JDP N° 94 : Ressources humaines - Flexisécurité, emplois de demain, négocier sa rémunération, recrutement : les détails qui tuent !
Extrait
La double polarisation des emplois de demain
Date : 25/03/2009
La flexisécurité à la française
Les emplois de demain
Savoir négocier sa rémunération
Recrutement : Eviter les détails qui tuent !
LA FLEXISECURITE A LA FRANÇAISE
3 GRANDS MODÈLES SOCIAUX
Il existe en Europe 3 grands modèles sociaux en matière de contrat de travail :
• Le modèle sécuritaire (non flexibilité-maxi sécurité) encadré par une législation importante issue de la «civilisation de l’usine» avec un code du travail relativement rigide, des prestations sociales élevées et très protectrices pour les salariés. C’est le cas de la France.
• Le modèle d’inspiration libérale (flexibilité-non sécurité) prôné par les pays anglo-saxons misant sur la souplesse et la fluidité du marché de l’emploi permettant ainsi de licencier plus facilement mais aussi d’embaucher plus rapidement et en nombre, sans craindre les difficultés d’adaptation de la masse salariale aux aléas de l’économie et de la crise. C’est le cas de la Grande Bretagne.
• Le modèle Scandinave baptisé Flexisécurité associant la flexibilité et la sécurité avec des indemnités élevées pour les demandeurs d’emploi mais aussi, en contrepartie, un esprit individuel de responsabilité obligeant à se former et à rechercher activement un nouvel emploi. C’est le cas du Danemark.
LES 3 RÈGLES DE LA FLEXISÉCURITÉ
Si le Danemark est toujours cité en exemple, c’est que le principe de flexisécurité a été introduit pour la première fois dans ce pays dans les années 1990 en coopération étroite avec les syndicats et les partenaires sociaux en reposant sur 3 grands principes :
• Une protection de l’emploi limitée avec très peu de restrictions à l’embauche et au licenciement ;
• Une indemnisation élevée garantie par la Sécurité sociale pour les demandeurs d’emploi ;
• Une politique active de réinsertion sur le marché du travail avec des conditions rigoureuses de recherche d’emploi et de réadaptation pour tous les chômeurs qui perçoivent des indemnisations.
LA NOTION DE FLEXISÉCURITÉ
Sur le principe, il s’agit de concilier 2 impératifs a priori inconciliables en vue de réduire le chômage structurel : la flexibilité d’embaucher et de licencier pour l’entreprise ; la sécurité pour le salarié (allocations de chômage, formation professionnelle).
1. La flexibilité est présente à toutes les étapes de la relation de travail : dans le contrat, dans l’organisation du travail (élaboration du temps de travail) et à la fin du contrat. Pour l’employeur, la liberté de licencier reste conditionnelle en étant obligé d’informer préalablement les syndicats et en devant négocier les conditions de licenciement, même s’il n’existe pas d’obligation générale de reclassement des salariés.
2. La sécurité se traduit par une allocation conséquente d’indemnités et une aide sociale renforcée. Pour en bénéficier (90% des revenus précédents pendant 4 ans, avec un plafond de 1 985 euros par mois), le chômeur doit s’inscrire au préalable auprès d’un service public de l’emploi. Il est alors obligé de chercher activement un emploi et doit se rendre disponible dans les 24 heures. Il est accompagné durant sa recherche d’emploi et doit se rendre à des entretiens personnalisés tous les 3 mois.
D’un côté, préexiste un ensemble de droits (accès à une large variété de mesures relatives au marché du travail) et de l’autre, l’esprit de responsabilité à s’engager à retrouver activement un travail. Dans ce système, le chômeur est véritablement pris en charge grâce à la présence des syndicats qui représentent 75% de syndiqués (contre 10% en France) et un taux de dépenses publiques relatives au marché du travail approchant les 4% du PIB (contre 0,3% en Grande-Bretagne et 2,3% en France).
L’application réussie de la flexisécurité s’explique notamment au Danemark par un contexte et une culture qui font que «Les trois quarts des ruptures de contrat sont à l’initiative des salariés. La mobilité y est très forte et volontaire. En une année, un salarié sur quatre change d’emploi et un sur cinq passe par la case chômage. Grâce à un tissu productif composé de PME dans des secteurs à haute valeur ajoutée, les PME se créent puis meurent, d’où la forte circulation des salariés et la nécessité de sécuriser leurs parcours» souligne Florence Lefresne, économiste à l’Ires (Institut de recherches économiques et sociales). Cette spécialiste poursuit en indiquant que «La France est structurée par de grandes entreprises et des PME qui leur sont souvent assujetties. En fait, au Danemark, ce n’est pas une histoire de donnant-donnant. C’est la sécurité qui donne le droit à la flexibilité et non pas l’inverse, comme on a l’air de le penser ici.»
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