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JDP N° 98 : Coaching - Vérité et mensonge, politesse et climat de confiance en entreprise
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Date : 04/02/2010
VERITE ET MENSONGE EN ENTREPRISE Bien qu’il ne soit pas toujours possible de dire toute la vérité et qu’il arrive forcément à chacun de tricher avec la réalité des faits, personne ne souhaite être dupe du mensonge des autres. C’est la raison qui explique le retour en force dans l’entreprise d’une demande d’éthique et de transparence. Selon la psychologue Claudine Biland, auteur de Psychologie du menteur (Odile Jacob), «L’espèce humaine est vouée au mensonge. L’on ment parce qu’on est imparfait mais aussi pour rendre vivable la vie en société». D’après elle, «Les gens qui disent tout le temps et crûment ce qu’ils pensent sont des pervers, alors qu’à l’inverse ceux qui mentent en permanence sont des mythomanes». En fait, il existerait dans l’entreprise une véritable «hypocrisie diplomatique» fondée sur 4 types de mensonges destinés à préserver la paix sociale et à ne pas être contre-productif dans les relations interindividuelles. C’est l’avis de Philippe Corda, coauteur de L’Entreprise réconciliée, pour qui «La transparence à tout prix n’apporte rien» : • Se procurer un avantage : Le recours à ce type de mensonge, petit ou grand, se «légitimise» par le principe qui veut que «la fin justifie les moyens». Il est certainement le plus égoïste et vénal de tous car toujours animé par une recherche de profit ou d’intérêt pour soi. Ce mensonge est surtout pratiqué par les hommes d’affaires, financiers, commerciaux, commerçants, publicitaires… et suppose de convaincre son interlocuteur en évitant d’être démasqué car s’il y a gros à gagner, il y aussi beaucoup à perdre. • Sauver son image : Cette posture consiste à mentir sciemment pour sauver les apparences afin de ne pas révéler une erreur, un acte délictueux ou illégal dans le but d’éviter une éventuelle sanction, un discrédit ou un déshonneur. Très pratiqué par les politiques, les chefs d’entreprises, les coupables, qui ne veulent pas assumer personnellement d’éventuelles conséquences découlant de certains faits, ce type de mensonge relève mentalement d’un manque de courage et de loyauté afin de sauver sa peau. • Faire plaisir : Ce type de mensonge fondé sur l’affabilité consiste à ne pas aborder les sujets qui fâchent, à ménager ses collaborateurs ou ses proches et/ou à caresser les autres dans le sens du poil. Il est considéré comme le plus excusable car fondé sur une approche altruiste de la relation à autrui même s’il permet, parallèlement, de soigner sa propre image de personne «gentil». • Eviter la panique : C’est le grand classique du mensonge d’Etat destiné à éviter une crise, un conflit, des problèmes sociaux afin que le «pire» n’arrive pas. Ses auteurs et les conseillers qui les suggèrent utilisent là une manipulation de masse foncièrement infantilisante destinée à masquer un dispositif insuffisant, des imprévoyances condamnables ou un fiasco. Ils considèrent, en général, que les gens ne sont pas assez adultes pour supporter la vérité toute crue et se doivent alors de minimiser les faits par «devoir de positivité» fallacieux. PRINCIPAUX MENSONGES POUR ENJOLIVER LES CHIFFRES La force des habitudes dans les postes ministériels et élyséens tend à légitimer le mensonge public en maniant constamment la désinformation et la ruse pour minorer la réalité lorsque cela arrange les intérêts du pouvoir en place. Sous des airs sympathiques de Monsieur ou de Madame propre, il n’existe pas un seul ministre et un seul président de la République qui n’ait participé de près ou de loin à un tripatouillage tactique des comptes, des chiffres et des statistiques. Exemples de méthodes utilisées par Bercy (considéré comme le plus menteur de tous) et par tous les représentants des gouvernements successifs en matière de chômage, déficit budgétaire, trou de la Sécu… dans le but de rouler tout le monde dans la farine : • Faire réaliser des enquêtes complaisantes, des rapports bidons ou des sondages favorables, tout en mettant au panier les études gênantes. • Prétexter l’héritage du gouvernement précédent en l’accusant d’avoir mal géré la France en informant le pays, les yeux dans les yeux, que pour éviter la faillite on est soi-même obligé de lever des impôts en catastrophe. • Changement de méthode comptable