JDP N° 95 : Communication - Fidéliser un client, réaliser des documents commerciaux, le regard du fisc sur les promos et cadeaux d'affairesArticle complet
Bien communiquer pour bien fidéliser !
Date : 24/06/2009
• Faire parler de son entreprise dans les médias
• Entretenir la fidélité du client
• Réaliser des documents commerciaux percutants
• Le regard du fisc sur les promotions et les cadeaux d’affaires
FAIRE PARLER DE SON ENTREPRISE DANS LES MEDIAS
UN SIGNAL PROACTIF
Il est essentiel que la communication continue durant la crise, obligeant comme dans le management ou la comptabilité à faire preuve de rigueur et de professionnalisme. En ce domaine, le simple bon sens ne suffit pas au chef d’entreprise d’une TPE ou PME, l’obligeant à lister précisément les objectifs à réaliser selon 3 catégories : faire connaître, faire aimer et faire agir. En fait, communiquer doit relever d’une stratégie précise parfaitement corrélée au plan marketing de l’entreprise et consistant soit : à fidéliser la clientèle existante, conquérir de nouveaux clients, développer la notoriété des marques, favoriser la pénétration commerciale dans un marché donné, pratiquer la lutte concurrentielle, promouvoir la diversification, effectuer des recentrages, informer sur la prise de contrôle, l’expansion, la croissance externe ou encore sur la création de marché ou de partenariat…
En tout état de cause, la communication doit démontrer que l’entreprise bouge, se développe, prend des initiatives dans le but de prouver à ses réseaux, clients, prospects, fournisseurs, partenaires, qu’elle manifeste de la vitalité économique et, implicitement, qu’elle est en mesure d’honorer ses engagements, ses délais, la qualité intrinsèque de ses produits, etc. La communication est donc un signal proactif agissant comme une déclaration publique de bonne santé à la fois rassurant et motivant pour l’ensemble de la sphère d’activité habituelle de l’entreprise.
LES PRINCIPAUX OBJECTIFS DE LA COMMUNICATION
Dans le but essentiel de fidéliser à la marque :
• Informer sur un fait précis, une décision notable, une situation particulière
• Entretenir des contacts avec le public, la presse, le milieu professionnel
• Transmettre de nouvelles coordonnées, site Internet, visite d’entreprise
• Faire valoir une certification, un label, un prix, une récompense
• Mettre en valeur les résultats, les investissements, les agrandissements
• Informer sur un déménagement/emménagement
• Honorer les hommes et femmes de l’entreprise méritants
• Informer sur la sortie d’un nouveau produit dans la gamme
• Accroître son chiffre d’affaires sur de nouveaux segments
• Gagner des parts de marché en BtoB ou BtoC
• Améliorer la notoriété d’une marque
• Diminuer le coût de recrutement des clients, faciliter la prospection
• Mettre en valeur le réseau de distribution
• Démontrer un savoir-faire technique, informer sur une innovation
• Augmenter le taux de parrainage, renforcer le lien commercial
• Mieux identifier le produit par rapport à ceux de la concurrence
LA PRESSE EN TÊTE
Dans la crise actuelle, les budgets baissent mais pas de manière importante. Entre 2007 et 2008, la baisse n’a été que de 3% (moins 308 M€) même si 2009 annonce des écarts plus importants qui frôleront peut-être le niveau du mini krach publicitaire de 2001 (-528 M€) lié à l’éclatement de la bulle Internet.
A l’époque, la baisse des investissements publicitaires dans l’ensemble des grands médias avait été de -5%. En France, le secteur de la presse écrite est de loin le principal bénéficiaire des investissements publicitaires en provenance des annonceurs privés et publics avec près de 4,5 milliards d’euros.
Il est suivi par la télévision (3,3 Md€), la publicité extérieure dont l’affichage (1,2 Md€) puis par la radio (0,8 Md€) et enfin par l’Internet (hors liens sponsorisés) qui grimpe régulièrement pour atteindre les 0,7 Md€ en 2008. Dans le contexte actuel c’est d’ailleurs le média montant qui engendre le plus d’espoirs considérant, comme le souligne Philippe Legendre de l’Irep (Institut de Recherche et d’études publicitaires), que «Les médias traditionnels tirent profit d’Internet puisque les chaînes de télévision, les titres de presse ou les radios disposent de sites recueillant de la publicité.»
Malgré le discours alarmiste sur la chute du marché publicitaire, la pente des investissements en publicité a régulièrement augmenté de +23% en 10 ans même si tous les médias ne sont pas égaux devant les recettes publicitaires.
Par exemple, si durant la dernière décennie les investissements ont augmenté de +8% dans la presse, +9% dans l’affichage, +1/3 dans la télévision et la radio, l’Internet a bénéficié d’une forte progression (relative) de +100% par rapport à 2005. Il représente actuellement 15% des investissements annonceurs par rapport à la presse écrite.
