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JDP N° 97 : Agriculture & Agroalimentaire - Agrocarburant et OGM, Alimentation et santé
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Date : 02/12/2009
L’AGRICULTURE CONTRIBUTIVE RAZZIA SUR LES TERRES ARABLES L’agriculture est devenue un enjeu majeur, à tel point qu’elle intéresse de plus en plus les fonds d’investissement dans une grande variété de domaines : terres arables et plantations, machines agricoles, semences et engrais, protection des cultures, aquaculture, biocarburant, OGM, transport de produits agroalimentaires, services climatologiques… Tout le monde s’y met pour accaparer les terres : les gouvernements des pays riches en mal de terres arables pour nourrir leurs populations, les fonds souverains et les fonds d’investissement privés qui flairent les bons coups sur ce nouveau marché, les particuliers qui spéculent à la hausse pour leur propre compte ou comme paravent d’acquéreurs étrangers. Selon l’Institute for Food Policy Research basé à Washington, 15 à 20 millions d’hectares ont ainsi été achetés, ou sont en passe de l’être, dans les pays pauvres depuis 3 ans, soit l’équivalent des 2/3 du domaine agricole français. 4 pays dont la Chine, la Corée du Sud, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis disposent de près de 8 millions d’hectares hors de leur territoire national. C’est l’Afrique et l’Amérique latine qui concentrent les opérations les plus imposantes (80% des terres rapidement cultivables) dont la moitié se trouve dans seulement 7 pays : Angola, République démocratique du Congo (ex-Zaïre), Soudan, Argentine, Bolivie, Brésil, Colombie. En 2010, rien qu’en Afrique, il est prévu une implantation de près de 1 million de paysans chinois. Ces évolutions à grande échelle nécessitent d’investir fortement dans le secteur agricole lequel «présente un profil risque/rendement attrayant en raison de sa faible valorisation actuelle et de son potentiel élevé de consolidation et de croissance» affirme Gertjan van der Geer, gérant du fonds Pictet AM. LES 5 PAYS QUI S’ÉTENDENT LE PLUS Estimations des km² achetés ou loués avec, entre parenthèses, le % de terres arables en plus pour chaque pays : Afrique du Sud 80 000 (+53,8%) Chine 32 540 (+2,2%) Pays du Golfe 25 870 (+69,9%) UE et Norvège 11 793 (+1%) Corée du Sud 11 100 (+68,2%) Source : ONG Grain UNE MISSION NOURRICIÈRE D’après Jacques Diouf, directeur général de la FAO, «Le monde est en situation potentielle de nouvelle crise alimentaire. Les stocks de céréales sont au plus bas depuis trente ans. Aujourd’hui, 31 pays dont 20 en Afrique subissent une crise alimentaire grave». Il est vrai que l’industrie agricole est confrontée au défi majeur de produire suffisamment afin d’alimenter une population mondiale croissante. Le monde a faim et aura toujours faim obligeant à lutter sans cesse contre l’insécurité alimentaire. Toutefois le secteur agricole, pris entre les règles de l’OMC et de la PAC, la crise économique, le respect de l’environnement et les besoins ambivalents des consommateurs, est entré dans une nouvelle ère relativement complexe à gérer. Ce qui est sûr, c’est que l’agriculture est à la base de tout faisant que son avenir, comme celui de l’agroalimentaire, est forcément dans un développement biologique et technologique favorisant majoritairement le rendement. Quelle soit durable, raisonnable, contributive, de grande précision ou bio, l’agriculture a l’obligation d’assumer un rôle déterminant dans la poursuite de sa mission nourricière, tout en proposant une offre porteuse d’espoir afin de réduire la dépendance aux carburants fossiles, tempérer la pollution atmosphérique, offrir des produits alimentaires sains et de qualité, mieux utiliser les ressources en eau et contribuer à la dynamisation économique des territoires. RÉPARTITION DU SOL EN FRANCE Dans les 6 dernières années, les villes ont gagné 253 km² sur les terres agricoles alors que 620 km² d’espaces changent d’affectation tous les ans. Répartition de l’occupation des sols en 2006 : 60% Terres agricoles (prairies, terres arables…) 34% Forêts, végétation arbustive, autres milieux naturels 5% Zones artificialisées (villes, routes, installations industrielles…) 0,7% Zones humides (marais, zones inondables…) 0,3% Surface en eau (étang, lacs, fleuves, rivières…) Source : www.ifen.fr INSÉCURITÉ ET RARÉFACTION CROISSANTE Ainsi que l’observe le dernier rapport Cyclope «Les premières victimes de la crise économique et financière de 2007-2008 n’ont pas été les banquiers ruinés, les épargnants appauvris par la chute boursière ou les familles victimes de la crise des subprimes. Elles ont été les personnes affectées par la faim : 75 millions de personnes supplémentaires entre 2006-2007 d’après la FAO, l’organisation des nations unies en charge de l’agriculture et de l’alimentation». Chaque jour, c’est en réalité 200 000 personnes supplémentaires à nourrir dans une courbe de progression évaluée à +30% de population mondiale à l’horizon 2050 et ce, sans pouvoir augmenter les surfaces cultivées. Quantité mais aussi qualité alimentaire sont aussi à l’ordre du jour, tirées notamment par la hausse constante des revenus dans les pays émergents d’Asie du Sud Est et la surconsommation dans les pays occidentaux. D’autres facteurs contribuent également à la raréfaction des terres fertiles avec les surfaces dédiées aux nouveaux besoins en biocarburants, avec l’urbanisation grandissante autour des métropoles, l’émergence de nouvelles villes ou de quartiers ainsi que les aléas climatiques (sécheresse, inondations…). Tout cela passe par une amélioration conséquente de la productivité de la chaîne agricole ainsi que par une meilleure utilisation des ressources associée à une plus grande professionnalisation du