destiné à masquer les mauvais chiffres • Minorer régulièrement les chiffres afin que cela n’attire plus l’attention à la longue • Présenter de manière habile et positive des faits qui ne le sont pas du tout • Ne jamais parler des chiffres lorsque ceux-ci sont considérés comme gênants • Publier des états statistiques rétroactifs avec plusieurs années de décalage • Publier des données secondaires pour détourner l’attention • Rendre difficile l’accès aux chiffres officiels en obligeant à les rechercher avec une loupe • Découper la comptabilisation en multiples tranches distinctes difficilement associables • Présenter les comptes de manière à ce que personne n’y comprenne rien • En matière de croissance, muscler artificiellement les recettes en inventant de toute pièce des ressources qui n’existent pas sachant que de manière mécanique chaque point de croissance invoqué doit générer 5 à 7 milliards d’euros de rentrées fiscales supplémentaires. • Recourir à l’usage des «fonds de concours» afin de fabriquer des recettes imaginaires en intégrant des recettes non fiscales (produit des amendes…) tout en se gardant bien de prendre en compte les dépenses des activités qui les ont générées. • Pillage pur et simple d’organismes et d’entreprises publics afin de renflouer les caisses de l’Etat • Minorer les dépenses en les inscrivant sur d’autres lignes comptables ou budgétaires • Maquiller une vraie dépense en une fausse dotation au capital LIEN ENTRE MENSONGE ET DÉSINFORMATION Si gouverner c’est mentir, alors la plupart des hommes et des femmes politiques mentent effrontément en cours de mandat considérant cela comme un acte de management normal des faits et des situations. Il semble même que la plupart des influents et consorts au pouvoir utilisent le mensonge comme une désinformation stratégique afin de ne pas troubler l’ordre établi. Le raisonnement tenu est relativement simple en considérant que la réalité économique et sociale est devenue d’une telle difficulté à saisir pour le quidam moyen, qu’il vaut mieux éviter de prêter le flanc à la critique sachant que de toute manière l’actualité apporte régulièrement son lot de mauvaises nouvelles dont la priorité mobilise régulièrement l’attention de tous. Aussi pourquoi ne pas mentir peu ou prou sachant que très peu de personnes (hormis les bons journalistes, historiens, enquêteurs et juges) se soucient vraiment de rechercher l’exacte vérité et qu’il sera toujours possible de la contredire par avocat interposé ! Dès lors avec une bonne réthorique, 2 belles phrases, un ton affirmé et la main sur le coeur, il est possible pour un bon communicant de renverser l’opinion publique ou pour le moins de créer le doute. Un art que savent utiliser sans état d’âme la plupart des ténors de la politique, surtout ceux qui ont l’habitude de tirer des casseroles aux fesses et qui n’hésitent pas à transformer la réalité initiale au format très spécial de leur propre vérité ! Selon le philosophe Alain Etchegoyen «Les mensonges sont devenus plus calculés, plus systématiques et plus professionnels». Un avis partagé par Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’école de guerre économique, pour qui «La désinformation est devenue l’une des armes économiques les plus tranchantes de notre début de siècle». Cette pratique majoritaire à l’échelle politique et économique n’est pas sans créer des tendances pernicieuses en société en matière de rejet massif de confiance, scepticisme et repli sur soi. LA CONTRADICTION OCCIDENTALE La double tradition gréco-latine et judéo-chrétienne a imposé un certain nombre de valeurs morales en Occident faisant de l’honnêteté un devoir et une vertu. Exemples de citations en faveur de la vérité : • «Que votre oui soit oui et que votre non soit non» reprenant une parole de Jésus dans l’Evangile • «La fausseté est une chose basse et répréhensible et la sincérité une attitude noble et digne d’éloge» sachant que «Le discernement ingénieux du vrai» fait partie des quatre vertus cardinales qui signent l’homme parfait. Aristote Pourtant selon Claudine Biland, psychologue sociale, «L’honnêteté ne figure pas dans les dix commandements et le mensonge ne compte pas au nombre des sept péchés capitaux» ouvrant ainsi une brèche active pour la pratique généralisée du mensonge. Elle souligne également que le «pardon des fautes» via la confession permet une absolution du mensonge à bon compte donc une pratique