LE MARCHÉ PUBLICITAIRE
En France, le marché publicitaire évalué à près de 10 milliards d’euros se répartit de la manière suivante : (Sources : Irep - France Pub)
43% Presse
31% Télévision
11% Publicité extérieure, affichage
8% Radio
7% Internet
LA BI-MÉDIATISATION
Si la publicité en ligne représente une ressource marginale face à la publicité papier, elle est à l’origine de l’émergence du bi-média. Il s’agit d’un même média déclinant ses contenus sur 2 types de support complémentaires comme, par exemple, le papier (journal, magazine) et l’Internet (site gratuit ou payant) ou TV et web.
COMMENT BIEN COMMUNIQUER ?
Même avec un petit budget, il est possible de bien communiquer en variant intelligemment les méthodes. C’est ce que tend à démontrer Dominique Le Fouler dans son guide pratique intitulé La Boîte à outils Communication réalisé à l’attention des indépendants, petites et moyennes entreprises et publié aux Editions du Puits Fleuri. Il préconise d’agir avec méthode et précision en recommandant d’appliquer les conseils suivants :
1. Bien identifier les activités les plus rentables
L’objectif est de coupler le coût de la communication aux familles de produits/services qui dégagent le maximum de marge dans un minimum de temps et dans le moindre effort.
2. Intégrer la concurrence
Aucun plan de communication efficace ne peut se soustraire d’une bonne connaissance des tendances et des perspectives du marché. Cela suppose de tenir compte des forces et des faiblesses de la concurrence.
3. Comprendre les attentes des cibles
Plus l’entreprise est petite, plus il est nécessaire de sélectionner avec précision (dans son message) les clients et les prospects que l’on souhaite toucher, sans oublier les autres acteurs qui peuvent jouer un rôle majeur dans le processus d’information ou d’utilisation.
4. Affiner ses cibles
Sachant que tous les clients d’une entreprise ne sont pas rentables, l’idéal est de cibler les clients qui ont commandé lors des derniers mois ou ceux dont le chiffre d’affaires a été supérieur à x euros sur une période donnée.
5. Trouver de nouvelles cibles
En matière de prospects, il est nécessaire d’utiliser des fichiers croisant des critères pertinents incluant la géolocalisation, les revenus, l’âge, le sexe, le niveau d’étude, le type d’habitat, la taille de la famille, le taux d’équipement, l’utilisation ou non d’un produit, d’une marque…
6. N’oublier aucun acteur
Une attention toute particulière doit être mobilisée sur tous les acteurs qui influencent l’acheteur final :
- prescripteurs (garagistes, médecins…) ;
- institutionnels (CCI, syndicats prof.) ;
- leaders d’opinion (journalistes, formateurs) ;
- Influenceurs (artisans, consultants) ;
- utilisateurs mais non payeurs (enfants, salariés)
7. Garantir la cohérence d’ensemble
Si les messages doivent être adaptés et différenciés en fonction des cibles (prospects, clients, fournisseurs…), il est toutefois nécessaire de maintenir une cohérence d’ensemble en définissant des valeurs communes valables pour toutes les cibles.
Celles-ci sont ensuite déclinées à travers les bénéfices particuliers que peuvent en attendre les différentes cibles. Attention à ne pas mélanger les actions purement promotionnelles de celles reflétant les valeurs de la marque.
8. La bonne technique du communiqué de presse
La principale règle est d’écrire pour être lu rapidement et non pour raconter sa vie.
L’idéal est de tout concentrer sur une seule page A4 (maxi 2) en évitant les développements à rallonge. Dans un envoi par email, le mieux est d’adresser un petit commentaire de quelques lignes avec 1 ou 2 fichiers annexes comprenant une page synthèse (Word) et éventuellement un dossier détaillant le sujet (PDF).
L’IMPORTANCE DU LOGO
Le logo est destiné à faciliter l’évocation immédiate de l’entreprise en tant que clé de voûte de toute identité visuelle.
En tant que démarche identitaire professionnelle, ce vecteur de communication interne et externe doit être :
• Déclinable sur différents supports (carte de visite, documents commerciaux, packaging, signalétique, catalogue…)
• Adaptable aux nouvelles technologies comme l’Internet
• Simple, lisible, expressif et facilement mémorisable
• Capable d’actualisation en fonction de l’évolution des codes visuels contemporains
LA PAGE IDÉALE DU COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Avec utilisation d’une double police : principale (titres, textes) et annexe (mentions, italiques sous photo):
EN HAUT
• Un logo à gauche
• Le mot PRESSE avec l’adresse email réservée à la presse
CORPS DE PAGE
• Image ou photo la plus symbolique du sujet
• Titre «plein», accrocheur et explicite en gros caractères
• Chapeau qui justifie et résume le communiqué (max 10 lignes)
• Sous-titres en gras au-dessus de chaque petit paragraphe informatif (3 à 5 lignes chacun)
EN BAS
• Insertion d’illustrations
• Coordonnées principales
COMMENT COMMUNIQUER AVEC LES JOURNALISTES ?
