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JDP N° 94 : Recherche & Technologie - Pionneur ou suiveur ; Innovation ou avancé technologique ; Retour vers le futur Article complet

Date : 26/03/2009

• Pionnier ou suiveur ?
• Innovation ou avancée technologique ?
• Retour vers le futur
• Minuit moins 5


PIONNIER OU SUIVEUR ?

L’AVANTAGE DU PIONNIER

Il a été longtemps admis que la première entreprise arrivée sur le marché bénéficiait d’un avantage concurrentiel durable. Cette idée est aujourd’hui encore largement répandue dans la nouvelle économie et sur l’Internet. Il est vrai qu’en ce domaine, les investisseurs financent plus volontiers les sociétés fondées sur un concept totalement nouveau ou venu d’ailleurs (Etats-Unis en général) et sont plus réticents à investir dans la seconde ou troisième entreprise développant le même concept. Il est vrai aussi que les entreprises pionnières bénéficient d’un atout certain en matière de stratégie marketing pour le choix du positionnement et le ciblage des segments de clientèle. Force est de constater que c’est souvent le premier produit utilisé qui contribue à forger les préférences et détermine le poids respectif accordé à chaque caractéristique du produit. Dans certains cas, il peut même définir le «produit idéal» aux yeux des clients et consommateurs.

Il existe également 2 grands types d’atouts pour le pionnier :

  1. Les avantages stratégiques qui reposent principalement sur l’avance technologique, la protection juridique des innovations (brevet, marque) ainsi que la maîtrise parfaite de la technologie. Par exemple, dans les activités caractérisées par une courbe d’expérience forte, le pionnier peut voir ses coûts de production diminuer rapidement.
  2. Les barrières à l’entrée qui, lorsque les ressources sont rares, peuvent gêner l’arrivée des suiveurs notamment lorsque le pionnier dispose d’un accès prioritaire avec :
    - Les ressources naturelles et matières premières ;
    - Les fournisseurs ou distributeurs incontournables dans l’activité ;
    - Des emplacements géographiques privilégiés ;
    - Des noms particulièrement porteurs pour un produit ou un site web ;
    - Des compétences humaines avec des salariés embauchés sous clauses spécifiques empêchant ainsi tout départ ultérieur vers des entreprises concurrentes.


6 REGLES D’OR POUR INNOVER DANS LES TI
D’une manière générale, l’innovation technique en elle-même se traduit rarement par une innovation économique. Pour être hautement rentables, les technologies de l’information doivent obligatoirement s’appliquer à une idée nouvelle, ou à un nouveau modèle économique, sinon il ne s’agit alors que de l’amélioration d’une idée existante. Aussi face à l’arrivée permanente de nouvelles générations de Technologies de l’information dans l’entreprise, il existe 6 facteurs essentiels pour la mise en œuvre d’une innovation :

  1. La présence d’un parrain haut placé associé à un «porteur de projet» disposant chacun d’un haut niveau de mobilisation et de participation.
  2. Un choix technologique guidé principalement par des critères commerciaux, un nouveau modèle économique et/ou un «re-engineering» dans l’activité.
  3. L’existence d’une équipe pluridisciplinaire disposant d’une culture des délais, de savoir marketing et d’un esprit business capable d’animer en permanence le projet.
  4. La préférence donnée à l’expertise technique interne et/ou «internalisée».
  5. Le développement d’un partenariat avec les principaux fournisseurs qui doivent être traités comme des membres de l’équipe.
  6. La perception des TI, non comme un centre de coûts, mais comme un investissement de l’entreprise dans la R&D ainsi que dans l’innovation commerciale.


DE L’INTÉRÊT D’ÊTRE SUIVEUR

Pourtant, de plus en plus, l’idée de prime au premier entrant est remise en question par les chercheurs en management et en marketing. Une étude américaine portant sur une cinquantaine de catégories de produits a montré, par ailleurs, que près de 50% des entreprises pionnières s’étaient retirées du marché plusieurs décennies plus tard et que dans l’ensemble, les pionniers n’étaient restés leader que dans 11% des cas. Même si le pionnier dispose d’une notoriété supérieure et d’une attitude particulièrement favorable en matière de bénéfice d’image, tous les avantages réels dont il dispose ne s’appliquent pas forcément à toutes les situations. C’est le cas, par exemple, avec une diffusion lente de l’innovation qui fait que les ventes du pionnier ne décollent vraiment qu’une fois que la concurrence est en place, crédibilisant ainsi l’innovation via une présence plus massive de clients.

C’est également le cas dans les secteurs à forte croissance (Internet, e-commerce) dans lesquels la portée des avantages du pionnier est moins forte et durable du fait de l’arrivée en masse de nouveaux clients dans la catégorie.