secteur. L’AGRICULTURE RAISONNÉE Utilisée en France depuis les années 70, le concept d’integrated farming venant du Royaume-Uni a pour objectif d’«Utiliser le plus finement possible, de manière raisonnée, les lois de la nature pour produire sans trop artificialiser l’environnement». En France, le terme «intégré» a été remplacé par celui de «raisonné» dont le sens permet de rassurer davantage et qui, selon Jean-Marie Mutschler, directeur national du Farre (Forum de l’agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement) «Parle plus aux consommateurs qui trouvent cela plus positif. Derrière le produit, ils voient des hommes et des femmes qui élaborent un lien de confiance». Toutefois, d’après Michel Berhoco-Irigoin de la Confédération paysanne, «Les partisans de l’agriculture raisonnée défendent plus des systèmes de production ayant le goût de l’agriculture intensive» malgré le fait qu’ils «Ont peut être trouvé un mot qui fait réagir les gens, alors que, fondamentalement, leurs pratiques culturales ne sont pas raisonnées, si on raisonne !». UN MODÈLE EN COURS DE CHANGEMENT La France est la 3e puissance agricole mondiale en rassemblant près de 1,5 millions d’actifs agricoles. Pourtant, selon les experts, la nouvelle agriculture passe par la disparition des petites exploitations au profit d’exploitations, en moyenne, deux fois plus grandes qu’aujourd’hui (entre 70 et 100 hectares) et ce, dans le cadre d’une transition qui s’annonce assez violente dans la plupart des filières. Les 2 principaux piliers sur lesquels doit reposer l’agriculture moderne en France recouvrent :
Un combat que résume de son côté Joël Cottard, agriculteur dans l’Oise, en affirmant qu’«On ne fera pas l’économie de la productivité. Pour continuer à exister, il faudra produire le moins cher possible. Quel que soit le pays, il y a une productivité optimale qui se situe à 20 000 quintaux par salarié». LA RÉORIENTATION DE LA PAC À LA FRANÇAISE Il existe, en France, 3 grands défis à relever après plus de 50 ans de productivisme : la renégociation de la PAC (Politique agricole commune), l’usage de techniques agrobiologiques et l’évitement des pesticides. Le «bilan santé» mené à mi-parcours en 2008 par Bruxelles a d’ailleurs vu se déchirer les éleveurs et les céréaliers sur le nouveau partage «réduit» du pactole de la PAC, sachant que 62% des aides européennes vont aux céréaliers qui bénéficient déjà d’un revenu 3 fois supérieur à celui des éleveurs dont les revenus n’ont jamais été aussi bas. Rappelons que la plupart des dépenses de la PAC sont destinées aux aides directes aux agriculteurs (filet de sécurité) ainsi qu’à des mesures de développement rural (promotion des denrées alimentaires de qualité, préservation de l’environnement, économie locale). La réorientation des aides est devenue un gros enjeu européen d’autant que certains pays parmi les 27, tel le Royaume-Uni, n’en veulent plus du tout. Il est vrai que le fondement initial de la PAC était articulé sur un principe simple «Plus j’ai d’hectares plus je suis aidé» privilégiant ainsi les grands céréaliers. La nouvelle donne européenne promise à l’horizon 2013 promet un rééquilibrage des aides conforme aux exigences de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). En France, le gouvernement a déjà choisi d’arbitrer les aides en faveur de l’aménagement du territoire, notamment en favorisant des coups de pouce envers les éleveurs locaux dans le but de maintenir «Une activité économique qui crée des emplois, de la richesse et offre au pays une diversité de produits». UN HORIZON 2013 ANXIOGÈNE Alors que la France a longtemps bénéficié de la PAC en percevant plus qu’elle ne verse au budget européen (9 milliards d’euros/an depuis plus de 10 ans), le cycle de négociation internationale qui se présente à l’horizon 2013 doit sonner la fin des aides européennes à l’exportation, tout en réduisant fortement les droits de douane communautaires sur les produits importés des autres continents. Déjà l’année 2009 est considérée comme historique pour les paysans français en bouleversant, via les nouvelles options politiques européennes, leur façon de travailler et les grands équilibres de leur profession. Par exemple, avec la nouvelle réforme de la PAC prévue pour 2013 associée aux priorités gouvernementales, le monde agricole va devoir adopter massivement des pratiques dites «écologiquement intensives» tout en étant obligé de réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici 10 ans. C’est notamment le cas avec la production dite «intégrée» qui combine variétés résistantes aux maladies, semis tardifs et moins denses avec des rotations plus longues. TOUJOURS DE LA PLACE POUR LES PETITES EXPLOITATIONS L’Union européenne est bien consciente que les petits éleveurs et agriculteurs sont des éléments structurants importants dans les campagnes et les seuls remparts contre les friches en préservant, par exemple, les sentiers pédestres et équestres tout en participant activement à l’aménagement et à l’entretien du territoire. Aussi «Moins produire pour mieux produire» devient la nouvelle règle du jeu qui tend à s’appliquer, de plus en plus, dans la plupart des petites exploitations sachant que les aides ne sont dorénavant plus liées aux volumes. Toutefois, seuls les plus solides et les plus motivés ont une chance de maintenir une activité rentable sachant que la priorité de Bruxelles est de conditionner l’attribution d’une partie des aides au respect d’exigences relatives à l’environnement, à la santé des plantes et au bien-être animal. Alors que certains agriculteurs se prêtent facilement au jeu, la grande majorité d’entre eux renâclent encore de peur de voir chuter les sacro saints rendements. Que dire également de l’intérêt croissant du consommateur pour les produits