Dominique Le Fouler donne 19 règles pour bien communiquer avec les journalistes :
1. Cibler un sujet qui mérite un communiqué de presse
• Lancement d’un produit
• Nouvelle marque distribuée
• Création d’un nouveau service
• Inauguration d’un nouveau siège social
• Obtention d’une certification
• Nomination
• Evénement
• Résultats financiers
2. Jouer sur la régularité
• Instaurer un climat de confiance par des contacts réguliers
• Miser sur le fait que les journalistes reprennent plus facilement des informations des entreprises qu’ils connaissent
3. Eviter les dépenses inutiles
• Opter pour un communiqué de presse adressé par messagerie ou courrier à la place d’une conférence de presse ou d’un gros dossier par la poste
4. Faire une check-list précise des infos communiquées
• Eviter que le message comporte des erreurs toujours source de défiance ultérieure
5. Créer un espace presse sur le site de l’entreprise
• Fournir des communiqués en format PDF à télécharger
• Mettre une photothèque à disposition
6. Assurer le suivi relationnel
• Disposer d’une personne nommément désignée dans l’entreprise
• Créer une adresse mail réservée à la presse
• Réagir rapidement à toute demande d’info
7. Valoriser les retombées presse
• Les articles ont souvent plus d’impact qu’une pub
• L’affichage des coupures de presse en interne a une vertu fédératrice
ENTRETENIR LA FIDELITE DU CLIENT
2 GRANDS TYPES D’ACHETEURS
Rien n’est moins évident que de fidéliser ses clients alors que les causes d’infidélité à la marque sont nombreuses et permanentes.
La plupart des raisons invoquées sont d’ailleurs «souvent à chercher dans la communication des entreprises» ainsi que le confirme Benoît Stoop, directeur général de Yours une société de marketing créatif. Ce dernier indique que trop souvent «Le client est un être anonyme dont on ne sait pas grand-chose. Alors que la plupart des marques et des enseignes s’attellent à fidéliser leurs clients, cette méconnaissance est une aberration».
Pourtant, selon lui, il existe 2 grands types d’acheteurs : «Ceux qui achètent pour sortir du lot et ceux qui, au contraire, le font pour marquer leur appartenance à un groupe ou à une classe sociale».
Il en déduit ainsi que la place de la marque dans la démarche de fidélisation doit être différente, considérant que «Celui qui achète pour se distinguer des autres va chercher dans le produit une touche originale, innovante, surprenante.
Dans ce cas, la marque ne sera prise en considération que dans un second temps en agissant davantage comme un gage de qualité que comme un premier critère d’achat». A l’inverse, «Celui qui achète en vue de se conformer à une mode ou à un groupe est susceptible de considérer la marque d’abord, car elle est le signe extérieur de son appartenance au groupe. Dans ce cas, la marque elle-même a une valeur et constitue un premier critère de choix.»
LES VALEURS D’ATTACHEMENT À LA MARQUE
Alors que la fidélité à la marque est «Un facteur crucial pour les entreprises», il est essentiel pour les marques «De savoir quelle démarche adopte en majorité leur cible car la communication devra être pensée en fonction de cela».
Cela suppose que la communication prenne en compte «Le marketing et les caractéristiques intrinsèques des produits proposés» ou que «La communication souligne davantage les valeurs de la marque en tant que telle».
D’après Benoît Stoop, il est ainsi possible de représenter les consommateurs en matière d’attachement à la marque selon une typologie simple fondée sur un axe vertical Réflexion/Raison et Emotion/plaisir et un axe horizontal : Valeurs individuelles et Valeurs familiales.
Dès lors, la première question à se poser en tant qu’entreprise est : A quel type de consommateur/client ma marque s’adresse-t-elle principalement ? C’est seulement à cette condition «Par le biais d’analyses qualitatives et quantitatives pointues du portefeuille client que l’on pourra prévoir les causes de rupture et ajuster sa communication de façon à éviter les infidélités.»
Sans cela, le plus grand risque pour une marque ou une enseigne est de se mettre en rupture par rapport à son positionnement.
D’après ce spécialiste, «Il faut savoir qu’un mauvais message est bien pire que pas de message du tout» sachant que le positionnement n’est pas «Celui que l’entreprise souhaite ou croit avoir mais bien celui qu’elle a aux yeux de ses clients !»