De la même façon, les avantages de nature stratégique peuvent être remis en question par un suiveur particulièrement innovant qui améliore le procédé de fabrication, réduit les coûts de production et conçoit au final un meilleur produit en ne se contentant pas de copier uniquement le produit. Alors que le pionnier a dû définir les caractéristiques de son produit et sa politique marketing dans l’incertitude, le suiveur peut faire des choix en meilleure connaissance de cause tout en tirant les leçons de l’expérience de son prédécesseur. Sur ce plan, la tâche de suiveur est réputée plus facile à condition toutefois que le marché profite d’une forte croissance en lui permettant d’attirer à lui  les nouveaux consommateurs. Dans ce cas, la position de suiveur précoce (et non tardif) devient plus aisée en associant les avantages majeurs suivants :

• Une meilleure connaissance des attentes de la clientèle
• Une identification plus facile des critères de satisfaction et d’insatisfaction
• Une meilleure estimation de la taille du marché et des capacités de production
• Des risques et des coûts plus faibles en ne copiant que les innovations ayant remporté un succès commercial
• Un investissement de communication plus léger qui ne cible que sur l’image du produit et non sur l’explication des fonctionnalités de l’innovation
 
LES 4 PIÈGES DE L’INNOVATION
Beaucoup d’entreprises hésitent à se lancer dans des innovations «perturbantes» ou de rupture en préférant les innovations simplement «évolutives». De nombreuses raisons expliquent cette position dont celles liées au handicap structurel de la taille, au manque de souplesse lié aux engagements présents et passés avec le réseau, à un mode de pensée plus ou moins rigide, voire à cause d’un savoir-faire sclérosé. Une étude a révélé que sur 27 entreprises confrontées à l’apparition soudaine d’une technologie, 4 seulement y ont volontairement adhéré, 3 s’y sont dérobées et 20 sont restées attentistes.

Principaux piéges dans lesquels tombent la plupart des entreprises en matière d’innovation :


Piège N°1 : Attendre face à l’incertitude

Piège N°2 : Demeurer en terrain connu

Piège n°3 : Rechigner à s’engager

Piège N°4 : Manquer de persévérance


INNOVATION OU AVANCEE TECHNOLOGIQUE ?


LA FRANCE, UNE NAINE PAS ASSEZ INFLUENTE
L’innovation est devenue le principal moteur de croissance mondiale, des économies nationales et surtout des entreprises.
Selon Philippe Pouletty, ex-star de la Silicon valley et président du Conseil supérieur de l’innovation, «Il existe une corrélation directe entre, d’un côté, les investissements en R & D d’un pays et, de l’autre, son taux de chômage, le nombre de ses start-up et sa capacité à faire émerger des géants mondiaux». Alors que les pôles de recherche (clusters et parcs technologiques) fleurissent un peu partout dans le monde, la France reste encore à la traîne malgré ses récents pôles de compétitivité dont la plupart ont du mal à décoller. D’après Eric Halioua, spécialiste des sciences de la vie au cabinet de conseil Arthur D. Little, le secret des pays qui réussissent est que «Plus les clusters concentrent de matière grise et disposent de moyens puissants, plus ils attirent de cerveaux et d’entreprises du monde entier et, plus le cycle d’innovation et de création de richesse s’accélère».
A l’inverse du principe actif de ce cercle vertueux, la position de Frédérique Sachwald de l’Anrt (Association nationale de la recherche technique) est sans ambiguïté en indiquant que «L’attractivité de notre économie pour les activités de recherche et de développement ne cesse de diminuer».
Avec moins de 40 milliards de dépenses en R&D par an, 26 prix Nobel depuis 1901 (en baisse depuis le début des années 90) et 2 195 brevets dits triadiques (reconnus dans le monde entier), la France fait figure de naine face aux Etats-Unis avec ses 216 prix Nobel scientifiques, 15 013 brevets triadiques annuels et presque 300 milliards de dollars de dépenses en R&D.