bio et surtout pour le «zéro défaut» qui, de facto, nécessite l’utilisation de produits phytosanitaires élaborés. Un véritable paradoxe qui pousse les petits agriculteurs à mettre en oeuvre de nouvelles méthodes de productions alternatives aux rendements plus faibles, donc moins rentables rapidement et plus propices, en cas de pépin climatique, à mettre aussitôt la clé sous la porte ! DES FREINS PUISSANTS AU CHANGEMENT L’aversion des agriculteurs au risque est certainement le frein le plus puissant lorsqu’on leur demande de changer des méthodes qui marchent (malgré la pollution de sols, la consommation énorme d’eau et l’usage de pesticides ou herbicides) avec des méthodes plus douces et plus naturelles testées dans les laboratoires de l’Inra (insecte auxiliaire, confusion sexuelle chez les insectes, serre chauffée et hydroponique…). CHIFFRES CLÉS DE L’AGRICULTURE • 2,6 millions d’emplois en France et 1re place en Europe totalisant 20% de la production agricole commune • 3e source de gaz à effet de serre (19%) avec le bâtiment (19%) derrière les transports (26%) et l’industrie (20%), tout en absorbant 300 millions de tonnes de CO² • 29 millions d’hectares de surface agricole utile en France dont 13,15 millions de grandes cultures et jachères • Diminution des surfaces agricoles entre 0,1à 0,2 ha/par hab. en 2050 contre 0,5 ha en 1950 • Croissance de 50% des besoins mondiaux de céréales d’ici 2030 • Plus de 2 milliards d’humains considérés comme mal nourris • 2,3 milliards d’adultes en surpoids prévus en 2015 • 1% de croissance annuelle des rendements en France • Rendement de 75 quintaux à l’hectare en France contre 30 aux Etats-Unis et 28 en Ukraine • 300 000 hectares passés à l’agriculture de grande précision en France Sources : OMS - FAO - USDA - Citepa - Arvalis En fait, toute la viabilité de la démonstration attendue par les agriculteurs tourne autour de la preuve économique que l’on peut produire mieux sans perte de revenus et ce, d’autant plus, que les coopératives poussent leurs adhérents à obtenir des rendements importants. Il est vrai que les coopératives ont un rôle économique majeur dans la diffusion des engrais et des pesticides en conseillant les agriculteurs locaux sur la protection des plantes, sachant que ce sont elles qui vendent ensuite les produits poussant ainsi au rendement pour des questions de prix marché mais aussi de volumes. En cela, comme le constate Philippe Lucas de l’Inra «Le système est verrouillé», faisant qu’«A l’avenir, ces entreprises devront être agréées. Un des critères sera justement de ne plus lier la rémunération variable des conseillers des coopératives aux ventes de phytosanitaires» ainsi que le confirme les experts du ministère de l’agriculture. LE RECOURS À L’ÉCOLO-INTENSIF Alors que la surface agricole diminue à l’échelle de la planète, que les sols s’épuisent, que les produits phytosanitaires entretiennent la pollution, que le prix des matières premières s’envole (pétrole notamment) et que les tarifs à la production sont de moins en moins rentables, comment résoudre durablement l’équation de l’agroalimentaire face à une démographie mondiale en hausse constante ? Pour Bruno Parmentier, directeur général de l’Ecole supérieure d’agriculture d’Angers «Avant, il y avait d’un côté les productivistes qui récoltaient de gros volumes avec beaucoup de produits chimiques et de l’autre, ceux qui jouaient la carte verte mais produisaient moins. Aujourd’hui, il faut se préparer à produire plus avec moins de chimie, grâce à la biologie». Les nombreuses techniques d’agrobiologie vont certainement apporter des solutions optimales afin de réduire la présence chimique dans les sols, sachant que «La chimie devient un outil de secours, car plus vous faites revivre votre sol et moins, au fil du temps, vous avez besoin de produits car il s’enrichit à nouveau naturellement» comme le confirme Konrad Schreiber, président de l’association Base. Bien malin qui peut prédire toutefois la bonne technique de demain sachant que ce qui marche quelque part ne s’applique pas forcément ailleurs. Ce qui est plus certain, c’est que les technologies agrobiologiques seront amenées, à terme, à remplacer une bonne partie des engrais et autres produits phytosanitaires (pesticides et herbicides). LES NOUVELLES TECHNOLOGIES DANS L’AGRICULTURE Grâce à l’agriculture dite de «précision», les cultivateurs peuvent également améliorer leur productivité tout en respectant l’environnement. D’après Jean Viard, sociologue spécialiste du monde paysan, «Utiliser l’hypertechnicité pour mieux gérer nos ressources naturelles, voilà un avenir encourageant pour l’agriculture». Exemples de procédés : • Télédétection des surfaces permettant une meilleure gestion des cultures (2% actuellement) • GPS sur les matériels agricoles éliminant le double passage lors de l’épandage et localisant les différentes surfaces pour adapter les apports • Observation des cultures et des sols par satellite pour une meilleure détection des besoins des plantes, des maladies, des insectes et risques de sécheresse • Stations météo communicantes en vue d’anticiper les perturbations • Outil «milidis» qui envoie une alerte mildiou sur SMS • Logiciel IRRIBET qui calcule l’apport d’eau nécessaire en matière d’irrigation des cultures (betteraves notamment) • Semoir piloté par ordinateur, guidage précis à 2,5 cm près, pilotage automatique des tracteurs • Recours aux nanotechnologies et aux puces à ADN pour permettre des diagnostics non destructeurs et/ou identifier le niveau de stress hydrique par analyse génomique • Modélisation des cultures avec des outils prévisionnels de croissance • Usage des OGM et des progrès de la génétique afin de limiter les intrants, augmenter la résistance aux insectes et aux variations climatiques, réduire les besoins en eau et augmenter les rendements • Usage de la phytorémédiation (extraction des polluants du sol) et de la transgénèse en stockant les substances polluantes dans les tissus des plantes et en les transformant ensuite via leur métabolisme. 