acceptable... LES DIFFÉRENTES CULTURES DU MENSONGE Selon les cultures, il existe de fortes variantes dans l’usage du mensonge entraînant comme en Occident une forte contradiction entre des principes moraux contraignants et des pratiques souvent laxistes. • Tradition catholique Selon Pascal Baudry, consultant et auteur de Français et Américains, l’autre rive (Village mondial), il existe en France «une culture de l’implicite laissant la place au décalage, à la finesse, au glissement de sens, au second degré et parfois au mensonge» créant «Un manque d’identité parfaite entre ce que l’on dit et ce que l’on fait». Un comble pour une culture qui se veut être la référence universelle ! • Tradition protestante Il en va tout autrement dans cette culture qui favorise l’explicite dans laquelle la notion de vérité n’a pas le même sens sachant que tout doit être dit et que rien ne peut être caché, y compris ce qui semble évident. Ainsi pour les Anglo-Saxons, «ne pas dire signifie se rendre coupable de parjure» prévient Pascal Baudry constatant que «La culture protestante qui ignore la confession exige d’être «accountable», un terme qui n’existe pas en français mais qui signifie que les mots que l’on prononce doivent correspondre à ses actes et que l’on est redevable de la différence entre les deux». • Culture orientale D’après Antoine Sfeir, journaliste franco-libanais et auteur de Vers l’Orient compliqué (Grasset), «En Orient, taire une vérité n’est pas mentir» en laissant la conscience tranquille à celui qui ne répond pas. «Ce que nous considérons comme un mensonge par omission n’est pas un mensonge pour l’Islam. Ainsi les musulmans d’obédience chiite invoquent-ils un verset du Coran pour légitimer le fait de dissimuler leur appartenance religieuse s’ils sont entourés de sunnites. C’est cette recommandation baptisée «taqiya» qui a abouti à une préférence commune à toute la région pour le non-dit. Si je sais que l’époux de ma sœur la trompe, je ne dirai rien à ma sœur mais j’irai casser la figure à son mari !». En fait poursuit-il, dans la culture musulmane «Mieux vaut ne pas voir pour ne pas savoir. Un œil qui ne voit pas, c’est un œil qui ne souffre pas». • Culture japonaise Pour Jean-Luc Domenach, directeur de recherche à Sciences Po, «Les Japonais n’aiment pas parler abruptement et évitent autant qu’ils le peuvent de le faire». Le Japon est d’ailleurs considéré comme le pays où l’on ne dit jamais non sachant que contrairement à l’affirmation franche de ce qu’ils pensent, «Les Japonais préfèrent utiliser un prudent entre-deux qui a d’ailleurs le don d’exaspérer les Occidentaux. Il ne s’agit évidemment pas pour eux de cautionner le mensonge mais de rechercher la discrétion». Il existe par exemple dans la langue nipponne plus de 20 expressions différentes pour dire «Je ne sais pas» ! • Approche chinoise Contrairement au Japon, la Chine a l’image d’une nation dans laquelle on peut dire oui un jour et non le lendemain faisant que la vérité dans l’empire du milieu est tout sauf intangible. Il existe 2 raisons à cela dont la première est culturelle sachant que pour un Chinois «L’harmonie est plus importante que la vérité… et qu’au nom de l’harmonie, toute vérité n’est pas bonne à dire» comme le souligne justement Chenva Tieu, auteur d’un Manuel de chinoiseries à l’usage de mes amis cartésiens (Anne Carrière). Celui-ci confirme que «Si pour un Européen ce qui est écrit noir sur blanc dans un contrat représente la vérité, faisant alors que c’est à la réalité de s’adapter aux clauses négociées, en Chine, l’évolution de la réalité est déterminante. Le contrat témoigne alors de ce que l’on fait à l’instant T, et si l’équilibre de la relation se modifie, c’est le contrat qui doit suivre». La seconde raison expliquant pourquoi mensonge et vérité n’ont pas le même sens en Chine qu’en Occident est d’ordre conjoncturel et notamment socio-économique. D’après Jean-Luc Domenach, auteur de La Chine m’inquiète (Perrin), «Aujourd’hui, les relations interpersonnelles sont dominées par l’idée de profit. Que puis-je retirer de l’autre ?». Il semble, d’après lui, que l’exigence de vérité passe bien après la sacro-sainte notion d’intérêt personnel faisant que le Chinois cherche d’abord et avant tout à faire tourner la situation à son avantage. POLITESSE ET CLIMAT DE CONFIANCE LES RÈGLES POUR CRÉER LA CONFIANCE Esprit franc et politesse sont les 2 conditions de base pour favoriser des