| Les dossiers de la rédaction |
![]() |
| Voir les autres dossiers du JDP N° 107 |
JDP N° 96 : Psychologie - Reprendre confiance en soi, tirer parti de ses émotions, les 9 formes d'intelligence
Article complet
Date : 30/09/2009
REPRENDRE CONFIANCE EN SOI L’EXPÉRIENCE DES DAUPHINS D’après Laurent Gounelle, Coach et auteur de L’homme qui voulait être heureux paru aux éditions Anne Carrière, «Si un manager refuse de se réjouir d’un succès, c’est qu’il craint de voir son équipe se relâcher. Or c’est justement parce qu’elle n’est pas assez félicitée qu’elle se relâche». De fait pour un manager, l’enthousiasme personnel est certainement l’un des meilleurs moyens pour créer et entretenir la motivation comme pour donner envie de travailler. C’est d’ailleurs l’une des premières règles en matière d’efficacité que de manifester que l’on apprécie travailler avec ses collaborateurs pour ce qu’ils sont et pas seulement pour ce qu’ils font. En fait, en ce domaine, l’entreprise ne fonctionne pas si différemment que l’expérience menée par des psychologues américains dans l’observation de la vie des… dauphins. D’abord dressés à réaliser des figures, les dauphins reçoivent un poisson après chaque voltige correctement exécutée (prime contre résultat dans l’entreprise). Il s’ensuit généralement que ces mammifères marins finissent par se lasser de la promesse d’un poisson et se démotivent assez vite à poursuivre l’exécution des mêmes sauts. Les dresseurs distribuent alors, de temps en temps et sans raison particulière, des poissons, poussant ainsi les dauphins à reprendre rapidement goût au travail. L’explication est simple selon Laurent Gounelle : «Ils avaient surtout besoin de sentir qu’on les aimait autant pour eux-mêmes que pour leurs cabrioles». Le message est donc clair : pour être bon dans son travail, il est nécessaire de se sentir reconnu pour sa valeur intrinsèque indépendamment du niveau hiérarchique et du travail fourni. C’est ce que confirme André Hamayon, consultant à la Cegos, pour qui sans abolir le lien hiérarchique «L’essentiel est de montrer que nous sommes tous sur un pied d’égalité en tant que personnes». FAIRE DE LA CONFIANCE EN SOI UN ATOUT MAJEUR Si la confiance en soi se développe naturellement dans l’enfance, à l’école, dans les épreuves sportives et dans la relation à son propre corps, il est possible de l’obtenir également par quelques techniques simples. Selon Jacques Salomé, auteur de nombreux ouvrages sur le développement personnel, «Pour mieux affronter la crise économique, le respect de soi est vital» bien que l’agressivité et la morosité de la conjoncture ne font qu’accentuer «Une image fragile en chacun d’entre nous due à une éducation fondée sur des menaces, du chantage et de la dévalorisation». Pour ce spécialiste, la dégradation du climat relationnel est propice pour l’adulte à «La réappropriation d’un pouvoir et d’un plus grand respect de soi» fondé sur l’amour de soi qu’il appelle également «l’amour de bienveillance». Il préconise pour cela la mise en pratique des 5 conseils suivants : 1. Savoir précisément où l’on va Il est essentiel de définir ses propres valeurs fondamentales et de se fixer des objectifs personnels clairs. Les gens qui manquent de confiance en eux ont souvent une vision peu claire de leur avenir et/ou de leur place réelle dans l’entreprise. A l’inverse, «Les gens qui ont confiance en eux savent quel type de personne ils veulent être» affirme Alain Duluc, manager à la Cegos. Pour le savoir, il propose un exercice simple destiné à déterminer ses valeurs essentielles : Imaginez que vous ayez 70 ans. Vous vous retournez alors sur votre passé et vous vous représentez l’ensemble de votre parcours. Une fois la prise de conscience effectuée, il convient alors de se donner un axe de conduite cohérent pour atteindre cet âge sachant que «La confiance en soi arrive lorsque l’écart se réduit entre la personne que l’on rêve d’être et celle que l’on est actuellement». 2. Devenir imperméable à l’échec 3 règles imparables pour y arriver :