TYPOLOGIE ET FIDÉLISATION
Il existe 4 typologies selon Benoît Stoop permettant d’identifier ses groupes de clients et d’ajuster une communication adéquate :
• LES SPONTANÉS
Ces clients associent l’Emotion/Plaisir avec les Valeurs individuelles en se montrant très attentifs à l’innovation et aux avancées technologiques en valorisant d’abord l’originalité et le progrès. Ils se sentent peu liés à la marque et prennent des décisions rapides, voire impulsives, tout en montrant un fort degré de critique. Pour eux, l’attachement à la performance est primordial induisant une capacité de rupture sans état d’âme avec la marque sous l’effet d’une nouvelle tentation, d’une impatience ou d’une déception. Avec eux, le risque d’infidélité menace en permanence.
• LES EQUILIBRÉS
Ce type d’acheteurs valorise la marque en tant que telle car elle sécurise l’achat et apporte une satisfaction sur le long terme. Croisant l’Emotion/Plaisir avec les Valeurs familiales, ce profil recherche avant tout la valorisation par l’appartenance à un groupe, la simplicité et la sobriété. Les valeurs éthiques sont importantes faisant que ce groupe se montre, au final, très fidèle à la marque tout en montrant un faible intérêt pour l’offre concurrente. L’infidélité s’annonce par de nombreux signes précurseurs que l’entreprise peut largement retourner en sa faveur.
• LES EXIGEANTS
Leur comportement d’achat est très rationnel en privilégiant la réflexion, la praticité et l’utilité. Cette typologie fondée sur mix entre Réflexion/Raison et Valeurs individuelles se montre relativement réaliste, optimiste, stable et sensible au rapport qualité/prix.
Elle achète pour se distinguer non pas d’un point de vue social mais plutôt d’un point de vue intellectuel en étant fière de pratiquer des achats jugés par elle intelligents et fonctionnels.
Il existe une relation de propriété avec la marque même si la rupture peut être brutale en cas de déception. L’occurrence de l’infidélité se nourrit rationnellement par des comparaisons notables avec l’offre concurrente.
• LES CONFORMISTES
De nature fidèle, les conformistes sont attachés au passé et ne souhaitent pas aller voir ailleurs. Associant Réflexion/Raison et Valeurs familiales, le poids des traditions et des usages est important.
Réticent au changement, ce profil valorise les contacts sociaux et la recherche de sécurité en s’informant peu en définitive.
La marque utilisée, souvent ancienne et connue, représente une part de leur histoire créant ainsi un véritable désarroi lorsqu’elle disparaît. Le risque d’infidélité résulte principalement d’erreurs de communication de la marque.
RÉALISER DES DOCUMENTS COMMERCIAUX PERCUTANTS
Pour la plupart des TPE-PME et des entrepreneurs solo, les documents commerciaux restent le fer de lance de leur communication. Indispensables pour prospecter, les plaquettes véhiculent les valeurs de l’entreprise et l’argumentaire principal dans la bataille concurrentielle. C’est la raison pour laquelle, tous les documents commerciaux doivent se référer à une charte graphique dont les principes sont valables pour tous. Quelques conseils à suivre pour réaliser une bonne mise en page sachant que l’œil du lecteur travaille en flashs successifs en captant les mots, les expressions et rarement plus de 5 mots à la fois.
15 conseils utiles pour rédiger sans complexe :
• Utiliser des phrases courtes de 15 à 20 mots maximum pour faciliter la mémorisation.
• Alterner les phrases courtes et un peu plus longues afin de donner du rythme au texte.
• Mettre des titres courts de 5 à 10 mots sachant qu’ils sont lus 5 fois plus que le texte lui-même.
• Jalonner le document avec des intertitres qui permettent de comprendre l’essentiel.
• Opter pour des mots simples, connus et courants.
• N’utiliser que les termes techniques que la cible connaît.
• S’obliger à mettre un autre verbe à la place de : être, avoir, dire, trouver…
• Privilégier la forme active avec un sujet suivi du verbe et d’un complément d’objet direct de façon à rendre le contenu court, léger et dynamique.
• N’employer que le présent, le futur, le passé composé ou l’impératif, à la limite l’imparfait.
• Se plier à la règle qui suppose une idée à la fois et une seule information par phrase.
• Favoriser si possible les formules imagées et les associations d’idées.
• Utiliser une grande lettrine au début du texte sachant que cela augmente de 10% le taux de lecture.
• Disséminer quelques mots en gras, soulignés ou en couleurs.
• Manier l’italique avec parcimonie, uniquement lors de la reprise de citations d’auteur, réponse à une interview ou chapeau (texte de départ).
• A part les titres, n’écrire en majuscule qu’exceptionnellement d’autant plus que l’absence d’accent peut conduire à des quiproquos.