10 PRIORITES DANS L’AGROALIMENTAIRE 1er SECTEUR INDUSTRIEL FRANÇAIS Le secteur agroalimentaire représente 1 500 milliards de dollars de CA dans le monde. Il est également le plus important de France en terme de CA avec près de 163 milliards d’euros. D’après l’Ania (Association nationale des industries alimentaires), l’évolution du CA a même progressé de +5,5% en 2008 dans un secteur qui emploie plus de 410 000 salariés dans 10 568 établissements. 97% des entreprises sont des PME alors que 73% d’entre elles sont des structures de moins de 20 salariés. Si personne ne conteste que les produits alimentaires nationaux sont très sollicités grâce à la qualité durable des récoltes profitant d’un climat jugé extrêmement favorable, la filière alimentaire connaît depuis quelques années de profondes mutations du fait du changement d’habitudes des consommateurs qui se tournent, de plus en plus, vers une alimentation saine. Tous les secteurs sont concernés y compris les domaines traditionnels d’excellence que sont les productions de céréales (blé et maïs notamment) mais aussi le sucre, le vin, les produits laitiers, les fruits et légumes et les produits carnés. CHIFFRES SUR L’INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE Base 2008 : • 1er secteur industriel français • 162,9 Md€ de CA • 10 568 entreprises (base 2006) • 412 000 salariés • 85% des produits consommés en France sont fabriqués en France • 70% de la production agricole française est transformée par les industries agroalimentaires françaises • 35 Md€ d’exportation de produits alimentaires transformés • 6,6 Md€ d’excédent commercial • +4% d’investissement Source : Ania UN CHANGEMENT DE CONSOMMATION Alors qu’en 1960, 22% du budget des ménages était consacré aux dépenses alimentaires, il ne représente aujourd’hui qu’un peu plus de la moitié, soit moins de 13% loin derrière le logement (25%) et le transport (15%). Selon TNS Sofres, 19% des Français ont réduit leurs dépenses alimentaires et 11% ont l’intention de le faire dans l’actuelle période de crise. Seulement 3% des nationaux ont augmenté leur budget alimentaire confirmant ainsi le fait que les foyers font de plus en plus d’arbitrages et/ou se reportent sur des gammes de produits inférieurs issus du low cost et des marques distributeurs. Ce phénomène touche également les plats cuisinés haut de gamme qui sont beaucoup moins sollicités, voire même peu à peu laissés à l’abandon. D’après Gérard Mermet, auteur de Francoscopie (Larousse) : «Les consommateurs veulent à la fois du plaisir gustatif et un renouvellement permanent des sensations par l’exotisme et le métissage culinaire». L’AVENIR DES SAVEURS ET DES ARÔMES 4 000 nouvelles saveurs sont inventées chaque année par le groupe Givaudan implanté à Zurich. Celui-ci détient 20.000 arômes de synthèse et compte une dizaine de labos répartis dans le monde. Il est actuellement un rouage essentiel dans l’industrie des compotes, viennoiseries, snacks, crèmes dessert et autres plats cuisinés à la Française, à l’Italienne ou à la mode asiatique. Même si un arôme ne représente que 1% du coût total du produit alimentaire, son rôle est devenu essentiel pour répondre aux attentes des consommateurs. Pour cela, cette société suisse organise tous les 3 ans des expéditions qu’elle finance elle-même (Gabon, Madagascar, Brésil) à partir d’un «radeau des cimes» destiné à se poser sur la canopée ou encore, via des «taste treks» dont le but est de dénicher des fruits et des plantes aux saveurs inconnues. Pour réaliser de nouveaux arômes, l’entreprise s’est spécialisée dans la «capture» des fragrances et effluves à l’aide de matériels très sophistiqués. Une chromatographie est ensuite effectuée dans le but de lister toutes les molécules formant la saveur, en vue de la reconstituer artificiellement. Selon Jean-Luc Vaugrante, directeur France : «Entre la demande du client et les premiers essais en cuisine, il ne s’écoule pas plus de trois semaines». Un pari rendu possible du fait que la plupart des arômes sont composés de 20 à 60 ingrédients différents. Seul le chocolat reste encore inimitable avec près de 600 molécules différentes ! C’est ce qui explique le rythme effréné de renouvellement des marques misant sur l’inédit. Ainsi, d’après Xavier Terlet consultant en innovation alimentaire, «Il sort environ 10 000 nouveautés par an en Europe. La moitié des produits en rayon n’existaient pas il y a cinq ans». Selon une étude du cabinet Bain, cette course à la nouveauté permet aux grandes marques alimentaires (Unilever, Kellogg’s, Heinz…) d’augmenter spectaculairement leurs marges et générer environ 150 M€ pour chaque nouveau produit lancé. Les 5 segments les plus innovants en nombre de produits lancés en Europe (base 2007) : 1 200 Boissons non alcoolisées 1 050 Biscuiterie 930 Laitage, crèmerie 860 Confiserie 780 Produits chocolatés Source : XTC LA MOBILISATION DE 21 PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ Face à la concurrence internationale et la nécessité d’un réajustement programmé de la PAC en 2013, le gouvernement français a défini, en début d’année 2009, 10 priorités agro-industrielles de recherche et développement en liaison avec les acteurs publics, les grandes entreprises, les chercheurs et les pôles de compétitivité. L’ambition affichée est de favoriser le développement de nouveaux projets industriels avec la mise sur le marché de produits et de services innovants, créateurs de richesse. En cela, la R&D et l’innovation constituent des leviers essentiels pour la compétitivité de l’agriculture et des entreprises agro-industrielles françaises. La mobilisation concerne 21 pôles de compétitivité, soit près de 1/3 de l’ensemble des pôles français, en vue de travailler sur des thématiques agricoles, agroalimentaires ou agro-industrielles pointues. Les 10 priorités agro-industrielles du plan gouvernemental pour les années à venir :