conditions pérennes dans les relations humaines. Aussi, pour être en harmonie avec son entourage professionnel tous les spécialistes s’accordent pour dire que le manager, et les collaborateurs impliqués, doivent disposer d’un minimum d’intelligence émotionnelle, c’est-à-dire «Une forme d’intelligence qui suppose la capacité à «contrôler» ses sentiments et ses émotions et ceux des autres». Pour Christophe Belud, coach au cabinet Exelia, il est également nécessaire que les individus fassent preuve d’un certain niveau d’ouverture en relevant que «Les personnes les plus ouvertes sont celles qui sont en lien avec leurs émotions et celles des autres. Elles se connaissent bien et font preuve d’empathie avec leur entourage professionnel. Leur faculté d’adaptation est souvent plus importante». Il existe également une autre condition préalable comme l’explique Hélène Vecchiali pour qui «D’une manière générale, les salariés doivent être précautionneux dans les relations d’amitié au travail. Les rapports ne doivent pas être trop chargés affectivement, du moins sur le lieu de travail. Cela risque de compliquer les rapports professionnels». Aussi lorsque ces conditions de base sont réunies, il est nécessaire au quotidien pour maintenir une bonne cohésion sociale de pratiquer les 5 conseils suivants : • Utiliser la politesse La politesse est un code de communication qui assure aux interlocuteurs un respect mutuel en permettant de mettre une distance dans la relation à l’autre tout en offrant un espace de dialogue. Aussi, il ne faut pas hésiter à utiliser les signes de reconnaissance (bonjour, salut par un mouvement de tête, poignée de main, utilisation du nom ou prénom, sourire…) car cela est une marque de respect vis-à-vis des autres. • Etre disponible Rester en permanence disponible envers ses collaborateurs et/ou avec ses collègues permet de favoriser une proximité d’échange propice à instaurer et entretenir un climat de confiance mutuelle. Pour cela, il faut rester simple et détendu sans se cacher derrière la distance hiérarchique, l’autorité ou le protocole. • Se tenir à l’écart des rumeurs C’est également une condition essentielle pour entretenir de bonnes relations au bureau. D’après Hélène Vecchiali : «On respectera toujours plus une personne qui ne colporte pas de rumeurs et ne parle pas à la place des autres. L’interprétation génère des quiproquos et peut engendrer des tensions». Il est donc nécessaire de s’imposer un éloignement par rapport aux bruits de couloir en restant uniquement dans la sphère professionnelle et factuelle. Cela fait économiser du temps et de l’énergie à tout le monde et surtout inspire confiance car les autres peuvent alors dire : «Au moins, celui-là ne me critiquera pas dès que j’aurai le dos tourné !» • Savoir désamorcer les tensions Il s’agit ici d’être capable d’affirmation de soi en démontrant de l’assertivité ainsi que le souligne Nicole Aubert, sociologue et psychologue. Selon elle, «L’assertivité, en psychologie, désigne la capacité d’exprimer à l’autre son désaccord ou les reproches qu’on a à lui faire fermement mais sans agressivité, sans tension, sans s’énerver ni manifester une émotion excessive». Ainsi, il est courant d’observer que celui qui reconnaît ses torts en faisant preuve d’assertivité renvoie l’image de quelqu’un sûr de soi donc de fiable. D’après Christophe Belud, «Les salariés qui ont des relations apaisées au bureau sont généralement dotés d’une bonne confiance en eux. Ils n’entretiennent pas de rapports de forces avec les autres car ils ont moins besoin de se mesurer à eux-mêmes pour se rassurer.» • Préserver sa vie privée Bien compartimenter son temps et son énergie entre travail et vie privée est un fondement déterminant pour conserver un équilibre personnel et par ricochet, une bonne qualité dans les relations avec autrui. Ainsi que l’affirme Hélène Vecchiali : «Quelqu’un qui, en dehors du travail, mène une vie affective saine aura une plus grande facilité à gérer les rapports humains au bureau. A l’inverse, lorsque le travail prend une place trop importante, la personne peut moins facilement avoir du recul puisque son équilibre repose beaucoup sur sa vie professionnelle». Aussi pour décrocher efficacement des préoccupations du bureau, il est nécessaire de faire attention à son hygiène de vie, faire du sport ou des activités destinées à évacuer la pression et surtout veiller à préserver son sommeil. EXEMPLES