Pour Fréderic Vendeuvre, consultant à la Cegos «Nombre de personnes ne développent pas tout leur potentiel car elles sont limitées par des croyances personnelles souvent issues de l’enfance». Ces croyances sont le plus souvent accompagnées par des pensées automatiques du type : je dois tout contrôler ; il faut que je sois aimé de tous ; j’ai peur d’être abandonné si je ne réussis pas… Pour retourner la situation, il est d’abord nécessaire d’identifier ces mauvais réflexes en se demandant s’ils sont vraiment fondés. Pour cela, «Commencez par repérer l’usage excessif d’expressions telles que « je dois, il faut…». Puis posez-vous les deux bonnes questions «pourquoi», «et alors». Une fois la croyance identifiée, il reste à la relativiser voire à la modifier en fonction du contexte et des ressources disponibles.» 4. Savoir dire non sans se culpabiliser «Savoir dire non est l’un des principaux révélateurs de la confiance en soi. C’est savoir se positionner par rapport aux autres, ne pas se laisser envahir» explique Didier Junek, consultant et formateur. Pour dire non en parfaite affirmation de soi le mieux consiste, tout en restant courtois, à :
Pratiquer la technique de l’édredon en ne présentant aucune résistance en apparence face aux arguments opposés, de type : c’est vrai ; vous avez raison ; je comprends… 5. Pratiquer régulièrement la relaxation flash et la visualisation L’idéal face à une situation de stress ou de trac faisant perdre momentanément confiance en soi consiste à pratiquer une respiration profonde en inspirant par les narines et en expulsant par la bouche. Faire le plein d’oxygène redonne de l’énergie et dénoue les tensions accumulées. En associant la visualisation, souvent la veille, on se représente alors mentalement une situation positive où l’on se remémore un moment du passé ou une scène dans laquelle la confiance en soi est particulièrement grande. Pour ancrer cette image, il est conseillé d’y associer un geste simple de son choix (joindre le pouce à l’index par exemple). En situation réelle, ce geste combiné à la respiration regonfle instantanément la confiance en soi. LUTTER CONTRE SES POINTS FAIBLES Les points faibles font partie intégrante de la personnalité de chacun d’entre nous. Le but consiste à transformer le négatif de ceux-ci en positif utile. 6 principaux points faibles : La paresse
En général 15 à 20 minutes de retard reste un contretemps admissible lorsque les rendez-vous ou les débuts de réunion sont eux-mêmes décalés. Pour faire oublier son retard et même le transformer de manière positive, le mieux consiste à appeler 5 minutes avant l’heure du rendez-vous en disant que l’on sera en retard et en donnant la raison (vraie ou fausse). Le désordre Il est admis que le désordre permet de faire jaillir les idées, casse la routine et lutte contre l’ennui. Plusieurs règles doivent être cependant respectées :
La timidité Souvent les timides sont des gens modestes qui n’ont pas une idée exacte de leurs qualités et/ou ont peur de critiques. Ce manque de confiance en soi leur permet, toutefois, de développer le sens de l’écoute et de l’observation en étant relativement bon dans l’art de la reformulation. L’impulsivité Lorsque l’on sent que l’on va sortir de ses gonds, le mieux consiste à respirer profondément en tournant 7 fois sa langue dans sa bouche avant de s’exprimer. L’énergie ainsi disponible permet de s’impliquer avec détermination en parlant d’une voix claire, tout en se forçant à utiliser des mots à «basse intensité émotionnelle» et à utiliser des phrases longues destinées à évacuer en douceur son émotion. Le perfectionnisme Pour éviter que son propre quotidien ou celui de ses collaborateurs vire au cauchemar, il est nécessaire de ne pas être démotivant ni contre-productif en veillant à :
TIRER PARTI DE SES EMOTIONS LES COULEURS DE LA VIE Les émotions échappent souvent à la raison et tant mieux car elles sont à la source du bonheur, du bien-être, de la motivation et de la créativité. Sans elles, «Nous serions de vulgaires machines et notre existence serait fade» résume le neuropsychiatre Boris Cyrulnik. Elles rendent vivant et donnent des couleurs à la vie en influençant directement les différentes formes d’intelligence en les stimulant, les orientant comme en limitant le champ de nos expérimentations. Etymologiquement, le mot émotion vient du latin «emovere» signifiant : mettre en mouvement. Le dictionnaire traduit ce terme par «Un état de conscience complexe généralement brusque