LES NANOTECHNOLOGIES ET L’AGROALIMENTAIRE Les «nanos» sont si discrets que personne ne les voit ? De fait, il s’agit d’une nouvelle discipline dont l’objet est d’apporter encore plus de sécurité alimentaire, de nouvelles sensations gustatives avec des textures et des arômes innovants. Le principe est simple : il s’agit de «casser» une substance en x morceaux plus petits afin d’en augmenter la surface d’action. Une prouesse réalisable grâce à l’implant de constituants à l’échelle du milliardième de mètre, c’est-à-dire un million de fois plus petits qu’un simple grain de sucre, apportant un bonus pratique ou nutritionnel à des aliments classiques sous forme de complément ou d’additif. Par exemple, dans le sel ou le café, les «nanos» évitent les grumeaux. Sur les emballages, ils bloquent l’eau, les UV et l’air, afin de prolonger la conservation. Inclus dans les compléments alimentaires, ils sont également censés apporter des vitamines, des enzymes et autres molécules bénéfiques. Selon le cabinet de conseil Helmut Kaiser implanté en Allemagne, le marché est prometteur dans l’industrie agroalimentaire avec une prévision de 14,5 milliards d’euros en 2010. LES PROPRIETES RECHERCHEES DANS LES NANOTECHNOLOGIES : • Effet antiagglomérant grâce aux oxydes métalliques comme la silice. • Effet antibactérien avec l’implant d’argent principal nanomatériau) • Protection des aliments avec l’usage de la silice, l’oxyde et nitrure de titane • Meilleure absorption par l’organisme avec les vitamines, oméga 3 et arômes encapsulés dans des vésicules biodégradables AGROCARBURANT ET OGM UNE BONNE ALTERNATIVE Face à la raréfaction des ressources pétrolières, les agrocarburants s’imposent comme une alternative de transition au cours des 5 à 25 prochaines années. La France est même devenue le second producteur de biodiesel au monde et le 5e producteur de bioéthanol. L’objectif affiché est d’atteindre 10% de biocarburant intégré dans l’essence en 2015 (7% en 2010), sachant que cette filière produit parallèlement des protéines alimentaires destinées à l’alimentation animale : • 1 hectare de colza = 3,5 tonnes de graines en rendement moyen dont 1,5 tonne d’huile brute et 2 tonnes de tourteaux de colza pour l’alimentation animale. • 1,5 tonne d’huile brute + 150 kg de méthanol donne 1,5 tonne de Diester + 150 kg de glycérine (pâte de dentifrice, rouge à lèvres, solvants, lubrifiants) Depuis le début des années 90, les professionnels de la filière des huiles et des protéines végétales se sont unis pour créer une filière dite intégrée afin de fournir des biocarburants de première génération. Cette filière française a pour objectif que la surface consacrée aux biocarburants représente un peu moins de 2 millions d’hectares, soit environ 15% de la production totale de céréales, d’oléagineux et de betteraves sucrières, pour un total attendu de 3,5 millions de tonnes de biocarburants par an. Le bilan énergétique et environnemental des biocarburants est considéré comme meilleur que celui de l’essence en produisant entre 2 et 3 fois plus de quantité d’énergie que celle nécessaire à sa production, tout en réduisant de 75% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à un litre d’essence. Il est ainsi estimé que l’incorporation de 7% de biocarburants en 2010 réduira de 4 à 5% les émissions de gaz à effet de serre. LA DISGRÂCE ACTUELLE DES BIOCARBURANTS Depuis 2 ans, se succèdent les rapports, études et autres formes d’inquiétudes sur l’impact environnemental des agrocarburants. Même l’Union européenne s’interroge sur l’opportunité de reconduire les subventions accordées aux cultures spécialisées depuis que le réchauffement climatique est devenu une fixation collective dans les pays occidentaux. Après les avoir encensés on leur reproche dorénavant pêle-mêle : • Une concurrence vis-à-vis des cultures vivrières dans les pays les plus fragiles • Une interaction négative avec les cours des matières agricoles et les prix alimentaires • Une menace pour les bioéquilibres et la biodiversité • Une tendance à favoriser la déforestation augmentant ainsi la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère • Un bilan environnemental mitigé à cause de la mécanisation des cultures, de l’irrigation, des engrais et pesticides VERS UNE SECONDE GÉNÉRATION Alors que l’éthanol issu de plantes «nobles» mobilise un grande partie de bonnes terres agricoles, des labos travaillent à la mise au point d’un nouveau «pétrole vert» plus propre et plus efficace que les agrocarburants actuels. La recherche s’oriente vers une nouvelle génération de plantes qui ne force plus à choisir entre carburant et alimentation, nécessite moins de surfaces de culture et utilise moins de chimie et de gazole, c’est-à-dire tout ce que l’on reproche aujourd’hui au colza, au maïs, à la betterave ou à l’huile de palme. La panacée semble avoir été trouvée avec le Miscanthus, une grande plante ornementale originaire de Chine qui vit une vingtaine d’années. L’avantage de cette plante pluriannuelle est qu’elle ne requiert que peu de traitement chimique et presque pas de mécanisation. Sa biomasse (tige et feuille), qui n’a pas besoin de bonnes terres agricoles, recouvre directement le sol limitant ainsi la pousse de mauvaises herbes, faisant qu’«A raison de 40 à 50 tonnes l’hectare, son potentiel est deux fois plus élevé que celui du blé ou de la betterave avec une consommation d’azote réduite d’un tiers» précise Hubert Boizard, directeur de l’unité Agro-Impact de l’Inra. Les recherches sur l’éthanol 2e génération portent également sur la transformation d’autres plantes pérennes telles le switchgrass (panic érigé), la luzerne, le sorgho, le triticale (hybride de blé et seigle) ou encore des arbres à rotation rapide comme le peuplier ou le saule, mais aussi sur les déchets et résidus de bois et de denrées agricoles (paille de blé) ainsi que les ordures ménagères biologiques. Toutefois, selon Arnaud Gabenisch du cabinet conseil Alcimed, «Les verrous technologiques et économiques ne laissent cependant pas entrevoir une exploitation rapide à grande échelle. Au plus tôt en 2015 voire en 2020». 