SE DÉCOMPLEXER DANS L’ÉCRITURE
L’écriture professionnelle n’est pas une question de talent littéraire mais surtout de méthode. Pour cela, il faut bien comprendre comment chacun de nous fonctionne en essayant de vaincre les obstacles un par un.
Il faut également se convaincre qu’il n’existe pas de méthode unique et idéale et que 9 personnes sur 10 se mettent à la tâche au dernier moment. Aussi le mieux pour commencer à écrire consiste à :
• Mettre en scène son histoire en utilisant le rapport personnel que l’on entretient avec la littérature et la culture de son entreprise.
• Ne pas hésiter à pratiquer des «tours de main» c’est-à-dire à accoucher spontanément du texte comme on le sent. Selon Alain André, directeur de l’atelier d’écriture Aleph «Certains écrivent n’importe comment et retravaillent ensuite ; d’autres écrivent une phrase, la corrigent jusqu’à ce qu’elle soit parfaite avant d’aborder la deuxième ; d’autres encore font un brouillon mental et écrivent au dernier moment.»
• Définir son objectif et penser à son lecteur en adaptant le type d’informations, le ton et le degré de technicité en fonction directe du destinataire.
• Rassembler les informations en évitant d’être submergé de paperasses et en n’hésitant pas à trier.
• Choisir un modèle de présentation en fonction des usages internes et/ou des documents similaires déjà rédigés par le passé dans l’entreprise.
• Adopter un plan clair selon le bon vieux triptyque : introduction, développement et conclusion, mais aussi en utilisant 3 autres types de plans :
- Plan Chronologique : Présent - Passé - Futur (le plus évident et le plus simple)
- Plan journalistique : Exposé - Exemple - Application - Recommandation (utile pour mettre en avant l’information principale)
- Plan FOR : Faits - Opinion - Recommandation (conseillé pour déclencher une action)
• Préparer une première mouture (brouillon) en ne cherchant pas le mot juste mais en écrivant comme cela vient en améliorant le style final au moment de la relecture.
• Privilégier un style simple et dynamique en épurant au maximum le contenu.
• Adapter la mise en page à la nature du message sachant qu’un bon texte peut être desservi par une apparence confuse. En ce domaine, les conseils d’un graphiste sont toujours les bienvenus.
FAIRE RESPIRER LE LECTEUR
1/3 de la surface du document doit être consacré à un espace vierge, si possible sur fond coloré. Cette surface «protégée» comprend la marge, l’espace entre les lignes, les paragraphes et les illustrations. Il a été vérifié que le blanc entre les paragraphes (interlignes) augmente le lecture de 12% et que moins larges sont les marges moins nombreux sont les lecteurs.
L’inclusion d’illustrations et/ou de schémas destinés à vanter les mérites d’un produit ou à expliquer une technologie participe de l’aspect percutant du document commercial.
En fait, l’iconographie permet au cerveau d’accélérer le décodage et l’enregistrement des informations tout en augmentant considérablement le taux de mémorisation.
Attention toutefois à ce que le contenu soit lui-même intéressant ou utile car alors tous les artifices de présentation ne servent à rien.
LE REGARD DU FISC SUR LES PROMOTIONS ET LES CADEAUX D’AFFAIRES
Déjà au 1er siècle de notre ère, le sarcastique Martial dans ses Epigrammes soulignait que «Les cadeaux sont des hameçons» en vue de stimuler et de fidéliser clients et partenaires. En France, le marché du cadeau d’affaires progresse régulièrement atteignant les 845 M€ en 2007, hors voyages d’affaires et cadeaux de comités d’entreprise.
Les produits gastronomiques, chocolats et colis gourmands (50% des cadeaux de fin d’année) ainsi que les accessoires high tech à la mode figurent parmi les cadeaux favoris que l’on aime recevoir même si les champagnes, vins et spiritueux sont les plus offerts (16,9%) devant les accessoires de bureau (stylos, agendas, tapis de souris…) et la bagagerie-maroquinerie.
Remercier un client en lui offrant un cadeau est donc parfaitement légal dès lors que l’on respecte les règles fiscales établies par l’arrêté de 2005 du code général des impôts.