et momentané, accompagné de troubles physiologiques» faisant que l’état émotionnel se distingue de l’humeur par son caractère bref et spontané. Pour le professeur Jean-Didier Vincent, auteur de Voyage extraordinaire au centre du cerveau, les émotions répondent à des stimuli externes sous forme d’«Evénements climatiques qui viennent interrompre le calme apparent de l’humeur, un débordement brutal de la psyché. Elles peuvent être mesurées alors que les sentiments sont, en revanche, intimes et subjectifs». Plus concrètement, on parle d’émotions quand coexistent chez une même personne une modification de l’expression faciale (sourire, muscles de la bouche et des yeux), du comportement (activisme, tétanisation..) et de la façon de percevoir les choses (joie, colère, peur…) le tout associé à toute une série de changements physiologiques (respiration, adrénaline, vaso-constriction ou vaso-dilatation…) UNE INTELLIGENCE PRÉVERBALE Les émotions représentent une sorte d’intelligence préverbale qui réagit aux stimuli extérieurs avant que n’interviennent les mécanismes de décodage et de compréhension. Selon le neurologue américain Antonio Damasio, l’émotion «Assiste la raison et entretient un dialogue avec elle» en conduisant le plus souvent à faire des choix judicieux. Lorsque l’émotion est négative, elle s’accompagne d’une approche plus analytique et critique. A l’inverse, lorsqu’elle est positive, elle va de pair avec une vision plus globale et créative. «Elles nous font changer nos perceptions, elles mobilisent nos souvenirs et nous rendent plus créatifs» souligne également Bernard Rimé, spécialiste de la psychologie des émotions. Il a été ainsi prouvé que les émotions désagréables laissent moins de traces à long terme que les émotions positives même s’il est impossible de les oublier totalement car «Notre cortex nous permet de les masquer mais pas de les effacer» prévient le neurologue Joseph Ledoux. Il n’existe pas en fait de véritable centre unique des émotions mais un ensemble de relais (thalamus, hippocampe, amygdale) et de circuits neuronaux. Toutes les émotions jouent un rôle essentiel dans la survie de l’individu et participent d’une véritable aide à la décision selon les circonstances. LA RÉACTION DU CORPS FACE À L’ÉMOTION Le processus de naissance et de gestion des émotions se déroule en 3 étapes : 1. Le système limbique reçoit les stimuli Les sens (vision, audition, odorat, goût, toucher) transmettent l’information au thalamus situé au cœur du système limbique, lui-même siège des émotions primaires, qui envoie ce signal à l’amygdale (petit centre nerveux) qui active immédiatement des réactions physiologiques d’alerte : la respiration s’accélère, le cœur bat plus vite… 2. Le cortex élabore une réponse rationnelle Le thalamus envoie simultanément l’information au cortex (préfrontal et temporal) lequel contrôle les différentes formes d’intelligence. Ce dernier puise alors dans le stock mémoriel (souvenirs) situé dans l’hippocampe et évalue la menace. L’amygdale informée en retour suscite de nouvelles réactions plus appropriées notamment au niveau du visage évitant ainsi de surréagir à l’événement. 3. Le cerveau reptilien transmet la décision à l’organisme Cette partie centrale du cerveau en alerte permanente assure, selon l’urgence de la situation rencontrée, l’équilibre interne en harmonisant la fréquence cardiaque, la respiration, la température du corps, la pression sanguine, le niveau de glucose… SE FAIRE PLAISIR POUR RÉGULER SES ÉMOTIONS Les neurosciences ont démontré que les personnes qui ne s’accordent pas assez de moments de plaisir, ou qui ne savent pas dire non, sont plus facilement à «fleur de peau» ou à «cran» caractérisant là un emballement du cerveau limbique. A l’opposé, les personnes qui parviennent à bien réguler leurs émotions cultivent un meilleur équilibre entre les 4 grandes familles de plaisirs :