4 MODES DE TRANSFORMATION Synthèse des 4 procédés utilisés pour produire des agrocarburants : Depuis 1993 (voie chimique) 1. Huile de colza, tournesol, soja, jatropha, palme (agrodiesel) : Réaction chimique avec ajout d’alcool méthylique ––> esters d’huiles végétales (ou biodiesel) ––> mélange au gazole 2. Betterave, canne à sucre, blé, maïs, orge, pomme de terre (Ethanol) : Sucres ––> fermentation ––> éthanol* ––> mélange à l’essence A partir de 2015 ou 2020 (voies thermochimique et biochimique) 3. Résidus agricoles et forestiers (pailles de blé et de colza, copeaux, sciure) : Transformation en gaz ––> synthèse des gaz ––> hydrocarbures ––> mélange au gazole 4. Cultures dédiées à croissance rapide (peuplier, saule, Miscanthus…) : Dégradation grâce à des enzymes ––> sucres ––> fermentation ––> éthanol ––> mélange à l’essence * L’éthanol est un alcool que l’on peut produire à partir de toutes sortes de végétaux OGM, LE CAS MONSANTO Premier semencier mondial, la multinationale américaine Monsato est également le leader mondial des organismes génétiquement modifiés en contrôlant près de 90% des ventes d’OGM dans le monde, sauf en Europe et naturellement en France. Malgré son passé sulfureux et des méthodes discutables qui tendent à rendre les agriculteurs dépendants, la firme de Saint-Louis dans le Missouri, inventeur du Roundup l’herbicide le plus vendu au monde, est spécialisée dans les semences high tech. Elle dispose de 600 chercheurs qui planchent sur des OGM à haut rendement, insensibles à la sécheresse et enrichis en oméga 3. PRÉVISION DE NOUVELLES PLANTES AVEC OGM De nombreux labos dans le monde testent actuellement de nouvelles plantes destinées à être mises sur le marché dans les 10 années à venir. Alors que l’Europe tergiverse sur la question des OGM, la multinationale américaine Montanso dépose ses brevets et acquiert un savoir-faire déterminant en vue d’implanter plusieurs gènes étrangers dans une même plante. Demain, une seule semence deviendra capable d’acquérir plusieurs propriétés distinctes comme c’est le cas pour : • Soja enrichi en protéines (2010) : doit présenter des propriétés nutritionnelles de 10% supérieures au soja classique • Soja enrichi en omega 3 (2012) : doit prévenir les maladies cardio-vasculaires • Soja à haute teneur en lysine (2015) : Acide aminé destiné à augmenter la productivité de l’élevage porcin • Soja et maïs moins gourmand en eau (2020) : l’objectif est de réduire de 15 à 30% la consommation d’eau avec un niveau de production maintenu en dépit du réchauffement climatique • Soja et maïs à très haut rendement (2030) : le but est de doubler carrément la production d’un pays tout entier Ses objectifs de conquête planétaire sont clairement définis en vue de résoudre le quadruple défi de l’agriculture productive, de la faim dans le monde, de la pollution des sols et du réchauffement climatique, tout en contrôlant le marché, c’est-à-dire une bonne partie de la chaîne alimentaire. Pour ou contre les OGM, ce qui est sûr avertit Jean-Paul Charvet, auteur de l’Agriculture mondialisée (La Documentation française), c’est qu’«Il faut trouver le moyen de produire 340 millions de tonnes de plus par an en 2020, soit l’équivalent de l’agriculture américaine actuelle». Déjà 7% des terres arables de la planète, soit 114 millions d’hectares, sont occupées par des cultures OGM dans plus d’une vingtaine de pays. 100 M$ POUR CRÉER UN OGM Le rouleau compresseur OGM n’a pas fini d’agiter les consciences, d’autant que déjà 15 à 20% de soja américain transgénique est incorporé dans les rations animales des éleveurs européens. Selon Jean-Michel Duhamel de Monsanto France : «Il faut compter au moins dix ans entre l’identification des gènes aux propriétés requises et les essais en plein champ qui permettent d’obtenir les autorisations de mise sur le marché. Pour chaque nouvel OGM, l’ensemble du processus revient au minimum à 100 millions de dollars». Autant dire que la partie est presque déjà perdue pour les 15 à 20 années à venir pour la recherche française ! Dommage, car en dehors des risques potentiels de mutation les OGM ont le profil parfait pour assurer la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale (éviter les famines et pénuries), réduire l’utilisation de pesticides et modérer l’émission de gaz à effet de serre. Alors que le grand public, conditionné par les alertes écolos, ne veut pas d’OGM dans son assiette (ni tomate longue conservation, ni banane enrichies aux vitamines, ni pomme de terre qui ne germe pas) la recherche actuelle des OGM s’est orientée sur 4 grandes variétés agricoles : le coton, le maïs, le soja et le colza, en tant que nourriture pour les animaux, biocarburants et composants pour l’industrie agroalimentaire. SURFACES OGM Part des surfaces OGM en % des surfaces cultivées dans le monde (base 2006) : 55,4% Etats-Unis (soja, maïs, coton, colza, courges, papaye) 19% Argentine (soja, maïs, coton) 10,4% Brésil (soja) 6,4% Canada (colza, maïs, soja) 5,1% Autres 3,7% Chine (coton) Sources : ISF - Cropnosis - Isaaa ALIMENTATION ET SANTE UNE DEMANDE D’ALIMENTATION DURABLE