LES RAISONS D’OFFRIR UN CADEAU D’AFFAIRES
31,3% Motiver les partenaires et collaborateurs
28,9% Fidéliser et entretenir l’amitié
14,4% Célébrer Noël et le Nouvel An
8,1% Souligner un moment fort de l’entreprise
7,2% Lancer un produit, marquer une promotion
Source : Etude Omyagué 2008
Depuis le 1er janvier 2006, dès lors que le cadeau présente une valeur inférieure à 60 euros TTC par bénéficiaire et par an (frais de distribution à la charge de l’entreprise compris), la TVA acquittée lors de l’achat est récupérable. Au-delà de ce montant le droit disparaît. Ce seuil doit être d’ailleurs réévalué au 1er janvier 2011, puis tous les 5 ans proportionnellement à la variation de l’indice mensuel des prix à la consommation. Selon Vincent Hameau du cabinet Hameau-Guerard et Associés, «Le principe en matière de TVA est le suivant : exclusion du droit à déduction de la TVA pour les biens ayant fait l’objet d’un cadeau ou ayant été vendus à une valeur très inférieure de leur prix normal. Cette règle vaut quelle que soit la qualité du bénéficiaire ou la forme de distribution, et même si la distribution a été faite dans l’intérêt de l’entreprise. Cependant, une exception existe pour les cadeaux de très petite valeur (moins de 60€ TTC) qui peuvent, sous condition, ouvrir droit à déduction de la TVA.»
Ne sont pas considérés comme cadeaux d’entreprise (et ne doivent donc pas obligatoirement figurer sur le relevé des frais généraux), les cadeaux remis en prime à l’occasion d’une vente ou d’une prestation de service, car ces cadeaux sont directement liés à l’importance de chaque opération traitée directement avec le client
Pour l’entreprise, tout l’enjeu est donc de faire des cadeaux dont la TVA puisse être déductible tout en constituant une charge déductible de l’imposition (Impôt sur le revenu ou sur les sociétés).
D’après Vincent Hameau : «Le principe de base est que les cadeaux d’affaires constituent une charge déductible du bénéfice imposable lorsqu’ils sont faits dans l’intérêt direct de l’entreprise. Cela signifie que les cadeaux doivent être faits dans l’intérêt de la bonne marche de l’entreprise ou du futur développement de l’affaire». Il convient de noter que lorsque les cadeaux sont faits pour une cause illicite (inciter par ce biais à acheter des produits) ils ne peuvent être déduits des bénéfices imposables. De manière subséquente : «Lorsque l’administration fiscale estime que les charges déduites au titre de cadeaux sont excessives ou que la preuve de leur intérêt n’a pas été rapportée par l’entreprise, elle a la possibilité de les réintégrer dans le bénéfice imposable».
Lorsque les cadeaux sont directement payés par le dirigeant, les remboursements de frais en faveur de celui-ci sont également déductibles des résultats imposables de l’entreprise à la seule condition que les cadeaux en question aient été offerts dans l’intérêt de cette dernière.
Un autre point important souligné par ce juriste est que «Les cadeaux d’entreprise doivent être inscrits dans le relevé détaillé des frais généraux lorsque leur montant total dépasse 3000 € pour l’exercice.
Faute de quoi, une pénalité égale à 5% des sommes ne figurant pas sur ce relevé sera appliquée par l’administration fiscale».
L’obligation de mentionne concerne toutefois pas «Les objets spécialement conçus pour la publicité dès lors qu’une inscription publicitaire indélébile figure sur chaque objet remis.
De la même manière, la remise d’objets identiques à ceux mis en vente ne sont en pas considérés comme des cadeaux.»
LE RÔLE CLÉ DE LA CARTE DE VISITE
Aucune mention obligatoire n’est imposée sur ce bout de carton de moins de 50 cm² qui est devenu le document de référence par excellence de tous les dirigeants, commerciaux et collaborateurs de l’entreprise. Tour d’horizon des codes en usage sachant que les cartes doivent avoir de la tenue avec une impression réalisée sur un support épais et blanc brillant :
• Inclusion du logo de l’entreprise
• Inclusion du logo du groupement dont l’entreprise est adhérente
• Eviter les termes qui fragilisent l’image de la structure comme Eurl ou Sarl
• Faire figurer ses coordonnées personnelles : adresse postale, site internet, e-mail, n° de tél. direct, mobile
• Mention éventuelle des certifications et partenariats
• Lecture facilitée grâce à une bonne typo avec des couleurs bien imprimées
• Découpe rectangulaire avec des bords nets
Créé et piloté par le Centre de Communication de l’Ouest (CCO), les « 1000 de l’Ouest » est le réseau interrégional des professionnels de la communication.
Il fédère près de 4.500 professionnels de la communication, du marketing et des médias du Grand-Ouest : Pays de la Loire, Bretagne, Basse-Normandie et Poitou-Charentes.
Pour la cinquième année consécutive, « Les 1000 de l’Ouest » a édité le classement des prestataires en communication du grand Ouest : le TOP 30.
Avec 89,9M€ de marge brute cumulée (87,7M€ en 2007), la croissance des 30 agences leader dans l’Ouest s’est un peu effritée, tout en restant positive : +2,47% contre +12,90% en 2007.