DE BONNES MANIÈRES À L’INTERNATIONAL L’expression de la politesse peut prendre différentes formes selon la culture dominante du pays. • Temps de parole : En France lorsqu’on s’adresse à quelqu’un on respecte son temps et sa personne en étant bref. Au Japon, plus un énoncé est long et plus il est poli car l’attention aux autres se marque par le temps passé auprès d’eux. • Tutoiement : Alors que le Français voit dans le tutoiement une marque de familiarité ou de condescendance, hors cadre de l’intimité, le Belge et le Danois l’utilise de manière rapide et fréquente. • Visite à la maison : Si l’Américain ouvre facilement sa maison et peut s’offenser si son voisin ne lui pas rend pas visite, une visite à l’improviste au Danemark est perçue comme une intolérable intrusion. • Remerciement entre proches : Au Japon, Corée ou Zaïre, on ne se remercie pas entre proches car cela peut être perçu comme une mise à distance insultante. • Ne pas perdre la face : Un asiatique perd la face dès lors qu’il perd sa sérénité (énervement, colère…) alors qu’un Occidental garde la sienne tant qu’il ne se laisse pas marcher sur les pieds. • Partie du corps : En Chine, une femme cache ses pieds mais peut porter sans problème une tunique fendue très haut sur les jambes alors qu’en Afrique, une femme peut montrer sa poitrine sans aucun problème. POLITESSE ET ENTREPRISE Il est toujours difficile de mesurer la sincérité derrière la politesse sachant que souvent celle-ci n’est qu’une coquille vide sans aucun rapport avec la morale dont elle prétend être l’expression. La politesse est même devenue «L’apanage des classes sociales dominantes qui s’en servent comme d’un code de reconnaissance mutuelle afin de mieux exclure ceux qui ne le partage pas» comme le souligne Philippe Némo, professeur de sciences politiques à l’ESCP-EAP. Alors que le principe du chacun pour soi est devenu la règle au sein de l’entreprise, «Le modèle de l’entreprise communautaire intégrant ses membres dans la durée et dans un collectif à la culture bien spécifique a explosé» confirme Mélanie Ellie, auteur d’une étude sur le sujet. Selon elle, «La violence a toujours existé dans l’entreprise mais elle était codifiée et collective. Désormais c’est chacun pour soi et tous contre tous !». Cela explique pourquoi la politesse fait souvent place à de l’impolitesse sans même que les gens (surtout les jeunes) s’en rendent vraiment compte. L’intrusion de l’impolitesse consacre une nouvelle forme d’agressivité et d’incivilité envers les autres animée par une hypertrophie du «moi» lorsqu’il s’agit, par exemple : de prendre plusieurs appels téléphoniques en rendez-vous ou en réunion ; d’arriver en retard sans s’excuser ; n’émettre aucun bonjour ni regard vis-à-vis de ses collègues de travail… LES BONNES ET MAUVAISES MANIÈRES ELECTRONIQUES L’irruption des NTIC (courriels, SMS, portable…) n’a pas véritablement créé de nouvelles règles (sauf pour le mail) en s’étant globalement adaptée aux usages traditionnels. • Usage du mail : Il a raccourci les échanges «physiques» tout en réduisant les formules de politesses comme en accentuant l’agressivité latente par le nombre de messages reçus non souhaités. • Usage du téléphone : Par principe, il est déconseillé de téléphoner le matin au domicile de quelqu’un que l’on connaît peu, ainsi que le veulent les règles de la société bourgeoise pour qui la matinée est réservée à l’intimité et l’après-midi à la vie sociale. C’est également toujours la personne qui appelle qui est censée mettre fin à la conversation en ayant la courtoisie de ne pas s’attarder outre mesure. • Usage du mobile : Il est particulièrement malvenu de laisser interrompre une conversation par la sonnerie répétitive du téléphone. De la même manière, dire à son interlocuteur que l’on a un «appel d’urgence» afin de couper court à la conversation est également considéré comme une goujaterie. Idem lorsque l’on décroche uniquement pour dire «je te rappelle» laissant ainsi entendre à l’autre que l’on se croit indispensable. • Usage du SMS : L’envoi d’un SMS en réunion est acceptable lorsque celui-ci joue le rôle du mot écrit que l’on se faisait autrefois passer autour de la table, à condition toutefois de ne pas tapoter en permanence sur son téléphone et que cela se fasse sans bruit. Selon Mélanie Ellie certaines incivilités sont directement liées «Aux dysfonctionnements des organisations et surtout de ceux affectant les