tornades, raz de marée ailleurs, ciel éternellement maussade et pluvieux ou soleil de plomb.
Des changements naturels qui laissent toutefois à penser à l’opinion publique que, de temps en temps, il se passe des choses anormales dans le cycle habituel des saisons. Mais de là à imaginer que nos dirigeants politiques, dans le plus grand secret et dans le dos de la population, donnent leur accord pour des campagnes ponctuelles de précipitations, de neige ou de beau temps, relève assurément de l’imaginaire. Car autrement, quelles graves responsabilités auraient-ils en matière de mortalité, dégâts matériels et autres coûts économiques induits lors des tempêtes ou des inondations ainsi créées artificiellement par l’intervention humaine ?
LA PROBLÉMATIQUE DE L’EAU
LES 3 CONDITIONS DE LA PÉNURIE À VENIR
Seulement 0,0001% de l’eau terrestre (H2O)est actuellement potable et disponible. Un vrai paradoxe lorsque l’on sait que la planète bleue est recouverte à 71% d’eau mais que 97,2% des ressources liquides (mers et océans) sont salées et impropres à la consommation. Pour les 2,8% restants, 2,15% des ressources sont en partie inaccessibles car présentes sous forme de glaciers et de banquises ou encore enfouies dans des nappes trop profondes pour être exploitées. Il ne reste que 0,65% d’eau douce sous forme de rivières et de sources souterraines régulièrement renouvelées par la pluie ou la neige, soit l’équivalent mondial de 100 000 kilomètres cubes d’eau potable. Si chaque année, 110 000 km3 d’eau arrosent les continents, 70 000 s’évaporent aussitôt ne laissant que 40 000km3 rejoindre les cours d’eau ou s’infiltrer dans les sols.
En réalité, 3 phénomènes expliquent la transformation d’une situation d’équilibre en pénurie prévisible dans un futur proche :
• Diminution d’1/3 de la quantité d’eau disponible sous l’effet conjugué d’une multiplication par 3 de la population mondiale, par 6 des surfaces irriguées et par 7 de la consommation par personne et par an.
• Détérioration de la qualité de l’eau disponible avec une pollution qui empire dans les zones riches à cause des rejets industriels et agricoles. Rappelons qu’en France, 7,2 millions d’habitants sont alimentés par une eau de mauvaise qualité.
• Raréfaction de l’eau par le fait d’une agriculture qui consomme à elle seule 70% de l’eau disponible (et qui en gaspille le plus à cause de l’évaporation) mais aussi par la présence d’une industrie qui représente 22% de la consommation mondiale (dont certains secteurs gros consommateurs comme la papeterie, le nucléaire, la chimie…). L’usage domestique de l’eau disponible est évalué à seulement 8%.
CONSOMMATION D’EAU PAR HABITANT
Consommation journalière en litres d’eau par habitant dans le cadre d’un usage domestique :
Europe, Amérique du Nord 300 à 600l
Asie et Amérique Latine 50 à 100l
Afrique 10 à 40l
H24
Dans les pays du Maghreb, cette formule recouvre simplement le fait de pouvoir ouvrir un robinet d’eau avec une pression suffisante à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, autant dire 24H sur 24H. Une disponibilité largement banalisée dans les nations occidentales mais qui reste une galère au quotidien dans de nombreux pays émergents. En moyenne journalière, la consommation d’eau en litres par jour et par habitant est de l’ordre de 150 dans le monde, de 300 en Europe et de 600 aux Etats-Unis, voire plus dans la fédération de Russie.
Il faut en moyenne 100 litres d’eau par jour pour une couverture minimale des besoins essentiels d’un être humain afin de boire, entretenir son foyer, assurer son hygiène corporelle. La quantité annuelle par habitant est donc estimée à 1000m2 faisant qu’en dessous de ce seuil, la quantité de ressources renouvelables en eau constitue une contrainte élevée pour le développement économique.
Pourtant d’après Antoine Frérot, directeur général de Veolia Eau, la bonne nouvelle est qu’«A la différence du pétrole, la consommation de l’eau ne diminue pas le stock. L’eau est empruntée à la nature, elle n’est pas détruite (mais seulement usée ou souillée). Autrement dit, il n’y aura pas moins d’eau dans cinquante ans». Si l’on y ajoute, d’après lui, l’autre bonne nouvelle que les technologies permettant de traiter, distribuer et assainir l’eau existent et se perfectionnent régulièrement, alors «A ressource équivalente, nous arrivons à alimenter des populations plus nombreuses.»
UTILISATION DE L’EAU
Au quotidien, les Français se servent de l’eau potable pour :
Bains, douches 39%
Sanitaires 20%
Lessives 12%
Vaisselles 10%
Usages domestiques 6%
Préparation cuisine 6%
Lavage voiture, jardin 6%
Boisson 1%
LES RESSOURCES EN EAU DE LA PLANÈTE
«Partout dans le monde, nous sommes entrés dans une ère d’économie de l’eau» confirme de son côté Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez Environnement.
Le problème, c’est que la répartition des ressources hydriques n’est pas égale entre continents. Par exemple, l’Europe ne dispose que de 4% des ressources mondiales d’eau douce la plaçant ainsi en dernière position. Pour mieux comprendre les déséquilibres, il est nécessaire de chiffrer les ressources globales en eau potable à l’échelle d’un continent par an et en Km3, alors que le volume de disponibilité potentielle en eau potable par personne s’exprime par an et en m3.
A titre de comparaison, si l’Asie dispose d’importantes ressources en eau potable (12 299 km3 par an) elle se trouve dans un état de relative pénurie par habitant avec seulement 3 000m3 par habitant. A l’inverse, l’Australie offre des disponibilités importantes pour ses habitants (80 000m3) alors que ces ressources aquifères sont les plus faibles de la planète (1 100 km3) :
Rapport entre les ressources globales en km3 et la disponibilité/hab. en m3 :
Asie 12 200 km3 3 000 m3
Amérique du Sud 10 900 km3 32 000 m3
Amérique du Nord 6 800 km3 12 000 m3
Afrique 2 900 km3 6 000 m3
Europe 2 000 km3 5 000 m3
Australie-Océanie 1 100 km3 80 000 m3
Source : Unesco
IL FAUT 1 000 LITRES D’EAU POUR PRODUIRE…
200 grammes de coton
3,33 kilos de papier
5 kilowatt-heures d’électricité
Mais aussi 8 000 litres d’eau pour fabriquer une voiture, 11 000 pour produire 1 tonne d’acier et 20 000 pour produire, en moyenne, 1 kg de nourriture !
Sources : Office International de l’eau
UN ENJEU SANITAIRE ÉNORME
Si l’eau, à l’instar du pétrole, est dorénavant devenue une arme politique pour les Etats et un enjeu économique pour les industriels de la distribution, elle reste au cœur de la dimension vitale et sanitaire des populations. Selon l’Unesco, le stress hydrique concerne 1 habitant sur 3 de la planète avec une proportion qui risque de doubler dans les 20 ans à venir. Aujourd’hui, 15% de la population n’a pas accès à l’eau potable soit 1,4 milliard d’habitants et, 2, 6 milliards de personnes n’ayant pas encore accès à un réseau d’assainissement. Pour Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau «L’absence de l’eau ou sa mauvaise qualité tuent dix fois plus que toutes les guerres réunies». L’insalubrité et l’insuffisance d’eau provoquent la mort de 6 enfants par minute dans le monde, soit 3 millions de décès par an et 200 millions de personnes qui contractent chaque année le choléra après avoir absorbé de l’eau contaminée. D’ici à 2020, selon un rapport de l’Institut Pacifique d’Oakland (Californie), il est prévu que 34 à 76 millions de personnes décèdent, surtout des enfants, par le fait de maladies liées à l’eau non potable. Et encore, cela est l’une des «meilleures» hypothèses dans le cas où les Nations-Unies réussissent à atteindre l’objectif fixé en 2000, à savoir réduire de 50% d’ici 12 ans, le nombre de personnes privées d’eau potable. Dans le cas contraire, ce sont 135 millions d’individus qui vont décéder, soit l’équivalent de 2 fois la population française.