UN NIVEAU SCIENTIFIQUE EN RECUL

Malgré quelques points forts dans les secteurs traditionnels comme la physique des particules, les maths appliquées ou l’énergie (Iter), les scientifiques français ont pris un retard considérable dans la plupart des secteurs de pointe, c’est-à-dire ceux qui demain vont révolutionner les modes de vie et générer de la vraie croissance. L’un des principaux points faibles de la recherche française est que celle-ci se satisfait assez bien de rester sous perfusion de fonds publics (40,1% du total) avec l’un des taux les plus hauts parmi les pays occidentaux. La part du privé ne représente que 51,9% contre 74% en Corée ou au Japon. Selon Peter Watson, spécialiste de l’art et de l’histoire des idées, «La France n’est plus aussi influente qu’elle l’a été du XVIIe siècle à la Seconde Guerre mondiale. Elle a perdu confiance en elle et ceci est fatal pour la création d’idées et l’attraction de talents étrangers».
Il poursuit en indiquant que «Le niveau scientifique des Français a reculé, hormis en mathématiques. De 1901 à 1939, les Français arrivaient en général en deuxième position derrière l’Allemagne mais devant le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Depuis 1950, l’ordre s’est inversé». Pourtant, l’auteur de The Modern Mind (histoire complète des idées du XXe siècle) avoue un certain optimisme envers la France en soulignant le fait que dans ce pays «La vie intellectuelle a toujours opéré dans un timing indépendant de la vie politique. Je trouve que si la France est un pays démodé politiquement, il est pourtant en train de se renouveler en matière de recherche scientifique grâce aux changements de générations de chercheurs.»

UN XXIe SIÈCLE POSITIVISTE

Si le XXe siècle a inventé la science moderne, il semble d’après Peter Watson qu’en terme d’innovation le XXIe siècle ne sera pas aussi fécond que le précédent en affirmant que «Si des nouveautés comme la naissance d’Internet nous donne l’impression que nous vivons dans une période bouillonnante, en réalité, peu de découvertes ont été faites récemment et je n’en vois pas venir d’autres, sauf dans le domaine des cellules souches qui ouvre un pan de recherche inédit, décisif pour le progrès de la médecine et la question du vieillissement. Pour le reste, qu’il s’agisse de l’informatique, des voitures ou des avions, les progrès ne sont que le prolongement des grandes inventions du siècle passé. On assiste à des avancées technologiques mais pas à des innovations stricto sensu.»
Cet auteur et  chercheur de l’Université de Cambridge poursuit son analyse : «Le XXIe siècle restera positiviste et dominé par la science et que, comme le pense John Maddox ancien éditeur de la revue Nature, ce siècle verra le dénouement du mystère de la vie, la découverte de traitement du cancer et des liens entre les gènes et les comportements individuels de l’homme». Selon lui, le déficit d’innovations stricto sensu repose sur le constat historique que «Les idées naissent grâce à l’ouverture au monde, au fait qu’un individu expose les siennes et écoute celles des autres. Or, on serait tenté de croire que la facilité de communication, le téléphone, les voyages bons marchés ou l’Internet catalysent le progrès scientifiques. En réalité, l’Internet a seulement accéléré les communications et renforcé la compétition entre chercheurs mais il engendre aussi le plagiat et l’uniformisation des modes de pensée. L’homogénéisation du monde (et le formatage des esprits aux mêmes moules culturels) est un réel obstacle au progrès de la pensée !»

RETOUR VERS LE FUTUR

VISION, CONCEPT ET STRATÉGIE
Rien n’est moins évident que le champ de la prospective sachant que le risque d’erreur est grand pour tous ceux qui s’y hasardent dans le cadre d’une projection trop linéaire et logique des événements présents, lesquels seront à coup sûr démentis par les aléas et «grains de sable» politique, économique, financier, militaire ou épidémiologique à venir. Ce qui est sûr, c’est que l’homme va devoir relever de grands défis s’il ne veut pas que son avenir devienne un enfer technologique ou une impasse de société. Pour cela, il va devoir «maîtriser la maîtrise» au niveau des effets induits et rebonds du formidable progrès technique qui se profile pour les 20 à 40 ans à venir. D’après Dominique Bourg, professeur à l’université technologique de Troyes et Jean-Louis Schlegel, sociologue, «Jusqu’à présent, les progrès technologiques étaient pour l’essentiel extérieurs à l’homme ;  ils touchent désormais son identité, ses ressorts intérieurs et intimes». Cette autre dimension du progrès fait que, selon les auteurs de l’ouvrage Parer aux risques de demain paru aux édition le Seuil, «En comparaison des risques énormes que cette évolution fera peser sur l’humanité, les blessures infligées à la planète par les folies industrielles du XXe siècle ressemblent à des piqûres de moustiques». Même constat pour Hugues de Jouvenel, directeur de la revue «Futuribles», pour qui «Nous avons progressé en moyens de destruction mais pas tant que cela en sagesse humaine». Déjà Albert Einstein, en plein milieu du siècle dernier, avait prévenu en indiquant que «Le progrès technique est comme une hache qu’on aurait mise dans la main d’un psychopathe.»

LES 5 «NOUVELLES ECONOMIES»

Selon l’économiste américain Roger Cass, il existe depuis la fin du XVIIIe siècle (1789) une succession de 5 «nouvelles économies» rythmées par des phases de croissance d’environ un quart de siècle, toutes provoquées par un saut technologique majeur, puis entrecoupées de périodes de marasmes plus ou moins longues. La dernière 5e nouvelle économie qui a commencé en 1994 avec l’avènement de l’Internet devrait durer jusqu’en 2020.