conditions de travail». La moindre qualité et l’incertitude dans les conditions de travail, ainsi que le rapport souvent artificiel dans la relation client, sont autant de causes pouvant expliquer cette perte «d’huile dans les rouages». Pourtant certaines entreprises ne baissent pas les bras en mettant en place le concept du stewardship à l’américaine. Celui-ci consiste à retrouver le sens du service rendu à l’autre dans un souci d’intérêt général non égoïste. Il s’agit, par exemple, de tenir la porte de l’ascenseur, se lever pour serrer la main, dire bonjour à toute personne entrante ou rencontrée… Avec le stewardship, il s’agit surtout pour le coach Thierry Chatel de recréer «Le plus petit lien possible entre les individus. En concourant à la création d’une façade polie, il permet de coexister intelligemment et de faire du business ensemble.» LES 2 MAUX REDOUTABLES QUI SE CACHENT DERRIÈRE LA POLITESSE Mise à mal dans l’entreprise au nom de l’efficacité immédiate ou du naturel sans concession, la politesse est également malmenée par les sociologues qui l’accusent de n’être qu’un instrument de distinction sociale. Il est vrai que la politesse est souvent associée aux vieux démons de l’artificialité faisant souvent dire que tel individu «est trop poli pour être honnête». Alors que «La politesse oblige à une régulation des affects et notamment à cadrer l’agressivité» ainsi que l’observe Eric Albert, psychiatre et consultant, celle-ci peut donner le meilleur et le pire. Ce dernier fait d’ailleurs remarquer qu’à l’instar de «Tout autre code comportemental, il n’est pas bon en soi». Pour lui, l’excès de politesse suscite une méfiance permanente en étant «Le support à deux maux redoutables dans l’entreprise : l’hypocrisie et le cynisme». Selon ce spécialiste, l’hypocrisie qui se cache derrière la politesse repose sur de nombreux prétextes tels que celui de ne pas vexer, ne pas agresser ou encore vouloir garder de bonnes relations… De fait, en étant trop poli, on n’aide pas vraiment l’autre à se découvrir, à s’améliorer ni à comprendre la situation et ce, d’autant plus, que «L’hypocrite informe volontiers les autres de ce qu’il pense, sauf l’intéressé». Mais le pire est sans doute atteint avec le cynisme qui se cache derrière certaines formes de civilités. C’est le cas notamment dans quelques grands groupes internationaux qui ont érigé le cynisme en mode de management en pratiquant, en apparence, des comportements polis et cordiaux alors qu’en réalité chacun se méfie de l’autre. Sous des airs très policés, la manipulation consiste même à rendre très impoli le désir naturel de «Poser certaines questions, voire même de laisser supposer qu’il y ait d’autres intentions que celles qui sont affichées !». ET SI LES TPE ET PME SE FAISAIENT AUSSI COACHER ?
Le coaching n’est pas nouveau. Il y a plus de 10 ans déjà, les grandes entreprises nationales et internationales faisaient coacher leurs dirigeants et cadres supérieurs. Depuis, que l’on apprécie ou non le terme de coaching, cette pratique s’est développée. Aujourd’hui, le coaching fait partie de la palette de services mis à la disposition des entreprises, pour se développer et être plus performantes. Cependant, l’image du coaching tout comme celle du management, est encore celle d’un service s’adressant principalement aux grandes entreprises. On ne sait pas tout à fait ce qu’il y a derrière ces termes anglo-saxons, mais certains pensent encore que ces techniques sont à priori bien trop éloignées des besoins quotidiens et opérationnels des petites entreprises. Aujourd’hui, le coaching, en tant qu’accompagnement sur le terrain et dans la durée, permet en fait à l’entreprise de s’approprier un certain nombre d’outils et de pratiques indispensables à son développement. Le coaching accompagne à la fois la structure et les hommes qui la constituent. Il permet un travail à 2 niveaux, d’organisation et de développement personnel et professionnel, et ce tout au long de la vie d’une petite entreprise. - A la création d’une entreprise, le porteur de projet, futur chef d’entreprise est souvent seul, même s’il s’est entouré d’associés. Ainsi un coach peut l’aider à différents niveaux : • A intégrer l’identité du chef d’entreprise, à se positionner, à s’affirmer, à gagner en confiance, à évacuer ses doutes, à affirmer sa motivation et à prendre des décisions. • A vendre son projet, à persuader, à transmettre son enthousiasme, à