RÉPARTITION DES EAUX DOUCES DISPONIBLES
Sur la base de 0,65% de ressources mondiales en eau douce, celles-ci se répartissent de la manière suivante:
66% Lacs
22% Nappes phréatiques
7% Eaux atmosphériques (pluies)
5% Rivières
Source : Unesco
LE STRESS HYDRIQUE
Il existe depuis toujours une tension certaine entre les zones arides et les régions humides de la planète en matière d’inégalité dans la répartition de l’eau. D’après le World Resources Institute, plus de la moitié des pays sont considérés comme étant dans un état de stress hydrique jugé critique ou important notamment en Asie, Chine, Inde, Moyen Orient, Maghreb, Afrique de l’Est. En Europe, 40 millions de personnes connaissent régulièrement des difficultés d’approvisionnement bien qu’en France, hormis dans sa partie Atlantique et Sud, il n’est fait mention que de «stress faible».
Selon Nguyen Tien-Duc, auteur de La guerre de l’eau aura-t-elle lieu ? (Edition Johanet) «Dix pays se partagent actuellement les deux tiers de la ressource mondiale, au premier rang desquels se trouvent des géants comme le Brésil, la Russie et le Canada». Si jusqu’à présent, les médiations internationales et l’aide publique ont permis d’atténuer les conflits liés à l’eau, la question est de savoir si «Les voies diplomatiques seront encore efficaces dans cinquante ans, lorsque le monde aura besoin de deux fois plus d’eau qu’aujourd’hui ?».
UNE CAUSE DIRECTE DE CONFLIT
Parmi les points de conflits internationaux les plus sensibles actuellement existent les tensions entre les Etats-Unis et le Canada qui se disputent les ressources des Grands Lacs. C’est également la pénurie d’eau en Israël et en Cisjordanie qui accroît les tensions autour du contrôle du Jourdain. C’est aussi le cas de l’Egypte qui règne sans partage sur les eaux du Nil mais qui accuse les pays limitrophes, tels que le Soudan et l’Ouganda pour le Nil blanc et l’Ethiopie pour le Nil bleu, de puiser inconsidérément dans ces 2 affluents entraînant l’abaissement du débit du barrage d’Assouan et celui du régime du Nil. La rivière Cenepa en Amérique du Sud (Pérou, Equateur), le Gange et le Brahmapoutre (Inde, Pakistan), le fleuve Amour (Chine, Russie), le Danube (Hongrie, Slovaquie) et l’ancestral conflit sur l’Euphrate et le Tigre entre la Turquie, l’Irak et le Kurdistan, font craindre dans l’avenir la résurgence de probables conflits armés.
LE PRIX DE L’EAU EN FRANCE
Alors que les communes françaises ne renouvellent, chaque année, que 1% de leurs réseaux, ce sont 600000 logements qui ne sont toujours pas reliés à un système d’assainissement rejetant ainsi toutes les eaux usées dans le milieu naturel. Exemple de répartition du prix de l’eau et de l’assainissement en % avec une facture basée sur une consommation annuelle de 120 mètres cubes :
46% Production et distribution de l’eau potable
37% Traitement des eaux usées
17% Taxes et redevances
Source : SPDE
LES CAUSES DU DÉSÉQUILIBRE EN EAU DOUCE
Il est clair que si l’eau est au cœur de toutes les activités humaines, sa quadruple problématique réside dans son insuffisance en surface, l’intensité de son prélèvement, sa pollution ou faible qualité et sa surexploitation en profondeur. En 2000, 25% de la consommation mondiale d’eau douce provenait des eaux souterraines alors qu’en 1900, ce n’était le cas que pour 5% de la population. De tout temps, les eaux des fleuves, des rivières et des lacs ont été exploitées en priorité par l’homme. Pourtant, dans un pays comme la France, ce n’est plus vraiment le cas avec près de la moitié de l’eau potable distribuée en réseau qui provient directement des nappes phréatiques. En général, 4 grands phénomènes interagissent sur les ressources disponibles en eau potable et leur qualité :
• La consommation : Dans l’Hexagone, les agriculteurs prélèvent 49% des ressources en eau potable, les industriels et la production d’énergie 26% et les particuliers 25%.
• Les inondations : En France métropolitaine, elles constituent le risque naturel prédominant avec près d’1 commune sur 3 concernée par les inondations et 2 millions de riverains directement exposés.
• La sécheresse : Un phénomène qui s’aggrave dans certaines zones par le fait d’un faible renouvellement des nappes souterraines ainsi que la surexploitation des nappes existantes.
• La pollution : Dans les pays industrialisés elle est le fait conjoint de l’agriculture (90% des pesticides, 55% des nitrates, 25% du phosphore), de l’Industrie (25% du phosphore, 10% des nitrates) et des particuliers (50% du phosphore, 35% des nitrates).
QUALITÉ DES EAUX
Les eaux stockées dans les nappes souterraines sont constituées sous forme de nappes superficielles (phréatiques) ou profondes (à plusieurs centaines de mètres). Le bon état des eaux souterraines (et des rivières) repose sur 4 grands types d’indicateurs considérant qu’une eau de bonne qualité doit «satisfaire tous les usages en quantité et qualité suffisantes» :
• Niveau biologique : richesse et diversité des peuplements aquatiques (poissons, insectes, végétaux…)
• Niveau physique : forme et état des cavités (ou hydromorphie pour les rivières avec forme du lit composition du sol, berges…) ; régime des eaux préservé avec quantité suffisante en été
• Niveau chimique : matières organiques, nitrates, phosphores, métaux, pesticides… avec des teneurs à ne pas dépasser.
• Niveau quantitatif : équilibre entre les prélèvements et la recharge.
LES PRÉVISIONS À 2050
Les scientifiques estiment que l’humanité dispose seulement d’une quinzaine d’années pour modifier ses comportements et éviter les perturbations les plus extrêmes, sachant qu’en 2050 la terre affichera «complet» avec une humanité stabilisée à 9 milliards d’individus. D’ici 2050, les besoins en eau auront presque doublé. A cette époque, il est prévu que les débits moyens annuels des rivières aux hautes latitudes (Europe du nord) et dans certaines zones tropicales humides augmentent de 10 à 40%. A l’inverse, ceux de certaines régions sèches des latitudes moyennes (Europe du sud) et tropicales arides devraient diminuer de 10 à 30% faisant que les surfaces touchées par la sécheresse vont probablement s’étendre. D’une manière générale, les ressources en eau stockées dans les glaciers et via la couverture neigeuse devraient progressivement décliner avec pour conséquence une plus faible disponibilité en eau pour 1/6e de la population mondiale dépendante de la fonte des neiges des grandes chaînes de montagne.
De manière concomitante, l’Europe du nord bénéficiera d’un accroissement des forêts et des productions agricoles tout en gagnant de nouvelles espèces de poissons. A l’inverse, l’impact climatologique pour l’Europe du sud sera globalement négatif avec des risques d’inondation éclair, une érosion côtière plus forte liée à l’élévation du niveau de la mer, des tempêtes, une pression humaine plus grande, mais aussi une réduction du potentiel hydroélectrique et de la productivité des cultures avec des températures plus hautes et des sècheresses plus intenses.