D’après le sociologue Jean-Pierre Poulain, «Le discours des experts rejoint celui des croisés : ONG ; associations, militants» dans la croisade actuelle du «manger sain pour soi et pour la planète». Sur le fond, explique la psychosociologue Estelle Masson, «La sensibilité écologique rejoint des préoccupations de santé très égoïstes. Les conditions sont donc réunies pour que le souci d’une alimentation durable gagne un public de plus en plus large et s’installe». Un récent sondage Ipsos indique d’ailleurs que 52% de la population place l’impact de l’alimentation sur l’organisme au premier rang de ses inquiétudes, loin devant l’insécurité ou la délinquance. Au-delà des cercles branchés et des classes moyennes aisées, cette scientifique constate une nette augmentation des produits jugés éthiques et préservant l’environnement notamment «En province où les gens ont recours à des petits producteurs, au verger d’un voisin, pour avoir accès à une nourriture jugée saine et naturelle». Selon une autre étude du cabinet Ethicity, 66% des Français déclarent faire des achats responsables mais 20% seulement de manière régulière surtout chez les seniors et les gens aisés. 30% des personnes interrogées indiquent, par ailleurs, qu’un produit de consommation responsable doit être fabriqué localement. Enfin, 70% réclament des prix plus attractifs ainsi que des informations plus claires pour les produits durables. La labellisation existe déjà, depuis les années 90, pour un certain nombre de produits faisant que les labels officiels sont «Aujourd’hui considérés autant par la communauté scientifique que par les gouvernements comme des réponses essentielles aux problématiques environnementales, précisément parce qu’ils procèdent d’une responsabilisation des consommateurs» ainsi que le confirme la sociologue Sophie Bubuisson-Quellier du CNRS. REMISE EN QUESTION DU «BIO» En France, le marché du bio représente 2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et regroupe 11% des exploitations agricoles pour 584 000 hectares, soit à peine 2% des surfaces agricoles utiles. Le Grenelle de l’environnement s’est d’ailleurs fixé un objectif de 6% en 2012 et de 20% à l’horizon 2020. Alors que 75% des consommateurs de bio pensent que leurs aliments préférés sont plus riches sur le plan nutritionnel que les aliments conventionnels, une étude de la FSA (agence britannique des normes alimentaires) reprenant 162 travaux menés depuis 50 ans (soit l’examen de 52 471 articles publiés) vient de confirmer ce que l’on savait déjà depuis 2003 en France (rapport Afssa), c’est-à-dire le fait qu’il n’y pas de différence notable en matière d’apports de calcium, fer ou vitamine C. Cette étude ne tient pas compte, cependant, d’un point très important concernant l’absence de pesticides et de résidus toxiques dans l’alimentation bio mais bien présents dans l’alimentation classique. Pour Carlo Leifert, professeur d’agriculture écologique à l’université de Newcastle, «Les fruits et légumes bio renfermeraient 40% d’antioxydants et de polyphénols de plus que leurs équivalents issus de l’agriculture classique. Le pourcentage serait encore plus élevé pour le lait bio. Or les antioxydants aident à prévenir l’apparition de cancers et de maladies cardio-vasculaires». Ce qui est certain dans cette affaire, c’est que l’absence de résidus toxiques liée au non-usage intensif de pesticides et/ou d’herbicides agit favorablement sur la santé publique. Comme l’affirme Joaquin Munoz, directeur général de Max Havelaar France, «Prenez une pomme : dans l’agriculture conventionnelle elle est traitée 27 fois. En gros, il ne reste plus au final que le trognon qui n’ait pas été touché». Ce dernier juge également «Inacceptable de continuer d’asperger de pesticides les plantations de bananes sans se soucier de la santé des ouvriers agricoles qui y travaillent». L’Inserm analyse, de son côté, l’implication possible de ces substances chimiques dans le développement de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs. SORTIR DE LA GRANDE CACOPHONIE ALIMENTAIRE Selon Michelle le Barzic, psychologue et coauteure de La meilleure façon de manger, «Il faut se souvenir avant tout que l’alimentation humaine repose sur trois fonctions : nutritionnelles bien entendu mais aussi hédoniste et symbolique. Ces dernières années, la première de ces fonctions s’est retrouvée hypertrophiée au détriment des deux autres». Un avis partagé par Gérard Apfeldorfer, psychiatre, pour qui «Il nous faudrait manger surtout pas avec la tête mais avec le cœur» considérant la trop grande importance du symbolique via le marketing et la publicité orchestrés par les firmes agroalimentaires, les recommandations fluctuantes des nutritionnistes qui ont pris une large part de responsabilité dans la cacophonie actuelle et les incertitudes réversibles des scientifiques. Aussi, ce psychiatre cofondateur et vice-président du Gros (Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids), préconise que «Plutôt que d’écouter les messages sanitaires qui normalisent l’alimentation, mieux vaut écouter ses sensations et ses émotions alimentaires». Pour le consommateur perdu dans cette cacophonie alimentaire où l’on conseille, un jour, de manger «moins de féculents qui font grossir mais plus de viande pour les protéines» puis, le lendemain, renversement de situation en disant que «les féculents ne font pas grossir et qu’il ne faut surtout pas abuser de viande en raison des graisses cachées», il faut sortir de la pensée unique. Idem avec «le gras et le sucre qui sont dorénavant considérés comme des poisons» mais qui réconfortent en cas de stress et apportent de l’énergie dans les coups de fatigue. Régime et restriction puis envie et compulsion sans retenue, le mangeur est devenu totalement déboussolé dans un système où la normalisation de l’alimentation impose des règles directives alors que «Les besoins varient d’un individu à un autre». Pour le Gros, le moment est venu de mettre en place un contre programme à l’échelle individuelle en préconisant les bases d’un vrai savoir-faire alimentaire :
