JDP N° 93 : Formation - Education et Croissance, Langues étrangères, Coopération intergénérationnelle
Extrait
Education & Formation : moteur ou frein à la croissance ?
Date : 26/01/2009
Education et croissance
Prendre sa carrière en main
Se perfectionner en langues étrangères
Coopération intergénérationnelle
EDUCATION ET CROISSANCE
LE RENDEMENT MÉDIOCRE DE L’EDUCATION NATIONALE
De réformes en réformes de surface, l’éducation nationale semble toujours ne pas «coller» aux attentes modernes des jeunes et des futurs citoyens. Alors que l’enjeu du XXIe siècle est dans «l’économie de la connaissance», le «mammouth» semble figé sur des postures institutionnelles en retard de 2 ou 3 métros avec pour principale préoccupation, en son sein, la recherche de paix sociale, plus qu’une remise en question de ses méthodes. Selon un rapport de l’OCDE de 2006, il apparaît clairement que le rendement de l’éducation nationale française reste relativement médiocre par une addition de multiples aberrations. Parmi celles-ci, le constat que l’Education nationale est l’un des plus gros employeurs de la planète avec près de 1,3 millions de fonctionnaires et certainement le plus centralisé de tous. Contrairement aux dires des syndicats corporatistes, les embauches n’ont cesse de continuer avec près de 10 000 enseignants de plus depuis 1994 alors que le nombre d’élèves a baissé de 285 000. C’est aussi sous l’angle procédural, près de 3 000 pages de circulaires produites chaque année par le ministère avec un coût du système éducatif ayant augmenté de plus de 40% en 15 ans.
En fait, tout le système éducatif est concerné depuis l’école primaire avec un saupoudrage incessant de réformes dont la conséquence est de déstabiliser les instituteurs tout en faisant baisser le niveau scolaire moyen. C’est également le cas pour l’enseignement secondaire farci de bureaucratie écrasante avec des moyens relativement mal répartis, mais aussi de l’enseignement supérieur qui a dû longtemps supporter des budgets de misère et des cursus inadaptés. En ce qui concerne l’enseignement professionnel, force est de constater qu’un tiers des diplômés en BEP sont au chômage 3 ans après leur sortie de l’école.
BÊTISIER DE L’EDUCATION NATIONALE
Ecole primaire
• 15% des élèves incapables de lire à 15 ans
• 1 réforme tous les 3 ans
• Des profs débutants nommés dans les classes les plus difficiles
Enseignement secondaire
• Près de 2 000 profs sans élèves et payés à ne rien faire
• 160 000 élèves sortant chaque année du système sans qualification
• 3 000 pages de circulaires ministérielles par an
Enseignement professionnel
• 15% d’abandon dans les lycées pros
• 30% des BEP au chômage
• 50% de places vacantes dans les formations offrant les meilleurs débouchés
Enseignement supérieur
• 23% de diplômés du supérieur
• 32% de recalés au DEUG
• 11 000 inscrits en fac de sport pour 400 postes
LA NON QUALITÉ DU SYSTÈME
Le gâchis régulier résultant des méthodes de l’Ecole de la République peut se comparer au fonctionnement inadapté d’une entreprise industrielle. Selon Jacques Marseille, économiste et professeur à la Sorbonne, «L’Education nationale produit chaque année 15% d’individus avec des défauts patents (illettrisme, aucune formation ni diplôme), 10% de travailleurs de plus pour assurer ce type de production, un doublement du montant de ses investissements avec des résultats qui stagnent et aucune valorisation de ses salariés (enseignants) dont le métier devient de plus en plus dur.» sans parler naturellement de «l’empreinte psychologique» affectant le mental, le moral, voire la motivation, d’un grand nombre de diplômés.
A écouter les politiques et ministres toujours satisfaits d’eux-mêmes, ce gâchis s’élève à seulement 8% d’une classe d’âge selon les chiffres du ministère «mais en réalité à 20% si l’on retient la définition internationale de l’échec scolaire qui retient deux indicateurs : la sortie sans qualification ou sans diplôme d’un élève du système scolaire et les difficultés de maîtrise des savoirs fondamentaux qui ont une influence directe dans la vie sociale et professionnelle» d’après Jacques Marseille.
Que penser alors d’une telle entreprise, de sa gestion et de son management qui désespère directement ceux qu’elle emploie et qui tend à casser la motivation d’apprendre d’un grand nombre d’élèves ? Une institution qui réussit l’exploit de cumuler, dans le même temps, le stress des jeunes et des parents, qui dévalue le sens des diplômes, qui gonfle son budget sans bénéfices tangibles, qui entretient un mal être constant parmi ses enseignants, qui se satisfait d’une faible mobilité interne, qui offre peu de possibilités d’évolution de carrière avec une rémunération qui augmente lentement et non au mérite et qui se targue, en plus, de vouloir donner l’exemple de l’efficacité et de la réussite aux générations successives passant entre ses mains. Bravo l’Education nationale !
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