LES 5 CLASSES DE LA QUALITÉ DE L’EAU
Bleu Très bonne
Vert Bonne
Jaune Passable
Orange Mauvaise
Rouge Très mauvaise
INVESTIR DANS L’HABITAT ÉCOLOGIQUE
UNE NÉCESSITÉ POUR LA PLANÈTE
Le secteur du bâtiment est au cœur de la problématique du développement durable sachant qu’il consomme, à lui tout seul, 50% des ressources naturelles de la planète et 40% de l’énergie produite dans le monde. En France, à partir de 2010, tout nouveau bâtiment public ou immeuble de bureau devra obéir à des normes de basse consommation énergétique (pas plus de 50kW/m2/an,) soit 2 fois moins que dans les constructions classiques récentes. Il est également prévu dans le prolongement du Grenelle de l’Environnement, au sein des communes engagées dans un programme de développement de l’habitat, de bâtir des zones regroupant les dernières trouvailles en matière d’environnement : maîtrise de la pollution, rénovation de l’immobilier avec un objectif de -20% de consommation d’énergie dans les immeubles et de -12% pour le résidentiel…
Sous l’angle des matériaux utilisés lors de l’édification d’une maison, la plupart de ceux-ci sont extraits du sol et du sous-sol puis transformés par la main de l’homme comme c’est le cas avec les matières suivantes : sables, graviers, ciment, plâtre, brique, tuiles, verres, carrelages, céramiques, cuivre, zinc, aluminium… Ainsi, chaque année en France, pour la construction des bâtiments et ouvrages d’art de toute sorte c’est 359 millions de tonnes de granulats (sables, gravillons) qui sont extraits du sous-sol. Cela représente une moyenne de 6 tonnes par habitant sachant qu’une maison individuelle peut en utiliser jusqu’à 200 tonnes. Il est estimé, sur l’ensemble de la planète, que depuis que l’homme construit, bâtit et aménage, ce dernier a déplacé autant de sols et de roches que l’érosion naturelle des fleuves et des océans !
DE RÉELLES SOURCES D’ÉCONOMIE
Sous la pression environnementale, les particuliers s’intéressent de plus en plus à leur consommation d’énergie sachant que l’habitat reste de loin le principal poste sur lequel peuvent se jouer des économies en matière d’isolation et de chauffage. Aussi, bien plus qu’une démonstration de militantisme écologique, la plupart des particuliers voient dans les incitations fiscales comme dans l’offre technologique un moyen de réduire leurs factures de chauffage tout en faisant le pari qu’une maison économe en énergie aura plus de valeur à la revente.
Considérant que la première source d’économie est celle qui évite de dépenser, il existe plusieurs investissements indispensables :
• Isolation : Le bon réflexe consiste à utiliser des matériaux novateurs et/ou recyclés à longue durée de vie (combles, murs) mais aussi en privilégiant le double vitrage, des verres plus épais disposant d’une qualité isolante supérieure ou la pose de films spéciaux.
• Maîtriser les échanges d’air : Il est clair qu’une ventilation performante limite les déperditions liées à l’aération évitant, par exemple, de gaspiller de l’énergie en laissant les fenêtres ouvertes en hiver.
Pour cela il existe :
- La ventilation à simple flux et à débit d’air constant ainsi que la ventilation à double flux par récupération de calories sur l’air entrant avec filtration des flux et régulation de la température.
- Le puits canadien qui consiste à acheminer l’air extérieur dans la maison par une petite tranchée. Le sol réchauffe l’atmosphère en hiver diminuant ainsi les besoins de chauffage et, la rafraîchit en été.
Usage de pompes à chaleur et capteurs solaires: Selon le type de chauffage et de consommation d’électricité, il existe 3 possibilités :
- La pompe à chaleur qui utilise soit la chaleur du sol (géothermie), de l’eau ou la différence de température avec l’air extérieur (pompe à chaleur air-air). En général, une pompe à chaleur fonctionne avec des capteurs enterrés, horizontaux ou verticaux, consommant de l’électricité.
- Les capteurs solaires thermiques dont le but est de fournir le chauffage et la production d’eau chaude.
- Les panneaux photovoltaïques destinés à produire de l’électricité et à vendre le solde à EDF.
• Chaudière et cheminée à foyer fermé : Des économies de chauffage et d’impôts sont également réalisables avec les chaudières à condensation qui récupèrent l’énergie en condensant la vapeur d’eau des gaz de combustion, réduisant ainsi l’émission de gaz à effet de serre tout en permettant de réduire la facture de gaz d’environ 20%. Des robinets thermostatiques pour les radiateurs et des aérateurs pour les robinets d’eau réduisent également de 7 à 20% les consommations de chauffage et d’eau.
LA RESSOURCE GÉOTHERMIQUE
Il existe 2 formes de géothermie pouvant être utilisées comme énergie propre et renouvelable dans le cadre du chauffage et de production d’électricité dans l’habitat. Si la chaleur de l’eau est de 50° à 1 000 mètres de profondeur, elle passe à 300° à 5 000 mètres.
• Géothermie basse température : Elle permet d’installer des pompes à chaleur dans les maisons individuelles et de faire du chauffage urbain.
• Géothermie haute température : Elle permet de produire de l’électricité.
LA NOTION DE PERFORMANCE ENERGÉTIQUE
Le diagnostic énergétique est obligatoire depuis 2006 pour la cession de biens immobiliers et depuis 2007 pour la location, même si 48% des bailleurs n’ont encore jamais réalisé de diagnostic de performance énergétique (Enquête bailleur PAP édition 2008). En ce qui concerne les logements, la performance énergétique est mesurée par un diagnostic offrant 2 objectifs :
• Information grâce à l’étiquette énergie, laquelle note la consommation d’énergie pour une année et pour un mètre carré de logement. Elle s’exprime en kW par an et par m2 avec l’indication du coût équivalent en euros.
• Incitation à diminuer sa facture d’énergie en consommant moins et mieux avec proposition de diverses recommandations (chaudière, isolation…).
La réglementation thermique en vigueur (RT 2005) fixe la consommation pour les constructions neuves entre 80 et 250kW par m2 et par an (étiquettes B à E). La prochaine réglementation thermique applicable en 2010 (RT 2010) devrait fixer la limite maximum de consommation pour les constructions neuves à 50 kW par m2 et par an, soit l’étiquette A.
• Equivalences de l’étiquette énergie (en kWm2/an) en euros (ce que l’on paye par an et par pièce) :
A < 50 kWm2/an - 35€
B 51 à 90 35 à 63€
C 91 à 150 63 à 106€
D 151 à 230 106 à 162€
E 231 à 330 162 à 232€
F 331 à 450 232 à 316€
G > 450 + 316€
LES DIFFÉRENTS CRÉDITS D’IMPÔT
Principaux crédits d’impôt pour le propriétaire occupant son logement ou sa maison individuelle :
Energies renouvelables
50% Raccordement à un réseau de chaleur à énergies renouvelables
50% Production d’énergie par pompe à chaleur, éolien, solaire, hydraulique
50% Installation énergie solaire
25% Appareils de régulation de chauffage
25% Matériaux d’isolation thermique
Changement de chaudières
25% Chaudière à condensation
15% Chaudière à basse température
Sécurité
25% Equipements spécialement conçus pour personnes âgées et handicapés
15% Travaux de prévention des risques technologiques
LES BONS GESTES AU BUREAU
Si la révolution verte commence dans l’habitat individuel, elle doit tout naturellement se prolonger au bureau par quelques gestes simples :
• Eteindre les lumières dès que l’on est le dernier à quitter la pièce
• Utiliser des ampoules à basse consommation au lieu des halogènes ou néons au plafond
• Mettre les ordinateurs en veille lors des pauses déjeuner, des réunions et le soir en partant
• En hiver, réduire la température des locaux à 19°
• Utiliser du papier recyclé dans l’imprimante, le fax, la photocopieuse
• Limiter le gaspillage de papier en imprimant recto/verso et en mode brouillon
• Utiliser les cartouches d’encre de récupération
• Recycler les appareils électroniques en évitant un renouvellement trop fréquent du parc informatique, ne pas se suréquiper par rapport à ses besoins
• Boire son café ou son thé dans une tasse personnelle au lieu d’utiliser les gobelets en plastique
• Opter pour les fournitures certifiées (papier recyclé, agrafeuse sans agrafe…)
LA TVA À 5,5%
La TVA à taux réduit est reconduite jusqu’en 2010 et ne s’applique qu’aux travaux réalisés par un professionnel dans les logements achevés depuis plus de 2 ans. Elle ne s’applique pas aux éléments achetés et posés directement par les particuliers ni aux gros équipements tels que vérandas, terrasses, garages, équipements ménages ou mobiliers. Elle concerne la main-d’œuvre ainsi que les équipements fournis et fixés dès lors que ceux-ci sont facturés par un professionnel lors de travaux concernant :
• La réfection de la plomberie et de l’installation électrique
• La pose d’équipements sanitaires
• L’aménagement et l’installation d’une cuisine ou d’une salle de bains (hors fournitures taxées à 19,6%)
• Le changement des sols (moquette, parquet…)
• La réfection, la réparation d’une toiture ou d’un mur
• L’installation de fenêtres ou de portes, la création d’ouvertures pour installer ces équipements
• La démolition d’une cloison pour réunir 2 pièces
• L’aménagement de combles ou d’un grenier, l’aménagement d’un logement vieillissant ou ayant subi un sinistre
L’EFFET REBOND
LE RETOUR DE FLAMME (BACKFIRE)
Selon Harry Saunders, spécialiste de l’énergie, il faut se méfier de ce qui risque d’arriver à la suite des économies d’énergie réalisée en matière d’écologie politique. Il prévient clairement en indiquant que «La technologie n’est pas un ticket gratuit contre le réchauffement climatique». Bien au contraire, celle-ci participe à ce que l’on appelle «l’effet rebond», un principe qui fait que «tout gain d’efficacité diminuant la facture (une chaudière plus performante, un bâtiment mieux isolé, un moteur automobile moins gourmand) incite, en réalité, à augmenter les consommations par le gain d’économie ou de pouvoir d’achat ainsi dégagé». En fait, un effet rebond de 10% signifie que les économies réelles sont inférieures de 10% aux économies théoriques envisagées. Par exemple, si une nouvelle chaudière plus économe en énergie permet de se chauffer pour moins cher, son utilisateur aura tendance à régler la température sur 20° et non plus sur 18 ou 19° comme auparavant. Idem avec les progrès dans l’éclairage qui poussent à laisser allumer les lumières plus longtemps. Itou pour l’automobiliste qui, avec son nouveau véhicule moins polluant et/ou plus économique, tend à rouler davantage. Par exemple en ce domaine, la consommation moyenne était de 9,5l aux cent kilomètres en 1980 pour atteindre les 6,85 l/100km en 2006. Dans le même temps, le kilométrage moyen annuel des véhicules particuliers est passé de l’ordre de 12 000 km à 13 085 km en 2006, soit 10% en plus.