s’ouvrir et communiquer. • A éprouver son projet : à vérifier la faisabilité et la viabilité de son projet non seulement d’un point de vue technique, mais aussi humain. - Pour que l’entreprise se développe, il faut qu’elle sache où aller. Les chefs d’entreprise et dirigeants sont avant tout des visionnaires. C’est cette vision qui les porte tout au long de la vie de l’entreprise. Cependant, réaliser cette vision n’est pas toujours chose facile. Là encore le coaching permettra d’aider le dirigeant par un double travail sur lui et sur sa structure, à : • Nourrir sa vision, l’enrichir, la formaliser • Communiquer cette vision à toute l’entreprise • Fixer des objectifs à chacun en accord avec cette vision • La décliner en plans d’action opérationnels • Développer les compétences et déléguer • Remettre en cause les pratiques, innover Il s’agit toujours pour l’entreprise d’un vrai travail de remise en cause, de formalisation et de communication. Cependant, très rapidement, on notera l’enthousiasme des équipes et des collaborateurs à l’idée de se mobiliser pour aller, tous ensemble vers…ce but commun. - En période de crise ou de difficultés, il n’est pas rare de voir des dirigeants en proie au doute, ayant perdu cette vision. Parfois, les changements doivent se faire par bond, il ne s’agit pas seulement d’élaborer un plan d’action pour résoudre le problème. Le coach est aussi aux côtés de l’entreprise et du dirigeant pour les accompagner dans le changement, pour les aider à se ré-inventer chacun à son niveau. • Souvent seul et pris par le quotidien, le dirigeant a besoin d’échanger, de confronter ses idées, d’exprimer ses doutes et ses peurs, d’y croire à nouveau pour repartir. • L’entreprise doit aussi se structurer et s’organiser différemment dans cette transition. - A la transmission de l’entreprise, plusieurs difficultés peuvent se présenter : • Le repreneur a lui-même besoin de monter en compétences et de gagner en confiance • Le repreneur n’a pas de vision • Le chef d’entreprise cédant son activité ne sait comment conduire la transmission des savoir-faire et pratiques qui lui sont propres. Le coaching pourra aider le repreneur à gagner en confiance et en compétences, et favorisera l’accompagnement du repreneur par le dirigeant. La transmission est une étape importante pour le chef d’entreprise mais aussi pour les salariés. Là encore le coaching permettra un travail sur l’organisation et sur la communication de la cession et de la reprise de l’entreprise. Comment le coach peut-il aider à toutes ces étapes ? Tour à tour, le coach confronte, éprouve, mais aussi facilite, valorise et fait ressortir le meilleur de la personne et du projet… ou plus exactement le coach ne fait rien…la personne fait tout, en sa présence. Son talent ne réside ni dans l’expertise uniquement ni dans la psychologie, mais dans sa capacité à doser et à manier expertise et relationnel, de façon appropriée. Parfois, les séances sont totalement tournées vers un travail de développement personnel, de digestion et d’apprentissage des expériences. A d’autres occasions, je me suis surprise à traiter d’outils de pilotage …la plupart du temps, il s’agit d’un va et vient permanent. Pour pratiquer le coaching, - Il faut savoir accompagner de façon professionnelle les personnes. C’est-à-dire, s’intéresser à leur développement et aux processus de changement. Il faut aimer les gens et croire en eux. Il faut avoir été formé à cela et continuer de se former régulièrement. - Cependant, le coach a toujours eu « une autre vie avant », une première partie de vie professionnelle. Un coach sportif vous accompagne pour progresser en sport, un coach en image vous accompagne pour vous relooker. Un coach en entreprise, connaît et transmet des pratiques et des outils facilitant l’organisation et la communication de l’entreprise. Il vous accompagne ainsi dans votre vie quotidienne au sein de l’entreprise, à deux niveaux : - Vous, vos compétences et potentialités, votre motivation et énergie - L’entreprise, son organisation, sa performance, la communication avec les équipes. Le coach n’est pas seulement un gourou pour hauts dirigeants, il se met au service d’entreprises de toutes tailles, afin que les hommes et les femmes y expriment leurs talents et potentialités. Laurence MALLET Coach et consultante en management
Dirigeante du cabinet L.A.Consulting lauremallet@yahoo.com l-a-consulting.com |