1789 - 1815 : Les tout débuts de l’industrialisation
Cette période coïncide avec l’introduction des métiers à tisser Jacquard et les nouvelles valeurs de liberté de la révolution française. Elle prendra fin avec la défaite de Waterloo.

1848 - 1873 : La croissance tirée par les locomotives   

Après 30 ans de marasme, c’est l’ouverture des premières lignes de chemin de fer qui va donner un coup de fouet à l’économie. Cependant la déroute financière des compagnies ferroviaires mettra fin à cette embellie.

1897 - 1921 : La «Belle Epoque» de l’économie

Malgré une Europe qui se déchire durant la première guerre mondiale, les débuts de l’aviation et de l’industrie automobile vont générer une ère de croissance qui durera jusqu’en 1921.

1948 - 1974 : Les Trente Glorieuses
Après la seconde guerre mondiale, il existe alors une formidable volonté de reconstruction, un boom démographique sans précédent et l’arrivée des premiers ordinateurs. Les crises pétrolières de 1973 et 1974 stopperont net cette période faste.

1994 - 2020 : La révolution Internet
C’est l’avènement des nouvelles technologies de l’information qui dope actuellement l’activité économique aussi bien dans l’offre de produits que dans les processus de fabrication et les comportements d’achats.

VERS UN NOUVEAU SAUT TECHNOLOGIQUE

Il est clair que nous n’avons encore rien vu en matière d’innovations technologiques «évolutives» et radicales malgré les avancées constantes dans les télécoms, l’informatique, l’électronique ou les transports. A titre de comparaison, les meilleurs micro-ordinateurs actuels disposent «des capacités mentales d’un poisson rouge». Pour que la machine puisse rivaliser avec le cerveau humain, elle doit pouvoir effectuer 20 millions de milliards d’opérations par seconde. Le dernier monstre d’IBM n’en réalise guère plus de 12 000 milliards par seconde, un score jugé assez «minable» en définitive. C’est donc tout l’enjeu des prochaines décennies que de faire un nouveau saut technologique grâce à la Recherche & Développement. Il est vrai que jamais autant de cerveaux n’ont phosphoré dans tous les labos de la planète faisant que «Désormais la guerre économique se joue moins sur les coûts de production que sur la recherche et l’innovation». Dans la nouvelle économie de la connaissance, tout le monde est d’accord pour dire que le principe d’accélération est très simple : «Plus on cherche et plus on trouve» surtout en croisant les différentes disciplines scientifiques.
Exemples d’innovations à venir :

• Matériaux intelligents :
Selon Jean-François Baumard, responsable du programme Matériau au CNRS, «La rencontre de l’univers des matériaux avec le monde du vivant ouvre d’immenses perspectives.»:

Principales innovations annoncées : baie vitrée autonettoyante ; tissus antipoussières et antimoustiques ; textiles pour bronzer sans risque ; matières plastiques à mémoire de forme ; bétons enrichis de fibres métalliques et de plastifiants ; plastique luminescent dans l’écran télé ; mortier capable de réparer lui-même ses fissures ; vêtements avec microencapsulation et puces intégrées permettant d’afficher des messages, faire un monitoring santé, refroidir ou chauffer, amincir, recharger son mobile…

• Machines intelligentes :
Pour James Crowley, professeur à l’Institut national polytechnique de Grenoble, «Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère. Comme toujours dans l’histoire des sciences, les hommes ne découvriront que progressivement les conséquences de ces technologies». Sait-on notamment que les ordinateurs du futur posséderont un jour des bactéries en guise de mémoire et que les calculs s’effectueront à partir de brins d’ADN ?

Principales innovations annoncées : intelligence artificielle dans les ordinateurs ; synthèse de la parole et «translateurs» permettant aux ordinateurs de faire de la traduction simultanée ; ordinateur commandé par la pensée sans utiliser de clavier ; e-mouchards dans les matériels de communication et de transport ; surveillance biométrique fine capable de cibler les comportements suspects ou déviants ; réunions avec hologrammes en 3D au lieu des vidéoconférences classiques…

Voyage sur la planète Mars : En 2018, la Nasa prévoit un voyage de 6 mois avec 3 couples à bord en profitant des «seulement» 56 millions de kilomètres qui sépare la Terre de Mars (au lieu des 400 millions pour sa position la plus éloignée) avec l’obligation des rester toutefois 18 mois sur place, soit au total un voyage de 2,5 ans. 