Le phénomène de l’effet rebond tend à réduire fortement les conséquences des «bonnes pratiques» en matière énergétique, voire les annuler et même les amplifier si l’on intègre en plus les «effets» de la poussée démographique. C’est ce que les économistes appellent le backfire (retour de flamme) qui se traduit par le fait que «Plus l’offre technologique se développe, plus elle tend à alimenter parallèlement la croissance de la consommation.»
LE PARADOXE DE LA TECHNOLOGIE
Pour Anne Chêne, économiste à l’Ademe, «Même si l’effet rebond atteint est de 30%, 70% du potentiel d’économies d’énergie est tout de même réalisé et cela justifie les efforts d’efficacité énergétique». Il est vrai que tout dépend de l’angle sous lequel on se place pour quantifier l’effet rebond. Dans leur grande majorité, les économistes considèrent que l’effet rebond n’est jamais nul en matière d’économie d’énergie, de réduction de la pollution et autre approche technologique de masse. D’après Franz Wirl, chercheur à l’Université de Vienne, «Cet effet est d’autant plus important que le prix de l’énergie pèse lourd dans le service concerné : il sera élevé pour le chauffage et faible pour un lecteur de DVD en veille». Des économistes Sud Coréens ont calculé que l’augmentation des performances des climatiseurs générait un effet rebond compris entre 57 et 70%. Leurs collègues allemands ont évalué, de leur côté, à près de 60% la croissance du kilométrage automobile provoquée par une plus grande efficacité énergétique des moteurs. Un constat confirmé par leurs alter ego américains qui ont démontré que l’effet rebond pour l’automobile était «entropique» et augmentait avec les années en passant de 4,7% à 22%. La raison invoquée va toujours dans le même sens : «puisque les moteurs consomment moins, plus les automobilistes déménagent loin de leur lieu de travail, rechignent au covoiturage et investissent dans des véhicules plus confortables, plus lourds et donc plus énergivores.»
UNE ANTITHÈSE ÉCOLOGIQUE
En plus de l’effet rebond «direct» (conséquences directes), il existe également un effet rebond «indirect» (effets collatéraux) qui amplifie encore davantage la réduction des gains obtenus initialement. Le constat soulevé par Anne Chêne est que «Lorsque les ménages n’ont plus besoin d’augmenter la température, ils utilisent parfois une partie des économies dégagées à des nouveaux usages, eux aussi énergivores». Il s’agit en fait d’un déplacement de consommation qu’une récente étude suédoise a permis de quantifier en ce qui concerne le chauffage et l’automobile affirmant qu’«Un gain en efficacité énergétique réalisé (dans ces domaines) augmentait in fine les émissions de carbone de respectivement 120% (automobile) et 170% (chauffage)». En fait, il existe un cycle économique qui fait que tout gain technologique réalisé est, d’une manière ou d’une autre, réinvesti par ailleurs. C’est la même chose en cas de hausse des prix destinée à freiner la consommation (taxations) faisant que si les comportements se modifient sur l’objet x, ils se déplacent forcément sur des objets yz, pas forcément plus vertueux.
Par exemple, alors que la flambée du prix du carburant semble avoir dissuadé les Français d’additionner du kilométrage, ces derniers multiplient désormais les trajets aériens (encore plus gros producteurs de CO2) ou restent chez eux, augmentant ainsi leur facture d’énergie en raison de l’explosion des usages dits spécifiques (télévision, informatique, multimédia…) lesquels représentent désormais 14% du montant des factures d’énergie.
LE CASSE-TÊTE DES DÉCHETS ELECTRONIQUES
UN FAIBLE TAUX DE RECYCLAGE
Un Français rejette, en moyenne, 400 kg de déchets domestiques par an et par habitant et les entreprises représentent 11% des 849 millions de tonnes de déchets comptabilisés en France (hors BTP et agriculture). Les DEEE (Déchets d’équipements électriques et électroniques), un sigle qui se prononce D3E, représentent 14kg par an et par Français soit l’équivalent de 1,7 million de tonnes sur l’ensemble du pays, alors que seulement 2 kg/hab/an sont recyclés. Chaque année, c’est près de 2 millions de tonnes d’EEE mis sur le marché en direction des entreprises et des ménages avec un taux de croissance évalué entre 3 à 5% par an. Cela représente plus de 20 kg d’équipements électriques et électroniques neufs et par habitant mis chaque année sur le marché, soit environ 180 millions d’appareils. Dans le même temps, sur 1 million d’ordinateurs abandonnés chaque année en France, un peu plus de 100 000 sont recueillis par une filière de recyclage alors que 30% sont donnés à un proche et 56% abandonnés en décharge encore en état de marche.
UN RISQUE POUR L’ENVIRONNEMENT
Les DEEE sont constitués au 3/4 d’acier, de plastique et de verre, alors que ce qui reste est constitué d’une multitude de composants dont certains sont très dangereux. Ainsi le moindre ordinateur contient pas moins de 24 sortes de plastiques différents, un écran qui contient du plomb, du baryum, des métaux lourds et des terres rares. Quant aux cartes électroniques, celles-ci recèlent des vernis arséniés, des vernis cyanurés, du béryllium, des contacteurs au mercure, sans parler des piles et des batteries au nickel/cadmium. En 2007, dans le monde, 500 millions d’ordinateurs ont été considérés comme étant en fin de vie. Rien qu’en Asie, le traitement des batteries au cadmium des 800 millions de téléphones mobiles est susceptible de polluer près de 5 milliards de m3 d’eau si les précautions d’usage ne sont pas prises et ce, d’autant plus, qu’un téléphone portable est renouvelé tous les 18 mois en moyenne.
COMMENT SE DÉBARASSER D’UN DEEE ?
Si depuis le 13 août 2005 la responsabilité du producteur est établie pour les DEEE mis sur le marché après cette date en le rendant responsable de l’enlèvement et du traitement des DEEE professionnels, son détenteur-utilisateur a toutefois l’obligation d’envoyer ses déchets vers des filières appropriées de démantèlement en s’assurant que le repreneur respecte bien la règlementation. Dans le cas du consommateur-habitant, celui-ci a 3 types d’options possibles :
• Le donner à une association d’économie sociale et solidaire qui pourra le réutiliser
• Le redonner au distributeur lors de l’achat d’un neuf (principe du 1 pour 1)
• Le déposer en déchetterie lorsqu’il existe une collecte sélective
Dans le cadre de la collecte sélective, les DEEE doivent être triés en 4 familles de produits :
• Le gros électroménager froid (réfrigérateurs, congélateurs..)