NE PAS NIER SES ÉMOTIONS Il est clair que les émotions influencent le jugement et jouent un rôle essentiel dans la communication avec les autres. Aussi un grand danger consiste à nier ses émotions, à fonctionner à l’économie affective, à les dissimuler ou encore à les masquer par d’autres (par exemple : rire pour éviter de laisser transparaître sa peur ou son chagrin). Selon Jean-Didier Vincent «Les émotions contrariées sont le lit des maladies psychosomatiques» risquant ainsi d’être victime, un jour ou l’autre, d’un effet boomerang. De l’avis du psychanalyste Serge Tisseron il est nécessaire de «Distinguer nos propres états d’âme de ceux que nous intériorisons au contact de nos proches». Le mimétisme émotionnel (rire quand tout le monde rit, se réjouir, pleurer ou être triste à l’unisson) crée des contradictions avec ce nous ressentons profondément en nous empêchant d’être vraiment nous-mêmes et nuit, plus tard, à l’équilibre d’adulte. Heureusement la psychanalyse apprend que nous ne sommes jamais définitivement prisonniers de nos émotions. En effet, d’après Laurence Saunder, directrice de l’Institut français d’action sur le stress, «Vivre de nouvelles émotions permet d’effacer le souvenir des anciennes». UTILISER LES ÉMOTIONS POSITIVES Entre le silence émotionnel et le fait de trop jouer sur les émotions, la ligne acceptable est toujours dans l’authenticité et le naturel. Face à l’organisation quasi militaire de l’entreprise traditionnelle et le risque possible de représailles lorsque l’on s’exprime trop librement, la pratique de l’intelligence émotionnelle doit toujours commencer par le haut de la pyramide et redescendre ensuite. En d’autres termes, ce sont les dirigeants puis les managers qui doivent impulser cette dynamique en se montrant capables de parler au coeur plus qu’à la raison, afin de motiver et d’impliquer les troupes. Il est bon de montrer sa colère ou de pousser un coup de gueule justifié afin de remobiliser les troupes mais aussi, et bien plus encore, de montrer sa bonne humeur et sa joie. C’est d’ailleurs le courant de pensée théorisé par le psychologue Daniel Goleman en 1995 (inventeur du quotient émotionnel) qui considère que les meilleurs leaders ne sont pas les plus brillants ou les plus compétents, mais ceux qui parviennent à gérer leurs émotions positives et à les faire partager autour d’eux. D’autres psychologues américains ont également montré que les personnes «de bon poil» émettent plus d’idées et sont plus réceptives aux suggestions des autres. Cependant, prévient Marie-louise Pierson, psychanalyste et conseil auprès des entreprises, il faut faire attention de ne pas dépasser la ligne jaune du copinage car «Le fait de jouer sur les émotions comporte des risques. Les entreprises peuvent les utiliser pour s’approprier un peu plus ce qu’il y a d’intime et de privé dans chaque individu. Mais plus encore que le risque de manipulation, le plus grand danger est de rendre les salariés trop sensibles à leur image». Il devient alors possible d’augmenter le narcissisme des collaborateurs au point que ceux-ci en oublient leur devoir d’efficacité et perdent la distance nécessaire au respect des tâches et des rôles de chacun ! COMMENT APPRIVOISER SES ÉMOTIONS ? La première règle consiste à ne surtout pas les refouler lorsque nous sommes irrités par une multitude de petits riens, car cela ne fait qu’accroître notre «stock» de sentiments négatifs et augmenter ainsi le risque d’une explosion en fin de journée. Aussi lorsque nous devons affronter une énorme bourde, de la mauvaise foi, une trahison, une agression caractérisée… qui fait «monter le sang au cerveau», il convient de suivre quelques règles de «décompression» afin de «calmer le corps et recoller le mental» selon l’expression de Christiane Brouta, Coach chez Demos. L’objectif consiste d’abord à éviter l’emportement et de prononcer des paroles blessantes ou des insultes que l’on regrette ensuite. Il permet surtout de reprendre pied rapidement avec la réalité en considérant que si les autres et les événements ne sont pas contrôlables, l’on peut utilement agir sur soi. Pour cela, plusieurs recommandations :