• Transport aérien :
L’objectif des constructeurs aéronautique est de pouvoir réaliser un vol Paris-New-York en 45 minutes et Paris-Tokyo en 2 heures 50 à la vitesse de 6 000 km/h (Mach 5) à partir d’un avion construit en matériaux composites et céramiques et disposant d’un moteur à hydrogène. Cet avion supersonique est prévu en 2050 même s’il ne pourra pas emporter plus de 100 passagers.

• Voiture à nouvelle technologie : Les spécialistes sont unanimes pour dire que la voiture de demain ne ressemblera que très vaguement aux automobiles plus «traditionnelles» qui circulent actuellement sur les routes.

Principales révolutions annoncées : moteur à pile à combustible branché sur un réservoir d’hydrogène liquide de très haute sécurité alimentant 4 moteurs électriques fixés sur chacune des 4 roues avec une autonomie moyenne de 500 km ; carrosserie 100% recyclable ; système de navigation intelligent ; joysticks rétractables pour remplacer le volant ; téléguidage automatique par satellite…

• Organes artificiels : Grâce au progrès de l’électronique et des matériaux, l’homme du milieu du XXIe siècle pourra devenir un surhomme en disposant d’un cerveau «pucé» capable de devenir 1 000 fois supérieur à un «simple» cerveau humain tout en disposant d’un savoir sans limites relié  directement à l’Internet.

Le corps humain pourra également être reconstruit comme neuf du biceps aux orteils en passant par la vision, tout en permettant de décupler les performances physiques et mentales. En matière de maladies, les molécules anticancéreuses seront (bientôt) transportées vers les tumeurs par des nanovecteurs conçus à grand renfort de simulations informatiques.
Principales révolutions annoncées : commande des avions de combat et manœuvres simplement par le regard et la pensée ; remplacement des neurones par des nanobots ; traitement génétiques révolutionnaires intervenant directement dans le noyau de cellules ; clonage humain à des fins thérapeutiques ; médicaments et pharmaco génétique sur-mesure ; thérapie cellulaire et reconstruction d’organes avec robots, caméras et ordinateurs remplaçant le bistouri du chirurgien…

• Alimentation modifiée : Pour les industriels de l’agroalimentaire, l’avenir des produits n’est pas du tout dans le lyophilisé mais dans le changement de physionomie des produits et la fonction d’alicaments. Sous l’angle de la production agricole, l’avenir est dans l’usage de terres arides afin de pouvoir cultiver des plantes avec OGM capables de résister aux canicules et à la pénurie d’eau.

Principales révolutions annoncées : sauce tomate destinée à prévenir le cancer de la prostate incluant du lycopène ; yaourts pour femmes enceintes avec de la vitamine A et de l’acide folique ainsi que pour retarder l’alzheimer ; Chocolat spécial pour diabétique ; chewing-gums antidiarrhée ; œufs pour améliorer la vue des seniors ; pommes antirides ; steack de synthèse dans le but de limiter l’effet de serre lié à l’élevage intensif…

• Energie : La chasse aux énergies renouvelables est pleinement ouverte et doit nous réserver pas mal de surprises de la part des industriels et des scientifiques.
Principales révolutions annoncées : éoliennes d’altitude sous forme de ballon à vent ; hydroliennes chargées de capter l’énergie des courants marins ; machines à vagues sous forme de boudins articulés transformant l’énergie de la houle en électricité ; utilisation du Jatroha Curcas (plante) comme nouveau biocarburant essentiellement cultivé dans les régions semi-désertiques ; utilisation de micro-algues au rendement 16 fois supérieur au maïs ; panneaux solaires à 1 dollar le watt démultipliant ainsi par 100 la productivité des outils classiques ; satellites destinés à capter l’énergie du soleil et à la retransmettre par rayons de micro-ondes…

• Loisirs :
Le monde du divertissement va également proposer une offre élargie de produits technologiques dite de «réalité augmentée», ainsi que de nouveaux lieux de distractions.
Principales révolutions annoncées : multiples offres de réalité virtuelle pour les ludonautes et jeux en ligne ; croisières sur mer à l’énergie solaire ; jogging assisté donnant l’impression de sprinter comme un cosmonaute dans le but de diminuer de 80% les chocs sur les articulations ; grimper les falaises comme spider-man grâce à des nanotubes ultra adhérents ; verres de contact à nanocapteurs capables de lire les SMS ou de projeter un film ; hôtels sous-marins à 15 mètres de profondeur ; cités flottantes pour ne plus payer d’impôt (projet Freedom Ship long de 1300m et 240m de large)…

SONDAGE SUR LE PROGRÈS TECHNOLOGIQUE

Les Français plébiscitent les innovations dans le domaine de la santé en attribuant même au progrès technologique une part de leur bonheur. Selon eux, les nouvelles technologies… :
79%    Rendent la vie quotidienne plus facile
73%    Comportent des risques pour la santé
70%    Ont des effets négatifs sur l’environnement
69%    Détériorent la qualité des relations entre les gens
65%    Contribuent au bonheur
60%    Permettent d’avoir plus de loisirs
58%    Favorisent la croissance économique
53%    Créent des emplois
Source : Capital - Sondage réalisé par l’institut CSA en juin 2008