• Le gros électroménager hors froid (fours, lave-linge…)
• Les petits appareils (téléphones mobiles, jouets, sèche-cheveux…)
• Les écrans et moniteurs
10 CATÉGORIES DE DEEE
1. Les gros appareils ménagers
2. Les petits appareils ménagers
3. Les équipements informatiques et de télécommunications
4. Le matériel grand public
5. Le matériel d’éclairage
6. Les outils électriques et électroniques
7. Les jouets, équipements de loisirs et de sport
8. Les dispositifs médicaux
9. Les instruments de surveillance et de contrôle
10. Les distributeurs automatiques
En terme de pollution atmosphérique, une étude menée en 2002 par Nokia sur l’écoconception des téléphones portables annonçait que la fabrication, l’utilisation et le recyclage d’un tel produit généraient un peu plus de 60 kg d’émission de CO2. En 2007, Motorola annonçait que le niveau était passé à 30 kg pour ses produits.
RÉDUIRE, RÉUTILISER, RECYCLER
La bonne nouvelle dans tout cela, c’est que la révolution industrielle du XXIe siècle qui se met progressivement en place doit passer d’un modèle d’économie linéaire de type «extraire, transformer, jeter», issue de la société de consommation née dans les années 50, à une économie circulaire fonctionnant sur le mode «réduire, réutiliser, recycler». Dans ce type de schéma industriel, la notion de déchet doit peu à peu disparaître afin de remplacer la courbe traditionnelle du produit allant du «berceau au tombeau», par un cycle en boucle favorisant une éternelle jeunesse «du berceau au berceau». Mieux que la seconde vie du produit, il s’agit là d’un recyclage permanent fondé sur le principe de l’écoconception afin de réduire au maximum l’impact sur l’environnement.
Sous l’angle de l’écologie industrielle, les produits seront fabriqués dans des usines dont les déchets et les surplus d’énergie vont devenir les ressources mêmes des entreprises voisines et vice-versa. Enfin, l’émergence de l’économie dite de fonctionnalité devrait favoriser le partage des produits entre plusieurs utilisateurs (ou fonctions) faisant, par exemple, que M. Untel utilisera une voiture (vélo, machine, équipement…) quand il le veut grâce à un abonnement, tout en mettant celle-ci à la disposition d’autres utilisateurs. Cela devrait permettre la réduction des quantités produites non plus par tête d’individu mais par groupe d’individus. C’est également le début des métatechnologies qui offriront, demain, plusieurs services ou fonctions intrinsèques dans un même produit dit «global». Mais ceci est une autre histoire !
REACH : LE TEMPS PRESSE !
Quel professionnel peut aujourd’hui prétendre parfaitement connaître REACH et ce que cet acronyme recouvre ? Et surtout, ce qui va en découler.
REACH, c’est un processus d’enregistrement (Registration), d’évaluation (Evaluation) et d’autorisation (Autorisation) des substances chimiques (CHemicals) qui est entré en vigueur en juin 2007.
Avec ce règlement, l’Union Européenne a mis en place un système unique au monde dont on ne peut objectivement nier la générosité de l’objectif : acquérir une meilleure connaissance de l’action des produits chimiques sur l’Homme et sur l’Environnement, améliorer la protection des personnes et de l’environnement face aux risques dus à l’utilisation de substances chimiques.
Quelles entreprises sont concernées ?
Sachant que ces dispositions sont applicables aux substances chimiques pures, mais également à celles qui sont contenues dans des préparations ou des articles, il en résulte que REACH concerne non seulement les fabricants et les importateurs de substances chimiques, mais aussi tous les utilisateurs de ces substances. C’est dire que REACH atteint pratiquement toute les industries, et pas seulement l’industrie chimique.
Si les entreprises de la chimie sont concernées en premier lieu, celles qui se trouvent en « aval » : aéronautique, textile, électronique, caoutchouc, etc., sont touchées à des niveaux différents. Ainsi, le fabricant de produits chimiques devra enregistrer les substances qu’il produit, alors que l’utilisateur de ces mêmes produits devra s’assurer qu’ils ont bien fait l’objet d’un enregistrement de la part de son fournisseur !
Par conséquent, toutes les entreprises qui produisent, importent ou distribuent des biens matériels contenant des produits chimiques en quantité supérieure à 1 tonne par an sont soumis à REACH depuis le 1er juin 2007.
Quelles sont les obligations ?
Une phase de pré-enregistrement est prévue du 1er juin au 1er décembre 2008 pour toutes les substances mises sur le marché avant le 19 septembre 1981 et répertoriées dans l‘inventaire EINECS* : chaque fabricant et/ou importateur concerné devra communiquer à la nouvelle Agence Européenne des Produits Chimiques, basée à Helsinski, les informations relatives aux substances à enregistrer, dont notamment la quantité produite ou importée.
Attention, l’entreprise qui n’aura pas préenregistré une substance dans ce délai ne bénéficiera pas du délai transitoire d’enregistrement (de 3,5 à 11 ans) et ne pourra plus ni la fabriquer ni la mettre sur le marché avant enregistrement.
Il est donc urgentissime, pour les entreprises qui ne ce sont pas encore préoccupé de REACH, d’effectuer l’inventaire des substances qu’elles mettent en œuvre et d’évaluer l’impact de REACH sur leur production.
De nombreuses substances risquent de disparaître du marché européen, donc du marché français, soit pour des raisons techniques (toxicité ou écotoxicité excessive), soit pour des raisons financières (coût de l’enregistrement excessif en regard de la rentabilité de la substance), soit pour des raisons stratégiques propres à chaque producteur extérieur à l’Europe.
Quel calendrier ?
Si le pré-enregistrement d’une substance a été effectué entre le 1er juin et le 1er décembre 2008, les dates limites d’enregistrement seront alors les suivantes :
1er décembre 2010 pour toutes les substances « phase-in »** produites ou importées dans une quantité supérieure ou égale à 1.000 tonnes par an. Pour les substances qui sont classées comme très toxiques pour les organismes aquatiques et pouvant avoir des effets néfastes à long terme sur l’environnement aquatique, la quantité retenue est de 100 tonnes ou plus. Pour les substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction de catégorie 1 ou 2, le seuil est de 1 tonne ou plus.
1er juin 2013 pour toutes les substances « phase-in » produites ou importées dans une quantité supérieure ou égale à 100 tonnes par an.
1er juin 2018 pour toutes les substances phase-in produites dans une quantité supérieure ou égale à 1 tonne par an.
Que faire ?
Il est recommandé aux entreprises concernées de procéder à l’inventaire exhaustif des substances chimiques utilisées et d’analyser leurs flux. Les réponses aux questions préliminaires suivantes doivent être apportées :
• Quelles substances, quels produits chimiques, matières premières et préparations utilisons-nous (production, importation) ?
• Quelles quantités ? Quelles fréquences ?
• Pourquoi utilisons-nous ces substances ?
• Nos fournisseurs pourront-ils tou¬jours nous livrer après l’entrée en vigueur de REACH ? Si la réponse est non, pouvons-nous trouver des solutions de remplacement ?
A quel coût ?
• Pouvons-nous procéder nous-mêmes à l’évaluation de la sécurité chimique ou devrons-vous recourir à un laboratoire extérieur ? Quel coût ?
• Nous sommes utilisateurs : notre fournisseur de substance chimique se conforme t’il à REACH ? Avons-nous communiqué avec lui sur REACH et sommes nous assurés de sa régularité à ce sujet ? Avons-nous vérifié que notre utilisation reste dans le domaine d’exposition qu’il a déclaré ?
Une forte proportion d’entreprises sera impactée plus ou moins durement par REACH et il est impératif que chaque entreprise concernée entreprenne une réflexion à ce sujet tant les conséquences peuvent être lourdes. Pour cela, elles peuvent se faire accompagner par des spécialistes dans cette démarche de réflexion et de décision.