LES 9 FORMES D’INTELLIGENCE LE FACTEUR GÉNÉRAL G C’est en 1904 que le psychologue anglais Charles Spearman (1863-1945) a démontré qu’il existe des corrélations entre les différents tests mentaux avec un socle d’intelligence intrinsèque à tout être humain. Il écrivit notamment dans l’American Journal of Psychologie que «Le score d’une personne à un test mental peut être divisé en deux facteurs, un qui demeure le même dans tous les tests et l’autre qui varie d’un test à l’autre. Le premier est appelé le facteur général (g) alors que l’autre est le facteur spécifique». Une année plus tard, Alfred Binet met au point un test de mesure de facteur g qui donnera ensuite, après maintes modifications, les tests de quotient intellectuel (QI). Depuis 100 ans, le facteur g a fait couler beaucoup d’encre mais reste encore aujourd’hui une base de travail jugée fiable en matière d’évaluation de l’intelligence générale et de QI (Quotient intellectuel). Toutefois pour Howard Gardner, professeur de cognition et d’éducation à la Harvard Graduate School of Education du Massachusetts, il existe 9 types de capacités distinctes et indépendantes en matière d’intelligence humaine. Son travail remonte à 1979 dans le cadre d’un projet collectif baptisé «Potentiel humain» mené au sein de la faculté Harvard et dont le but était de faire l’état des lieux des connaissances scientifiques sur le potentiel intellectuel et cognitif. D’abord 7 formes d’intelligences ont été décryptées puis une huitième récemment (intelligence naturaliste), voire une 9e à venir (intelligence existentielle). UNE EMPREINTE COGNITIVE SPÉCIFIQUE Chaque individu possède à la naissance 9 formes d’intelligence qui évoluent plus ou moins au cours du développement afin de former progressivement un profil particulier d’intelligence. Ces intelligences multiples (IM) forment une empreinte cognitive spécifique chez l’individu, un peu comme l’empreinte digitale même si celles-ci évoluent sans cesse tout au long de la vie. D’après Howard Gardner, c’est en fait le mélange de l’hérédité et de l’expérience qui façonne l’IM faisant que chacun est «intelligent» à sa manière. Par exemple chez le chauffeur de taxi, l’hippocampe est plus développé que la moyenne car celui-ci doit mémoriser parfaitement tout un espace géographique plus ou moins complexe. Il développe alors une intelligence spatiale remarquable. Idem pour le pianiste virtuose qui dispose lui d’une zone de cortex moteur correspondant aux doigts, bien plus importante que la moyenne, tout en développant simultanément une intelligence musicale et kinesthésique. Alors que les psychomotriciens utilisent des tests simples de type QCM avec des réponses alternatives afin d’évaluer sur questionnaire un profil d’intelligence (notamment langagière et logico-mathématique) il n’est pas possible, selon Howard Gardner, d’évaluer aussi simplement les intelligences multiples. Cela nécessite de «Mettre au point des instruments qui examinent l’intelligence en actes plutôt que des tests qui mettent en jeu uniquement des facultés langagières et logiques.» L’INTELLIGENCE, C’EST QUOI ? Selon Howard Gardner, il s’agit de «La faculté de résoudre des problèmes ou produire des biens ayant de la valeur pour une culture ou un groupe défini». Aussi, pour considérer qu’il s’agit bien d’une intelligence distincte il faut réunir plusieurs facteurs convergents afin que celle-ci puisse :
COMMENT DÉVELOPPER SON INTELLIGENCE ? Howard Gardner préconise 4 conseils lorsque l’on veut développer un type précis d’intelligence selon le principe déterministe que «c’est en forgeant que l’on devient forgeron» :
INTELLIGENCE LANGAGIÈRE Elle correspond à la capacité d’utiliser le langage pour exprimer sa pensée (auteur, rédacteur, éditeur, orateur…). INTELLIGENCE LOGICO-MATHÉMATIQUE Elle traduit l’aptitude à la logique, aux mathématiques et aux sciences (scientifique, gestionnaire, mathématicien, financier…). INTELLIGENCE MUSICALE Elle concerne la capacité de penser en rythmes et en mélodies, de reconnaître des modèles musicaux, de les interpréter, d’en créer (compositeur, chanteur, musicien…). INTELLIGENCE KINESTHÉSIQUE Elle favorise l’utilisation de son corps dans des activités diverses nécessitant une précision du geste (artisan, danseur, athlète, bricoleur…). INTELLIGENCE SPATIALE Elle permet d’agir facilement dans un univers spatial en construisant une représentation mentale des lieux et des déplacements (marin, ingénieur, architecte, sculpteur…). INTELLIGENCE INTERPERSONNELLE Elle facilite la compréhension des autres mais aussi la relation et la réaction avec autrui de façon correcte et diplomatique (politicien, commerçant, enseignant, guide spirituel…) INTELLIGENCE INTRAPERSONNELLE Elle recouvre l’aptitude à se forger