Rappelons qu’un régime pauvre en calories mais riche en sels minéraux et oligoéléments fait grimper l’espérance de vie de 30%. Pour cela, l’idéal est d’avoir un «indice de masse corporelle» (poids en kg/taille en centimètres au carré) compris entre 19 et 24 ! ABECEDAIRE DE LA NUTRIPREVENTION 1. Agrumes : orange, citron, mandarine, pamplemousse (cancer) 2. Ail : ail, oignon, échalote, ciboulette, poireau (cancer, maladies cardio-vasculaires) 3. Algues : nori, kombu, wakamé, aramé, dulse (cancer, maladies cardio-vasculaires, vieillissement, diabète) 4. Cannelle (cancer, maladies cardio-vasculaires, diabète) 5. Carotte (cancer, vieillissement) 6. Céréales et pain complet (diabète) 7. Champignons : shiitake, enokitake, maitake, champignon de Paris, portobello, cremini, pleurote (cancer) 8. Chocolat noir (maladies cardio-vasculaires) 9. Choux : chou-fleur, de Bruxelles, feuillu, pommé, brocoli, cresson (cancer, maladies cardio-vasculaires, vieillissement) 10. Curcuma (cancer, maladies cardio-vasculaires, vieillissement, diabète, alzheimer) 11. Fenouil : fenouil, persil, coriandre, cumin, anis, cerfeuil, céleri, panais (cancer) 12. Fruits exotiques : grenade, mangue, kiwi, ananas (cancer, vieillissement) 13. Fruits secs : amandes, noix, noisettes (cancer) 14. Fruits rouges : myrtille arbusive, myrtille, fraise, framboise, cassis, mûre, cranberry (cancer) 15. Gingembre (cancer) 16. Graines de lin : lin, chia (cancer, maladies cardio-vasculaires, alzheimer) 17. Herbes de Provence : thym, origan, basilic, romarin (cancer, maladies cardio-vasculaires, vieillissement, diabète) 18. Huile d’olive (cancer, vieillissement, alzheimer) 19. Légumes secs : lentilles, pois chiches (cancer, maladies cardio-vasculaires, vieillissement, diabète) 20. Poisson gras : sardines, maquereau, anchois, thon, saumon (cancer, maladies cardio-vasculaires, vieillissement, diabète, alzheimer) 21. Soja : tofu, miso, edamame, sauce au soja (cancer, maladies cardio-vasculaires, vieillissement) 22. Thé vert (cancer, maladies cardio-vasculaires, alzheimer) 23. Tomate (cancer, diabète) 24. Vin rouge (maladies cardio-vasculaires, alzheimer) 25. Yaourt : yaourt fermenté, lait ribot, kéfir (cancer, maladies cardio-vasculaires) RÉPARTITION DES VENTES DE PRODUITS BIO EN FRANCE 42% Grandes surfaces 27% Magasins spécialisés bio en réseau 13% Magasins spécialisés bio indépendants 13% Vente directe 5% Artisans, commerçants, magasins vente produits surgelés Source : Agence Bio LES 25 ALIMENTS QUI FONT DU BIEN La malbouffe tue chaque jour en France l’équivalent du nombre de passagers d’un Boeing 747 qui explose en vol principalement du fait que la nourriture industrielle composant 80% des repas n’est pas adaptée aux gènes humains. C’est que constate le Dr Richard Béliveau, patron du laboratoire de biologie moléculaire de l’hôpital Sainte-Justine à Québec, qui préconise le recours à la «nutriprévention». Son diagnostic porte sur 25 types d’aliments qui contiennent «En beaucoup plus grand nombre que tous les catalogues de l’industrie pharmaceutique réunis, des milliers de molécules phytochimiques capables d’agir contre les tumeurs, réduire l’inflammation chronique, donner un coup de pouce à notre système immunitaire, bloquer la croissance des cellules cancéreuses, réguler le taux de sucre dans le sang ou encore, faire baisser le mauvais cholestérol». Il s’agit de faire en sorte que chacun puisse reprendre le contrôle de son assiette à partir notamment de fruits, légumes, légumineuses, céréales, poissons gras et fruits secs de façon à prévenir un grand nombre de maladies. L’EXEMPLE DU BEURRE AOC CHARENTES-POITOU
Le beurre AOC Charentes-Poitou est un acteur majeur de notre région qui rassemble 5.000 producteurs laitiers et plusieurs entreprises régionales autour de neuf marques : Lescure, Echiré, Grand Fermage, Surgères, Montaigu, Pamplie, Celles-sur-Belle, la Viette et Terroir de France. AOC, TROIS LETTRES CAPITALES L’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) identifie un produit, l’authenticité et la typicité de son origine géographique. Elle garantit les qualités et caractéristiques du produit, son terroir d’origine, le savoir-faire de son producteur, l’antériorité et la notoriété du nom. La quantité et le contrôle d’étiquetage des produits sous AOC répondent à un cahier des charges très strict validé par l’INAO (Institut National des Appellations d’Origine). La reconnaissance de l’AOC par l’Union européenne est l’AOP (Appellation d’Origine Protégée). En France, seuls deux beurres bénéficient d’une AOC : le beurre Charentes-Poitou depuis 1979 et le beurre d’Isigny depuis 1986. CE QUE GARANTIT LE BEURRE AOC CHARENTES-POITOU
LE BEURRE ET LA SANTE Quelles vitamines essentielles sont présentes en quantité dans le beurre ?
VRAI OU FAUX ? • Le beurre chauffé est-il mauvais pour la santé ? Non : quand il est chauffé doucement sans dépasser 120°C, il garde même ses vitamines. • Consommer du beurre favorise-t-il le cholestérol ? Non : le cholestérol est indispensable. Présent dans le sang, il est pour les trois-quarts synthétisé par l’organisme. Une consommation quotidienne et raisonnable de beurre ne crée pas de mauvais cholestérol pour les personnes en bonne santé. C’est aussi bon pour l’environnement. Le beurre AOC Charentes-Poitou est un produit de proximité : de la collecte à votre assiette en passant par la transformation, c’est moins de kilomètres parcourus et donc moins de gaz à effet de serre. www.laveritesurlebeurre.fr |