MINUIT MOINS 5


LORSQUE LA TECHNOLOGIE PRÉCIPITE LA FIN
D’après Jean-Pierre Dupuy, philosophe des sciences sociales et polytechnicien, «notre monde va à la catastrophe» sachant qu’il existe actuellement une «horloge de l’apocalypse» (doomsday clock) mise au point en 1947 par des physiciens atomistes choqués par la bombe d’Hiroshima. Celle-ci indique le temps global de formation de la Terre ainsi que le nombre de minutes symboliques qui nous séparent de minuit, c’est-à-dire de la fin du monde. Au XXIe siècle nous sommes à moins de 5 minutes de minuit (23H55) pour 3 raisons invoquées par les scientifiques :

• La probabilité d’une nouvelle ère nucléaire caractérisée par la prolifération et par le terrorisme 
• Le réchauffement climatique et ses effets sur l’environnement
• La perte de contrôle de certaines technologies avancées

Selon cet enseignant à l’Ecole polytechnique et à Standford en Californie : «Les plus grands scientifiques reconnaissent que l’humanité peut recourir à deux méthodes pour s’éliminer elle-même : la violence intestine et la guerre civile à l’échelle mondiale, mais aussi la destruction du milieu nécessaire à sa survie».
En fait prévient-il, «Ce seront les conflits et les guerres provoqués non par les migrations massives liées au réchauffement climatique (montée des océans, canicules, assèchement de régions entières…) mais par l’anticipation de ces événements». Une autre anticipation génératrice de guerres et de tensions serait également liée à «L’épuisement des ressources fossiles et à la volonté des états de se battre avec l’énergie du désespoir pour s’approprier la dernière goutte de pétrole et la dernière tonne de charbon.»

UNE CÉCITÉ GÉNÉRALE
Pour cet expert spécialisé dans les sciences cognitives, même le progrès technologique n’est pas une solution sachant que l’on a de quoi frémir d’effroi «Lorsqu’on apprend qu’aucun scénario dressé par les organismes spécialisés ne comporte de solution réaliste pour passer le cap des années 2040-2050». C’est la raison pour laquelle, poursuit-il, «Nous ne pouvons plus nous abandonner à l’optimisme scientiste qui compte uniquement sur la technique pour nous sortir des impasses où nous a mis la technique». De la même manière, l’auto-aveuglement des hommes face à l’évidence d’une catastrophe annoncée résulte presque toujours de ce qu’un chercheur anglais a nommé «Le principe inverse d’évaluation des risques» et qui est «La propension d’une communauté à reconnaître l’existence d’un risque par l’idée déterminante que celle-ci se fait des solutions. En société, il en est de même avec les pouvoirs politique et économique qui croient qu’un changement radical de nos modes de vie et un renoncement au «progrès» sont le prix à payer pour éviter le désastre».
Il s’agit, d’après lui, d’une occultation du mal et d’une cécité «A ne pas vouloir croire ce que nous savons lorsque la catastrophe est devant nous. Ce n’est pas l’incertitude qui nous retient d’agir, c’est l’impossibilité de croire que le pire va arriver». Face à la catastrophe, notre rapport au temps fait alors que «Nous ne tenons celle-ci pour possible qu’après qu’elle a eu lieu. C’est bien là la source de notre problème. Car prévenir la catastrophe implique de croire vraiment en sa possibilité avant qu’elle ne se produise». Toutefois, prévient l’auteur du livre Pour un catastrophisme éclairé paru aux éditions du Seuil, «Si on réussit à la prévenir, sa non-réalisation la maintient dans le domaine de l’impossible et les efforts de prévention apparaissent rétrospectivement inutiles comme cela s’est passé avec le «bogue de l’an 2000.»

LA MENACE ECOFASCISTE

La mutation profonde de la technologie et la convergence qui se réalise actuellement entre les nanotechnologies et les biotechnologies font que «L’homme prend aussi la relève des processus biologiques et participe à la fabrication de la vie». Or, pour Jean-Pierre Dupuy, tout concourt à «déclencher des processus complexes irréversibles faisant que l’ingénieur de demain sera un apprenti sorcier non par négligence ou par incompétence mais par dessein. C’est effrayant et fascinant à la fois !». Alors que «Toute l’intelligence disponible doit retarder le plus possible l’autodestruction de l’humanité», ce penseur affirme que «Le scénario le plus probable est hélas qu’une forme ou une autre d’écofascisme (radicalité autoritaire sur la cause environnementale) nous privera de la liberté au nom de la survie. La panique qui s’emparerait des peuples de la Terre s’ils découvraient trop tard que leur survie est en jeu risquerait alors de faire sauter tous les verrous qui empêchent actuellement la civilisation de plonger dans la barbarie». En résumé, d’après lui, le pire est dans la posture politique qui partant d’une bonne intention écologique devient progressivement une arme politique fatale par ses excès dogmatiques et sécuritaires de façon à nuire à la survie même des peuples et de l’humanité toute entière !