une représentation cohérente, fidèle et précise de soi (introspection) et de l’utiliser avec efficacité et psychologie dans la vie (émotion, sensibilité, intuition, clairvoyance…) INTELLIGENCE NATURALISTE Elle reflète la capacité à classifier, discriminer, reconnaître et utiliser ses connaissances sur l’environnement naturel (chasseur, pêcheur, zoologiste, cuisinier …) L’INTELLIGENCE EXISTENTIELLE Ce chercheur étudie actuellement un neuvième forme d’intelligence qui recouvre la vision globale et la propension à se poser de grandes questions philosophiques sur l’homme, la nature, l’évolution ou encore l’environnement, en vue d’expliciter les relations multiples et les principes fondamentaux de l’existence. QI CONTRE IM Toute forme d’intelligence suppose un minimum de discernement fondé sur le libre arbitre, la lucidité à savoir interpréter et utiliser a bon escient les connaissances acquises et la capacité d’agir en ayant conscience des conséquences diverses. En fait, chaque individu dispose de talents plus ou moins orientés faisant que l’homme vraiment abouti devrait être capable d’utiliser de manière efficiente ses 9 formes d’intelligence ou IM. Le véritable élitisme résulte de cette harmonie rare. Etre bon simultanément dans les relations avec les autres, dans le rapport à soi, dans l’utilisation du langage, la construction logique, l’utilisation agile de son corps, la représentation spatiale, son rapport à l’environnement, la domination des sons tout en disposant d’une vision globale clarifiée de son milieu existentiel, traduit l’aboutissement harmonieux des multiples performances humaines. Ne savoir utiliser parfaitement que 2 ou 3 formes d’intelligence, même de manière exceptionnelle, ne peut suffire à définir un individu supérieur, mature et équilibré de ce point de vue. Pourtant les sociétés modernes ont mis sur un piédestal seulement 2 types d’intelligence (langagière et logico-mathématique) à partir desquels sont utilisés la plupart des tests sur le QI. Des formes d’intelligences propices au formatage culturel des esprits et au conditionnement des comportements rendant ainsi l’individu plus «technicien» et «vertical» dans ses capacités (dominance du QI) que «multispécialiste» et «horizontal» dans ses potentiels de nature à pouvoir ainsi embrasser tous les arts avec maîtrise et conscience élargie (IM). LE SYNDROME SAVANT Certains individus disposent de facultés mentales, mnésiques et cérébrales hors du commun (capacité à parler des dizaines de langues, à lire 2 livres à la fois, à citer des chaînes de chiffres, à se rappeler des milliers de noms dans le bottin téléphonique…). Toutefois les performances qui en résultent ont un sérieux revers car en observant ces prodiges, on constate un retard mental plus ou moins grave ainsi que des difficultés relationnelles les empêchant de s’inscrire dans la société. La moitié des personnes ayant un «syndrome savant» souffre d’autisme. Pour les 50% restants, le syndrome savant résulte d’un problème du développement, d’une lésion cérébrale clairement identifiée ou d’une pathologie du système nerveux central. PRÉVALENCE ET UNIFORMITÉ Selon Howard Gardner, la France est d’ailleurs assez exemplaire dans cette orientation du traitement de l’intelligence en étant «Très fière de son système éducatif et ne réfléchit pas tellement à la façon de le modifier. N’oublions pas que la théorie classique de l’intelligence (unitaire) a été énoncée par un Français, Alfred Binet, qui laisse une ombre historique pas évidente à chasser. Dans la société française on tient au système d’éducation uniforme, le même pour tout le monde. La théorie des IM devient alors une sorte de menace contre l’uniformité». En fait, l’idéal dans l’appréciation réelle du niveau d’intelligence global d’un individu devrait consister à reconnaître en lui son niveau général d’IM et non uniquement certaines formes d’intelligence hiérarchisées comme dominantes. On s’apercevrait alors d’une véritable inversion dans la société entre les individus les plus épanouis et matures de ce point de vue (souvent anonymes et de faible influence dans les classes moyennes et populaires) et le caractère inabouti d’un grand nombre d’élites sur-influentes mais très imparfaites de ce point de vue ! |