Francis GALLION.
Ingénieur conseil expert
SCOT EXPANSION - Ingénierie NIORT 05 49 79 56 20
www.scotexpansion.com
* Le numéro EINECS permet d’identifier une substance chimique répertoriée dans l’INventaire Européen des Substances chimiques Commerciales Existantes (EINECS), qui contient environ 100 000 substances chimiques.
** Substances mises sur le marché de l’UE avant le 19 septembre 1981 et répertoriées dans l’inventaire EINECS.
Le « Journal des Professionnels » a interviewé Frédéric Boudier, Directeur Général d’APROVAL à propos du récent « Grenelle de l’environnement », (volet « recyclage des déchets »)
JDP : Nous connaissons désormais les mesures conséquentes du Grenelle. Qu’en pensez-vous ?
F.B. : L’article 41 de Grenelle 1 tient en 4 grands objectifs :
1) Réduire la production et l’élimination des déchets :
• 5 kg/an/habitant pendant 5 ans pour les ménages
• baisse de 15% des tonnages enfouis ou incinérés entre 2008 et 2012
2) Renforcer le taux de recyclage :
• emballages ménagers : 60% (2005) à 75% (2012)
• déchets ménagers : 24% (2005) à 35% (2012) puis 45% (2015)
• déchets des entreprises : 68% (2005) à 75% (2012)
3) Dissuader le stockage et l’incinération par une hausse de la TGAP :
• augmentation de la TGAP sur l’enfouissement jusqu’à 40e/tonne d’ici à 2015
• création de la TGAP sur l’incinération jusqu’à 10e/tonne en 2015
4) Promouvoir les dispositifs incitatifs :
• instauration d’une tarification de la collecte
• renforcer l’application de la responsabilité élargie du producteur (REP)
JDP : Que pensez-vous de l’efficacité de ces mesures? Vont-elles dans le sens du recycleur que vous êtes !
F.B. : Les intentions sont louables et l’apparence est attrayante. De plus, Grenelle a au moins pour l’instant «médiatiquement » gagné, en suscitant des réflexions au sein des collectivités, des entreprises et des discussions au sein des familles.
Cependant, les mesures que je viens d’évoquer ont à mon sens insuffisamment pris en compte 3 éléments :
• Le dispositif ne concerne qu’un périmètre limité des déchets français
• Le projet ne prend pas assez en compte la réalité économique
• La mise en oeuvre sera problématique, notamment sur le plan économique.
Le plan aborde principalement les déchets des ménages.
Or, ils ne représentent qu’une petite part des déchets en France. (Voir schéma ci-contre).
Quand on parle gestion des déchets en France, on pense à tous les déchets au départ, mais on focalise très vite sur les seuls déchets des ménages.
Les discussions de Grenelle n’ont pas échappé à la règle : les objectifs ambitieux concernent presque exclusivement les déchets ménagers (ie : « des ménages ») et assimilés (i.e : des entreprises), assimilés parce que susceptibles d’être collectés en même temps et d’être traités selon les mêmes filières que ceux des ménages : au final moins de 120 millions de tonnes (90+28) ce qui revient à s’intéresser prioritairement à 15% des 849 millions de tonnes de déchets produits en France.
Il me semble que le projet ignore la réalité économique. Le raisonnement qui sous-tend l’articulation de ce plan est le suivant :
Surtaxer l’élimination des déchets aura pour conséquence de détourner les flux recyclables vers le tri et la valorisation en rendant ces opérations plus « compétitives »
Le signal prix ainsi envoyé permettra l’ajustement automatique des comportements et induira une augmentation spontanée du tri et du recyclage.
Ce raisonnement me parait un peu hâtif.
Au-delà de la non prise en compte des investissements nécessaires que nous aborderons après, je voudrais faire quelques remarques :
La France est le premier producteur de matières premières issues du recyclage en Europe. En France, plus de 40% des matières premières non énergétiques sont issues du recyclage (source FEDEREC) : plus de 43% dans la sidérurgie, plus de 58% dans la papeterie. Le recyclage a produit en France 40 millions de tonnes de matières premières en 2007.
La France présente une situation équilibrée entre les différents modes de traitements (recyclage, valorisation énergétique et stockage) et fait partie avec le Danemark, la Suède, la Belgique, des pays européens ayant à la fois « un haut niveau de valorisation matière et un haut niveau de valorisation énergétique» (source European Environment Agency 2007).
A ce titre, si l’on considère la production totale des déchets banals et non inertes des ménages et des entreprises (hors déchets de l’agriculture, déchets organiques des entreprises et déchets banals des services) soit 71 millions de tonnes, la répartition par mode de traitement devient la suivante (source IFEN)
• 54% recyclage et réemploi
• 17% en incinération (dont 94% avec valorisation énergétique)
• 26% en stockage
Les gains en matière de recyclage ne sont peut être pas là où le Grenelle les a identifiés.
Enfin, si le cercle que proposent le recyclage et le réemploi à fortiori associés à la réduction est un cercle vertueux, il est important de toujours prendre conscience de deux composants majeurs de l’équilibre de l’ensemble du schéma :
le recyclage dépend de marchés, c’est-à-dire de consommateurs de matières premières issues du recyclage ;
quelques soient les méthodes de recyclage, il existe toujours des déchets résiduels qu’il convient d’éliminer dans des unités de traitements spécialisées (incinération, stockage,….) ; ces filières sont nécessaires et même indispensables dans un schéma de gestion des déchets abouti.
JDP : Vous avez évoqué également une “mise en œuvre problé¬mati¬que”. L’augmentation de la TGAP ne suffira t-elle pas à financer le plan ?
F.B. : Les textes font les hypothèses suivantes :
Les progrès demandés ne coûteront pas très chers, notamment en terme d’investissements, qui pourront être financés par le seul produit de la TGAP.
Le signal TGAP suffira à modifier les comportements.
En réalité, nous savons que les équipements actuels sont insuffisants pour absorber les tonnages supplémentaires à recycler. Il n’existe à ma connaissance aucune simulation économique des besoins en financement, pour des objectifs très élevés (+ 7,5 millions de tonnes d’ici à 2015).
JDP : Mais l’exemple Britannique démontre que cela marche !
F.B. : Lorsque les britanniques ont décidé d’augmenter leur TGAP (de 8£ en 1996 à 48£ en 2010), afin d’augmenter leur taux de recyclage réputé être l’un des plus faibles de l’Europe, les objectifs faisaient partie d’une politique globale :
Estimation officielle du besoin d’investissement pour atteindre les objectifs :
• en euros 11 à 14 milliards d’ici à 2020
dont 6,3 à 7,6 milliards dès 2010
• 46 partenariats Publics-Privés prévus représentant des investissements de 5 à 8 milliards e
• Subvention de l’Etat aux Comtés pour la création d’infrastructures (2,9 milliards e)
• Marché d’échange de « permis d’enfouissement » entre Comtés respectivement en retard et en avance par rapport aux objectifs.
Dans le programme envisagé, la TGAP n’est qu’un outil d’ajustement et ses recettes sont loin d’être à la mesure des investissements en jeu.
JDP : Alors un plan pour rien ?
F.B. : Au contraire, le Grenelle montre clairement la voie et a sans doute participé au réveil des consciences. Dans mon quotidien de prestataire des Collectivités et des Entreprises, « grenelle » a perdu son G majuscule pour se banaliser, comme la problématique « déchets » dans le quotidien de l’ensemble des acteurs sociaux-économiques.
En quelques années, le décideur, qu’il soit élu ou patron, salarié ou citoyen, est passé par plusieurs étapes :
ETAT ACTION
« Je ne sais pas» Je jette, je brûle, je gaspille…
« Je ne veux pas savoir» je râle, je triche
« Je sais et j’assume» Je gère, j’optimise
« Ça m’intéresse» Je valorise mes déchets et ma démarche
Les travaux du Grenelle ont permis d’intégrer l’environnement et la gestion des déchets à toute réflexion en terme d’investissement, d’organisation, d’action politique ou industrielle. En ce sens, le Grenelle a déjà gagné.