LE CRITT AGRO-ALIMENTAIRE AU SERVICE DES INDUSTRIES AGRO-ALIMENTAIRES ET DE BIOTECHNOLOGIES


Le Centre Régional d’Innovation et de Transfert de Technologie Agro-Alimentaire Poitou-Charentes a été créé en 1989 avec pour objectif de contribuer au développement économique régional dans le secteur très large de l’Agro-alimentaire et des biotechnologies. Installé à La Rochelle et composé d’une équipe de 10 personnes, il réunit aujourd’hui plus de 180 entreprises adhérentes, présentes sur des circuits très diversifiés et de taille différente.

le CRITT Agro-alimentaire intervient dans six domaines majeurs :
• Nutrition Santé
• Innovation produits et marketing
• Qualité & Sécurité des aliments
• Qualité/Sécurité/Environnement et Eco-conception
• Nouvelles Technologies, procédés
• Performance industrielle

Pour soutenir et accompagner les entreprises dans leurs démarches d’innovation et développement, le CRITT propose plusieurs niveaux d’intervention :
• Un service Questions / Réponses qui fournit des informations techniques en temps réel et répond aux questions quotidiennes de manière très réactive.
• L’envoi systématique de bulletins de veille réglementaire (Industries Agroalimentaires, Qualité-Sécurité-Environnement), segmentés par filière et du bulletin d’informations « Info@CRITT » traitant de sujets d’actualités.
• La participation à des salons professionnels.
• La réalisation de Pré-diagnostics technologiques avec notamment l’aide à la conception de projets (analyse, structuration des étapes, estimation des délais et des coûts, recherche d’experts extérieurs…), et l’aide à la recherche de financements complémentaires.

Ces pré-diagnostics peuvent concerner les domaines suivants :
• Nouvelles Technologies et Procédés : Traçabilité, productivité, nouveaux équipements….   
• Qualité et Sécurité Alimentaire : Démarches de certifications, Hygiène   
• Innovation Produits : Nouveaux ingrédients, conditionnement…
• Nutrition : Audit nutritionnel, étiquetage, allégations.
• Environnement : réduction et valorisation des déchets, éco-conception, bilan, carbone...
• Marketing : étude de marché, concept produit, stratégie marketing….
En savoir plus : www.crittiaa.com

 
PAROLE D’EXPERT

POUR LE RDT,  L’INNOVATION C’EST QUOI !
Penser l’innovation pour son usage et pour l’usager

Les Réseaux Développement Technologique ont été pensés à l’origine, il y a déjà 20 ans, pour soutenir le développement technologique des PME et TPE. Cette mission est toujours d’actualité car il reste encore beaucoup de travail à faire. Notamment en région pour que la grande majorité des entreprises utilisent et maîtrisent les meilleures technologies à la production, procédés ou services proposés à leurs clients.
D’une part, l’utilisation des meilleures technologies est gage d’une meilleure réussite dans l’offre aux clients, en particulier pour les produits complexes et sophistiqués qui exigent rigueur et qualité. D’autre part, c’est un moyen de se démarquer des marchés d’entrée de gamme où la concurrence est féroce et souvent inégale avec les pays à bas coûts salariaux.

Ne pas confondre innovation et nouveauté technologique

L’innovation est souvent présentée sous sa forme la plus élitiste, à savoir la « Hight Tech », la plus connue et reconnue car elle est le fruit d’une recherche et d’un développement de grande intensité, et par conséquent plutôt réservée aux plus grandes entreprises.
Mais l’innovation n’est pas forcément synonyme de nouveauté technologique. Elle peut même résulter d’une véritable « régression » technique, comme le prouve l’exemple de Benetton, qui au lieu de teindre dans la masse ses pulls rouges fabrique des pulls écrus colorés ensuite en rouge si c’est la mode. François Bouvier* égrène d’autres exemples du même ordre : Airbus qui équipe tous ses modèles du même cockpit pour simplifier la vie des pilotes, Dell qui assemble ses ordinateurs à façon, etc.

François Bouvier propose une vision pragmatique de l’innovation. « A une innovation doit correspondre un usage ». Aujourd’hui, quand on vend une voiture, on ne vend plus une machine, mais un usage. On reste dans la production de masse, mais en donnant l’illusion du « sur mesure. »
Il ne s’agit pas d’innovations technologiques, mais d’innovations de service acceptable par le corps social.

