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JDP N° 98 : Coaching - Vérité et mensonge, politesse et climat de confiance en entreprise Extrait

Date : 04/02/2010

  • Vérité et mensonge en entreprise
  • Politesse et climat de confiance


VERITE ET MENSONGE EN ENTREPRISE

Bien qu’il ne soit pas toujours possible de dire toute la vérité et qu’il arrive forcément à chacun de tricher avec la réalité des faits, personne ne souhaite être dupe du mensonge des autres. C’est la raison qui explique le retour en force dans l’entreprise d’une demande d’éthique et de transparence.
Selon la psychologue Claudine Biland, auteur de Psychologie du menteur (Odile Jacob), «L’espèce humaine est vouée au mensonge. L’on ment parce qu’on est imparfait mais aussi pour rendre vivable la vie en société». D’après elle, «Les gens qui disent tout le temps et crûment ce qu’ils pensent sont des pervers, alors qu’à l’inverse ceux qui mentent en permanence sont des mythomanes». En fait, il existerait dans l’entreprise une véritable «hypocrisie diplomatique» fondée sur 4 types de mensonges destinés à préserver la paix sociale et à ne pas être contre-productif dans les relations interindividuelles. C’est l’avis de Philippe Corda, coauteur de L’Entreprise réconciliée, pour qui «La transparence à tout prix n’apporte rien» :

• Se procurer un avantage : Le recours à ce type de mensonge, petit ou grand, se «légitimise» par le principe qui veut que «la fin justifie les moyens». Il est certainement le plus égoïste et vénal de tous car toujours animé par une recherche de profit ou d’intérêt pour soi. Ce mensonge est surtout pratiqué par les hommes d’affaires, financiers, commerciaux, commerçants, publicitaires… et suppose de convaincre son interlocuteur en évitant d’être démasqué car s’il y a gros à gagner, il y aussi beaucoup à perdre.

• Sauver son image : Cette posture consiste à mentir sciemment pour sauver les apparences afin de ne pas révéler une erreur, un acte délictueux ou illégal dans le but d’éviter une éventuelle sanction, un discrédit ou un déshonneur. Très pratiqué par les politiques, les chefs d’entreprises, les coupables, qui ne veulent pas assumer personnellement d’éventuelles conséquences découlant de certains faits, ce type de mensonge relève mentalement d’un manque de courage et de loyauté afin de sauver sa peau.

• Faire plaisir :
Ce type de mensonge fondé sur l’affabilité consiste à ne pas aborder les sujets qui fâchent, à ménager ses collaborateurs ou ses proches et/ou à caresser les autres dans le sens du poil. Il est considéré comme le plus excusable car fondé sur une approche altruiste de la relation à autrui même s’il permet, parallèlement, de soigner sa propre image de personne «gentil».

• Eviter la panique : C’est le grand classique du mensonge d’Etat destiné à éviter une crise, un conflit, des problèmes sociaux afin que le «pire» n’arrive pas. Ses auteurs et les conseillers qui les suggèrent utilisent là une manipulation de masse foncièrement infantilisante destinée à masquer un dispositif insuffisant, des imprévoyances condamnables ou un fiasco. Ils considèrent, en général, que les gens ne sont pas assez adultes pour supporter la vérité toute crue et se doivent alors de minimiser les faits par «devoir de positivité» fallacieux.

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