JDP : Cependant, selon vous, la mise en œuvre du plan déchets va être difficile, quelles sont vos propositions pour augmenter les chances de réussite ?
F.B. : Elles vont dans 3 directions principales :
• Optimiser l’usage de l’outil TGAP
• Valoriser les réalisations exemplaires
• Soutenir l’innovation
L’usage de la TGAP me semble devoir être optimisé :
• Une évolution progressive (vers 20e/t en 2012)
• Une évaluation des impacts en 2012 avant toute décision engageant au-delà de cette date
• L’instauration d’une TGAP même réduite pour les autres gisements (notamment la construction) :
- pour une pédagogie au cœur de l’activité
- afin d’éviter des transferts entre « filières » (d’une filière soumise à la TGAP vers une filière non soumise)
De plus, en tant que représentant local de la Fédération du Recyclage (FEDEREC) je ne peux qu’insister sur la nécessité d’affecter l’intégralité de la TGAP perçue à la prévention et au recyclage :
• En finançant les plans de prévention et les audits déchets des entreprises et des collectivités
• En aidant l’investissement pour les nouveaux équipements.
La valorisation des réalisations exemplaires me semblent insuffisamment prise en compte :
Dégrèvement TGAP pour les sites et investissements exemplaires :
• communication dans le cadre d’un plan de pédagogie environnementale « déchets», au sein d’un réseau de sites reconnus pour leurs vertus pédagogiques et leur visitabilité
• soutiens financiers ciblés pour des projets nouveaux.
Le caractère exemplaire comme la certification environnementale, l’efficacité énergétique, le traitement in situ des rejets, les transports alternatifs, …
En matière d’innovation, et au-delà des fonds collectés dans le plan, le développement des nouveaux moyens de collecte sélective, de tri, de recyclage, de valorisation biologique doit être soutenu en neutralisant les risques, par exemple sur des projets pilotes.
Frédéric Boudier :
Directeur Général d’APROVAL.
Etablissements secondaires : 16600 MORNAC
Tél : 05 45 65 91 97 - 87280 LIMOGES
Tél : 05 55 37 30 11 - Site : www.sita.fr
LA GESTION DE L’EAU ? QUE D’INTÉRÊTS !
Il y a un peu plus de 20 ans, un jeune garçon, que je connais bien (mon fils aîné) répondait à la question de sa maîtresse de classe maternelle, « Qu’est ce qu’il fait ton papa ? » : « Il fait de l’eau propre avec de l’eau sale », « C’est très intéressant ! » conclut-elle. Il s’empressa de le répéter le soir à la maison.
En fait, ce n’était alors qu’ «intéressant», c’est devenu effectivement « très intéressant ».
C’était sectorisé : rejets urbains / rejets industriels, imposé par des cadres réglementaires et normatifs précis.
C’est devenu exigé par la société.
Désormais, l’expert « Gestion de l’eau » est intégré dans les équipes d’urbanistes, de bureau d’études VRD dès l’élaboration des projets d’aménagement. Il intervient dans les projets industriels à la conception des process, comme partie intégrante de la faisabilité.
Aujourd’hui, plus que le niveau d’expertise, c’est le champ de l’expertise qui s’est élargi.
Les données d’entrée de ses modèles de conception se sont multipliées dans un seul but : coller au terrain.
Le terrain, vaste sujet. Il est physique, bien sûr, géophysique, géologique, hydrologique, c’est entendu, c’était entendu. Il s’entend désormais avec d’autres composantes dont l’objet concerne le domaine de l’acceptation, mais avant cela, de l’implication des parties prenantes.
Ainsi, l’élaboration du Projet d’Aménagement et de Développement Durable incite la commune à mettre en forme sa politique de développement en concrétisant son projet.
Le règlement du Plan Local d’Urbanisme, devient la résultante d’une réflexion de développement et de prise en compte du milieu dans le respect des orientations du Schéma Directeur d’Aménagement Urbain.
Résultant de la concertation entre acteurs du développement, et acteurs de la protection, les PLU deviennent les supports de l’innovation communale à laquelle la population adhérera d’autant plus, qu’elle intégrera les exigences écologiques et la proximité du milieu.
La gestion de l’eau et des espaces verts constitue la base d’une politique environnementale communale. Que ces deux milieux soient complémentaires, apparaît comme évident, le vert ayant besoin du bleu pour subsister, et le bleu ayant besoin du vert pour s’infiltrer !
Les urbanistes et architectes paysagistes, qui n’ont jamais véritablement partagés les projets de lotissement dits « en tablettes de chocolat », voient s’ouvrir de vastes perspectives pour un habitat intégré.
Dans le même temps, la phobie de l’eau comme milieu à risque pour la salubrité s’est dissipée. On protège l’eau, on la contient. Nous revendiquons sa proximité.
Nos anciens concepts d’assainissement d’eau pluviale ou domestique sont relégués au fond des armoires et les tuyaux attendent, avant que la bonne pente leur soit offerte.
Le relief, puisqu’on en parle, est pris en compte comme élément identitaire du projet, mais aussi comme l’allié de la gestion de l’eau et de l’utilisation de l’espace. Ainsi, les larges fossés, aux pentes douces (les noues) se bordent ils de pistes cyclables et de chemins piétonniers.Dans le même temps, le promeneur à bicyclette accepte aussi de marcher à pied et en bottes après l’averse.
Mais, simultanément à la reconnaissance de l’urbaniste et de l’architecte paysagiste, le technicien gestionnaire de l’eau a désormais l’opportunité d’exercer son expertise à différentes échelles.
Le champ de l’innovation se situe autant au niveau du particulier qu’à celui du collectif, qu’il soit public ou privé.
Au niveau du particulier, force est de constater que le réglementaire à dû suivre l’innovation. L’arrêté du 21 août dernier « relatif à la récupération des eaux de pluie et à leur usage à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments » accompagne un usage déjà fort pratiqué chez nos amis belges et allemands. Une incitation au-delà de l’actuel crédit d’impôt (plafonné à 8 000 e et représentant 25% du coût de l’installation) devra s’instaurer pour amplifier la pratique en France.
Au niveau collectif, la loi sur l’eau a déjà initié depuis 15 ans la gestion des eaux pluviales dans les projets s’accompagnant de l’imperméabilisation des sols. Des progrès sont toutefois à attendre pour mieux intégrer les ouvrages dits « piscines » que les porteurs de projets ont dû accepter.
La réutilisation des eaux usées épurées, a été encadrée par le décret du 3 juin 1994.
Mais si cette pratique est courante dans les pays où l’eau peut manquer, le bassin méditerranéen, les pays du Golfe Persique, les Etats-Unis, en France ce ne sont que cas d’école, en milieu insulaire.
Elle présente pourtant un double avantage que les projets les plus innovants ont perçu.
Elle permet de protéger le milieu récepteur, vis-à-vis d’un apport résiduel en azote et en phosphore, éléments qui pourraient s’avérer néfastes au milieu aquatique par un développement anarchique d’algues ou de micro plancton, mais dont les plantes cultivées ont besoin. Elle permet aussi de protéger la ressource. Elle valide le projet qui s’inscrit alors dans le milieu auquel la population est désormais sensibilisée à sa pérennité.
Selon l’origine des eaux usées et la proximité de la cible humaine, les traitements complémentaires opportuns devront être appliqués, sachant que l’économie globale du projet le permet.
Ainsi aujourd’hui, la multiplication des acteurs et la diversité des projets d’aménagement et de développement impliquent le recours à des compétences complémentaires, dans un domaine qui évolue, autant par les exigences des porteurs de projets que par celles du contexte réglementaire.
Patrick Simon,
Directeur d’Airmes
patrick.simon@airmes.fr
L’ECO HABITAT FACE A LA CRISE DE L’IMMOBILIER
Il est des moments où l’histoire s’accélère.
Les engagements pris par la France à Kyoto, les principes arrêtés lors du Grenelle de l’environnement et les dispositions récemment adoptées par l’assemblée nationale renforcent les exigences dans le domaine du bâtiment et confèrent aux acteurs de l’habitat des responsabilités nouvelles. Mais l’histoire s’accélère aussi face à la crise financière et économique qui a un fort impact sur tous.