Six agences du Poitou-Charentes et une de Vendée figurent dans le Top 30 :
Rang Agence MB 2008 (€) Evolution
1 Altavia Victor (44) 9.875.000 -11%
2 Euro RSCG 360(35) (44) 8.420.000 +2,6%
3 Publicis Activ (29) (44) 8.100.000* -
13 Agence Projet (79)(44) 2.491.000 +13%
17 Schilling Communication (17) 2.132.831 +2,5%
18 Symaps Atlantique (17) 2.054.496 +7%
22 AMP Interactive (85) 1.898.000 -
24 La Cie Hyperactive (79) 1.464326 +41,4%
27 RC2C Groupe (17) 1.257.000 +7,3%
28 Actisens (86) 1.203.935 +9,5%
PAROLE D’EXPERT
QUE PEUT APPORTER UNE AGENCE CONSEIL EN COMMUNICATION, EN TEMPS DE CRISE ?
La crise économique actuelle ne fait qu’amplifier et accélérer une évolution des attentes des annonceurs en matière de communication qui s’exprime par la recherche d’efficacité et l’optimisation des moyens investis. Les annonceurs ont des problèmes de business auxquels les agences se limitent encore à apporter des solutions exclusivement publicitaires. L’agence conseil en communication doit impérativement apporter à ses clients, des réponses pragmatiques, créatives et immédiatement opérationnelles.
Cette approche pourrait être résumé en 3 principes directeurs.
1 - « Aider les marques à sortir des impasses publicitaires »
Dans des environnements de plus en plus complexes et de plus en plus concurrentiels, face à un consommateur attentif à ses choix en période de crise, notre rôle est de faire émerger et exister durablement les marques.
2 - « De bonnes idées… et un joli culot »
La créativité au service du business pour oser bousculer les idées reçues, pour élaborer et mettre en œuvre des stratégies de communication globales innovantes et créatives qui font la différence.
Sortir des sentiers battus avec audace certes, mais pragmatisme, pour proposer des solutions réalisables et efficaces qui optimisent les budgets investis.
3 - « Créer et optimiser les points de rencontre, entre les marques et leurs publics-cibles pour créer des connexions durables et efficaces »
Stop à la surenchère et au harcèlement publicitaire et inflationniste. Nous devons aider nos clients à entrer dans l’ère de la communication tactique. Fini le one shoot Mass média, nous devons surprendre et divertir avec des tactiques médias originales mixant médias traditionnels et nouveaux médias interactifs (Internet – Mobile – Street-marketing…). Nous devons aussi augmenter la capacité d’écoute en fonction du degré de disponibilité des consommateurs. Et nous devons surtout créer de la proximité en adaptant le registre créatif à l’état d’esprit de nos cibles pour que ces connexions soient durables et assurent un retour sur investissement.
Sébastien Blémon. Directeur Associé du Groupe Symaps (La Rochelle – Montpellier – Paris). www.symaps.com
Symaps figure dans le Top 50 du classement national Stratégies / AACC des Agences Conseil en communication indépendantes. L’agence est affiliée au ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité)
PAROLE D’EXPERT
LA COMMUNICATION ENTRE VOLONTE DE CONVAINCRE ? SOUHAIT DE PARTAGER ? NECESSITE DE COHABITER ?
Didier Lebrun, Directeur d’Altitude Communication, livre aux lecteurs du « Journal Des Professionnels » sa réflexion sur les tendances actuelles de la Communication.
Journal Des Professionnels : Qu’elle est votre définition de la communication ? Didier Lebrun : Le progrès technique, les valeurs de liberté et la circulation des hommes font que la communication se trouve, avec les échanges d’informations, au coeur de la société. Cette activité, sans doute une des plus universelles, devient donc aussi une des valeurs centrales de la société contemporaine.
Communiquer c’est transmettre une information à quelqu’un, et souhaiter qu’il la partage. C’est aussi découvrir la résistance du récepteur, et la nécessité de négocier. Toute activité de communication comporte donc ces trois dimensions : la transmission, le partage, la négociation. Il s’agit d’un processus très complexe, qui n’est pas toujours réussi comme chacun le constate dans sa vie privée, professionnelle, publique. Néanmoins, les hommes depuis toujours cherchent à échanger et communiquer : c’est même une des grandes constantes de toutes les sociétés. On transmet l’information pour communiquer. On découvre l’incommunication. On négocie pour éviter le conflit.
La communication se situe entre la volonté de convaincre, le souhait de partager et la nécessité de cohabiter.
Aujourd’hui, il faut penser non seulement message et transmission, mais aussi réception, relation et cohabitation.
JDP : Qu’il y a-t-il de commun entre vos clients, que ce soit une marque de cosmétique, un fabricant de cuisines, un industriel du fromage, un fabricant de meubles et de décoration, une gamme de produits home déco, un parc exposition, un industriel de la fermeture extérieure ou de la pâtisserie industrielle et une enseigne de distribution ? DL : Ils ont tous « l’essentiel » en commun : le consommateur. Nous sommes tous des consommateurs de produits de services, d’informations, de loisirs, de relations. Nous avons tous une relation spécifique à l’acte de consommer. L’environnement économique, social, et environnemental a transformé inévitablement le statut du consommateur à celui de consommateur-citoyen.
