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JDP N° 98 : Web - Le livre numérique, le e-commerce Extrait

Date : 04/02/2010

  • Complémentarité entre édition papier et numérique
  • Un e-commerce favorable aux consommateurs


COMPLEMENTARITE ENTRE EDITION PAPIER ET NUMERIQUE

LA RÉVOLUTION EN COURS DU LIVRE NUMÉRIQUE
Selon l’écrivain Eric Orsenna, «Le livre électronique va révolutionner l’édition» car il représente «Une formidable révolution technologique et culturelle». Même avis de la part de Bernard Werber, auteur du livre Le miroir de Cassandre (Albin Michel), pour qui «Il ne faut jamais avoir peur de la technologie. Le papier et le fichier numérique coexisteront même si une nouvelle frange de la population en viendra à préférer le numérique». Il est vrai que le fait de disposer d’une bibliothèque de milliers d’ouvrages dans un simple lecteur numérique apparaît être une évidence à l’horizon des dix prochaines années. Alors que la plupart des éditeurs américains ont déjà franchi le cap du livre numérique depuis plusieurs années, les éditeurs français traînent encore les pieds en s’opposant massivement à la pénétration des Ebooks sur le marché national. Un paradoxe lorsque l’on sait que «Le livre est l’objet le plus vendu sur Internet et que c’est un produit très à la mode» ainsi que le confirme Guillaume Decitre, PDG des librairies Decitre. Pourtant les raisons de cette grande peur face à la dématérialisation du livre se concentrent sur les conséquences économiques devant frapper les 4 grands piliers traditionnels de l’édition : les éditeurs qui perdent une partie de leur monopole sur la diffusion des ouvrages ; la fabrication du livre dans les imprimeries de labeur ; la messagerie et la distribution vers les librairies ; les libraires eux-mêmes ainsi que les diffuseurs de presse.


DÉCODAGE NUMÉRIQUE
La révolution annoncée de l’Ebook repose sur de nouveaux paramètres à prendre en considération aussi bien pour le lecteur que pour l’éditeur :

• Livre numérique

Plusieurs appellations sont utilisées pour définir le livre numérique : e-book, Ebook, livre électronique, Digital book, Cyberlivre, sachant que le terme le plus courant chez les anglo-saxons est Ebook.

• Dématérialisation
Tout livre est numérisable en puissance c’est-à-dire qu’il peut être facilement transformé en un fichier informatique dans un format type PDF, Word, HTML, RTF, MP3, ePub… afin de pouvoir être lu par tout type de mobile, ordinateur et naturellement lecteur numérique.

• Ouvrages numérisables
Il existe 2 grands types de livres numériques. Les titres tombés dans le domaine public, c’est-à-dire ceux dont les auteurs sont morts depuis plus de 70 ans (en France) et qui ne sont plus assujettis à des droits d’auteur par conséquent éditables gratuitement par tout éditeur qui le souhaite (exemple Google Book). Les livres récents et les nouveautés qui nécessitent des droits de diffusion exclusifs et le reversement de droits d’auteur.

• Encre électronique

Celle-ci a été inventée en 1970 par les chercheurs de Xerox en Californie qui ont eu l’idée d’isoler une mince couche d’huile à l’intérieur d’un coussin de silicone transparent. Les caractères apparaissent alors plus arrondis que sur un PC et surtout ne fatiguent pas les yeux même en plein soleil permettant ainsi de lire des heures sans aucun problème. Actuellement l’encre utilisée dans tous les lecteurs est monochrome (noir et blanc) bien que les premiers écrans couleur doivent apparaître sur le marché d’ici 5 ans.

• Téléchargement

Selon AT&T, le nombre d’ouvrages disponibles en version électronique est actuellement de 300 000 dans le monde. Le téléchargement s’effectue directement dans des lecteurs numériques de poche dans lesquels il existe une carte mémoire permettant de stocker des milliers de livres. Dans certains e-reader existe une fonction 3G intégrée (ou Wi-Fi) permettant un téléchargement automatique sans aucune contrainte technique ni frais supplémentaires. Une connectique mini-USB est également disponible sur la plupart des lecteurs.

• Familles de livres numérisables

Les principaux segments d’édition à être numérisés recouvrent : Documents et manuels scolaires, livres techniques et professionnels, dictionnaires, encyclopédies, guides touristiques, presse et documents à consommation instantanée, livres à faible tirage, romans de littérature et romans à l’eau de rose, ouvrages tombés dans le domaine public, livres pour malvoyants…


UN RETARD VOLONTAIRE PARMI LES GRANDS ÉDITEURS FRANÇAIS
La majorité des grands éditeurs (Flammarion, Gallimard, La Martinière/Le Seuil…) ont longtemps campé sur une position très corporatiste (y compris en Allemagne) en laissant délibérément passer le premier train de la révolution numérique (2000-2008), voire en s’y opposant carrément. Il faut dire que dans l’Hexagone, le marché du livre est détenu à 85% par 45 maisons d’éditions et que Hachette Livre et Editis totalisent à eux deux près de 35% des ventes en ayant, en plus, un droit de regard sur les circuits du diffusion. Autant dire une sorte de quasi monopole sur la culture et sur la distribution du savoir. Il est également vrai que le marché français du livre papier est aussi la première industrie culturelle du pays en écoulant chaque année 450 millions de livres pour un chiffre d’affaires de 2,8 milliards d’euros dans le cadre d’une progression annuelle estimée à +3%. L’arrivée du numérique inquiète donc fortement le monde feutré des grands éditeurs qui redoutent un bouleversement radical de leurs modèles économiques ainsi qu’une forte baisse de leurs royalties (10 à 15% du prix facial d’un livre papier) et une perte de leur commission de distributeur en librairie (8 à 15%).

L’ÉMERGENCE D’UN NOUVEAU MODÈLE ÉCONOMIQUE
A l’occasion de la dernière foire du livre de Francfort, la plus grosse manifestation mondiale dans le domaine du livre, un sondage réalisé auprès de 840 éditeurs internationaux (dont 75% d’européens) révèle que 50% d’entre eux considèrent que le marché du numérique dépassera celui du papier en 2018. 36% estiment même que le numérique représentera plus de 25% de leurs recettes en 2011. Actuellement le marché du livre numérique sur le territoire français est estimé entre 0,1% et 0,2% alors que les américains ont depuis longtemps compris l’intérêt du numérique avec un taux actuel de 3% (et 3 millions de lecteurs numériques). D’après Ian Freed, vice-président du groupe américain chargé du projet Kindle : «Quand nous vendons 100 livres imprimés, nous en vendons actuellement 48 au format numérique» (contre 15 en juin 2008).
Selon Guillaume Decitre, «Une librairie physique a de 10 000 à 15 000 références alors qu’il y a 650 000 livres en langue française : Seul Internet donne accès à tous ces ouvrages» confirmant ainsi l’importance du fort potentiel que représente le livre numérique en France. De fait, après une longue période d’immobilisme les choses commencent tout de même à évoluer en France notamment avec la Fnac qui propose désormais 30 000 titres sur son site. C’est toutefois avec la présence dominante de mastodontes américains tels qu’Amazon, leader mondial de la vente en ligne de livres papier qui entend bien s’imposer avec son lecteur kindle, mais aussi celle de Google ou d’Apple avec son iPhone, que le paysage culturel de l’édition papier est le plus bousculé.

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  • Complémentarité entre édition papier et numérique
  • Un e-commerce favorable aux consommateurs

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