Les habitants et particulièrement les ménages à revenu modeste, face à la perte du pouvoir d’achat, vont avoir des moyens plus limités pour faire construire. Pourtant le besoin est toujours là et, dès qu’une offre adaptée leur sera proposée, ils construiront.
Les habitants, accédants ou locataires plus que jamais sensibilisés par le développement durable et le besoin de réduire leurs charges, vont rechercher des logements moins « énergivores ». Les besoins n’ont pas disparu avec la crise.
Pourra-t-on tenir les engagements de construire 500 000 logements ? On en doute si on se réfère aux moyens que devraient mobiliser les pouvoirs publics. Pourtant il ne faut pas sacrifier la qualité à la quantité. Le parc immobilier existant doit être rénové ; et si on relie bien les mesures en faveur du logement aux impératifs du Grenelle, on a là un vaste gisement de croissance.
La crise immobilière, agir ou subir.
Le secteur du BTP est un rouage essentiel de l’économie, consommateur de main d’œuvre, peu importateur et faisant fonctionner de nombreuses industries. La filière de la construction, qui va souffrir de plus en plus, représente 1,7 millions d’emplois directs et autant d’emplois indirects. Pour les préserver il faut une mobilisation générale des pouvoirs publics et des acteurs de la filière ; il faut construire la réponse adaptée aux attentes et aux moyens des demandeurs de logements, aux capacités financières des investisseurs.
Une relance à contre cycle du logement, mais sous la forme d’une nouvelle génération d’habitat, pour répondre aux besoins qui n’ont pas disparu avec la crise!
Un engagement de tous pour réaliser un produit adapté à ces besoins, mais plus encore qui intègre les enjeux environnementaux à un coût compatibles avec les possibilités financières.
Un habitat basse consommation et à un coût maîtrisé.
L’occasion est offerte aux acteurs de la construction de relever le défi, s’ils veulent bien ensemble dégager et mettre en œuvre les réponses permettant le meilleur rapport performance/coût.
Mieux, la crise est une opportunité pour mettre fin aux facteurs majeurs qui empêchent le progrès et l’innovation dans la construction. Il nous faut trouver les voies de la réalisation d’une construction durable, à basse consommation d’énergie, à des coûts dégageant des marges raisonnables pour chaque acteur de la filière.
Le défi : concevoir et construire différemment, rationaliser sans céder sur la qualité, profiter peut-être de la baisse de la charge foncière provoquée par la crise mais qui doit être gérée durablement par les collectivités et les maîtres d’ouvrages sociaux.
Ces derniers sont confrontés à l’effet domino des contraintes. Les investissements très importants à faire dans les opérations de renouvellement urbain et de réhabilitation énergétique de leur patrimoine les obligent à mobiliser d’énormes moyens financiers et à mettre à mal leurs potentiels financiers (assèchement des fonds propres).Ils vont par conséquence être contraints de réduire leurs investissements dans le logement neuf.
Pourtant les maîtres d’ouvrage sociaux veulent tous continuer à construire avec une approche de développement durable et en maîtrisant les équilibres d’opérations (division par deux ou trois des fonds propres investis). La baisse des carnets de commande des entreprises va certainement rendre certains appels d’offres plus fructueux .Mais attention cette situation est conjoncturelle et elle ne doit pas être érigée en politique durable. Il faut vite rechercher l’équilibre chez tous les acteurs, travaillé en urgence sur la modernisation et la rationalisation de la filière pour améliorer le rapport performance/ coût. Cette nécessité est d’une urgence absolue car il ne faut pas compter durablement sur les aides de l’Etat et des collectivités. Tous les indicateurs montrent que la tendance est à la diminution des aides publiques pour les prochaines années, y compris pour le logement social.
De plus en plus, les acteurs de la filière construction ne doivent compter que sur eux-mêmes pour trouver collectivement une meilleure adéquation offre/ demande. S’ils ont la forte volonté de travailler ensemble, ils ont potentiellement la capacité de répondre mieux et durablement aux attentes des habitants. Pour cela, libérons et aidons à s’exprimer l’intelligence collective, depuis la conception jusqu’à la réalisation en passant par l’industrialisation.
Appel à la mobilisation
Inventons de nouveaux modes de collaboration maîtrise d’ouvrage/maîtrise d’œuvre/entreprises pour s’inscrire résolument dans le développement durable.
Réalisons cet habitat « nouvelle génération » au meilleur rapport performance/coût.
Changeons, dépassons nos égos, adaptons nous vite en acceptant de remettre en cause nos pratiques professionnelles. Des avancées, des gains importants ont été ponctuellement accomplis, il faut les généraliser et surtout agir ensemble.
C’est par cette démarche volontaire que nous dégagerons les opportunités de la crise pour un habitat moins cher, plus respectueux de l’environnement et qui contribuera à la restauration du pouvoir d’achat des habitants par la baisse des charges résultant de la réduction de la consommation énergétique.
C’est un véritable appel à la mobilisation que le CLUSTER ECO-HABITAT POITOU-CHARENTES lance aux acteurs de la construction.
Le Président,
Bernard BRETAUDEAU
Nos coordonnées :
Cluster Eco-Habitat
05 49 60 37 03 / 05 49 55 82 54
eco-habitat@neuf.fr
FEEBAT : un dispositif plébiscité en Région Poitou-Charentes !
Depuis le lancement du dispositif national de formation FEEBAT (cf. encadré) dans notre région début 2008, l’IFRB Poitou-Charentes a déjà formé plus de deux cents chefs d’entreprises, salariés et artisans à l’approche globale de l’amélioration énergétique des bâtiments.
Plus de deux cents chefs d’entreprises, salariés et artisans formés
Les formations FEEBAT visent à adapter et renforcer les compétences des entreprises et artisans du Bâtiment.
Elles leur donnent les connaissances et les outils pour accompagner les mutations de leurs métiers et proposer à leurs clients des solutions performantes de rénovation, alliant confort, économies d’énergie et protection de l’environnement.
Ces formations permettent surtout une prise de conscience des évolutions nécessaires, en termes de méthodes de travail et d’organisation, pour répondre au mieux aux attentes des clients et accompagner les objectifs du Grenelle de l’Environnement.
En outre, la richesse des échanges, liée à ces sessions réunissant plusieurs métiers du Bâtiment (gros œuvre, isolation, équipements techniques, etc.), constitue une véritable valeur ajoutée pour les stagiaires.
Une offre de formation complétée aujourd’hui par des modules techniques
Le module 3, décliné par groupes de technologie (isolation, chauffage, etc.), vient, depuis le mois d’octobre, prolonger l’offre de formation existante.
Il détaille les techniques disponibles, leurs performances, avantages et limites, les points sensibles et interfaces avec les autres composants du bâtiment, pour mieux « Connaître, maîtriser et mettre en œuvre les groupes de technologies performantes d’amélioration énergétique »…
Pour en savoir plus…
Le dispositif national de formation FEEBAT, construit dans le cadre des Certificats d’Economies d’Energie, sous l’égide des Pouvoirs publics, est articulé autour de trois modules :
Module 1 : identifier les éléments clefs d’une offre globale d’amélioration énergétique des bâtiments existants, élaborer les différentes solutions techniques et maîtriser leurs interactions ;
Module 2 : maîtriser les outils pour mettre en œuvre une offre globale d’amélioration énergétique des bâtiments existants ;
Module 3 : connaître, maîtriser et mettre en œuvre les groupes de technologies performantes d’amélioration énergétique des bâtiments.
Décliné en 9 sous-modules : isolation des parois verticales opaques et des planchers bas ; isolation des toitures et des planchers hauts ; ouvrants, fermetures et protections solaires ; ventilation ; chauffage à eau chaude ; chauffage à air ; eau chaude sanitaire ; éclairage et autres équipements électriques ; climatisation et rafraîchissement.
Ces formations sont proposées en Région Poitou-Charentes par l’Institut de Formation et de Recherche du Bâtiment Poitou-Charentes, 26 rue Salvador Allende, 86000 POITIERS, tél. 05 49 61 20 66.