Le» consomm’acteur» comme l’appellent les sociologues n’est autre qu’un consommateur vigilant, exigeant, soucieux de l’environnement et de la transparence des informations, doublé d’un citoyen conscient de ses droits et peu enclin à supporter davantage les manquements ou défaillances des grandes marques et des grandes enseignes commerciales.
JDP : Qu’elles sont les influences sur le métier de conseil ? DL : Les métiers du conseil sont aujourd’hui en train de vivre une véritable révolution du sens, dû essentiellement au fait que le consommateur-citoyen a pris le pouvoir. Cette exigence accrue de sens s’adresse aussi bien aux produits qu’aux entreprises elles-mêmes. La communication se doit par conséquent d’assurer la lisibilité du sens et de donner un sentiment d’engagement et de respect.
La conséquence directe est que nous devons nous mettre, en permanence, à la place des éventuels consommateurs. Essayer d’imaginer réellement leurs envies, leurs freins, ce qui va faire qu’ils passent à l’acte d’achat. La difficulté étant d’oublier ce que nous sommes et sortir de son cadre de référence.
La démarche est la même pour les entreprises qui souhaitent mettre en avant leurs produits ou leurs services. Lorsqu’une entreprise communique, elle s’engage et se met en avant de la scène. Ce n’est pas un acte gratuit, loin de là. Généralement l’investissement est lourd aussi bien humainement que financièrement. Le rôle de conseil devient primordial. Il s’apparente beaucoup plus à un accompagnement quotidien sur le terrain. C’est également une prise en compte de l’ensemble des paramètres humains, techniques et financiers.
JDP : Aujourd’hui y a t-il des règles à suivre ?
DL : Hormis d’être honnête avec soi-même et de rester humble, il n’y a aujourd’hui pas de règles particulières à suivre, sauf de les inventer.
JDP : Quels sont les changements notables que l’on peut constater dans les entreprises aujourd’hui ?
DL : D’autant plus amplifiée par la période de trouble actuel, la simple réponse à un problème de communication ne suffit plus. La tendance actuelle est une réponse plus globale, prenant en compte l’ensemble des paramètres que sont le marketing produit, les forces de ventes, les circuits de distribution et l’ensemble de leurs acteurs. Il n’est pas rare que nous devions intervenir dès la réflexion même du ou des produits à concevoir et d’imaginer ensemble toute la vie de celui-ci du circuit de distribution à son utilisation quotidienne.
JDP : On pourrait croire qu’en période de crise, les entreprises stoppent leurs investissements publicitaires ?
DL : Effectivement, c’est ce qui se passe à chaque période de trouble. Malgré tout on constate que, pour bon nombre d’entreprises, la règle n’est pas si évidente que cela. Pour beaucoup d’entre elles communiquer c’est exister. Ne plus être présent face aux public, c’est disparaître. Il y a donc nécessité de communiquer « utile ». C’est-à-dire de répondre efficacement aux besoins du marché d’où le besoin d’apporter des réponses pragmatiques et opérationnelles ; donc globale.
La « crise » est un moment particulier où l’on doit penser différemment, agir autrement, où notre histoire notre culture, nos valeurs doivent être au service des entreprises.
JDP : Y a-il une différence d’approche et de travail entre une marque nationale, locale ou régionale ?
DL : Aucune différence, les problématiques sont les mêmes, les objectifs similaires. Une entreprise c’est une rencontre, ce sont des hommes et des femmes qui tous les jours se battent pour faire vivre et exister ce qui leur est cher. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de toujours avoir une période d’immersion dans l’entreprise avec l’ensemble des acteurs représentatifs. Une agence conseil en communication est avant toute chose au service de l’entreprise et non pas l’inverse.
Il ne faut jamais oublier que dans tous les cas, notre vrai « patron » c’est le consommateur, c’est celui qui au bout du compte valorisera ou pas le travail fait par tous.
JDP : Ceci est-il vrai pour tous types de communication ?
DL : Que ce soit pour une collectivité, une marque, une entreprise, un service, l’objectif est toujours de créer une adhésion avec un public. Il est donc nécessaire, en amont, de réfléchir pleinement à qui recevra le message. le consommateur est la pierre angulaire de toute communication.
Une communication réussie n’est pas forcément la plus créative, la plus jolie, mais c’est celle qui est la plus efficace. C’est celle qui permet à une entreprise de rencontrer un public, à une marque de se positionner sur un marché, à une collectivité de valoriser son action.