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JDP N° 97 : Sécurité & Risques technologiques - Problématique du risque, statéges de prévention
Extrait
Date : 02/12/2009 LA PROBLEMATIQUE DU RISQUE ET SA GESTION LA NOTION DE RISQUE La notion de risque est sujette à de nombreuses interprétations sachant que sa définition première reste assez large et caractérise «un danger probable lié à l’action d’un décideur». Dans les activités humaines, et hors phénomènes naturels, le risque est toujours inhérent à la décision et à l’action faisant que selon l’économiste américain Franck Knight, il existe 2 grandes classes de risques en économie nécessitant des traitements différenciés : • Les risques simples et aléatoires (qui sont assurables) dont la survenue est probabilisable avec une occurrence (possibilité de réalisation) qui ne dépend pas forcément du comportement propre des individus, de l’entreprise ou des autres intervenants du marché, mais aussi de défaillances techniques, d’aspects commerciaux, financiers ou encore sanitaires. • Les risques d’interaction liés plus précisément aux comportements des acteurs en eux-mêmes et entre eux et qui sont considérés comme non assurables du fait de leur incertitude. PRINCIPAUX RISQUES D’ENTREPRISE 1. Commercial 7. Ecologique 2. Technique 8. Terroriste 3. Marché 9. Insurrection, guerre 4. Financier, de change 10. Cyber-risque 5. Sécurité 11. Immatériel 6. Sanitaire Source : Problèmes économiques Par extension, il est largement admis que le risque zéro est une utopie, une illusion, même si la détection des causes initiales d’accidents permet d’identifier les responsabilités factuelles. Alors que la baisse significative de fréquence des accidents est un progrès certain (notamment dans le domaine industriel) il n’en demeure pas moins que «Comme l’horizon, le risque zéro est un objectif qui s’éloigne sans cesse et qu’on ne pourra jamais atteindre» confirme Michel Turpin, ingénieur conseil. Il est évident que le risque mal maîtrisé est et restera une conséquence inéluctable de l’activité humaine entraînant forcément de nouveaux cas de crises, de nouvelles catastrophes ou accidents et de nouvelles victimes, quels que soient les efforts et les moyens déployés. Parallèlement, le risque maîtrisé est un moteur majeur de l’évolution, de l’innovation, de l’entrepreneuriat et du changement positif des comportements. DES OUTILS ECONOMIQUES SOUVENT INADAPTÉS Dans la théorie économique du risque, il est admis que la plupart des situations classiques et récurrentes peuvent bénéficier de solutions assurantielles. C’est notamment le cas lorsque l’assuré cherche à se prémunir d’un type de sinistre «courant» (feu, vol, dommages, bris…) dont la prévisibilité est statistique. Toutefois, depuis Knight, on sait que l’assurance n’est envisageable que dans un nombre restreint de cas relevant de situations connues. Par exemple, en ce qui concerne les risques liés à «l’incertitude» il est courant d’observer une inadaptation des outils mathématiques qui apparaissent souvent trop formalisés et/ou découlant principalement des sciences «causales» et linéaires de l’ingénieur. Or, tout ce qui est trop linéaire et généralisable n’est pas forcément adapté à la complexité croissante et «non linéaire» des systèmes comme des interactions entre acteurs. Pourtant, paradoxalement, ce sont les situations économiques non maîtrisables qui ont (et font) progresser le calcul des probabilités en élargissant, peu à peu, le nombre d’inconnues à maîtriser. Tous les économistes du XXe siècle sont d’ailleurs unanimes pour dire qu’il existe une inadaptation chronique entre les outils économiques proposés et la mesure probabiliste des situations porteuses de nouveaux risques économiques ou d’accidents graves. Si, en théorie, il est possible de tout prévoir, la réalité se charge de remettre les pendules à l’heure en ce qui concerne la totale imprévisibilité du lieu, de l’intensité et/ou de la date. Tout le reste en matière de sécurité n’est que fantasme à croire que comprendre, expliquer ou solutionner une crise lambda permet d’en éviter les autres ! ( . . . ) |
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