Toutes les entreprises sont concernées par l’innovation
En résumé, l’inspirateur des RDT martèle le message selon lequel « l’innovation, ce n’est pas forcément la nouveauté, ni le transfert de technologie tout fait, car on ne transfère pas une technologie comme un joueur de football ! Mais, c’est une offre de service tenant compte de l’usage. »

C’est sans doute sur ce point essentiel, qu’il y a un intérêt pour les PME, mais aussi pour les TPE, de répondre à tout ce qui concerne le domaine service qui peut-être apporté par l’entreprise au périmètre du produit ou du procédé proposé à ses clients.

S’intéresser au domaine du service autour du produit ou procédé proposé à ses clients, en s’appuyant sur l’écoute de ce dernier, c’est assurément  s’ouvrir à de nouveaux besoins des consommateurs,  auquel l’entreprise peut et doit répondre.


J-Gilles VIGNAUD. Directeur du RDT Poitou-Charentes

* François BOUVIER, ancien conseiller du ministre de la recherche Hubert CURRIEN, inspirateur du concept des Réseaux Développement Technologique.



 
PAROLE D’EXPERT

ZOOM SUR LE RESEAU DE DEVELOPPEMENT TECHNOLOGIQUE (RDT) DU POITOU-CHARENTES

Un Réseau de Développement Technologique (RDT) est un organisme de service public sous tutelle du Ministère de l’Industrie et de la Recherche.
Le RDT Poitou-Charentes, dont l’hébergement a été confié à l’Association Convergence, association loi 1901, présidée par un chef d’entreprise et dotée d’un un comité de pilotage composé d’acteurs des services publics de l’Etat et de la Région, appartient au réseau des 22 RDT du territoire français.
Il fonctionne en réseau puisqu’il est le relais fédérateur des différents organismes publics et parapublics régionaux à vocation de développement économique ou de transfert de technologie au service des problématiques technologiques des entreprises : Conseil Régional, OSEO, DRRT, Chambres de Commerce et d’Industrie, Chambres des Métiers, Universités, Ecoles d’ingénieurs, Laboratoires de recherche, CRITT labellisés ou centres techniques….


LES SERVICES APPORTES PAR LE RDT AUX TPE OU PME
Concrètement, le RDT a trois missions majeures :
• Faire émerger tout projet de développement à vocation technologique.
• Accompagner leur mise en œuvre .
• Financer partiellement les dépenses induites par ces projets.

Pour cela, le RDT se donne pour mission de :
• trouver et faciliter l’accès aux Centres de Compétences qui permettront de relever les défis technologiques détectés.
• valider l’octroi d’aides financières, sous forme de subventions.
• financer éventuellement l’intervention d’un Consultant qui aurait pour mission d’accompagner l’entreprise dans la formalisation de son projet.

DEUX OUTILS FINANCIERS A DISPOSITION DES ENTREPRISES

1) La prestation Technologique Réseau (PTR)
La PTR est réservée aux PME et TPE de Poitou-Charentes, dont l’effectif est ≤ à 250 personnes, ayant une activité de production industrielle, artisanale ou de service à l’industrie et ayant besoin d’être accompagnées pour envisager ou mettre en œuvre tout projet de développement par l’innovation et la technologie. Nature des prestations pouvant faire l’objet d’une subvention : pré-études, essais, modélisation, caractérisation de produits, études de marché et de l’état de l’art technique, recherche de partenaires, dépôt de premier brevet français.

Modalités de prise en charge des projets par une PTR
La PTR ouvre droit au versement d’une subvention égale à 50% des dépenses internes et externes affectées au projet avec un montant plafonné à 10 000€.
L’aide financière est versée par le RDT directement au prestataire et n’exige donc pas d’avance de trésorerie.

2) La Mission Consultance

La Mission Consultance ouvre droit au versement d’une subvention égale à 75% du coût d’intervention d’un Consultant, dans la limite de 5000€ HT.
Toutes les PME et TPE de Poitou-Charentes, y compris les plus petites, ayant une activité de production industrielle, artisanale ou de service à l’industrie sont éligibles.

Les missions d’un Consultant/ Expert sont diverses :

• éclairer sur une problématique technologique
• Qualifier l’expression des besoins et l’intérêt du projet
• Identifier les compétences technologiques de référence.
• Aider à positionner l’entreprise
• Traduire scientifiquement le fonctionnement, les caractéristiques et les performances d’un produit ou procédé.
L’aide financière est versée par RDT directement au prestataire.

www.rdt-poitou-charentes.org ou 05 49 54 55 64

 

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